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13 mars 2015
Fonds de tiroir
Bonne nouvelle : le Servette foot et le Servette hockey vont devoir
casquer pour le déploiement policier lors des matches, même si les
débordements se produisent hors de l'enceinte du stade ou de la
patinoire. ça va pas chercher des millions, ce qu'il vont devoir
payer (entre 500 et 8000 francs par match selon le risque représenté
par ledit match) mais c'est un bon début, parce que déjà qu'on ne
voit pas pourquoi on devrait payer pour un stade ou une patinoire,
on voit encore moins pourquoi tout le monde devrait payer pour les
quelques centaines de connards (il y a 1500 hooligans recensés en
Suisse, dont une centaine à Genève) que le sport attire comme une
merde attire les mouches.
07 décembre 2014
Fonds de tiroir
Oslo a retiré sa candidature pour les Jeux Olympiques d'hiver 2022,
pour des raisons financières (la foire sportive des neiges, un
gouffre financier pour ses organisateurs mais un pactole pour le
ComIté International Olympique, coûte trop cher pour ce qu'elle vaut
aux yeux des Norvégiens), mais « personne ne doit s'inquiéter pour
les Jeux », a assuré le président du Comité International Olympique
: il reste les candidatures de deux célèbres stations de sport
d'hiver, Pekin et Almaty (Kazakhstan). Ouagadougou n'était pas
candidate. Et à propos du respect des Droits de l'Homme, le CIO
assure qu'il prend « très au sérieux l'application de la Charte
Olympique durant les jeux ». Avant et après les Jeux, il s'en fout.
On se sent très Norvégiens, du coup.
Hier, on félicitait chaudement les Norvégiens pour avoir renoncé à porter Oslo candidate à l'organisation des Jeux Olympiques d'hiver 2022. Aujourd'hui, on félicite tout aussi chaudement la Maire de Paris, Anne Hidalgo, pour avoir renvoyé dans les cordes François Hollande qui s'était déclaré «favorable» à ce que la Ville de Paris se porte candidate à l'organisation des Jeux Olympiques d'été de 2024, au prétexte que « ce sera un moment de ferveur », que ça fera « le plein d'équipements, d'emplois et d'industries qui pourront se montrer». A quoi Hidalgo a fort pertinemment répondu que « les Jeux, ça coûte cher, y compris la candidature en soi » et que la « course au toujours plus » à laquelle se livrent les villes organisatrices leur laisse surtout des équipements surdimensionnés, et inutiles une fois les jeux passés. Eh ouais, François, des fois, c'est utile de réfléchir avant de parler, ça évite de dire des conneries et de se faire tacler par ses propres camarades de parti...
Le Maroc ayant déclaré forfait pour l'organisation de la Coupe d'Afrique de foot, en raison de la peur d'une contamination des foules par le virus Ebola, la faîtière continentale de ballopied (la CAF) devait choisir un autre pays. On connaît les critères d'une parfaite rectitude qui guident les choix des faitières (continentales ou internationales) des sports qui rapportent, en ce qui concerne la démocratie, les droits humains, la transparence financière, tout ça... Et ben on a pas été déçus : la CAF a choisi la Guinée équatoriale et son président, Teodoro Obiang Nguema, 72 ans dont 35 ans au pouvoir (après un coup d'Etat, forcément, et en famille, contre son oncle), dictateur « népotique et prédateur » (dixit « Le Monde ») d'un pays où la violence à l'égard des opposants, de la société civile et de la presse est quotidienne, la corruption omniprésente et la pauvreté massive (la moitié de la population n'a pas accès à l'eau potable, un enfant sur cinq meurt avant l'âge de cinq ans...). Le choix rêvé pour une « grande fête du foot » dont le clan au pouvoir, les entreprises qui lui sont liées et la faîtière continentale du foot profiteront plein pot. La routine, quoi...
Hier, on félicitait chaudement les Norvégiens pour avoir renoncé à porter Oslo candidate à l'organisation des Jeux Olympiques d'hiver 2022. Aujourd'hui, on félicite tout aussi chaudement la Maire de Paris, Anne Hidalgo, pour avoir renvoyé dans les cordes François Hollande qui s'était déclaré «favorable» à ce que la Ville de Paris se porte candidate à l'organisation des Jeux Olympiques d'été de 2024, au prétexte que « ce sera un moment de ferveur », que ça fera « le plein d'équipements, d'emplois et d'industries qui pourront se montrer». A quoi Hidalgo a fort pertinemment répondu que « les Jeux, ça coûte cher, y compris la candidature en soi » et que la « course au toujours plus » à laquelle se livrent les villes organisatrices leur laisse surtout des équipements surdimensionnés, et inutiles une fois les jeux passés. Eh ouais, François, des fois, c'est utile de réfléchir avant de parler, ça évite de dire des conneries et de se faire tacler par ses propres camarades de parti...
Le Maroc ayant déclaré forfait pour l'organisation de la Coupe d'Afrique de foot, en raison de la peur d'une contamination des foules par le virus Ebola, la faîtière continentale de ballopied (la CAF) devait choisir un autre pays. On connaît les critères d'une parfaite rectitude qui guident les choix des faitières (continentales ou internationales) des sports qui rapportent, en ce qui concerne la démocratie, les droits humains, la transparence financière, tout ça... Et ben on a pas été déçus : la CAF a choisi la Guinée équatoriale et son président, Teodoro Obiang Nguema, 72 ans dont 35 ans au pouvoir (après un coup d'Etat, forcément, et en famille, contre son oncle), dictateur « népotique et prédateur » (dixit « Le Monde ») d'un pays où la violence à l'égard des opposants, de la société civile et de la presse est quotidienne, la corruption omniprésente et la pauvreté massive (la moitié de la population n'a pas accès à l'eau potable, un enfant sur cinq meurt avant l'âge de cinq ans...). Le choix rêvé pour une « grande fête du foot » dont le clan au pouvoir, les entreprises qui lui sont liées et la faîtière continentale du foot profiteront plein pot. La routine, quoi...
31 juillet 2014
Fonds de tiroir
Comme on sait que vous avez suivi avec passion les matches de la
Coupe du Monde de balopied, on vous donne quelques nouvelles de là
ousqu'elle fut organisée : au Brésil, donc. Et le Brésil, c'est pas
que le foot : c'est aussi le troisième producteur agricole mondial,
où le secteur de l'agriculture pèse 40 % des exportations. Et où un
milliard de litres d'agrotoxiques (engrais et fertilisants
chimiques, pesticides, herbicides, fongicides, acaricides,
amérindienicides...) sont répandus chaque année, ce qui fait plus de
cinq litres par habitant. Un tiers des denrées alimentaires ingérées
par les Brésiliens en sont infectées, ce qui fait d'eux les plus
gros consommateurs au monde de ces saloperies -donc certaines, comme
le Paraquat (Gramoxone), commercialisé par l'entreprise suisse
Syngenta, sont interdits dans le pays de leur invention (depuis 25
ans, dans ce cas) mais utilisés sans problème chez les rastaquouères
-d'autant que leur importation au Brésil est exemptée d'impôts.
Ouala, c'était notre rubrique « sous les stades de foot, la merde
»...
06 juillet 2014
Fonds de tiroir
Petit rappel, puisé dans « Gauche Hebdo », du contexte social
brésilien au moment de l'ouverture du Mundial : à Fortaleza, la
nouvelle ligne de métro construite pour l'occasion à provoqué
l'expulsion de 10'000 personnes de leur logement, et la destruction
de 3000 logements. Dans l'ensemble du pays, ce sont 250'000
personnes qui ont été expulsées de chez elles pour les chantiers des
infrastructures du Mundial. Pour faire propre, on a aussi visé les
enfants des rues : des milliers d'entre eux ont été victimes
d'exactions policières. Voilà, c'était notre rubrique sportive.
Paraît qu'il en faut une.
On observe avec satisfaction que pendant le Mundial de foot, les poubelles de la Ville sont équipées de sacs aux couleurs de l'équipe de Suisse, avec le slogan « Hop Suisse ! ». Et on se dit qu'en effet, la poubelle est la destination idéale de l'intérêt porté au Mundial, au foot, à l'équipe de Suisse et à toutes les autres équipes..
Petite chronique du foot-pognon : on vous rappelle que Sepp Blatter n'est pas le seul Blatter qui sévit dans le milieu -son neveu Philippe est directeur d'une société qui gère la moitié des droits télévisuels du Mundial, et a des participations dans une entreprise mexicaine qui contrôle la vente des billets et les loges « VIP » dans les stades. Et comme on ne connaît pas toute la famille Blatter, on n'exclut pas qu'il y en ait d'autres membres qui profitent du parrainage du padrino de 78 ans, qui vient de réussir à convaincre une majorité des délégués de la FIFA de renoncer à placer une limite d'âge ou de mandats successifs à qui voudrait la présider. Mais il va de soi que c'est par pure conviction personnelle et choix éthiques que les délégués ont ouvert la voie à un cinquième mandat présidentiel de Sepp Blatter, qu'aucun d'entre eux n'a subi de pression ou n'a été acheté, et qu'il n'y a eu aucun marchandage. Promis, juré, cochon qui s'en dédit. Et ceux qui doutent ne sont rien que des mauvaises langues, comme l'ancien président de la fédération anglaise de foot, David Triesman, qui a « bien peur que la FIFA ne se conduise comme une famille de mafieux. Elle possède une longue tradition de pots-de-vin, de magouilles et de corruption ». Sans blague ? C'est probablement pour éviter de s'en rendre compte officiellement que le parlement fédéral suisse s'apprête à poubelliser un projet de loi déposé par le socialiste genevois Carlo Sommaruga, qui proposait de poursuivre d'office (sans attendre une plainte) les cas de corruption dans le secteur privé, et donc dans le secteur des grandes organisations sportives internationales genre FIFA, incapables de s'autoréguler -à supposer même qu'elle en aient le début du commencement d'une vague intention. La Suisse abrite une soixantaine de fédérations sportives internationales, dont le CIO, la FIFA et l'UEFA. Toutes officiellement « sans but lucratif », bien entendu... Or la FIFA a annoncé la semaine dernière un chiffre d'affaire de 1,4 milliard de dollars, des réserves de 1,43 milliard de dollars et un bénéfice 72 millions. Alors, hein, les gauchistes, on touche pas l'arrosoir...
On observe avec satisfaction que pendant le Mundial de foot, les poubelles de la Ville sont équipées de sacs aux couleurs de l'équipe de Suisse, avec le slogan « Hop Suisse ! ». Et on se dit qu'en effet, la poubelle est la destination idéale de l'intérêt porté au Mundial, au foot, à l'équipe de Suisse et à toutes les autres équipes..
Petite chronique du foot-pognon : on vous rappelle que Sepp Blatter n'est pas le seul Blatter qui sévit dans le milieu -son neveu Philippe est directeur d'une société qui gère la moitié des droits télévisuels du Mundial, et a des participations dans une entreprise mexicaine qui contrôle la vente des billets et les loges « VIP » dans les stades. Et comme on ne connaît pas toute la famille Blatter, on n'exclut pas qu'il y en ait d'autres membres qui profitent du parrainage du padrino de 78 ans, qui vient de réussir à convaincre une majorité des délégués de la FIFA de renoncer à placer une limite d'âge ou de mandats successifs à qui voudrait la présider. Mais il va de soi que c'est par pure conviction personnelle et choix éthiques que les délégués ont ouvert la voie à un cinquième mandat présidentiel de Sepp Blatter, qu'aucun d'entre eux n'a subi de pression ou n'a été acheté, et qu'il n'y a eu aucun marchandage. Promis, juré, cochon qui s'en dédit. Et ceux qui doutent ne sont rien que des mauvaises langues, comme l'ancien président de la fédération anglaise de foot, David Triesman, qui a « bien peur que la FIFA ne se conduise comme une famille de mafieux. Elle possède une longue tradition de pots-de-vin, de magouilles et de corruption ». Sans blague ? C'est probablement pour éviter de s'en rendre compte officiellement que le parlement fédéral suisse s'apprête à poubelliser un projet de loi déposé par le socialiste genevois Carlo Sommaruga, qui proposait de poursuivre d'office (sans attendre une plainte) les cas de corruption dans le secteur privé, et donc dans le secteur des grandes organisations sportives internationales genre FIFA, incapables de s'autoréguler -à supposer même qu'elle en aient le début du commencement d'une vague intention. La Suisse abrite une soixantaine de fédérations sportives internationales, dont le CIO, la FIFA et l'UEFA. Toutes officiellement « sans but lucratif », bien entendu... Or la FIFA a annoncé la semaine dernière un chiffre d'affaire de 1,4 milliard de dollars, des réserves de 1,43 milliard de dollars et un bénéfice 72 millions. Alors, hein, les gauchistes, on touche pas l'arrosoir...
