Tenir, tenir...
Une demie-finale de tirée, en reste une demain, et dimanche, on en
aura donc enfin, et c'est pas trop tôt, fini avec l'Eurofoot. Mais
pas avec le sport professionnel, ses jeux du cirque, ses
préparations médicamenteuses, les masses de pognon qui s'y
investissent et la décérébration collective qui l'accompagne. On
en aura fini avec l'Eurofoot, mais Juillet, c'est le mois du Tour
de France. Et du pot belge. Bah, au moins, à la télé, les
retransmissions de la « grande boucle » nous font voir de beaux
paysages, et c'est toujours ça que celles des matches de foot dans
les cuvettes des stades ne peuvent nous proposer...
Eurofoot : vous préférez une finale Espagne-Allemagne à Gernika ou
Espagne-Italie sur l'Ebre ?
e ne sont que des matches de foot, 20 grands garçons courant après
une baballe avec pour ambition ultime de l'expédier dans une cage
gardée par un autre grand garçon. Un jeu, rien qu'un jeu, mais
devenu par la grâce des media un spectacle mondial, et par la
graisse de l'économie du sport professionel un marché
considérable. Mais quel est l'enjeu du spectacle, et que vend-on
sur ce marché encombré de corruption, de spéculation et de dopage,
? A prendre au pied de la lettre et au pied du mot le langage
guerrier des innombrables commentateurs de la baballe, il doit
être considérable, cet enjeu : ce ne sont que défenses enfoncées,
batailles et combats (le football n'est donc plus un jeu ?),
proclamation qu'il « faut bien un vainqueur» (ah bon ? et
pourquoi diable ?)... Il est loin, le temps du précepte «
L'essentiel, c'est de participer »... l'essentiel, aujourd'hui,
dans le sport comme dans le plus pur libéralisme, c'est de gagner,
et peu importe la manière. Que le plus fort, ou le plus malin, ou
le plus riche, gagne, et malheur aux vaincus.
Mais qu'est-ce que cela aurait changé à la situation de la Grèce,
si elle avait battu l'Allemagne ? Qu'est-ce que cela changera à la
situation de l'Espagne et qu'est-ce que cela aurait changé à celle
du Portugal d'aller entendre les hymnes nationaux des finalistes
(et chanter le sien) à Kiev dimanche ? Qu'est-ce que le résultat
du match de demain changera à la situation des Italiens ? Est-ce
que l'obsession de « discipline budgétaire » d'Angela Merkel se
sera dissipée si l'Allemagne n'est pas championne du monde (ou si
elle l'est) ? Evidemment que non. Evidemment que rien n'aura été
changé à rien. Et que les habitants de l'Ukraine n'auront rien
gagné à ce que leurs potentats co-organisent la fête à neuneu (le
contexte ukrainien est calamiteux ? Et alors ? Tout le monde s'en
fout, du contexte ukrainien...). Et même les plus abrutis des
supporters de foot le savent bien, une fois sortis de leurs
transes : leur exubérance de chaînon manquant entre préhominiens
et hominiens tient de tout, sauf de la raison.
Il n'empêche : la mobilisation tripale et tribale, autour des
marches de foot, de tout ce qui peut se ramasser de religiosité
bas de gamme et de xénophobie ordinaire pose questions -à
commencer par celle-ci : qu'est-ce qui peut bien provoquer la
transformation d’individus ordinairement intelligents en primates
éructants, au bord du suicide quand « leur » équipe perd et
au-delà de l'épectase quand elle gagne ? Cela doit bien se situer
quelque part, du côté du cerveau reptilien ou de la réminiscence
infantile, cette insulte à Darwin, cette déchirure dans le
continuum de l'évolution de l'espèce censée nous avoir mené au
glorieux statut d'homo sapiens sapiens, d'humain qui sait qu'il
sait... mais alors pourquoi ne sommes-nous pas tous frappés de
cette régression ? Pourquoi quelques-uns d'entre nous en sommes
préservés alors que tant d'autres, et quelques uns, et même
quelques unes que nous ne soupçonnions pas vulnérables à cette
régression, la subissent au point de perdre avant, pendant et
après match tout langage articulé (les klaxons en tiendront lieu),
ou, pire, de n'en garder que ce qui est nécessaire pour proférer
des énormités que seule la vacuité de leur prétexte sauve de
l'odieux, sans les sauver du ridicule ?
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28 juin 2012
22 avril 2009
EURORAMDAM
La "Tribune de Genève" a été désignée début février 2008 "Journal exclusif de la ville hôte" de l'Eurofoot par MediaMark Muller, Conseiller d'Etat en charge des constructions de fêtabeaufs à la Praille et dans les quartiers circonvoisins. Vu la manière dont la Julie a couvert depuis des années le feuilleton de la Praille, puis les préparatifs de l'Euro, et a servi de relais aux appels désespérés à la mobilisation de l'enthousiasme populaire défaillant à l'égard de la Praille comme de l'Euro, cette désignation est plus un constat qu'une mission. En tous cas, ça nous présageait (et on n'a pas été déçus) une couverture médiatique à venir, à la hauteur de la couverture médiatique déjà assurée sur le stade et l'Euro : toute tissée d'indépendance et farcie d'esprit critique. D'ailleurs, c'est pour manifester cette indépendance et assurer cet esprit critique que la Julie, toute fiérote, annonçait qu'elle avait "engagé des moyens exceptionnels" (une trentaine de personnes) pour couvrir l'événement. Et que, princièrement, et avec l'Etat, elle mettait au concours cent places pour les matches joués à Genève.
La megasuperteuf du foot à Plainpalais et au Bout du Monde va coûter au moins 2,6 millions, dont un million à la charge du canton -mais sans tenir compte des frais qu'elle va entraîner pour la Ville.
C'est la société (privée) d'un député radical au Grand Conseil, Frédéric Hohl, qui a été mandatée pour organiser les diverses manifestations annexes à l'Eurofoot, à Genève : sur la plaine de Plainpalais (écran géant, stands, animations, quelques concerts), au Bout du Monde (écran géant, stands, animations, concerts, camping). Et comme ladite société privée dudit député radical a le sens des vraies valeurs, elle avait prévu d'installer à Plainpalais, pour dominer la plèbe, une tour de trois étages pour les VIP, à qui étaient proposés (contre rémunération de 170 à 550 balles par jour et par personne) repas gastronomiques, consommations à discrétion, salon (pardon : "lounge")... et plus (au "Club o8" des Vernets) si affinités.