10 juin 2014
Brèves
On a eu chaud, dis donc : le 18 mai, à Zurich, une initiative de la
Croix-Bleue proposant l'interdiction totale de la publicité pour des
boissons alcoolisées (bière comprise) dans les stades et sur les
maillots des sportifs, était soumise au vote, et les sondages la
donnaient gagnante. D'où mobilisation de masse des milieux «sportifs
», des sponsors, des clubs, du gouvernement et du parlement contre
une mesure «disproportionnée». C'est vrai, quoi, si on peut plus se
pinter dans les stades et si les sportifs ne peuvent plus faire de
la pub pour de la bibine, où va-t-on ? La brasserie Feldschlösschen
ne consacre pas 70 % de ses engagements de sponsor au sport
(essentiellement le foot et le hockey) pour des prunes...
L'Association zurichoise pour le sport sonnait le tocsin : si
l'initiative est acceptée, « les clubs subiront des pertes
financières massives, de nombreuses manifestations devront être
annulées et les cotisations devront être augmentées ». Enfer et
damnation ! Pourtant, certains sports ont déjà renoncé à la pub
alcoolophile et ne s'en portent pas plus mal (la course à pied, le
ski), mais ça pas doit être de vrais sports. Finalement, au vote,
l'initiative a été repoussée, et la mobilisation des sponsors et des
milieux du sport professionnel (foot et hockey en tête) a gagné. Les
vraies valeurs ont été sauvées. C'est bon, de savoir que de grandes
mobilisations pour de grands objectifs éthiques peuvent encore
gagner. Vous avez dit de grands objectifs éthyliques ? Non, crétin,
éthiques ! Ah bon. Mais ça veut dire quoi, « éthique » ?
Déclarations sur le stade de la Praille dans le « Matin Dimanche » du 11 mars : « Pour Servette, la Praille, ce beau stade sans âme, n'a jamais fait oublier les Charmilles » (Michel Zen-Ruffinen, ex-membre de la FIFA)... « Thoune fait tout juste (...) Le stade, par exemple, avec ses 8000 places, est parfaitement adapté » (Jean-Claude Donzé, « Swiss Football League » ). Voilà , voilà ... on en fait quoi, maintenant, de notre « beau stade sans âme » quatre fois trop grand ?
Déclarations sur le stade de la Praille dans le « Matin Dimanche » du 11 mars : « Pour Servette, la Praille, ce beau stade sans âme, n'a jamais fait oublier les Charmilles » (Michel Zen-Ruffinen, ex-membre de la FIFA)... « Thoune fait tout juste (...) Le stade, par exemple, avec ses 8000 places, est parfaitement adapté » (Jean-Claude Donzé, « Swiss Football League » ). Voilà , voilà ... on en fait quoi, maintenant, de notre « beau stade sans âme » quatre fois trop grand ?
21 mai 2014
Fonds de tiroir
La Ville de Genève a confirmé pour le Mondial de foot l'interdiction
faite aux bistrots sur tout le territoire municipal de coller des
écrans de télé sur les terrasses. Et ça râle dans les bistrots et
chez les supporters -comme s'ils manquaient de lieux pour s'ébrouer
devant les matches. Ou comme si n'avoir pas, pendant qu'on sirote
peinard son jaja à la terrasse d'un rade, à se farcir des troupeaux
d'abrutis beuglants et bourrés (et le cas échéant équipés de
klaxons, de feux de Bengale et de pétards, était une revendication
exorbitante... Et qu'on ne nous dise pas qu'on est des antisportifs
primaires (même si c'est vrai qu'on l'est) : la retransmission en
direct des Mondiaux de pétanque ou des tournois d'échecs sur des
écrans de télé à la terrasse des bistrots, on serait même plutôt
pour...
11 avril 2014
Fonds de tiroir
« Genève est paré pour la finale de la Coupe » de Suisse de foot,
«Genève est prêt pour accueillir la finale de la Coupe de Suisse »
titre (deux fois, au cas où on n'aurait pas compris) la «Tribune de
Genève » de samedi (qui oublie au passage que Genève est un nom
propre féminin). Explication : les « débordements » des supporters
lors de la finale de la Coupe, traditionnellement accueillie au
Stade de Suisse à Berne, ont incité la ville de Berne à renoncer à
accueillir cette « grande fête du foot », de la bière et de la
connerie. Et comme Genève dispose d'un stade de 30'000 places dont
elle ne sait pas quoi foutre, le Conseil d'Etat (Maudet en tête) et
le fondation du stade de la Praille (dit « Stade de Genève ») se
précipitent pour poser leur candidature et conclure un «partenariat»
avec l'Association suisse de football pour la répartition des coûts
de sécurité de l'opération. Voilà pour le prétexte. Mais derrière,
il y a aussi, pour ne pas écrire « surtout », l'occasion de demander
du fric aux collectivités publiques. Parce que la fondation du
stade, elle a besoin de fric pour remettre son stade aux normes de
l'ASF. Elle utilise donc le prétexte pour avancer sa sébile : il lui
faut, paraît-il, six millions de francs pour « mettre le stade à
niveau, et notamment améliorer l'accueil des VIP ». Qui ne sauraient
évidemment être accueillis comme de vulgaires spectateurs. Bon, ben
on fait déjà chauffer le référendum ou on attend que ça se décante ?
Le 22 février, à Sao Paulo, une manifestation d'opposition au Mondial de Football organisé, à un coût astronomique, par le Brésil, a dégénéré en violence et en saccage, et en répression brutale. Des dizaines de manifestants ont été arrêtés, ainsi que cinq journalistes. On compte des blessés dans les rangs des manifestants comme dans ceux de la police. Des agences bancaires ont été mises à sac, des barricades ont été érigées. Le 12 juin, c'est précisément à Sao Paulo que devrait se tenir le match d'ouverture du Mondial. Les manifestants dénonçaient, sous le slogan « Le Mondial pour les riches, la mortadelle pour les pauvres », le gaspillage, par milliards (de dollars ou d'euros) pour cette manifestation, alors que les services publics, les infrastructures utiles à la population et les prestations sociales sont dans un état lamentable, des écoles aux hôpitaux en passant par les transports. Des manifestations semblables, et dénonçant également le Mondial et le gaspillage qui l'accompagne, avaient déjà eu lieu, plus massives, lors de la Coupe des confédérations de football, en juin 2013. Au total, le Brésil aura investi 11 milliards de dollars dans l'organisation du Mondial et la construction des stades. Le vieux mot d'ordre romain « panem et circensens » est toujours d'actualité : « du pain et des jeux ». Mais encore faudrait-il qu'il y ait vraiment du pain et pas seulement des jeux de cons. Ah oui, on allait oublier : le présidente et le gouvernement brésiliens sont de gauche. Du Parti des Footballeurs -pardon : du Parti des Travailleurs.
Le 22 février, à Sao Paulo, une manifestation d'opposition au Mondial de Football organisé, à un coût astronomique, par le Brésil, a dégénéré en violence et en saccage, et en répression brutale. Des dizaines de manifestants ont été arrêtés, ainsi que cinq journalistes. On compte des blessés dans les rangs des manifestants comme dans ceux de la police. Des agences bancaires ont été mises à sac, des barricades ont été érigées. Le 12 juin, c'est précisément à Sao Paulo que devrait se tenir le match d'ouverture du Mondial. Les manifestants dénonçaient, sous le slogan « Le Mondial pour les riches, la mortadelle pour les pauvres », le gaspillage, par milliards (de dollars ou d'euros) pour cette manifestation, alors que les services publics, les infrastructures utiles à la population et les prestations sociales sont dans un état lamentable, des écoles aux hôpitaux en passant par les transports. Des manifestations semblables, et dénonçant également le Mondial et le gaspillage qui l'accompagne, avaient déjà eu lieu, plus massives, lors de la Coupe des confédérations de football, en juin 2013. Au total, le Brésil aura investi 11 milliards de dollars dans l'organisation du Mondial et la construction des stades. Le vieux mot d'ordre romain « panem et circensens » est toujours d'actualité : « du pain et des jeux ». Mais encore faudrait-il qu'il y ait vraiment du pain et pas seulement des jeux de cons. Ah oui, on allait oublier : le présidente et le gouvernement brésiliens sont de gauche. Du Parti des Footballeurs -pardon : du Parti des Travailleurs.
27 octobre 2013
Fonds de tiroir
Ouverte en 1958, la
patinoire genevoise des Vernets est à bout de souffle. Depuis six
ans, les collectivités publiques (la Ville de Genève,
essentiellement) ont consacré plus de vingt millions à la
maintenir à peu près en état (son dernier lifting a coûté 7,5
millions), mais elle ne remplit plus les exigences catégoriques de
la Ligue Nationale de hockey, qui exige (de quel droit, au juste)
que ces exigences soient respectés d'ici à la saison 2015-2016 :
l'éclairage et l'affichage doivent être remplacés, la salle des
media déplacée, les bancs de pénalités et les vestiaires
agrandis... il faudrait mettre 15 à 20 millions pour satisfaire
ces exigences. Ou 30 millions pour construire une nouvelle
patinoire. Qui va les mettre, ces millions ? Le club résident, le
Servette Hockey Club, ne veut évidemment pas payer. Et s'adresse
aux collectivités publiques. Sur lesquelles attendent les «
partenaires privés ». Le canton, lui renvoie tout financement à
2018, la Ville de Lancy n'a pas les moyens de payer, la Ville de
Genève a déjà payé (et le projet de nouvelle patinoire n'est pas
implanté en Ville...). Voila. Les mendiants du sport font la
manche pendant que les collectivités publiques rabotent tous leurs
budgets, et on se dit qu'on est assez bien partis pour être
témoinf d'un «feuilleton patinoire» ressemblant comme deux
cristaux de glace au feuilleton du Stade de Genève...
On se sert un grand verre de Champagne pour saluer le refus par les Zurichois (de la Ville), même à une courte majorité, du projet de nouveau stade de foot de 19'000 places, pour 216 millions, à l'emplacement du défunt stade du Hardturm. Y'a des votes, comme ça, qui vous consolent de la victoire des saucisses à Lüscher... et vous inspirent pour le sort à réserver à l'étron de la Praille.
Bonne question du « Temps » de samedi : «Combien de morts sont-ils acceptables pour assurer le plein succès d'une Coupe du monde de football ? »... à Qatar, où doit avoir lieu en 2022 la Coupe du Monde de football, on fait travailler dur les ouvriers, par des températures jusqu'à 50°, sur les chantiers des infrastructures nécessaires à la fête à neuneu. On les fait même travailler si dur, les ouvriers (immigrants, les ouvriers : pas fous, les qataris ne font pas ce genre de boulots...), qu'il en meure un à deux par jour. Rien qu'en juillet, 32 ouvriers népalais sont morts, 119 depuis le début de l'année -les Népalais forment l'un des gros contingents des travailleurs immigrants exploités (salaires de misères, conditions d'hygiène scandaleuses, absence de droits syndicaux et même de droit du travail...) pour le Mondial de foot). Avec 80 Indiens, morts aussi depuis le début de l'année, plus de 200 ouvriers d'autres pays. A raison d'un à deux ouvriers morts par jour jusqu'en 2022, on en sera à 4000 le jour du premier match. La coupole du foot-pognon international, la FIFA, s'inquiète. Pas de la santé ou de la vie des ouvriers qui construisent les stades, mais du confort des joueurs et du public. Elle envisage donc de déplacer la coupe en hiver mais la fédération anglaise de foot s'y oppose, elle a son championnat à vendre pendant cette période et elle en attend 3,5 milliards pour la saison; opposition également du Comité international olympique, qui ne veut pas de concurrence avec les Jeux d'hiver qui lui rapportent deux milliards; opposition aussi de la chaîne télé américaine Fox Sports, qui ne veut pas d'une concurrence entre le foot à la mondiale et le foot américain. Pour les travaux, qui vont continuer toute l'année pendant encore huit ans, elle dit rien, la FIFA. Les ouvriers vont donc continuer à bosser en plein été qatari. Et à tomber comme des mouches. Le foot ressemble de plus en plus à l'armée : on savait déjà qu'il rendait con et que le fric qui y circule puait. On sait désormais qu'il tue aussi...
On se sert un grand verre de Champagne pour saluer le refus par les Zurichois (de la Ville), même à une courte majorité, du projet de nouveau stade de foot de 19'000 places, pour 216 millions, à l'emplacement du défunt stade du Hardturm. Y'a des votes, comme ça, qui vous consolent de la victoire des saucisses à Lüscher... et vous inspirent pour le sort à réserver à l'étron de la Praille.
Bonne question du « Temps » de samedi : «Combien de morts sont-ils acceptables pour assurer le plein succès d'une Coupe du monde de football ? »... à Qatar, où doit avoir lieu en 2022 la Coupe du Monde de football, on fait travailler dur les ouvriers, par des températures jusqu'à 50°, sur les chantiers des infrastructures nécessaires à la fête à neuneu. On les fait même travailler si dur, les ouvriers (immigrants, les ouvriers : pas fous, les qataris ne font pas ce genre de boulots...), qu'il en meure un à deux par jour. Rien qu'en juillet, 32 ouvriers népalais sont morts, 119 depuis le début de l'année -les Népalais forment l'un des gros contingents des travailleurs immigrants exploités (salaires de misères, conditions d'hygiène scandaleuses, absence de droits syndicaux et même de droit du travail...) pour le Mondial de foot). Avec 80 Indiens, morts aussi depuis le début de l'année, plus de 200 ouvriers d'autres pays. A raison d'un à deux ouvriers morts par jour jusqu'en 2022, on en sera à 4000 le jour du premier match. La coupole du foot-pognon international, la FIFA, s'inquiète. Pas de la santé ou de la vie des ouvriers qui construisent les stades, mais du confort des joueurs et du public. Elle envisage donc de déplacer la coupe en hiver mais la fédération anglaise de foot s'y oppose, elle a son championnat à vendre pendant cette période et elle en attend 3,5 milliards pour la saison; opposition également du Comité international olympique, qui ne veut pas de concurrence avec les Jeux d'hiver qui lui rapportent deux milliards; opposition aussi de la chaîne télé américaine Fox Sports, qui ne veut pas d'une concurrence entre le foot à la mondiale et le foot américain. Pour les travaux, qui vont continuer toute l'année pendant encore huit ans, elle dit rien, la FIFA. Les ouvriers vont donc continuer à bosser en plein été qatari. Et à tomber comme des mouches. Le foot ressemble de plus en plus à l'armée : on savait déjà qu'il rendait con et que le fric qui y circule puait. On sait désormais qu'il tue aussi...
23 septembre 2013
Fonds de tiroir
Le 22 septembre, les
Zurichois et choises (celles et ceux de la Ville, c'est un vote
municipal) se prononceront, pour la troisième fois en dix ans, et
la deuxième fois s'agissant du stade du Hardturm, sur la
construction d'un stade de football. Le projet soumis au vote est
en fait celui, remanié pour être rendu acceptable, qui avait été
refusé. Ia donc été repris, expurgé de ses éléments annexes
(commerces, hôtels) pour n'être plus qu'un projet de stade de
foot. Avec tout de même des logements au-dessus du stade, ce qui a
justifié le soutien que le PS a apporté au projet -alors que le
PLR le combat. Faut aimer, habiter au-dessus d'un stade... Le
Hardturm était un stade privé, dont le Grasshoper club était
résident (alors que l'équipe rivale, le FC Zurich, était résidente
d'un stade public, le Letzigrund). Les deux stades montrant des
signes de vieillesse, les « décideurs » ont donc décidé de les
remplacer. Chose faite pour le Letzigrund, à faire pour le
Hardturm. Le 22 septembre, 1er jour du calendrier républicain, la
ville votera donc sur un crédit de 220 millions, pour un stade de
19'000 places, plus, histoire sans doute d'appâter le client, un
crédit de 103 millions pour 160 appartements à loyer modéré. Le
Conseil municipal a accepté les deux crédits, un référendum a été
lancé, soutenu par les verts libéraux et l'ancien maire socialiste
Elmar Lederberger, qui considèrent que la construction d'un
deuxième stade après celle du Letzigrund encore neuf, ne se
justifie guère, et qu'on ne voit pas pourquoi ce sont les caisses
publiques qui devraient être mises à contribution alors que les
clubs, les deux clubs d'« élite » de Zurich, le FC et le GC,
seraien co-résidents du stade en ne participant pas d'un fifrelin
à l'opération. Ils ont de la chance, les Zurichois, de pouvoir
voter sur le projet d'un nouveau stade, alors qu'à Genève, tout a
été fait (et tout sera encore fait) pour qu'ils ne puissent pas en
faire autant...
03 juillet 2013
Fonds de tiroir
Dimanche prochain, on vote en Suisse sur des enjeux politiques
importants (le droit d'asile, l'élection populaire du
gouvernement)... et à Zurich, sur le moyen de contenir les
débordements des supporters sportifs et hooligans, les premiers
refusant évidemment d'être assimilés aux seconds. L'objet soumis au
vote est l'adhésion de Zurich à un concordat intercantonal sur le
hooliganisme, adopté par les directrices et directeurs cantonaux de
Justice et Police, mais refusé à Bâle, et auquel le canton de Zurich
devrait lui aussi adhérer. Ce concordat prévoit l'interdiction de
l'alcool dans les stades et autour lors des matches « à risque » (ce
qui ne devrait plus concerner Servette...), la vérification des
identités, la possibilités de fouilles corporelles etc... Les
référendaires considèrent par exemple que l'interdiction de l'alcool
« punirait une masse pacifiste » sans garantie de résultat. Parce
que la « masse pacifiste » en question ne conçoit pas d'assister à
un match sans bibine ? A l'exception des Verts et de la gauche
alternative, tous les partis zurichois prônent l'acceptation du
concordat, auquel les deux clubs « phares » de Grasshoper et de
Zurich se gardent bien de s'opposer (Grasshoper le soutient même),
malgré la grogne de leurs supporters. Voila, c'était une petite
bouffée d'air frais (quoique légèrement alcoolisé) dans le débat
politique -et rien de tel que les supporters sportifs pour nous la
fournir...
26 mars 2013
Brèves
Encore une révélation bouleversifiante : le monde du sport est
pourri. On nous en dira tant... Une enquête d'Europol (l'Interpol
européen) a révélé une énorme affaire de matches truqués par un
réseau asiatiique : 380 rencontres entre 2008 et 2011 sont
concernées, dont 41 en Suisse (où en 2009, on avait déjà repéré 26
matches truqués, dont un Bâle-Sofia gagné par Bâle), et on a eu de
gros doutes en 2011 sur un match Lugano-Servette gagné les doigts
dans le nez par Servette.... Dans la dernière enquête d'Europol, 425
arbitres, joueurs et dirigeants de clubs sont impliqués. Les
enveloppes distribuées pour perdre les marches pouvaient aller
jusqu'à 100'000 euros. Pour un bénéfice somme toute assez modeste :
8 millions d'euros... Un mois de salaire d'un top manager, quoi...
Conclusion de l'éditorialiste de la « Tribune de Genève » de mardi
dernier : il faut « ouvrir les yeux » et admettre que «le milieu du
sport n'est pas plus puritain que notre société dans son ensemble ».
Sans blaaagues... même depuis que le pognon islamiste du Qatar s'y
déverse en plus de celui de toutes les multinationales possibles et
imaginables ? C'est à désespérer des vraies valeurs...
Que faire d'un stade que la Fondation qui le gère qualifie elle-même d'enceinte « le plus souvent vide et tristement silencieuse » ? S'agissant du Stade de Genève, à la Praille, c'est la question qui se pose (et que nous posons) depuis sa construction (à laquelle, rappelons-le au passage, nous étions opposés). Une réponse est suggérée ces jours par des élus français de la région genevoise : une équipe française, Evian-Thonon-Gaillard (ETG), qui joue (encore) en division d'élite, et qui n'a, elle, pas de stade digne de ce nom, demande à la coupole du foot européen (l'UEFA) et à son président, Michel Platini, d'être autorisée à jouer à la Praille. Ce que l'UEFA avait refusé en 2010. Mais il paraît que depuis la proclamation de l'existence de la «Grande Genève», ETG peut se sentir chez elle à Genève. On a donc une équipe sans stade et un stade sans public, qui voudraient convoler. Une jolie histoire. Mais qui sent, comme toute l''histoire du Stade de Genève, l'eau de boudin. Parce qu'enfin, la question qui se pose toujours, et à laquelle personne n'a jamais été foutu de répondre, est : « plutôt que construire un équipement lourd et coûteux sans savoir si on en a l'utilité, et se demander une fois qu'il est construit à quoi on va bien pouvoir l'utiliser et comment le remplir, est-ce qu'il n'aurait pas été plus intelligent de se demander avant de le construire si on en avait besoin ? ». Question à laquelle on ajoutera : « la fonction de la "Grande Genève" est-elle de trouver une utilité aux machins dont Genève ne sait pas quoi faire ? »... Oui, on sait, des fois, on pose des questions bêtes.
Le public du club de foot sans stade n'ira pas remplir le stade du club de foot sans public : la coupole du foot européen, l'UEFA, a refusé l'idée du club français d'Evian-Thonon-Gaillard de pouvoir jouer dans le grand et vide stade de Genève : les statuts de l'UEFA ne permettent pas de franchir comme ça une frontière pour aller jouer à la baballe. Et c'est même pas le MCG qui les a rédigés, ces statuts.
Donc, il n'y aura pas de jeuzolympiques d'hiver et divers dans les Grisons : le peuple votant n'en veut pas, à 52,7 % de majorité. Les stations huppées de Saint Moritz et de Davos ont eu beau dire « ya » (ou « yes », vu que ça fait des lustres qu'on n'y cause plus romanche) au projet de JO d'hiver, le reste du canton les a renvoyées à leurs rêves de grandeur. Le parlement fédéral n'aura par conséquent plus à se prononcer sur la garantie de déficit d'un milliard que Ueli der Soldat mué en commis du CIO lui proposait. A la radio, ce matin, on s'interrogera : « La Suisse est-elle condamnée à voir petit ? »... parce qu'organiser des JO, c'est voir grand? ne serait-ce pas plutôt voir gros ? Faudrait voir à pas confondre la grandeur et l'obésité...
Que faire d'un stade que la Fondation qui le gère qualifie elle-même d'enceinte « le plus souvent vide et tristement silencieuse » ? S'agissant du Stade de Genève, à la Praille, c'est la question qui se pose (et que nous posons) depuis sa construction (à laquelle, rappelons-le au passage, nous étions opposés). Une réponse est suggérée ces jours par des élus français de la région genevoise : une équipe française, Evian-Thonon-Gaillard (ETG), qui joue (encore) en division d'élite, et qui n'a, elle, pas de stade digne de ce nom, demande à la coupole du foot européen (l'UEFA) et à son président, Michel Platini, d'être autorisée à jouer à la Praille. Ce que l'UEFA avait refusé en 2010. Mais il paraît que depuis la proclamation de l'existence de la «Grande Genève», ETG peut se sentir chez elle à Genève. On a donc une équipe sans stade et un stade sans public, qui voudraient convoler. Une jolie histoire. Mais qui sent, comme toute l''histoire du Stade de Genève, l'eau de boudin. Parce qu'enfin, la question qui se pose toujours, et à laquelle personne n'a jamais été foutu de répondre, est : « plutôt que construire un équipement lourd et coûteux sans savoir si on en a l'utilité, et se demander une fois qu'il est construit à quoi on va bien pouvoir l'utiliser et comment le remplir, est-ce qu'il n'aurait pas été plus intelligent de se demander avant de le construire si on en avait besoin ? ». Question à laquelle on ajoutera : « la fonction de la "Grande Genève" est-elle de trouver une utilité aux machins dont Genève ne sait pas quoi faire ? »... Oui, on sait, des fois, on pose des questions bêtes.
Le public du club de foot sans stade n'ira pas remplir le stade du club de foot sans public : la coupole du foot européen, l'UEFA, a refusé l'idée du club français d'Evian-Thonon-Gaillard de pouvoir jouer dans le grand et vide stade de Genève : les statuts de l'UEFA ne permettent pas de franchir comme ça une frontière pour aller jouer à la baballe. Et c'est même pas le MCG qui les a rédigés, ces statuts.
Donc, il n'y aura pas de jeuzolympiques d'hiver et divers dans les Grisons : le peuple votant n'en veut pas, à 52,7 % de majorité. Les stations huppées de Saint Moritz et de Davos ont eu beau dire « ya » (ou « yes », vu que ça fait des lustres qu'on n'y cause plus romanche) au projet de JO d'hiver, le reste du canton les a renvoyées à leurs rêves de grandeur. Le parlement fédéral n'aura par conséquent plus à se prononcer sur la garantie de déficit d'un milliard que Ueli der Soldat mué en commis du CIO lui proposait. A la radio, ce matin, on s'interrogera : « La Suisse est-elle condamnée à voir petit ? »... parce qu'organiser des JO, c'est voir grand? ne serait-ce pas plutôt voir gros ? Faudrait voir à pas confondre la grandeur et l'obésité...
19 février 2013
Fonds de tiroir
La grosse pétuffe genevoise de l'Euro 2008 (le ballon de foot géant
que des taborniaux avaient eu l'idée de faire flotter au dessus du
jet-d'eau) finit son destin en sacs à main après avoir été léguée à
une artisane de Corsier. Nous on voulait la crever, cette baudruche,
mais elle s'est dégonflée toute seule. Et on en revoit donc des
bouts sur les étals d'un marché de Corsier. Alors on prévient nos
copines: la première qu'on voit avec un truc pareil, on lui cause
plus... y'a quand même des limites au mauvais goût...