A Plainpalais, la "Fan zone" (pour laquelle on a déboulonné les jeux pour enfants -pendant l'Euro, la vie s'arrête...) fermait à minuit. Autant dire que les nuisances se poursuivaient jusqu'à l'ouverture des premiers bistrots du quartier, à 4 ou 5 heures. "Il y aura du bruit, la fête est à ce prix", se défendaient les organisateurs. Et les dommages collatéraux (vols, dégradations), se demandaient les habitants, qui savent que les assurances ne remboursent pas les dégâts dus à des "événements exceptionnels" ? ben... euh... l'Etat n'engage pas sa responsabilité civile, la Ville non plus, démerdez vous, répondaient les zautorités...
On se demande par ailleurs pourquoi la "Fan Zone" a été installée à Plainpalais, en pleine ville, pendant trois semaines, alors qu'on aurait pu la coller au calme au Bout-du-Monde (ça aurait évité au "Fan Village" qu'on y a établi de se transformer en zone tout court), ou dans le stade les jours où il n'était pas utilisé pour des matches...
Pour nettoyer les parcs à bestiaux, la Ville a dû faire appel à des entreprises privées, la Voirie ne pouvant à elle seule débarrasser ces espaces privatisés des détritus que les joyeux supporters laissaient derrière eux. Elle avait d'ailleurs fort à faire, la Voirie, avec le reste de la Ville : au maximum de sa capacité, elle avait même interdit à ses hommes de prendre des vacances en juin, et les avait prévenus qu'ils auraient sans doute à faire des heures supplémentaires. En revanche, elle n'avait pas prévu de rendre obligatoire l'utilisation de vaisselle réutilisable avec consigne, et laissait utiliser de la vaisselle jetable qui est partie gonfler la montagne de déchets expédier aux Cheneviers, faut bien rentabiliser cette usine... Et alors, vous n'avez tout de même pas cru une seconde que les grands discours sur l'écologie, le développement durable et autres Agendas 21 étaient autre chose, précisément, que de grands discours ?
Pour faire chier encore plus de monde, et la nuit, le Conseil fédéral a autorisé pendant l'Euro les vols nocturnes (entre 22 heures et 6 heures) au départ des aéroports de Genève, Berne et Zurich, pour évacuer les supporters les soirs de matches. Et emmerder les riverains des aéroports les nuits qui suivent.
Pour ne pas laisser souffrir ceux de leurs habitants allergiques aux réjouissances de l'Eurofoot, mais voisins des zones de ces réjouissances, Bâle et Berne avaient décidé de les aider à prendre des vacances et avaient entamé des négociations avec des régions de montagne en Valais et dans les Grisons. Aucune négociation n'a cependant été prévue avec la Chine pour offrir aux riverains des parcs à blaireaux de jolies vacances au Tibet.
Plusieurs villes de Suisse ont en outre tenté de limiter les débordements tribaux d'avant et après-matches : Berne a rappelé qu'il était interdit de tenir un drapeau hors de sa voiture, Neuchâtel et Nyon ont interdit les défilés automobiles dans certains secteurs.
A Berne, on a mis sur pied une campagne de préparation de l'accueil des supporters des équipes qui jouaient sur place, campagne devant théoriquement comporter un volet de "sensibilisation aux langues" des pays concernés. Sensibilisation "aux langues" (au pluriel) qui s'est finlement réduite en la distribution d'une feuille résumant les principales phrases d'accueil ("Bonjour", "c'est par là", "veuillez déposer vos bombes à la consigne", etc...) en hollandais et en roumain, outre le français et l'italien dont on rappellera qu'il s'agit de langues nationales et officielles de la Suisse. Mais pour tout le reste, la "sensibilisation aux langues", ça c'est résumé en un usage systématique du pidgin touristique anglo-américain.
Vivement les Chinois, qu'on se marre.
L'organisateur des parcs à bestiaux de l'Eurofoot, le député radical Frédéric Hohl, s'est pris une bûche de 12'400 francs pour avoir laissé entrer des mineurs dans le "Fan Club 08", la disco éphémère installée aux Vernets. Et il s'est plaint, Hohl, d'avoir dû subir "une leçon de morale très politisée par un adversaire de gauche", l'ancien syndicaliste du SIT Ismaïl Türker, responsable du service des autorisations du Département de la Santé et de l'Economie. C'est vrai qu'entendre un discours de gauche pendant l'Eurofoot, ça avait de quoi surprendre. Mais qu'on s'est finalement assez peu plaints, de notre côté, d'avoir dû subir pendant un an des "leçons de sport très commercialisées par des fétichistes du foot".
En novembre, un sondage effectué pour "Coopération" indiquait que 54 % des 500 personnes interrogées déclaraient ne pas s'intéresser à l'Euro (22 % pas à l'Euro proprement dit, et 32 % pas au football en général). 7 % se disaient déjà "dans la fièvre de l'Euro", et 39 % attendaient le début de la compet' pour s'en réjouir. Les autres attendaient la fin pour être soulagés.
La megasuperteuf du foot à Plainpalais et au Bout du Monde va coûter au moins 2,6 millions, dont un million à la charge du canton -mais sans tenir compte des frais qu'elle va entraîner pour la Ville.
C'est la société (privée) d'un député radical au Grand Conseil, Frédéric Hohl, qui a été mandatée pour organiser les diverses manifestations annexes à l'Eurofoot, à Genève : sur la plaine de Plainpalais (écran géant, stands, animations, quelques concerts), au Bout du Monde (écran géant, stands, animations, concerts, camping). Et comme ladite société privée dudit député radical a le sens des vraies valeurs, elle avait prévu d'installer à Plainpalais, pour dominer la plèbe, une tour de trois étages pour les VIP, à qui étaient proposés (contre rémunération de 170 à 550 balles par jour et par personne) repas gastronomiques, consommations à discrétion, salon (pardon : "lounge")... et plus (au "Club o8" des Vernets) si affinités.