Les promoteurs de la candidature des Grisons à l'organisation des Jeux Olympiques d'hiver 2022 ont réduit vendredi dernier de 38 millions le budget des Jeux (s'ils se font aux Grisons, une votation populaire en décidant le 3 mars). C'est bien, mais le budget est toujours astronomique : près de 2,5 milliards de francs. Et plus de 250 millions de déficit, malgré un milliard espéré de la Confédération. Encore heureux que celle-ci ne veuille pas aller au-delà, mais ce milliard c'est déjà dix-sept fois de plus que ce qu'elle était prête à verser au Valais pour les JO 2006, dont le budget n'était inférieur « que » de moitié à ceux des Grisons. La Commission des finances du Conseil National recommande de ne pas approuver la contribution fédérale d'un milliard tant que des réponses n'auront pas été apportées aux questions soulevées, notamment s'agissant du coût de la sécurité, des transports et de la logistique. Et elle insiste : ça sera un milliard, et pas un pfennig de plus. Et si le trou est plus profond que d'un milliard ? Les Grisons se démerderont. Qui ça, aux Grisons ? Les communes organisatrices ? Elles n'en ont pas les moyens. Le canton ? Il ne boucle déja son budget que grâce à l'aide des autres cantons. Alors qui ? L'Emir du Qatar, peut-être ? Bon, bref, si les JO d'hiver sont organisés en Suisse, ils coûteront un milliard aux caisses fédérales, plus ce qu'ils coûteront aux caisses cantonales et municipales grisonnes. C'est marrant : on nous répète ad nauseam que c'est le temps des économies, qu'il ne faut pas gaspiller l'argent public... et puis voilà, une fête à neuneu sportive est projetée et les caisses s'ouvrent comme par miracle, et un milliard de francs en sort tout frétillant. C'est beau, la magie du sport-pognon.
Les promoteurs de la candidature des Grisons à l'organisation des Jeux Olympiques d'hiver 2022 ont réduit vendredi dernier de 38 millions le budget des Jeux (s'ils se font aux Grisons, une votation populaire en décidant le 3 mars). C'est bien, mais le budget est toujours astronomique : près de 2,5 milliards de francs. Et plus de 250 millions de déficit, malgré un milliard espéré de la Confédération. Encore heureux que celle-ci ne veuille pas aller au-delà, mais ce milliard c'est déjà dix-sept fois de plus que ce qu'elle était prête à verser au Valais pour les JO 2006, dont le budget n'était inférieur « que » de moitié à ceux des Grisons. La Commission des finances du Conseil National recommande de ne pas approuver la contribution fédérale d'un milliard tant que des réponses n'auront pas été apportées aux questions soulevées, notamment s'agissant du coût de la sécurité, des transports et de la logistique. Et elle insiste : ça sera un milliard, et pas un pfennig de plus. Et si le trou est plus profond que d'un milliard ? Les Grisons se démerderont. Qui ça, aux Grisons ? Les communes organisatrices ? Elles n'en ont pas les moyens. Le canton ? Il ne boucle déja son budget que grâce à l'aide des autres cantons. Alors qui ? L'Emir du Qatar, peut-être ? Bon, bref, si les JO d'hiver sont organisés en Suisse, ils coûteront un milliard aux caisses fédérales, plus ce qu'ils coûteront aux caisses cantonales et municipales grisonnes. C'est marrant : on nous répète ad nauseam que c'est le temps des économies, qu'il ne faut pas gaspiller l'argent public... et puis voilà, une fête à neuneu sportive est projetée et les caisses s'ouvrent comme par miracle, et un milliard de francs en sort tout frétillant. C'est beau, la magie du sport-pognon.
23 janvier 2013
Fonds de tiroir
Le 21 mars devrait se tenir au Stade de Genève un match amical
Italie-Brésil dont le double patron du FC Servette et du Stade de
Genève, Yougue Quennec, espère monts et merveilles. Et pognon. Et
renommée. Ce pour quoi il a dû payer au moins deux millions de
francs pour que ces deux illustres équipes viennent faire joujou à
Piogre plutôt qu'à Manchester. Quennec assure que l'opération
italo-brésilienne va rapporter des sous (billetterie, droits télé
etc...). Du moins s'il arrive à remplir son stade généralement vide
à au moins 75 %. Et il assure que si bénéfice il y a, il sera
intégralement reversé au Servette FC. Il veut avec cette opération «
montrer Genève comme une place qui compte sur la carte géographique
du football », commente l'indéfectible supporter du Servette et du
Stade dans la « Tribune de Genève ». Une place qui compte, en effet.
Qui compte ses sous. Parce qu'on n'est pas sitôt sorti de la
promotion du match amical qu'on entre dans un exercice plus commun,
s'agissant du stade, la mendicité. Il veut au moins 30, et jusqu'à
50, millions de francs pour « terminer le stade », Quennec. Ah bon,
il est pas encore terminé ce machin, qui a déjà coûté dans les 180
millions ? Et il va les trouver où, ces dizaines de millions, Yougue
Quennec ? Allez, un petit effort, devinez, c'est pas difficile... «
entre le secteur public et le secteur privé ». Surtout, sans doute,
« entre le secteur public et le secteur public ». Auprès des
communes et du canton, donc. On se disait aussi, que les bonnes
habitudes n'allaient pas se perdre... En ce cas, les nôtres non plus
: toute dépense publique de plus d'un million pour le trou de la
Praille sera frappée d'un référendum. Nous, on dit ça comme ça,
hein, au cas où...
25 décembre 2012
Fonds de tiroir
La société du Sport Toto, le bookmaker sportif suisse officiel, sait
quoi faire des bénéfices qu'elle fait sur le dos des parieurs : elle
les transforme notamment en petits cadeaux destinés aux politiciens
fédéraux pour qu'ils soutiennent le crédit d'un milliard, sous forme
de garantie de déficit, proposé pour assurer le financement des Jeux
Olympiques d'hiver dans les Grisons en 2022. Si les citoyennes et
citoyens des Grisons en veulent, ce qui n'est pas garanti puisqu'ïl
semble qu'ils soient « très partagés », comme nous l'écrit « Le
Matin Dimanche » de dimanche dernier (qui nous tartine trois pages
de promotion du projet). Bon, ben déjà qu'on jouait pas au Sport
Toto, si en plus on nous apprend que le pognon qu'on y aurait claqué
sert entre autres à offrir des montres à des parlementaires fédéraux
pour qu'ils votent une garantie de déficit d'un milliard, on va
réfréner toute envie éventuelle de se mettre à y jouer. On n'aura
pas trop de mal à se contenir, notez...
Les chefs des départements cantonaux de justice et police se sont mis d'accord : dès l'été prochain, l'alcool sera interdit dans les stades et les patinoires (et à leurs abords) lors des « matches à risque ». Les organisateurs des rencontres de première division devront déposer une demande d'autorisation pour toute la saison sportive. Les compétitions seront classées en vertes, jaunes et rouges, selon leur niveau de dangerosité. L'alcool sera interdit dans les stade et un kilomètre autour lors des rencontres rouges, et des contrôles à l'entrée devront permettre d'identifier les hooligans (il y en aurait un millier en Suisse). Lors des matches verts et jaunes, l'alcool sera autorisé et les contrôles réduits. La conseillère d'Etat vaudoise Jacqueline de Quattro trouve ces recommandations « libérales » : évidemment, puisque le commerce d'alcool par les clubs reste, contrairement aux craintes des clubs, autorisé pour la plupart des matches, et pour tous les matches dans les « zones VIP » (ces boxes à rupins sont réputés calmes : les parcs à bourges ne sont pas des corralls). Mais les cantons sont tout de même inquiets : ils devront assurer la sécurité lors des déplacements de leurs supporters à l'extérieur, et l'interdiction de l'alcool lors des matches rouges, les plus rentables, reste en travers du foie des clubs. Du coup, on les voit déjà quémander auprès des autorités cantonales : à Genève, le directeur administratif du FC Servette va discuter avec le Conseiller d'Etat Pierre Maudet pour trouver des « arrangements » : « nous sommes incapables de prendre à notre charge l'entier des frais de sécurité ». On se disait aussi que ça allait forcément retomber sur les caisses publiques, ce truc. Bon, de toute façon, si l'on en croit le Conseiller d'Etat fribourgeois Erwin Jutzet, la conférence des chefs de départements cantonaux de justice et police n'a adopté que « des recommandations, que l'on peut suivre ou pas ». Autrement dit : dont on peut se confoutre comme un dealer de sa quinzième interpellation. Sur ce, santé, conservation et vive le sport, école de civilité et d'abstinence !
Les anciens joueurs de l'ancien FC Servette (celui de Marc Roger) veulent relancer l'action en responsabilité civile contre les administrateurs de la société en faillite, et demandent, ensemble, plus de 20 millions à Olivier Maus (qui ne veut pas payer, même s'il en a les moyens, puisque sa famille est en passe de se goinfrer le crodocile Lacoste pour 350 millions de francs) et à Marc Roger (qui n'a évidemment par le premier centime d'euro de cette somme). Maus demande de ne pas être seul en cause, et requiert la participation au procès de l'ancien président du club, un certain Christian Lüscher, et (notamment) des ex-administrateurs du club, Olivier Carrard et Alain Rolland. Avec Marc Roger, Lüscher et Carrard avaient produit un bilan illusoire pour faire croire que le club n'était plus surendetté, et lui permettre de continuer à participer au championnat. Pour cela, Roger avait été condamné pour faux dans les titres, pas Lüscher ni Carrard. On accuse les frontaliers de prendre les emplois des Genevois ? En tout cas, ils prennent leurs condamnations.
La menace d'une interdiction de vente d'alcool dans les stades (et autour) des grands matches de foot ou de hockey continue de faire hoqueter. Pour de bonnes, saines et désintéressées raisons : «le match de foot et de hockey ne se conjugue que rarement sans sa bière et sa saucisse » clame le responsable de la communication du groupe (de brasseurs) Felschlösschen. Dont « Le Matin Dimanche » nous précise, au cas où on en douterait, qu'il est « aussi un partenaire financier important du sport suisse ». Un partenaire désintéressé, qui aime le sport pour la beauté du sport, bien sûr, mais qui précise qu'il y a « un rapport direct entre les quantités vendues et les montants rétrocédés aux clubs ». Les quantités de quoi ? De bibine. Et de bibine avec alcool, pas de la bibine pour gonzesses, parce que quand on échange l'une contre l'autre, « la consommation diminue sérieusement ». En clair: le spectateur et le supporter ne boivent pas de la bière, mais de l'alcool. Et comme moins d'alcool=moins de consommation, et moins de consommation=moins de pognon redistribué aux clubs, les clubs, eux aussi, nous font une crise de delirium très mince. Bon, nous, hein, ce qu'on on dit, on n'aime ni le sport, ni la pistrouille de chez Feldmachin, alors tant qu'on nous empêche pas de nous bourrer la gueule à la slivo dans un rade balkanique...
Les chefs des départements cantonaux de justice et police se sont mis d'accord : dès l'été prochain, l'alcool sera interdit dans les stades et les patinoires (et à leurs abords) lors des « matches à risque ». Les organisateurs des rencontres de première division devront déposer une demande d'autorisation pour toute la saison sportive. Les compétitions seront classées en vertes, jaunes et rouges, selon leur niveau de dangerosité. L'alcool sera interdit dans les stade et un kilomètre autour lors des rencontres rouges, et des contrôles à l'entrée devront permettre d'identifier les hooligans (il y en aurait un millier en Suisse). Lors des matches verts et jaunes, l'alcool sera autorisé et les contrôles réduits. La conseillère d'Etat vaudoise Jacqueline de Quattro trouve ces recommandations « libérales » : évidemment, puisque le commerce d'alcool par les clubs reste, contrairement aux craintes des clubs, autorisé pour la plupart des matches, et pour tous les matches dans les « zones VIP » (ces boxes à rupins sont réputés calmes : les parcs à bourges ne sont pas des corralls). Mais les cantons sont tout de même inquiets : ils devront assurer la sécurité lors des déplacements de leurs supporters à l'extérieur, et l'interdiction de l'alcool lors des matches rouges, les plus rentables, reste en travers du foie des clubs. Du coup, on les voit déjà quémander auprès des autorités cantonales : à Genève, le directeur administratif du FC Servette va discuter avec le Conseiller d'Etat Pierre Maudet pour trouver des « arrangements » : « nous sommes incapables de prendre à notre charge l'entier des frais de sécurité ». On se disait aussi que ça allait forcément retomber sur les caisses publiques, ce truc. Bon, de toute façon, si l'on en croit le Conseiller d'Etat fribourgeois Erwin Jutzet, la conférence des chefs de départements cantonaux de justice et police n'a adopté que « des recommandations, que l'on peut suivre ou pas ». Autrement dit : dont on peut se confoutre comme un dealer de sa quinzième interpellation. Sur ce, santé, conservation et vive le sport, école de civilité et d'abstinence !
Les anciens joueurs de l'ancien FC Servette (celui de Marc Roger) veulent relancer l'action en responsabilité civile contre les administrateurs de la société en faillite, et demandent, ensemble, plus de 20 millions à Olivier Maus (qui ne veut pas payer, même s'il en a les moyens, puisque sa famille est en passe de se goinfrer le crodocile Lacoste pour 350 millions de francs) et à Marc Roger (qui n'a évidemment par le premier centime d'euro de cette somme). Maus demande de ne pas être seul en cause, et requiert la participation au procès de l'ancien président du club, un certain Christian Lüscher, et (notamment) des ex-administrateurs du club, Olivier Carrard et Alain Rolland. Avec Marc Roger, Lüscher et Carrard avaient produit un bilan illusoire pour faire croire que le club n'était plus surendetté, et lui permettre de continuer à participer au championnat. Pour cela, Roger avait été condamné pour faux dans les titres, pas Lüscher ni Carrard. On accuse les frontaliers de prendre les emplois des Genevois ? En tout cas, ils prennent leurs condamnations.
La menace d'une interdiction de vente d'alcool dans les stades (et autour) des grands matches de foot ou de hockey continue de faire hoqueter. Pour de bonnes, saines et désintéressées raisons : «le match de foot et de hockey ne se conjugue que rarement sans sa bière et sa saucisse » clame le responsable de la communication du groupe (de brasseurs) Felschlösschen. Dont « Le Matin Dimanche » nous précise, au cas où on en douterait, qu'il est « aussi un partenaire financier important du sport suisse ». Un partenaire désintéressé, qui aime le sport pour la beauté du sport, bien sûr, mais qui précise qu'il y a « un rapport direct entre les quantités vendues et les montants rétrocédés aux clubs ». Les quantités de quoi ? De bibine. Et de bibine avec alcool, pas de la bibine pour gonzesses, parce que quand on échange l'une contre l'autre, « la consommation diminue sérieusement ». En clair: le spectateur et le supporter ne boivent pas de la bière, mais de l'alcool. Et comme moins d'alcool=moins de consommation, et moins de consommation=moins de pognon redistribué aux clubs, les clubs, eux aussi, nous font une crise de delirium très mince. Bon, nous, hein, ce qu'on on dit, on n'aime ni le sport, ni la pistrouille de chez Feldmachin, alors tant qu'on nous empêche pas de nous bourrer la gueule à la slivo dans un rade balkanique...
29 novembre 2012
Fonds de tiroir
Le double patron du Servette Hockey-Club et du Servette
Football-Clug, Hugh Quennec, a annoncé à la « Tribune » qu'il était
« en contact avec des partenaires russes, du Moyen-Orient et coréens
», « très intéressés » à soutenir les deux clubs, ou l'un ou
l'autre. Le pognon qui arrivera, s'il arrive, il est prévu de le
laver et de le désodoriser avant usage ou de l'injecter tout de
suite dans les clubs ?
Pas content de l'arbitre lors du match Suisse-Norvège, l'entraîneur de l'équipe de Suisse, Ottmar Hitzfeld, lui a adressé un doigt d'honneur. Et deux jours plus tard, ce dégonflé s'en excuse : « Mon doigt d'honneur était déplacé ». Et déplacé où, au juste, galopin ?
On a comme une impression de déjà vu : le coût de l'organisation éventuelle en Suisse des jeux Olympiques d'hiver en 2022 a pris l'ascenseur avant même que les citoyennes et citoyens des Grisons se soient prononcés sur cette proposition. Les seules mesures de sécurité coûteraient 410 millions de francs, dont 250 millions à la charge des collectivités publiques (il est prévu de mobiliser pas moins de 2500 policiers et 5000 soldats pour l'occasion...). A lui seul, le canton des Grisons devrait casquer pour 180 millions. Et c'est un crédit global d'un milliard qui devrait être débloqué par le parlement.. Mais comme les partisans de ce projet se doutent bien que le peuple renâclera à cette ponction dans les caisses publiques, le Conseiller fédéral Ueli Maurer (qui est non seulement notre inénarrable ministre de la Défense, mais aussi celui des Sports...) a annoncé que le crédit, proposé aux Chambres fédérales l'été prochain, serait purement et simplement soustrait au référendum... comme naguère, à Genève, certain crédit pour le renflouement du Stade de Genève... c'est une manie, décidément, que de vouloir puiser dans les caisses publiques pour alimenter celles du sport-pognon, en privant les citoyennes et citoyens de la polssibilité de se prononcer sur ce racket... Une manie, mais une sale manie...
Le financement d'éventuels Jeux Olympiques d'hiver en Suisse a du plomb dans l'aile : le seul parti qui soit prêt à accorder un milliard de francs pour que se déroulent les JO d'hiver 2022 dans les Grisons est le petit Parti bourgeois démocratique (PBD). Tous les autres partis sont, soit opposés à ce projet, comme les Verts et le PS, soit partisans du projet mais opposés à le financer. Au fond, les raisons pour lesquelles les uns et les autres refuseront de financer l'organisation des JO d'hiver en Suisse, on avoue qu'on s'en contrefout. Ce qui compte, c'est qu'en refusant ce financement, ils condamnent ce projet nuisible à tout points de vue : financier, certes (le fric claqué là-dedans, on en a un besoin plus urgent ailleurs), mais aussi environnemental (pour l'environnement, les JO sont une véritable calamité, où qu'ils se déroulent)...
La Ville de Zurich va, peut-être, se doter du stade le plus cher de Suisse, pour remplacer le Hardturm, fief du Grasshoper, démoli en 2008. Le nouveau projet est d'un stade de 19500 spectateurs (moins que le stade de Genève et ses 30'000 places, alors que la ville de Zurich est deux fois plus peuplée que celle de Genève, et le canton près de trois fois plus peuplé...), pour lequel un crédit de 230 millions sera déposé, dont 150 millions pour la construction et 80 millions pour le rachat du terrain au Crédit Suisse. La Municipalité prévoit pour ce stade un déficit d'exploitation annuel de 6,3 à 8,3 millions (au moins, elle n'essaie pas, contrairement à ce qui fut fait à Genève, de faire croire que l'exploitation du machin ne sera pas déficitaire). Un siège dans le nouveau stade coûterait donc 11'000 balles, ce qui en ferait le pose-cul de footballeux le plus cher de Suisse. Et on est bien contents, à Genève, d'apprendre qu'en matière de construction de stade, on a trouvé encore plus cons que nous.
Pas content de l'arbitre lors du match Suisse-Norvège, l'entraîneur de l'équipe de Suisse, Ottmar Hitzfeld, lui a adressé un doigt d'honneur. Et deux jours plus tard, ce dégonflé s'en excuse : « Mon doigt d'honneur était déplacé ». Et déplacé où, au juste, galopin ?
On a comme une impression de déjà vu : le coût de l'organisation éventuelle en Suisse des jeux Olympiques d'hiver en 2022 a pris l'ascenseur avant même que les citoyennes et citoyens des Grisons se soient prononcés sur cette proposition. Les seules mesures de sécurité coûteraient 410 millions de francs, dont 250 millions à la charge des collectivités publiques (il est prévu de mobiliser pas moins de 2500 policiers et 5000 soldats pour l'occasion...). A lui seul, le canton des Grisons devrait casquer pour 180 millions. Et c'est un crédit global d'un milliard qui devrait être débloqué par le parlement.. Mais comme les partisans de ce projet se doutent bien que le peuple renâclera à cette ponction dans les caisses publiques, le Conseiller fédéral Ueli Maurer (qui est non seulement notre inénarrable ministre de la Défense, mais aussi celui des Sports...) a annoncé que le crédit, proposé aux Chambres fédérales l'été prochain, serait purement et simplement soustrait au référendum... comme naguère, à Genève, certain crédit pour le renflouement du Stade de Genève... c'est une manie, décidément, que de vouloir puiser dans les caisses publiques pour alimenter celles du sport-pognon, en privant les citoyennes et citoyens de la polssibilité de se prononcer sur ce racket... Une manie, mais une sale manie...
Le financement d'éventuels Jeux Olympiques d'hiver en Suisse a du plomb dans l'aile : le seul parti qui soit prêt à accorder un milliard de francs pour que se déroulent les JO d'hiver 2022 dans les Grisons est le petit Parti bourgeois démocratique (PBD). Tous les autres partis sont, soit opposés à ce projet, comme les Verts et le PS, soit partisans du projet mais opposés à le financer. Au fond, les raisons pour lesquelles les uns et les autres refuseront de financer l'organisation des JO d'hiver en Suisse, on avoue qu'on s'en contrefout. Ce qui compte, c'est qu'en refusant ce financement, ils condamnent ce projet nuisible à tout points de vue : financier, certes (le fric claqué là-dedans, on en a un besoin plus urgent ailleurs), mais aussi environnemental (pour l'environnement, les JO sont une véritable calamité, où qu'ils se déroulent)...
La Ville de Zurich va, peut-être, se doter du stade le plus cher de Suisse, pour remplacer le Hardturm, fief du Grasshoper, démoli en 2008. Le nouveau projet est d'un stade de 19500 spectateurs (moins que le stade de Genève et ses 30'000 places, alors que la ville de Zurich est deux fois plus peuplée que celle de Genève, et le canton près de trois fois plus peuplé...), pour lequel un crédit de 230 millions sera déposé, dont 150 millions pour la construction et 80 millions pour le rachat du terrain au Crédit Suisse. La Municipalité prévoit pour ce stade un déficit d'exploitation annuel de 6,3 à 8,3 millions (au moins, elle n'essaie pas, contrairement à ce qui fut fait à Genève, de faire croire que l'exploitation du machin ne sera pas déficitaire). Un siège dans le nouveau stade coûterait donc 11'000 balles, ce qui en ferait le pose-cul de footballeux le plus cher de Suisse. Et on est bien contents, à Genève, d'apprendre qu'en matière de construction de stade, on a trouvé encore plus cons que nous.
19 juillet 2012
Brèves
Une manifestation syndicale a dénoncé lundi 14 mai, à Lausanne,
devant le siège du Comité International Olympique (CIO), la
désignation d'une entreprise minière australo-britannique, Rio
Tinto, comme fournisseur officiel des médailles des prochains Jeux
Olympiques d'été à Londres. Rio Tinto s'est rendue coupable de lock
out contre près de 800 travailleurs au Québec, parce qu'ils
refusaient de voir les salariés partant à la retraite être remplacés
par des temporaires payés moitié moins. Rio Tinto, présente dans une
quarantaine de pays, est aussi dénoncée pour ses activités
polluantes et son mépris des populations locales. Les syndicats
exigent du CIO qu'il respecte et fasse respecter de ses fournisseurs
les droits fondamentaux et les principes de la charte olympique. Pis
quoi encore ? D'ailleurs, le directeur de la communication du CIO a
précisé que le CIO n'avait aucune intention d'exiger quoi que ce
soit de Rio Tinto, qui n'est même pas sponsor des Jeux mais
seulement fournisseur de médailles. Y'a une médaille pour
l'hypocrisie ? Et c'est aussi Rio Tinto qui la fournit ?
Le Conseil d'Etat genevois a adopté un arrêté visant à «aménager les conditions-cadres favorables au bon déroulement de l'Eurofoot 2012 et des manifestations liées à cet évènement » . Concrètement, ça veut dire quoi, l'Eurofoot se déroulant en Pologne et en Ukraine, et pas à Genève ? Ben, il s'agit, nous dit le communiqué du Conseil d'Etat, de « rappeler les différentes dispositions légales et réglementaires en matière, notamment, d’ordre, de sécurité, de tranquillité et de salubrité publics, de débits de boissons, de vente d’alcool sur la voie publique ou encore de commerce itinérant»... Bref, un petit catalogue des nuisances, incivilités, tapages et perturbations diverses liées à la «grande fête du foot», même quand elle se déroule à quelques milliers de kilomètres de chez nous. De la délinquance transfrontalière, quoi. Mais qu'en disent Gominator et son MCG ? Et quand proposeront-ils de mettre les supporters bruyants dans des containers près de l'aéroport ?
On appelle ça le « calcioscomesse » : c'est le scandale des matches truqués en Italie (mais on sait que la pratique consistant à payer des joueurs pour qu'ils fassent perdre un match à leur équipe afin que les parieurs, mafieux ou non, qui ont misé sur leur adversaire puissent empocher le gros lot, n'est pas une exclusivité italienne). Et puis, il y en a un qui rêve tout haut, c'est le Premier ministre italien, Mario Monti, qui suggère « une suspension totale (du foot en Italie) pour deux ou trois ans », et qui pense que cette abstinence footeuse profiterait « à la maturité politique de nos concitoyens ». Bien sûr, que cela profiterait à leur maturité politique, mais qui s'y intéresse, à leur maturité politique ? Et qui en profiterait, de leur maturité politique ? Certainement pas les réseaux mafieux qui gèrent les paris sur les marches truqués... et certainement pas non plus le petit monde du foot professionnel, italien ou non. car comme l'écrit l'historien du sport Fabien Archambault : « le football (en Italie) est un système industriel où les enjeux symboliques, au-delà des enjeux financiers, sont très importants. Du coup, il est hors de question de le laisser aux mains du hasard ». D'où la manipulation des matches : on sait jamais, si on ne les manipulait pas, peut-être que les meilleurs gagneraient toujours... Ah oui, encore un truc : selon le procureur Di Martino, le « Calcioscomesse » a été en partie organisé en Suisse, et ses profits en partie planqués en Suisse. Ah ben ça, pour une surprise, c'est une surprise...