A Plainpalais, la "Fan zone" (pour laquelle on a déboulonné les jeux pour enfants -pendant l'Euro, la vie s'arrête...) fermait à minuit. Autant dire que les nuisances se poursuivaient jusqu'à l'ouverture des premiers bistrots du quartier, à 4 ou 5 heures. "Il y aura du bruit, la fête est à ce prix", se défendaient les organisateurs. Et les dommages collatéraux (vols, dégradations), se demandaient les habitants, qui savent que les assurances ne remboursent pas les dégâts dus à des "événements exceptionnels" ? ben... euh... l'Etat n'engage pas sa responsabilité civile, la Ville non plus, démerdez vous, répondaient les zautorités...
On se demande par ailleurs pourquoi la "Fan Zone" a été installée à Plainpalais, en pleine ville, pendant trois semaines, alors qu'on aurait pu la coller au calme au Bout-du-Monde (ça aurait évité au "Fan Village" qu'on y a établi de se transformer en zone tout court), ou dans le stade les jours où il n'était pas utilisé pour des matches...
Pour nettoyer les parcs à bestiaux, la Ville a dû faire appel à des entreprises privées, la Voirie ne pouvant à elle seule débarrasser ces espaces privatisés des détritus que les joyeux supporters laissaient derrière eux. Elle avait d'ailleurs fort à faire, la Voirie, avec le reste de la Ville : au maximum de sa capacité, elle avait même interdit à ses hommes de prendre des vacances en juin, et les avait prévenus qu'ils auraient sans doute à faire des heures supplémentaires. En revanche, elle n'avait pas prévu de rendre obligatoire l'utilisation de vaisselle réutilisable avec consigne, et laissait utiliser de la vaisselle jetable qui est partie gonfler la montagne de déchets expédier aux Cheneviers, faut bien rentabiliser cette usine... Et alors, vous n'avez tout de même pas cru une seconde que les grands discours sur l'écologie, le développement durable et autres Agendas 21 étaient autre chose, précisément, que de grands discours ?
Pour faire chier encore plus de monde, et la nuit, le Conseil fédéral a autorisé pendant l'Euro les vols nocturnes (entre 22 heures et 6 heures) au départ des aéroports de Genève, Berne et Zurich, pour évacuer les supporters les soirs de matches. Et emmerder les riverains des aéroports les nuits qui suivent.
Pour ne pas laisser souffrir ceux de leurs habitants allergiques aux réjouissances de l'Eurofoot, mais voisins des zones de ces réjouissances, Bâle et Berne avaient décidé de les aider à prendre des vacances et avaient entamé des négociations avec des régions de montagne en Valais et dans les Grisons. Aucune négociation n'a cependant été prévue avec la Chine pour offrir aux riverains des parcs à blaireaux de jolies vacances au Tibet.
Plusieurs villes de Suisse ont en outre tenté de limiter les débordements tribaux d'avant et après-matches : Berne a rappelé qu'il était interdit de tenir un drapeau hors de sa voiture, Neuchâtel et Nyon ont interdit les défilés automobiles dans certains secteurs.
A Berne, on a mis sur pied une campagne de préparation de l'accueil des supporters des équipes qui jouaient sur place, campagne devant théoriquement comporter un volet de "sensibilisation aux langues" des pays concernés. Sensibilisation "aux langues" (au pluriel) qui s'est finlement réduite en la distribution d'une feuille résumant les principales phrases d'accueil ("Bonjour", "c'est par là", "veuillez déposer vos bombes à la consigne", etc...) en hollandais et en roumain, outre le français et l'italien dont on rappellera qu'il s'agit de langues nationales et officielles de la Suisse. Mais pour tout le reste, la "sensibilisation aux langues", ça c'est résumé en un usage systématique du pidgin touristique anglo-américain.
Vivement les Chinois, qu'on se marre.
L'organisateur des parcs à bestiaux de l'Eurofoot, le député radical Frédéric Hohl, s'est pris une bûche de 12'400 francs pour avoir laissé entrer des mineurs dans le "Fan Club 08", la disco éphémère installée aux Vernets. Et il s'est plaint, Hohl, d'avoir dû subir "une leçon de morale très politisée par un adversaire de gauche", l'ancien syndicaliste du SIT Ismaïl Türker, responsable du service des autorisations du Département de la Santé et de l'Economie. C'est vrai qu'entendre un discours de gauche pendant l'Eurofoot, ça avait de quoi surprendre. Mais qu'on s'est finalement assez peu plaints, de notre côté, d'avoir dû subir pendant un an des "leçons de sport très commercialisées par des fétichistes du foot".
En novembre, un sondage effectué pour "Coopération" indiquait que 54 % des 500 personnes interrogées déclaraient ne pas s'intéresser à l'Euro (22 % pas à l'Euro proprement dit, et 32 % pas au football en général). 7 % se disaient déjà "dans la fièvre de l'Euro", et 39 % attendaient le début de la compet' pour s'en réjouir. Les autres attendaient la fin pour être soulagés.
29 octobre 2007
Bourrages de crânes
CULTURLUTUTU EURO POINTU
Le projet (alibi) de faire accompagner l'Euro2008 de manifestations culturelles risque fort d'être un bide : le seul projet à l'échelle nationale, imaginé par le Musée du sport de Bâle ("1924, nous allons reconquérir le titre") pourrait lui-même être annulé, faute d'argent. Le budget public initial de 3,5 millions a été réduit de plus de la moitié (il n'en reste qu'un million et demi), et les sponsors se font très, très rares.
ECOLEURO
L'Euro 20008 sera écologique, si, si, ce sont les ministres suisse et autrichien de l'environnement, Moritz Leuenberger et Josef Pröll, qui l'ont assuré en signant le 25 juin une "charte pour un Euro 2008 durable". ça veut dire quoi, un "Euro 2008 durable" ? ça veut rien dire.
Ah si : dans les stades, des gobelets réutilisables seront utilisés, et les supporters devront trier leurs déchets.
Quant aux hooligans, ils sont priés de confectionner les cocktails Molotov avec de l'essence sans plomb, et les flics de taper sur les hooligans avec des matraques Max Havelaar.
Le projet (alibi) de faire accompagner l'Euro2008 de manifestations culturelles risque fort d'être un bide : le seul projet à l'échelle nationale, imaginé par le Musée du sport de Bâle ("1924, nous allons reconquérir le titre") pourrait lui-même être annulé, faute d'argent. Le budget public initial de 3,5 millions a été réduit de plus de la moitié (il n'en reste qu'un million et demi), et les sponsors se font très, très rares.
ECOLEURO
L'Euro 20008 sera écologique, si, si, ce sont les ministres suisse et autrichien de l'environnement, Moritz Leuenberger et Josef Pröll, qui l'ont assuré en signant le 25 juin une "charte pour un Euro 2008 durable". ça veut dire quoi, un "Euro 2008 durable" ? ça veut rien dire.
Ah si : dans les stades, des gobelets réutilisables seront utilisés, et les supporters devront trier leurs déchets.
Quant aux hooligans, ils sont priés de confectionner les cocktails Molotov avec de l'essence sans plomb, et les flics de taper sur les hooligans avec des matraques Max Havelaar.
26 octobre 2007
Bourrages de crânes
Grâce (ou à cause) d'un projet scolaire binational austro-suisse, "Fait Play Euro Schools" (l'anglais étant comme chacun sait la langue commune de l'Autriche et de la Suisse), un mini-Euro mixte sera organisé en juin, opposant des écoles moyennes (le Cycle d'Orientation, à Genève) de Suisse d'Autriche, chaque équipe représentant un pays européen (participant ou non à l'Euro officiel). Au sort, Genève a tiré l'Allemagne.
Cette compétition devant opposer des ados (en gros, de 12 à 15 ans), fallait trouver quelque chose pour les plus petits. Donc, dans la perspective d'une "promotion durable du sport", toutes les classes primaires qui le désirent (et quelques unes qui ne le désirent pas mais à qui on va tout de même l'imposer) recevront un "Euro-kit", destiné aux enfants de cinq à dix ans. De cinq à dix ans d'âge légal. Parce que si on devait le distribuer à tous les supporters de cinq à dix ans d'âge mental, les stocks seraient insuffisants.
Bien marrie, la Migros qui avait cru pouvoir surfer sur une hypothétique vague d'enthousiasme féminin pour le foot à l'approche de l'Euro, et qui avait annoncé à Genève, Neuchâtel, Fribourg, Bulle, Sion et dans le canton de Vaud des cours de son Ecole-Club sur les règles du foot (trois séances de cinquante minutes, pour 50 balles), en proclamant avec un peu de précipitation que ce cours est de tous ceux prévus dans la perspective de l'Euro celui "qui a rencontré le plus large écho"... Résultat : à Genève, le cours de juin a été annulé faute de participantes, aucune inscrption n'était enregistrée pour les cours d'octobre et de novembre, itou à Neuche, Fribourg, Bulle et Sion, et dans le canton de Vaud ce sont tous les cours de foot qui ont été annulés.
La femme est décidément l'avenir de l'homme.
Et tout ça n'empêche pas l'entraîneur-adjoint de l'équipe suisse, Michel Pont (comme la lune) d'affirmer dans "la Tribune de Genève" (du 22 août) que "l'identification de la population à l'équipe helvétique concerne toutes les régions du pays".
La chaîne de grands magasins Manor a aussi eu l'idée d'ûtiliser l'Euro2008 pour sa propre pub : elle a lancé une opération "ballon rouge" en s'inspirant du concept des relais de la flamme olympique, le ballon en question étant intelligemment placé au départ au sommer du Cervin, pour ensuite se promener en Suisse jusqu'à Bâle, où il arrivera la veille du match inaugural de l'Eurofoot, le 6 juin 2008. "On tient à passer par tous les endroits connus situés à proximité de nos magasins", explique le responsable du sponsoring de Manor, Markus Laub : en Valais, ça a par exemple été la vigne de Farinet, et à Lausanne le Musée olympique. A Genève, on sait pas. Mais y'a sûrement des chiottes publiques pas loin des magasins Manor.
On ne comptera en tous cas pas sur la presse romande pour une critique de l'Euro 2008 : les huit principaux quotidiens régionaux romands (La Tribune de Genève, 24 Heures, L'Express, l'Impartial, la Nouvelliste, la Liberté, le Journal du Jura et le Quotidien Jurassien) mettent leurs "forces en commun" pour servir la soupe à l'Euro2008, proclamé carrément "plus important événement sportif du siècle organisé en Suisse". Ce siècle n'ayant que six ans, on admire la prescience du pool de supporters pour les 93 années à venir après l'Euro.
On notera l'abence dans cette belle équipe du "Temps" (probablement considéré comme un quotidien national, et non régional) et du "Courrier", vraisemblablement considéré comme potentiellement trop critique).
Quant à la télévision nationale (la SSR, donc), elle a conclu un partenariat avec l'UEFA pour l'Euro 2008 : "UEFA EURO 2008 with SRG SSR idée suisse". On notera le "with" plutôt que le "mit", "avec" ou "con" (qui même en français s'imposerait). Mais on a quand même échappé à une devise tout à fait nationale idée suisse, proposée par le dirgé de la SSR, Armin Walpen, pour "motiver le personnel" de la boîte, au cas où il aurait quelque réticence à se mettre à la botte de l'UEFA : "We light the Euro fire"...
Enfin, un barman genevois, Daniel Pion, a créé des "coktails officiels de l'Euro 2008", dont un sans alcool : nectar de fraises du Valais et d'abricot, avec un jus de pomme pétillant.
C'était inutile : le cockail officiel de l'Euro, on le connaît déjà : un tiers de nectar d'arnaque, un tiers de jus de racket et un tiers de blabla. Servir tiède, mais réchauffer si besoin est.
Cette compétition devant opposer des ados (en gros, de 12 à 15 ans), fallait trouver quelque chose pour les plus petits. Donc, dans la perspective d'une "promotion durable du sport", toutes les classes primaires qui le désirent (et quelques unes qui ne le désirent pas mais à qui on va tout de même l'imposer) recevront un "Euro-kit", destiné aux enfants de cinq à dix ans. De cinq à dix ans d'âge légal. Parce que si on devait le distribuer à tous les supporters de cinq à dix ans d'âge mental, les stocks seraient insuffisants.