Les polices des grandes villes suisses sont inquiètes : la Swiss Football League a décidé de faire commencer les matches de Super League deux heures plus tard le samedi, à 19 heures 45. Et donc de les faire terminer deux heures plus tard, les spectateurs quittant le stade croisant alors les gens sortant faire la fête. D'où un risque accru de conflits dans les zones de concentration, comme les gares, entre des supporters déjà un peu (ou beaucoup) bourrés et des teufeurs pas toujours encore sobres. Bon, et alors ? il est où le risque ? le sport, c'est plus une école de civilité suivie studieusement par de gentils supporters ?
Dans la nuit de samedi à dimanche, à 1 heure 69 minutes et 59 secondes, on recevra une seconde de temps supplémentaire pour rattraper le temps universel (le temps courant prend une demie-seconde de retard chaque année par rapport à celui mesuré par les horloges atomiques). Voilà, on a gagné une seconde. mais qu'est-ce qu'on va bien pouvoir en faire ?
Le Conseil d'Etat genevois a adopté un arrêté visant à «aménager les conditions-cadres favorables au bon déroulement de l'Eurofoot 2012 et des manifestations liées à cet évènement » . Concrètement, ça veut dire quoi, l'Eurofoot se déroulant en Pologne et en Ukraine, et pas à Genève ? Ben, il s'agit, nous dit le communiqué du Conseil d'Etat, de « rappeler les différentes dispositions légales et réglementaires en matière, notamment, d’ordre, de sécurité, de tranquillité et de salubrité publics, de débits de boissons, de vente d’alcool sur la voie publique ou encore de commerce itinérant»... Bref, un petit catalogue des nuisances, incivilités, tapages et perturbations diverses liées à la «grande fête du foot», même quand elle se déroule à quelques milliers de kilomètres de chez nous. De la délinquance transfrontalière, quoi. Mais qu'en disent Gominator et son MCG ? Et quand proposeront-ils de mettre les supporters bruyants dans des containers près de l'aéroport ?
On appelle ça le « calcioscomesse » : c'est le scandale des matches truqués en Italie (mais on sait que la pratique consistant à payer des joueurs pour qu'ils fassent perdre un match à leur équipe afin que les parieurs, mafieux ou non, qui ont misé sur leur adversaire puissent empocher le gros lot, n'est pas une exclusivité italienne). Et puis, il y en a un qui rêve tout haut, c'est le Premier ministre italien, Mario Monti, qui suggère « une suspension totale (du foot en Italie) pour deux ou trois ans », et qui pense que cette abstinence footeuse profiterait « à la maturité politique de nos concitoyens ». Bien sûr, que cela profiterait à leur maturité politique, mais qui s'y intéresse, à leur maturité politique ? Et qui en profiterait, de leur maturité politique ? Certainement pas les réseaux mafieux qui gèrent les paris sur les marches truqués... et certainement pas non plus le petit monde du foot professionnel, italien ou non. car comme l'écrit l'historien du sport Fabien Archambault : « le football (en Italie) est un système industriel où les enjeux symboliques, au-delà des enjeux financiers, sont très importants. Du coup, il est hors de question de le laisser aux mains du hasard ». D'où la manipulation des matches : on sait jamais, si on ne les manipulait pas, peut-être que les meilleurs gagneraient toujours... Ah oui, encore un truc : selon le procureur Di Martino, le « Calcioscomesse » a été en partie organisé en Suisse, et ses profits en partie planqués en Suisse. Ah ben ça, pour une surprise, c'est une surprise...
Les polices des grandes villes suisses sont inquiètes : la Swiss Football League a décidé de faire commencer les matches de Super League deux heures plus tard le samedi, à 19 heures 45. Et donc de les faire terminer deux heures plus tard, les spectateurs quittant le stade croisant alors les gens sortant faire la fête. D'où un risque accru de conflits dans les zones de concentration, comme les gares, entre des supporters déjà un peu (ou beaucoup) bourrés et des teufeurs pas toujours encore sobres. Bon, et alors ? il est où le risque ? le sport, c'est plus une école de civilité suivie studieusement par de gentils supporters ?
Dans la nuit de samedi à dimanche, à 1 heure 69 minutes et 59 secondes, on recevra une seconde de temps supplémentaire pour rattraper le temps universel (le temps courant prend une demie-seconde de retard chaque année par rapport à celui mesuré par les horloges atomiques). Voilà, on a gagné une seconde. mais qu'est-ce qu'on va bien pouvoir en faire ?
08 juillet 2012
Fonds de tiroir
A la demande de la Ville et du canton de Genève, la Cour des Comptes
genevoise s'est penchée sur les comptes du FC Servette. Résultat :
comme on le savait déjà, la comptabilité du club était plus
qu'approximative. Comme on s'en doutait, les subventions destinées à
l'association devant assurer la relève des jeunes (une sorte d'«
académie de formation ») ont été en partie (un tiers, apparemment)
engloutis dans la société anonyme du club. Et comme certains (de
mauvais esprits antisportifs, cela va sans dire) le recommandaient
avant la Cour des Comptes, la Ville et le canton auraient du, et pu,
se montrer un tantinet plus curieux et exigeants avant de filer du
pognon aux gestionnaires de l'Acadmémie, qui se trouvaient, O
surprise, être les mêmes que ceux du club... Mais c'est quand même
marrant : quand des doutes étaient exprimés sur le fonctionnement
financier du club, ceux qui les exprimaient étaient accusés de
n'être que des antisportifs primaires et footophobes pulsionnels. Et
maintenant que ces doutes sont confirmés par la Cour des Comptes, on
n'entend plus guère ceux qui se sont battus pour qu'on file du
pognon dans un vase percé communiquant avec un trou...
Une manifestation syndicale a dénoncé lundi 14 mai, à Lausanne, devant le siège du Comité International Olympique (CIO), la désignation d'une entreprise minière australo-britannique, Rio Tinto, comme fournisseur officiel des médailles des prochains Jeux Olympiques d'été à Londres. Rio Tinto s'est rendue coupable de lock out contre près de 800 travailleurs au Québec, parce qu'ils refusaient de voir les salariés partant à la retraite être remplacés par des temporaires payés moitié moins. Rio Tinto, présente dans une quarantaine de pays, est aussi dénoncée pour ses activités polluantes et son mépris des populations locales. Les syndicats exigent du CIO qu'il respecte et fasse respecter de ses fournisseurs les droits fondamentaux et les principes de la charte olympique. Pis quoi encore ? D'ailleurs, le directeur de la communication du CIO a précisé que le CIO n'avait aucune intention d'exiger quoi que ce soit de Rio Tinto, qui n'est même pas sponsor des Jeux mais seulement fournisseur de médailles. Y'a une médaille pour l'hypocrisie ? Et c'est aussi Rio Tinto qui la fournit ?
Le Conseil d'Etat genevois a adopté un arrêté visant à «aménager les conditions-cadres favorables au bon déroulement de l'Eurofoot 2012 et des manifestations liées à cet évènement » . Concrètement, ça veut dire quoi, l'Eurofoot se déroulant en Pologne et en Ukraine, et pas à Genève ? Ben, il s'agit, nous dit le communiqué du Conseil d'Etat, de « rappeler les différentes dispositions légales et réglementaires en matière, notamment, d’ordre, de sécurité, de tranquillité et de salubrité publics, de débits de boissons, de vente d’alcool sur la voie publique ou encore de commerce itinérant»... Bref, un petit catalogue des nuisances, incivilités, tapages et perturbations diverses liées à la «grande fête du foot», même quand elle se déroule à quelques milliers de kilomètres de chez nous. De la délinquance transfrontalière, quoi. Mais qu'en disent Gominator et son MCG ? Et quand proposeront-ils de mettre les supporters bruyants dans des containers près de l'aéroport ?
On appelle ça le « calcioscomesse » : c'est le scandale des matches truqués en Italie (mais on sait que la pratique consistant à payer des joueurs pour qu'ils fassent perdre un match à leur équipe afin que les parieurs, mafieux ou non, qui ont misé sur leur adversaire puissent empocher le gros lot, n'est pas une exclusivité italienne). Et puis, il y en a un qui rêve tout haut, c'est le Premier ministre italien, Mario Monti, qui suggère « une suspension totale (du foot en Italie) pour deux ou trois ans », et qui pense que cette abstinence footeuse profiterait « à la maturité politique de nos concitoyens ». Bien sûr, que cela profiterait à leur maturité politique, mais qui s'y intéresse, à leur maturité politique ? Et qui en profiterait, de leur maturité politique ? Certainement pas les réseaux mafieux qui gèrent les paris sur les marches truqués... et certainement pas non plus le petit monde du foot professionnel, italien ou non. car comme l'écrit l'historien du sport Fabien Archambault : « le football (en Italie) est un système industriel où les enjeux symboliques, au-delà des enjeux financiers, sont très importants. Du coup, il est hors de question de le laisser aux mains du hasard ». D'où la manipulation des matches : on sait jamais, si on ne les manipulait pas, peut-être que les meilleurs gagneraient toujours... Ah oui, encore un truc : selon le procureur Di Martino, le « Calcioscomesse » a été en partie organisé en Suisse, et ses profits en partie planqués en Suisse. Ah ben ça, pour une surprise, c'est une surprise...
Une manifestation syndicale a dénoncé lundi 14 mai, à Lausanne, devant le siège du Comité International Olympique (CIO), la désignation d'une entreprise minière australo-britannique, Rio Tinto, comme fournisseur officiel des médailles des prochains Jeux Olympiques d'été à Londres. Rio Tinto s'est rendue coupable de lock out contre près de 800 travailleurs au Québec, parce qu'ils refusaient de voir les salariés partant à la retraite être remplacés par des temporaires payés moitié moins. Rio Tinto, présente dans une quarantaine de pays, est aussi dénoncée pour ses activités polluantes et son mépris des populations locales. Les syndicats exigent du CIO qu'il respecte et fasse respecter de ses fournisseurs les droits fondamentaux et les principes de la charte olympique. Pis quoi encore ? D'ailleurs, le directeur de la communication du CIO a précisé que le CIO n'avait aucune intention d'exiger quoi que ce soit de Rio Tinto, qui n'est même pas sponsor des Jeux mais seulement fournisseur de médailles. Y'a une médaille pour l'hypocrisie ? Et c'est aussi Rio Tinto qui la fournit ?
Le Conseil d'Etat genevois a adopté un arrêté visant à «aménager les conditions-cadres favorables au bon déroulement de l'Eurofoot 2012 et des manifestations liées à cet évènement » . Concrètement, ça veut dire quoi, l'Eurofoot se déroulant en Pologne et en Ukraine, et pas à Genève ? Ben, il s'agit, nous dit le communiqué du Conseil d'Etat, de « rappeler les différentes dispositions légales et réglementaires en matière, notamment, d’ordre, de sécurité, de tranquillité et de salubrité publics, de débits de boissons, de vente d’alcool sur la voie publique ou encore de commerce itinérant»... Bref, un petit catalogue des nuisances, incivilités, tapages et perturbations diverses liées à la «grande fête du foot», même quand elle se déroule à quelques milliers de kilomètres de chez nous. De la délinquance transfrontalière, quoi. Mais qu'en disent Gominator et son MCG ? Et quand proposeront-ils de mettre les supporters bruyants dans des containers près de l'aéroport ?
On appelle ça le « calcioscomesse » : c'est le scandale des matches truqués en Italie (mais on sait que la pratique consistant à payer des joueurs pour qu'ils fassent perdre un match à leur équipe afin que les parieurs, mafieux ou non, qui ont misé sur leur adversaire puissent empocher le gros lot, n'est pas une exclusivité italienne). Et puis, il y en a un qui rêve tout haut, c'est le Premier ministre italien, Mario Monti, qui suggère « une suspension totale (du foot en Italie) pour deux ou trois ans », et qui pense que cette abstinence footeuse profiterait « à la maturité politique de nos concitoyens ». Bien sûr, que cela profiterait à leur maturité politique, mais qui s'y intéresse, à leur maturité politique ? Et qui en profiterait, de leur maturité politique ? Certainement pas les réseaux mafieux qui gèrent les paris sur les marches truqués... et certainement pas non plus le petit monde du foot professionnel, italien ou non. car comme l'écrit l'historien du sport Fabien Archambault : « le football (en Italie) est un système industriel où les enjeux symboliques, au-delà des enjeux financiers, sont très importants. Du coup, il est hors de question de le laisser aux mains du hasard ». D'où la manipulation des matches : on sait jamais, si on ne les manipulait pas, peut-être que les meilleurs gagneraient toujours... Ah oui, encore un truc : selon le procureur Di Martino, le « Calcioscomesse » a été en partie organisé en Suisse, et ses profits en partie planqués en Suisse. Ah ben ça, pour une surprise, c'est une surprise...