Bien marrie, la Migros qui avait cru pouvoir surfer sur une hypothétique vague d'enthousiasme féminin pour le foot à l'approche de l'Euro, et qui avait annoncé à Genève, Neuchâtel, Fribourg, Bulle, Sion et dans le canton de Vaud des cours de son Ecole-Club sur les règles du foot (trois séances de cinquante minutes, pour 50 balles), en proclamant avec un peu de précipitation que ce cours est de tous ceux prévus dans la perspective de l'Euro celui "qui a rencontré le plus large écho"... Résultat : à Genève, le cours de juin a été annulé faute de participantes, aucune inscrption n'était enregistrée pour les cours d'octobre et de novembre, itou à Neuche, Fribourg, Bulle et Sion, et dans le canton de Vaud ce sont tous les cours de foot qui ont été annulés.
La femme est décidément l'avenir de l'homme.
Et tout ça n'empêche pas l'entraîneur-adjoint de l'équipe suisse, Michel Pont (comme la lune) d'affirmer dans "la Tribune de Genève" (du 22 août) que "l'identification de la population à l'équipe helvétique concerne toutes les régions du pays".
La chaîne de grands magasins Manor a aussi eu l'idée d'ûtiliser l'Euro2008 pour sa propre pub : elle a lancé une opération "ballon rouge" en s'inspirant du concept des relais de la flamme olympique, le ballon en question étant intelligemment placé au départ au sommer du Cervin, pour ensuite se promener en Suisse jusqu'à Bâle, où il arrivera la veille du match inaugural de l'Eurofoot, le 6 juin 2008. "On tient à passer par tous les endroits connus situés à proximité de nos magasins", explique le responsable du sponsoring de Manor, Markus Laub : en Valais, ça a par exemple été la vigne de Farinet, et à Lausanne le Musée olympique. A Genève, on sait pas. Mais y'a sûrement des chiottes publiques pas loin des magasins Manor.
On ne comptera en tous cas pas sur la presse romande pour une critique de l'Euro 2008 : les huit principaux quotidiens régionaux romands (La Tribune de Genève, 24 Heures, L'Express, l'Impartial, la Nouvelliste, la Liberté, le Journal du Jura et le Quotidien Jurassien) mettent leurs "forces en commun" pour servir la soupe à l'Euro2008, proclamé carrément "plus important événement sportif du siècle organisé en Suisse". Ce siècle n'ayant que six ans, on admire la prescience du pool de supporters pour les 93 années à venir après l'Euro.
On notera l'abence dans cette belle équipe du "Temps" (probablement considéré comme un quotidien national, et non régional) et du "Courrier", vraisemblablement considéré comme potentiellement trop critique).
Quant à la télévision nationale (la SSR, donc), elle a conclu un partenariat avec l'UEFA pour l'Euro 2008 : "UEFA EURO 2008 with SRG SSR idée suisse". On notera le "with" plutôt que le "mit", "avec" ou "con" (qui même en français s'imposerait). Mais on a quand même échappé à une devise tout à fait nationale idée suisse, proposée par le dirgé de la SSR, Armin Walpen, pour "motiver le personnel" de la boîte, au cas où il aurait quelque réticence à se mettre à la botte de l'UEFA : "We light the Euro fire"...
Enfin, un barman genevois, Daniel Pion, a créé des "coktails officiels de l'Euro 2008", dont un sans alcool : nectar de fraises du Valais et d'abricot, avec un jus de pomme pétillant.
C'était inutile : le cockail officiel de l'Euro, on le connaît déjà : un tiers de nectar d'arnaque, un tiers de jus de racket et un tiers de blabla. Servir tiède, mais réchauffer si besoin est.
26 août 2007
EUROBOURRAGE DE CRANE (ET VIDAGE DE CAISSES PUBLIQUES)
Une fort opportune étude du bureau zurichois Rütter+Partner (sur)évalue à
une fourchette de 1,1 à 1,5 milliard le chiffre d'affaire de l'euro2008
pour la Suisse. La valeur ajoutée de l'événement serait comprise dans une
fourchette de 637 à 859 millions, et les dépenses des visiteurs dans une
fourchette de 250 à 400 millions (le nombre de visiteurs étrangers étant
évalué entre 1 et 1,4 millions, pour 2,8 à 5,4 millions de visiteurs au
total). Tout cela est bien beau, mais d'une part la même étude constate que
pour les collectivités publiques, l'Euro2008 aboutira à un déficit d'au
moins 30 millions (les investissements publics s'élevant à au moins 140
millions, et les rentrées fiscales à au plus 110 millions), et d'autre part
une étude allemande sur les retombées économiques du Mondial allemand de
2006 constate que ces retombées ont été bien moindre que prévues, et qu'en
particulier celles dans le secteur du tourisme avaient été largement
surestimées : si un événement sportif majeur attire des spectateurs
étrangers, il pousse d'autres touristes à renoncer à se déplacer dans la
région sinistrée. Le seul domaine où le Mondial de foot semble avoir eu
quelque effet, c'est la démographie : dans plusieurs villes allemandes,
neuf mois après l'événement, on a constaté un "baby boom" (plus 20 % de
naissances à Berlin, par rapport à l'année précédente, par exemple).
Economiquement, cepenant, le Mondial n'a eu aucun effet sur la conjoncture
allemande : les bénéfices supplémentaires enregistrés dans certains
secteurs (le commerce de détail par exemple) et sous-secteurs (la
gastronomie, les articles de sport) ne se traduisent que par des retombées
tout à fait margin ales sur l'ensemble de l'économie. En Suisse, les
prévisions de Rütter+Partner sont contestées pour leur optimisme excessif
: pour un porte-parole de la Migros ("20minutes.ch" du 14 mai), le
doublement escompté du chiffre d'affaire est "illusoire". En revanche,
comme il pourrait être moins illusoire dans certains secteurs très
particuliers, les collectivités publiques organisatrices ont décidé de
soutenir financièrement une campagne contre la traite des femmes et la
prostitution forcée, après analyse des faits lors du Mondial allemand de
2006. Il faut donc bien admettrre que certains secteurs de l'économie vont
effectivement profiter de l'Euro2008, même si selon le service de
coordination contre la traite d'être humains ne prévoit pas une "flambée de
la prostitution forcée" pendant l'Euro 2008. Logique : on s'est déjà fait
baiser avant.
En Autriche également, on a produit des prédictions très optimistes sur
l'impact économique de l'Euro : des recettes de 320 millions d'euros, 5400
nouveaux emplois, dont un e moitié de longue durée, des centaines de
milliers de nuitées.
Le directeur des opérations de l'UEFA, Martin Kallen, ayant annoncé que le
tournoi austro-suisse serait "le plus réussi de l'histoire", ce qui est
assez logique puisque c'est le dernier en date, le président de l'UEFA,
Michel Platini, a nuancé : "il a du dire la même chose avant l'Euro 2004 au
Portugal, et il dira sans doute la même chose avant l'Euro 2012 organisé
par la Pologne et l'Ukraine"... C'est ce qu'il y a de bien avec l'UEFA : on
a affaire à des optimistes. Près de leurs sous, mais optimistes quand même.
Du côté des organisateurs suisses de la foire à beaufs, on est aussi
optimistes, mais on prend des précautions, au cas où l'enthousiasme
spontané des masses ne serait pas au rendez-vous. On lance donc une
campagne destinée à réveiller cett enthousiasme, ou à le susciter, ou à
faire croire qu'il est là. ça s'appelle (en anglo-zurichois, forcément, vu
qu'en français ou en italien, ça a tout de suite l'air de la chanson :
tarte) "Play Football Switzerland on Tour", ça dure 140 jours et ça doit
"ancrer le football d'un point de vue émotionnel dans toutes les régions du
pays" et y laisser "une trace tangible au-delà de l'Euro". Quelle genre de
trace, on sait pas, mais une trace.
Au cas où on aurait oublié que l'Euromachin est une grosse affaire de gros
sous, la campagne "Play Football Switzerland on Tour" est soutenue par le
Crédit Suisse et Oechsner Sport". Et bien sûr, la SSR, jamais en reste de
soutien à la ringardise.
une fourchette de 1,1 à 1,5 milliard le chiffre d'affaire de l'euro2008
pour la Suisse. La valeur ajoutée de l'événement serait comprise dans une
fourchette de 637 à 859 millions, et les dépenses des visiteurs dans une
fourchette de 250 à 400 millions (le nombre de visiteurs étrangers étant
évalué entre 1 et 1,4 millions, pour 2,8 à 5,4 millions de visiteurs au
total). Tout cela est bien beau, mais d'une part la même étude constate que
pour les collectivités publiques, l'Euro2008 aboutira à un déficit d'au
moins 30 millions (les investissements publics s'élevant à au moins 140
millions, et les rentrées fiscales à au plus 110 millions), et d'autre part
une étude allemande sur les retombées économiques du Mondial allemand de
2006 constate que ces retombées ont été bien moindre que prévues, et qu'en
particulier celles dans le secteur du tourisme avaient été largement
surestimées : si un événement sportif majeur attire des spectateurs
étrangers, il pousse d'autres touristes à renoncer à se déplacer dans la
région sinistrée. Le seul domaine où le Mondial de foot semble avoir eu
quelque effet, c'est la démographie : dans plusieurs villes allemandes,
neuf mois après l'événement, on a constaté un "baby boom" (plus 20 % de
naissances à Berlin, par rapport à l'année précédente, par exemple).
Economiquement, cepenant, le Mondial n'a eu aucun effet sur la conjoncture
allemande : les bénéfices supplémentaires enregistrés dans certains
secteurs (le commerce de détail par exemple) et sous-secteurs (la
gastronomie, les articles de sport) ne se traduisent que par des retombées
tout à fait margin ales sur l'ensemble de l'économie. En Suisse, les
prévisions de Rütter+Partner sont contestées pour leur optimisme excessif
: pour un porte-parole de la Migros ("20minutes.ch" du 14 mai), le
doublement escompté du chiffre d'affaire est "illusoire". En revanche,
comme il pourrait être moins illusoire dans certains secteurs très
particuliers, les collectivités publiques organisatrices ont décidé de
soutenir financièrement une campagne contre la traite des femmes et la
prostitution forcée, après analyse des faits lors du Mondial allemand de
2006. Il faut donc bien admettrre que certains secteurs de l'économie vont
effectivement profiter de l'Euro2008, même si selon le service de
coordination contre la traite d'être humains ne prévoit pas une "flambée de
la prostitution forcée" pendant l'Euro 2008. Logique : on s'est déjà fait
baiser avant.
En Autriche également, on a produit des prédictions très optimistes sur
l'impact économique de l'Euro : des recettes de 320 millions d'euros, 5400
nouveaux emplois, dont un e moitié de longue durée, des centaines de
milliers de nuitées.
Le directeur des opérations de l'UEFA, Martin Kallen, ayant annoncé que le
tournoi austro-suisse serait "le plus réussi de l'histoire", ce qui est
assez logique puisque c'est le dernier en date, le président de l'UEFA,
Michel Platini, a nuancé : "il a du dire la même chose avant l'Euro 2004 au
Portugal, et il dira sans doute la même chose avant l'Euro 2012 organisé
par la Pologne et l'Ukraine"... C'est ce qu'il y a de bien avec l'UEFA : on
a affaire à des optimistes. Près de leurs sous, mais optimistes quand même.
Du côté des organisateurs suisses de la foire à beaufs, on est aussi
optimistes, mais on prend des précautions, au cas où l'enthousiasme
spontané des masses ne serait pas au rendez-vous. On lance donc une
campagne destinée à réveiller cett enthousiasme, ou à le susciter, ou à
faire croire qu'il est là. ça s'appelle (en anglo-zurichois, forcément, vu
qu'en français ou en italien, ça a tout de suite l'air de la chanson :
tarte) "Play Football Switzerland on Tour", ça dure 140 jours et ça doit
"ancrer le football d'un point de vue émotionnel dans toutes les régions du
pays" et y laisser "une trace tangible au-delà de l'Euro". Quelle genre de
trace, on sait pas, mais une trace.
Au cas où on aurait oublié que l'Euromachin est une grosse affaire de gros
sous, la campagne "Play Football Switzerland on Tour" est soutenue par le
Crédit Suisse et Oechsner Sport". Et bien sûr, la SSR, jamais en reste de
soutien à la ringardise.