26 mai 2012
Brèves
Une centaine de supporters genevois ont causé dimanche des heurts à
Lausanne en marge du match opposant Lausanne-Sport au FC Servette.
La police a dû faire usage d’un camion-pompe et de balles en
caoutchouc. A l’entrée du stade, peu avant les fouilles, des fans du
FC Servette ont provoqué une bousculade afin de pénétrer de force
dans l’enceinte. Auparavant, certains d’entre eux avaient lancé des
engins pyrotechniques dans les broussailles, provoquant un début
d’incendie dans un talus. Et au terme du match, perdu 3 à 1 par
Servette, une centaine de supporters genevois ont cherché la
confrontation avec le service de sécurité du stade, s'en sont pris à
du matériel, à des barrières et ont lancé des bouteilles. Comme
disait en substance une résolution du Conseil Municipal de Genève,
le soutien au foot professionnel, ça socialise les jeunes, ça leur
donne un modèle. La preuve : lors du match entre Servette et
Lausanne Sports, l'attaquant lausannois Mat Moussilou, congolais, a
été l'objet d'insultes racistes de la part de supporters genevois.
Des supporters de foot racistes ? Non, c'est pas possible...
Certains membres du « club des 100 » (une réunion de mécènes du FC Servette), regroupés danms l'« association SFC » ont entendu dire que « la recherche de soutiens financiers » au club qui vient juste d'échapper à la faillite était « plus compliquée que prévu », et proposent donc d'entrer dans le capital de la Société anonyme du club, mais le « club des 100 » ne veut pas de cette solution et assure qu'il n'y a aucun problème dans la récolte des fonds, et que celle-ci se monte, après trois semaines, à environ un million et demi de francs. Et on est prié de le croire sur parole. D'ailleurs, personne ne ment dans le milieu du foot-pognon. Personne, jamais. Sinon, ça se saurait, non ?
La catastrophe économique, sociale et politique grecque peut-elle avoir du bon ? ou en tout cas, des effets collatéraux sur lesquels on ne versera pas une larme ? celui-ci, par exemple: la suspension de toutes les compétitions nationale d'athlétisme pour protester contre les coupes budgétaires opérées, au nom de l'austérité (et du remboursement de la dette de 350 milliards d'euros) par le ministère de la culture et des sports, qui a ratiboisé l'année dernière le tiers des subventions qu'il accordait au sport, et devrait récidiver cette année. Si on en faisait autant à Piogre, est-ce que le FC Servette, le HC Servette, leurs supporters, leur porte-voix politiques et le Stade de Genève nous lâcheraient la grappe ?
Lundi dernier, lors d'un match à la Praille entre Servette (qui a perdu) et Thoune, des supporters servettiens de la «Section Grenat» (en avant, marche !) s'en sont pris à d'autres supporters servettiens, d'origine brésilienne, qui occupaient avec drapeau et tambours les gradins habituels de ladite « Section Grenat », pour qui « les mecs avec leurs tam-tams n'ont rien à faire là ». Surtout s'ils sont basanés. Zont qu'à retourner dans leur jungle, les métèques, non mais. « Noms d'oiseaux et bras d'honneur ont fusé », témoigne un spectateur. Quant au porte-parole du Servette, il se contente de déclarer que « le stade est grand, chacun devrait y trouver sa place dans la respect des autres ». C'est vrai que le stade est grand. Très grand. Beaucoup trop grand. Et aux trois quarts vide. Comme le cerveau des supporters ? On l'a pas dit. Mais on l'a pensé très fort.
Dans une centaine de jours, les Jeux Olympiques d'été s'ouvriront à Londres. Et les Londoniens trinquent. Depuis longtemps, mais ça s'accélère et s'alourdit encore au rythme des derniers chantiers: réfection des chaussées et trottoirs, échanfaudages sur les façades des principaux édifices, paralysie des lignes de metro... dans les quartiers populaires (pour ne pas dire pauvres) proches du « parc olympique » , protégé de la racaille locale par des palissades de trois mètres de haut, les habitants attendent encore que se réalisent les promesses d'emplois pour les chômeurs du coin et d'aménagements de leurs quartiers. La Mairie de Hackney où un centre aquatique destiné aux JO a été implanté (pour 370 millions de francs) râle : ce centre est inutilisable pour un usage populaire, et il faudra en construire un à côté, pour la population de la commune. Le Comité londonien avait estimé le coût de l'organisation des JO pour les collectivités publiques à 2,25 milliards de livres. On en est presque à quatre fois plus (9,3 milliards, soit 13,5 milliards de francs). C'est un dixième des coupes imposées par le gouvernement dans les budgets sociaux, éducatifs et sanitaires, et dont la population la plus pauvre souffre le plus directement. Ces milliards manquent cruellement, et les prestations qu'ils finançaient manquent encore plus cruellement -mais quoi, le principe, c'est bien toujours « du pain et des jeux», non ? Même si le pain est sec et les jeux pourris...
Certains membres du « club des 100 » (une réunion de mécènes du FC Servette), regroupés danms l'« association SFC » ont entendu dire que « la recherche de soutiens financiers » au club qui vient juste d'échapper à la faillite était « plus compliquée que prévu », et proposent donc d'entrer dans le capital de la Société anonyme du club, mais le « club des 100 » ne veut pas de cette solution et assure qu'il n'y a aucun problème dans la récolte des fonds, et que celle-ci se monte, après trois semaines, à environ un million et demi de francs. Et on est prié de le croire sur parole. D'ailleurs, personne ne ment dans le milieu du foot-pognon. Personne, jamais. Sinon, ça se saurait, non ?
La catastrophe économique, sociale et politique grecque peut-elle avoir du bon ? ou en tout cas, des effets collatéraux sur lesquels on ne versera pas une larme ? celui-ci, par exemple: la suspension de toutes les compétitions nationale d'athlétisme pour protester contre les coupes budgétaires opérées, au nom de l'austérité (et du remboursement de la dette de 350 milliards d'euros) par le ministère de la culture et des sports, qui a ratiboisé l'année dernière le tiers des subventions qu'il accordait au sport, et devrait récidiver cette année. Si on en faisait autant à Piogre, est-ce que le FC Servette, le HC Servette, leurs supporters, leur porte-voix politiques et le Stade de Genève nous lâcheraient la grappe ?
Lundi dernier, lors d'un match à la Praille entre Servette (qui a perdu) et Thoune, des supporters servettiens de la «Section Grenat» (en avant, marche !) s'en sont pris à d'autres supporters servettiens, d'origine brésilienne, qui occupaient avec drapeau et tambours les gradins habituels de ladite « Section Grenat », pour qui « les mecs avec leurs tam-tams n'ont rien à faire là ». Surtout s'ils sont basanés. Zont qu'à retourner dans leur jungle, les métèques, non mais. « Noms d'oiseaux et bras d'honneur ont fusé », témoigne un spectateur. Quant au porte-parole du Servette, il se contente de déclarer que « le stade est grand, chacun devrait y trouver sa place dans la respect des autres ». C'est vrai que le stade est grand. Très grand. Beaucoup trop grand. Et aux trois quarts vide. Comme le cerveau des supporters ? On l'a pas dit. Mais on l'a pensé très fort.
Dans une centaine de jours, les Jeux Olympiques d'été s'ouvriront à Londres. Et les Londoniens trinquent. Depuis longtemps, mais ça s'accélère et s'alourdit encore au rythme des derniers chantiers: réfection des chaussées et trottoirs, échanfaudages sur les façades des principaux édifices, paralysie des lignes de metro... dans les quartiers populaires (pour ne pas dire pauvres) proches du « parc olympique » , protégé de la racaille locale par des palissades de trois mètres de haut, les habitants attendent encore que se réalisent les promesses d'emplois pour les chômeurs du coin et d'aménagements de leurs quartiers. La Mairie de Hackney où un centre aquatique destiné aux JO a été implanté (pour 370 millions de francs) râle : ce centre est inutilisable pour un usage populaire, et il faudra en construire un à côté, pour la population de la commune. Le Comité londonien avait estimé le coût de l'organisation des JO pour les collectivités publiques à 2,25 milliards de livres. On en est presque à quatre fois plus (9,3 milliards, soit 13,5 milliards de francs). C'est un dixième des coupes imposées par le gouvernement dans les budgets sociaux, éducatifs et sanitaires, et dont la population la plus pauvre souffre le plus directement. Ces milliards manquent cruellement, et les prestations qu'ils finançaient manquent encore plus cruellement -mais quoi, le principe, c'est bien toujours « du pain et des jeux», non ? Même si le pain est sec et les jeux pourris...
Dimanche s'est couru à Bahrein un grand prix de formule 1. Qui a
gagné ? On s'en fout. On sait en revanche qui a perdu : d'abord, tué
par la police, un opposant au régime du roi Hamad Ben Issa
Al-Khalifa. Ensuite, le mouvement des Jeunes du 14 mai, qui réclame,
l'impudent, une monarchie constitutionnelle (même pas une
république) et le respect des choix démocratiques. Il y a un an
déjà, la répression du mouvement d'opposition avait fait 35 morts,
en février et mars, et plus de 60 personnes ont été tuées depuis le
début du mouvement. C'est quand même pas quelques dizaines de morts
d'arabes, chiites en plus, tués par la police ou l'armée, qui vont
arrêter un grand prix de Formule 1, non ? Les bagnoles de course
passent, la démocratie trépasse et alors ? Y'a quand même encore des
coins comme Bahrein où on respecte les vraies valeurs, celles qui
font vroum vroum...
Le 1er avril dernier, autour du match de foot Lausanne-Servette, à
Lausanne, de graves débordements de supporters (et de bière) avaient
contraint la police lausannoise à intervenir, avec tirs de balles en
caoutchouc, suivie des pompiers et de la voirie. Six semaines après
les faits, la police, les pompiers et la voirie ont envoyé la
facture (80'000 balles, voirie non comprise) à la Ville. Qui avait
assuré que ce serait aux clubs de payer. Et qui aujourd'hui admet
que « le système de responsabilité financière des clubs (n'étant pas
en place », c'est la Ville elle-même qui paiera. Et pourquoi pas les
supporters ? Ben... parce que ce sont de bon gars, finalement.
Forcément, des fans de foot, ça peut être quoi d'autre ? C'est quand
même pas le black block. Juste le naze bock...
09 mai 2012
Fonds de tiroirs
L'ancien patron du FC Servette, Francisco Vinas, qui se taisait
depuis trois ans, est sorti de son silence, dans « Le Matin Dimanche
» de dimanche dernier. Pour dire son fait à son successeur, Madjid
Pishyar, en commençant par rappeler que lui, Vinas, avait sorti le
club de la merde où l'avait laissé Marc Roger, et qu'il n'avait cédé
le club à Pishyar que sous la pression d'attaques personnelles
constantes, de la part des partisans de Pishyar (qu'on entend
curieusement peu, en ce moment). Qui a donc pu reprendre un FC
Servette sans dettes, avec plus de deux millions en caisse. Mais le
laisse sans un radis, avec quelques millions de dettes. De toute
façon, pour Vinas, faire vivre un club de foot d'élite à Genève,
«c'est vouloir exporter le foot au Groenland » : en clair,
l'écrasante majorité des Genevois (dont nous, ici) se contrefoutent
de la présence ou non d'un club genevois en division A, B ou Z du
foot suisse. Vinas se dit « déçu de voir à quel point les Genevois
et la presse locale se sont fait embobiner » et se demande comment
ils ont pu « gober tout ce qu'à dit M. Pishyar ? ». Ben, c'est
simple : ils auraient gobé n'importe quoi pourvu que ce n'importe
quoi se conclue par « hop Servette, on va gagner ! », ce genre de
conneries pour supporters, quoi. Et ça continue : la « Tribune »
touille aujourd'hui la même sauce qu'à l'arrivée de Pishyar. Et
s'apprête à nous la resservir avec n'importe quel repreneur. C'est
comme au bonneteau : tant qu'il y a des congres assez congres pour
se laisser pêcher, y'a pas de raison d'abandonner la pêche au
congre...