25 juillet 2007
EUROPROPAGANDE : LA SSR EMBARQUEE
Garde à vous ! C'est le mot d'ordre imposé par la radio et la télé publique
suisse (SSR SRG Idée Suisse) à ses collaborateurs, à propos de l'Euro 2008.
La SSR a passé un accord avec la société Euro2008 SA, et entend bien faire
en sorte que cet accord ait force de loi supérieure à la liberté d'informer
-et plus encore, évidemment, à celle de critiquer. Une missive adressée au
personnel pose clairement le diktat : "L'Eurol va devenir au cours des 13
prochains mois le sujet dominant pour tous les services des sports, mais
les émissions d'information, de divertissement et les programmes culturels
reprendront eux aussi ici et là les divers éléments marquants de cette
manifestation. "We light the Euro fire", telle est la devise que s'est
donnée la SRG SSR Idée suisse pour les mois à venir". "We light the Euro
fire" : on a bien fait d'appeler le swiss public network "idée suisse". Et
on fait bien de mettre au pas les quelques journalistes qui pourraient, à la
SSR, avoir encore quelques bribes de morceau de fantôme d'esprit critique.
Et de préciser que les collaborateurs de la SSR SRG Swiss idea devront
désormais et jusqu'au 29 juin 2008 utiliser un papier à en-tête et des
enveloppes portant le logo de l'Euro.
Le service public va donc rouler pour l'UEFA. Le pire, c'est qu'on n'est
même pas surpris de cet aplaventrissement. Ni qu'il se manifeste en anglo-zurichois dans le texte.
suisse (SSR SRG Idée Suisse) à ses collaborateurs, à propos de l'Euro 2008.
La SSR a passé un accord avec la société Euro2008 SA, et entend bien faire
en sorte que cet accord ait force de loi supérieure à la liberté d'informer
-et plus encore, évidemment, à celle de critiquer. Une missive adressée au
personnel pose clairement le diktat : "L'Eurol va devenir au cours des 13
prochains mois le sujet dominant pour tous les services des sports, mais
les émissions d'information, de divertissement et les programmes culturels
reprendront eux aussi ici et là les divers éléments marquants de cette
manifestation. "We light the Euro fire", telle est la devise que s'est
donnée la SRG SSR Idée suisse pour les mois à venir". "We light the Euro
fire" : on a bien fait d'appeler le swiss public network "idée suisse". Et
on fait bien de mettre au pas les quelques journalistes qui pourraient, à la
SSR, avoir encore quelques bribes de morceau de fantôme d'esprit critique.
Et de préciser que les collaborateurs de la SSR SRG Swiss idea devront
désormais et jusqu'au 29 juin 2008 utiliser un papier à en-tête et des
enveloppes portant le logo de l'Euro.
Le service public va donc rouler pour l'UEFA. Le pire, c'est qu'on n'est
même pas surpris de cet aplaventrissement. Ni qu'il se manifeste en anglo-zurichois dans le texte.
18 juillet 2007
Moins d'un an de sursis
Le 7 juin, dans les quatre villes hôtes de l'Eurobeauf (Bâle, Berne, Genève
et Zurich), les organisateurs du machin ont installé des compteurs à
rebours "se mettant en branle sous le regard émus des officiels locaux"
(Le Temps du 7 juin). A 18 heures ce jour là, il restait encore
31'536'000 secondes avant le coup d'envoi du premier match.
Et le délégué du Conseil fédéral pour l'Euro2008 de prédire : "Au final, je
suis persuadé que tout le monde sera emballé". Personne n'ayant d'ailleurs
le choix.
Si on n'a pas le choix d'être ou non emballés (on est déjà ficelés), on a
encore le choix de s'emballer nous mêmes ou de nous y refuser. Un sondage
(sans représentativité, et par internet) auprès des lecteurs de
20minutes.ch, a priori plutôt sensibles à ce genre d'événements, signale
que si 43 % d'entre eux se "réjouissent" à l'avance de l'Euro2008, 30 %
s'en foutent et 27 % y sont allergiques. "La sauce tarde à prendre, surtout
à Genève", observe, contrit, le prébendier de service (le député radical Frédéric
Hohl, organisateur des à-côtés festifs du machin). Normal, c'est pas une
sauce, c'est un bouillon de onze heures.
et Zurich), les organisateurs du machin ont installé des compteurs à
rebours "se mettant en branle sous le regard émus des officiels locaux"
(Le Temps du 7 juin). A 18 heures ce jour là, il restait encore
31'536'000 secondes avant le coup d'envoi du premier match.
Et le délégué du Conseil fédéral pour l'Euro2008 de prédire : "Au final, je
suis persuadé que tout le monde sera emballé". Personne n'ayant d'ailleurs
le choix.
Si on n'a pas le choix d'être ou non emballés (on est déjà ficelés), on a
encore le choix de s'emballer nous mêmes ou de nous y refuser. Un sondage
(sans représentativité, et par internet) auprès des lecteurs de
20minutes.ch, a priori plutôt sensibles à ce genre d'événements, signale
que si 43 % d'entre eux se "réjouissent" à l'avance de l'Euro2008, 30 %
s'en foutent et 27 % y sont allergiques. "La sauce tarde à prendre, surtout
à Genève", observe, contrit, le prébendier de service (le député radical Frédéric
Hohl, organisateur des à-côtés festifs du machin). Normal, c'est pas une
sauce, c'est un bouillon de onze heures.
16 mai 2007
Eurodimat
EURODIMAT
Les organisateurs de l'Euro annonce une "audience cumulée" de "près de dix milliards de téléspectateurs". Vous nous direz que dix milliards de téléspectateurs sur une planète peuplée, nourrissons et grabataires compris, de sept milliards d'invididus humains, dont la moitié n'a pas la télé, ça fait beaucoup, mais "audience cumulée", ça veut dire que chaque téléspectateur est compté autant de fois qu'il suit un match (ce qui permet de faire grimper les tarifs de pub) Et que s'il en suit douze, il est compté douze fois. Probable aussi qu'on compte comme téléspectateurs les chiens, les chats, les poissons rouges, les hamsters et les canaris à portée de vue de la télé. Un peu contraints, certes, comme téléspectateurs, mais a priori pas plus décérébrés que les humains vautrés devant le match.La SSR a acheté les droits de diffusion exclusive de tous les matches de l'Euro2008 pour la Suisse. Elle n'a pas communiqué le montant de cette transaction. En France, TF1 et M6 se partageront les retransmissions.