Fin janvier, la coupole européenne du sport-pognon (l'UEFA, donc) a annoncé dans un rapport que le déficit accumulé de 665 clubs européens atteignait 1,64 milliard d'euros, soit 435 millions de plus en un an, que 56 % des clubs de première division européenne avaient enregistré des pertes nettes en 2011 (en France, sur 20 clubs de la division supérieure, quatorze étaient en déficit, six enregistrant des pertes supérieures à cinq millions d'euros) et que 78 clubs avaient claqué la totalité de leurs recettes dans les seuls salaires, parfois mirobolant, de leurs joueurs et entraîneurs. Bon, nous, on vous dit ça, hein, c'est pour vous consoler des déboires du Servette : le sport-pognon, c'est la merde partout...
Le président du Servette Hockey-Club, Hugh Quennec, ayant repris le Servette Football Club, et le Servette Football Club ayant précédemment repris l'exploitation du Stade de Genève, est-ce que Hugh Quennec va devoir aussi assumer le trou de la Praille ? Grave question, car le stade est impossible à rentabiliser : trop grand pour les besoins sportifs locaux, il ne peut même pas être utilisé pour y organiser plus de trois concerts par an, afin de limiter les nuisances pour les riverains. Certains avaient bien pensé à en faire usage pour accueillir la fête fédérale de gymnastique mais, las ! les rupestres ont préféré Estavayer. Bon, ben avec tout ça on n'est pas plus avancés... on en fait quoi de ce truc ? le lieu unique pour les manifestations autorisées, après l'adoption par le bon peuple d'une loi durcissant les conditions de la liberté de manifester ? le lieu de détention des participants aux manifestations non autorisées ? Un stade Olivier-Jornot, en quelque sorte ?
A une heure du matin, dimanche dernier, une quinzaine de supporters du SFC ont provoqué une bagarre générale à la rue de l'Ecole de Médecine, en s'en prenant aux clients de trois bistrots, avant de déguerpir à l'arrivée de la police... Le Servette est de retour, ses supporters aussi, chouette...
On a retrouvé ça dans un vieux « GHI » (du 16 mars de l'année dernière), et on savoure, sans autre retenue que celle que pourrait nous donner le temps qui passe et les illusions qui trépassent :
« Stade de Genève : à l'abri des soucis financiers.
Le Servette FC reprend l'exploitation du Stade pour les 33 prochaines années.
La signature de ce contrat entre le Servette FC et la Fondation du Stade de Genève règle tous les problèmes de financement, résume dans un large sourire Mark Muller, conseiller d'Etat en charge du Département des constructions ». Et Benoît Genecand, président de la Fondation du Stade, d'expliquer avoir voulu « prémunir (la fondation) des problèmes financiers sur la durée», et Madjid Pishyar, alors président du Servette FC, annonce vouloir « doter Genève d'une académie du foot ». Et c'était illustré d'une zoulie photo d Pishyar, Muller et Genecand, lequel devrait s'interroger sur son avenir vu le parcours des deux autres. L'article se clôt par cette citation d'un « proche observateur » : « J'espère que Madjid Pishyar a les moyens de ses ambitions »... La réponse est non. Mais pour les moyens de nous faire encore marrer un an après, la réponse est oui.
Fin janvier, la coupole européenne du sport-pognon (l'UEFA, donc) a annoncé dans un rapport que le déficit accumulé de 665 clubs européens atteignait 1,64 milliard d'euros, soit 435 millions de plus en un an, que 56 % des clubs de première division européenne avaient enregistré des pertes nettes en 2011 (en France, sur 20 clubs de la division supérieure, quatorze étaient en déficit, six enregistrant des pertes supérieures à cinq millions d'euros) et que 78 clubs avaient claqué la totalité de leurs recettes dans les seuls salaires, parfois mirobolant, de leurs joueurs et entraîneurs. Bon, nous, on vous dit ça, hein, c'est pour vous consoler des déboires du Servette : le sport-pognon, c'est la merde partout...
Le président du Servette Hockey-Club, Hugh Quennec, ayant repris le Servette Football Club, et le Servette Football Club ayant précédemment repris l'exploitation du Stade de Genève, est-ce que Hugh Quennec va devoir aussi assumer le trou de la Praille ? Grave question, car le stade est impossible à rentabiliser : trop grand pour les besoins sportifs locaux, il ne peut même pas être utilisé pour y organiser plus de trois concerts par an, afin de limiter les nuisances pour les riverains. Certains avaient bien pensé à en faire usage pour accueillir la fête fédérale de gymnastique mais, las ! les rupestres ont préféré Estavayer. Bon, ben avec tout ça on n'est pas plus avancés... on en fait quoi de ce truc ? le lieu unique pour les manifestations autorisées, après l'adoption par le bon peuple d'une loi durcissant les conditions de la liberté de manifester ? le lieu de détention des participants aux manifestations non autorisées ? Un stade Olivier-Jornot, en quelque sorte ?
A une heure du matin, dimanche dernier, une quinzaine de supporters du SFC ont provoqué une bagarre générale à la rue de l'Ecole de Médecine, en s'en prenant aux clients de trois bistrots, avant de déguerpir à l'arrivée de la police... Le Servette est de retour, ses supporters aussi, chouette...
On a retrouvé ça dans un vieux « GHI » (du 16 mars de l'année dernière), et on savoure, sans autre retenue que celle que pourrait nous donner le temps qui passe et les illusions qui trépassent :
« Stade de Genève : à l'abri des soucis financiers.
Le Servette FC reprend l'exploitation du Stade pour les 33 prochaines années.
La signature de ce contrat entre le Servette FC et la Fondation du Stade de Genève règle tous les problèmes de financement, résume dans un large sourire Mark Muller, conseiller d'Etat en charge du Département des constructions ». Et Benoît Genecand, président de la Fondation du Stade, d'expliquer avoir voulu « prémunir (la fondation) des problèmes financiers sur la durée», et Madjid Pishyar, alors président du Servette FC, annonce vouloir « doter Genève d'une académie du foot ». Et c'était illustré d'une zoulie photo d Pishyar, Muller et Genecand, lequel devrait s'interroger sur son avenir vu le parcours des deux autres. L'article se clôt par cette citation d'un « proche observateur » : « J'espère que Madjid Pishyar a les moyens de ses ambitions »... La réponse est non. Mais pour les moyens de nous faire encore marrer un an après, la réponse est oui.
27 mars 2012
Brèves
Les créanciers du Servette FC de Magic Pilchard s'organisent : fatigués d'attendre que le gros poisson leur paie ce qu'il leur doit, ils ont décidé de faire valoir leurs droits collectivement plutôt que chacun pour soi. Une dizaine d'entreprises créancières se sont donc réunies lundi soir. Ensemble, elles représentent plus de 400'000 balles de créances diverses (plus que le capital, 320'000 balles, de la SA du club. Quatre de ces entreprises ont déjà mis le SFC aux poursuites, l'une d'entre elles avait menacé de le mettre en faillite avant de recevoir un acompte, et le Servette doit en plus une centaine de milliers de francs aux Services Industriels. Quelque chose nous dit qu'on n'a pas fini de rigoler. On a mauvais esprit.
Les Jeux Olympiques d'hiver se dérouleront à Sotchi, en Russie (sur la mer Noire). Et comme tous les jeux olympiques d'hiver et d'été précédents, leur préparation et l'installation des équipements font table rase des droits des habitants du coin (après qu'on leur ait promis monts et merveilles). C'est ainsi que les propriétaires de logements d'une cité d'habitation du quartier Makarenko risque fort de perdre leur logement : la cité doit carrément être rasée pour faire un parking. Les habitants avaient investi tout leur avoir dans l'achat d'un logement (entre 3,5 et 6 millions de roubles), la cité n'est même pas encore achevée (mais une quinzaine de familles y sont déjà installées) et voilà qu'on annonce qu'elle va être démolie au printemps par la société qui édifie les sites olympiques. Prétexte : le quartier a été construit sans base légale, le promoteur est en prison et toutes les collectivités publiques concernées (la Ville de Sotchi, la région, la Russie) jurent qu'elle ne peuvent rien faire. Comme si elles n'étaient pas au courant qu'un quartier entier s'édifiait et qu'on y avait amené gaz, électricité et eau courante. Le Comité international olympique reste d'un calme olympien : il assure qu'il prend « très au sérieux la question des déplacements de personnes en relation avec la construction des sites olympiques ». Il le prend même autant au sérieux que Poutine la question de la liberté des élections présidentielles. C'est dire. Qu'ajouter ? Ah oui, on a failli oublier : « vive le sport ! ».
Le Conseiller d'Etat Charles Beer et le Conseiller administratif Sami Kanaan, tous deux socialistes et tous deux « ministres des sports » sont un peu fâchés : ils ont l'impression que le demi-million de subventions accordées au FC Servette pour le soutien à la formation et au mouvement juniors ont été, au moins partiellement, utilisés pour boucher les trous financier de la SA du club . Beer et Kanaan ont donc saisi la Cour des Comptes pour qu'elle se penche sur la comptabilité, apparemment assez inventive, du centre de formation du SFC. Le Servette de Pisghyar a reçu 523'000 balles de subventions du canton (250'000) et de la Ville (273'700) en 2011 pour faire fonctionner son centre de formation et payer ceux qui l'animent, mais le responsable technique du centre n'a pas été payé depuis décembre (et a démissionné) et les entraîneurs du centre attendaient encore le 21 février leurs salaires de janvier. Quant aux joueurs de l'équipe « adulte », certains ont été payée intégralement, d'autres partiellement et attendaient toujours, eux aussi, leurs salaires de janvier. En revanche, les créanciers les plus pressés, ceux qui menaçaient de demander la mise en faillite du SFC, ont été au moins partiellement remboursés. Mais s'ils l'ont été grâce aux fonds versés par le canton et la Ville pour la formation et les juniors, ces fonds auraient alors été détournés de leur affectation (l'administrateur du club a d'ailleur appelé personnellement le Conseil d'Etat pour lui demander de régler les salaires en souffrance...). Et ça la foutrait mal dans le paysage. Bon, bref, on attend avec gourmandise le rapport de la Cour des Comptes. On aime bien rigoler avec le sport.
Les Jeux Olympiques d'hiver se dérouleront à Sotchi, en Russie (sur la mer Noire). Et comme tous les jeux olympiques d'hiver et d'été précédents, leur préparation et l'installation des équipements font table rase des droits des habitants du coin (après qu'on leur ait promis monts et merveilles). C'est ainsi que les propriétaires de logements d'une cité d'habitation du quartier Makarenko risque fort de perdre leur logement : la cité doit carrément être rasée pour faire un parking. Les habitants avaient investi tout leur avoir dans l'achat d'un logement (entre 3,5 et 6 millions de roubles), la cité n'est même pas encore achevée (mais une quinzaine de familles y sont déjà installées) et voilà qu'on annonce qu'elle va être démolie au printemps par la société qui édifie les sites olympiques. Prétexte : le quartier a été construit sans base légale, le promoteur est en prison et toutes les collectivités publiques concernées (la Ville de Sotchi, la région, la Russie) jurent qu'elle ne peuvent rien faire. Comme si elles n'étaient pas au courant qu'un quartier entier s'édifiait et qu'on y avait amené gaz, électricité et eau courante. Le Comité international olympique reste d'un calme olympien : il assure qu'il prend « très au sérieux la question des déplacements de personnes en relation avec la construction des sites olympiques ». Il le prend même autant au sérieux que Poutine la question de la liberté des élections présidentielles. C'est dire. Qu'ajouter ? Ah oui, on a failli oublier : « vive le sport ! ».
Le Conseiller d'Etat Charles Beer et le Conseiller administratif Sami Kanaan, tous deux socialistes et tous deux « ministres des sports » sont un peu fâchés : ils ont l'impression que le demi-million de subventions accordées au FC Servette pour le soutien à la formation et au mouvement juniors ont été, au moins partiellement, utilisés pour boucher les trous financier de la SA du club . Beer et Kanaan ont donc saisi la Cour des Comptes pour qu'elle se penche sur la comptabilité, apparemment assez inventive, du centre de formation du SFC. Le Servette de Pisghyar a reçu 523'000 balles de subventions du canton (250'000) et de la Ville (273'700) en 2011 pour faire fonctionner son centre de formation et payer ceux qui l'animent, mais le responsable technique du centre n'a pas été payé depuis décembre (et a démissionné) et les entraîneurs du centre attendaient encore le 21 février leurs salaires de janvier. Quant aux joueurs de l'équipe « adulte », certains ont été payée intégralement, d'autres partiellement et attendaient toujours, eux aussi, leurs salaires de janvier. En revanche, les créanciers les plus pressés, ceux qui menaçaient de demander la mise en faillite du SFC, ont été au moins partiellement remboursés. Mais s'ils l'ont été grâce aux fonds versés par le canton et la Ville pour la formation et les juniors, ces fonds auraient alors été détournés de leur affectation (l'administrateur du club a d'ailleur appelé personnellement le Conseil d'Etat pour lui demander de régler les salaires en souffrance...). Et ça la foutrait mal dans le paysage. Bon, bref, on attend avec gourmandise le rapport de la Cour des Comptes. On aime bien rigoler avec le sport.
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