En attendant, une grosse moitié (51 %) des Suisses interrogés par sondage (Demoscope) en janvier se "réjouissent" de l'Eurofoot et une petite moitié s'en foutent (44 %) ou y sont allergiques (3 %). Et quand on cause pognon, 44 % des personnes interrogées trouvent que l'utilisation des fonds publics pour l'"événement" est justifiée, 43 % s'y opposent. Et en mars, selon un autre sondage (Isopublic), 71 % des personnes interrogées soutiennent l'entraîneur de l'équipe nationale de foot, Köbi Kuhn, 53 % pensent que la Suisse atteindra les quarts de finales (autrement dit : sera dans les huit meilleurs équipes européennes), alors que 17 % ne la voient pas passer même le premier tour (heureusement qu'elle est qualifiée d'office en tant que
co-organisatrice), et que 2 % la voient championne d'Europe. Sur un échantillon représentatif pour un sondage de cette importance (incontestable), 2 %, ça correspond en gros aux joueurs de l'équipe nationale et à leurs remplaçants. Pour un échantillon plus large, on peut y ajouter les entraîneurs et les soigneurs. D'ailleurs, l'entraîneur, Koebi Kuhn, assure que "Gagner l'Euro, c'est un rêve qui peut devenir réalité". Transformer le stade de la Praille en plantation de chanvre écologique aussi. "On veut gagner, contre n'importe qui", poursuit Kuhn. Contre le Lichtenstein, Andorre, Saint-Marin ou le Vatican (à condition sur les joueurs soient en soutanes), c'est possible, en effet. Face à des adversaires plus sérieux, le doute place : "ça n'est pas parce que la Suisse n'a jamais gagné contre l'Allemagne depuis 50 ans qu'on ne veut pas remporter le prochain match (le 7 février) à Düsseldorf". Match que la Suisse a perdu. Et quand elle fait une tournée d'entraînement en mars en Floride, elle réussit à ne pas perdre contre la Jamaïque (la ganja doit y être pour quelque chose), mais elle échoue devant la Colombie (ça doit être la faute à la coke).
19 avril 2007
Euroblabla
EUROBLABLA
Sepp Blatter n'est pas content : le président de la Fédération internationale du foot-pognon (FIFA, dans un entretien à la feuille footballistique alémanique ("Eurosoccer") dénonce l'absence de vision et d'engouement pour l'Euro2008 de la part des hautes sphères helvétiques, absence de quoi découlerait un impact négatif auprès de l'opinion publique. "Nous en sommes encore à nous disputer pour savoir qui paiera quoi", se plaint Blatter -qui a du retard : on ne dispute plus, on sait : l'UEFA et la FIFA ne paieront rien, ou presque, les collectivités publiques paieront le maximum. Dans une telle ambiance, "le public ne peut pas s'enthousiasmer", geint Blatter. Il devrait s'enthousiasmer, le public ? Et pour quoi donc ? En réalité, ce n'est pas tant le public que les milieux de l'économie qui entéressent le président de la FIFA : "le secteur du tourisme, le monde politique, economiesuisse et les instances sportives doivent unir leurs forces". Et les proxénètes, les putes et les flics, on les oublie ?
Le Conseiller d'Etat genevois Mark Muller n'est pas d'accord avec Blatter : "Sur le terrain, nous rencontrons un écho très positif", assure le libéral.
Sur quel terrain ? La Praille ? La Plaine de Plainpalais ? Et le factotum de Muller, le député radical Frédéric Hohl, responsable des manifestations annexes à l'Eurofoot, estime lui aussi que l'écho de l'événement est "plutôt exceptionnel". Et il en veut pour preuve que lors d'un sondage, un Suisse sur deux "a même déclaré s'intéresser à l'Euro". "Même", comme dit Hohl : ce qui fait un Suisse sur deux qui ne s'y intéresse pas ou y est allergique. Après tout le battage médiatique que le public a enduré à propos de l'Eurofoot, la performance est mince.
Les promoteurs de l'Eurofoot à Genève affirment que le machin va rapporter un saladier à l'économie genevoise.
A titre de comparaison, le Salon de l'auto, avec ses 750'000 visiteurs, rapporte 32 millions de recettes fiscales en représentant un produit brut de 400 millions. L'Euro2008 va attirer huit fois moins de monde à Genève, soit moins que le Salon du Livre. Et devrait donc rapporter en gros huit fois moins (allez, on vous le laisse à sept fois moins en supposant aventureusement qu'un nombre plus important de visiteurs passeront une nuit à l'hôtel pendant l'euro que pendant le Salon de l'auto). L'Euro2008 devrait donc rapporter 4,5 millions de recettes fiscales, et représenter un produit brut de 60 millions. Ce qui signifie, compte tenu de ce que les collectivités publiques devront débourser, que non seulement ce machin ne rapportera pas un rond aux caisses publiques, mais qu'il leur coûtera plusieurs millions.
27 février 2007
Euroblabla
Le slogan officiel de l'Euro 2008 (en quatre langues -mais on a remplacé la langue des indiens (le romanche) par celle des cow-boys (l'anglais) sera "L'émotion est au rendez-vous". L'arnaque aussi.
Pour le directeur général de l'UEFA, ce slogan "met en lumière l'essence mèême de ce que le tournoi vise à offrir" (du pognon ?), et pour le président de l'Association suisse de football, Ralph Zloczower, l'Euro 2008 en Suisse sera "une expérience inoubliable pour tous les fans de sport". Et les caisses publiques. Et d'ajouter qu'il est "difficile d'imaginer quelque chose de plus coloré, de plus festif et de plus excitant". Ben si, une bonne baston entre supporters. Quant au président de l'Association autrichienne de foot, il estime que le slogan "L'émotion est au rendez-vous" s'applique "également aux joueurs et aux entraîneurs (...) et bien sûr aux fans". Et bien sûr aussi aux contribuables.
Pour le directeur général de l'UEFA, ce slogan "met en lumière l'essence mèême de ce que le tournoi vise à offrir" (du pognon ?), et pour le président de l'Association suisse de football, Ralph Zloczower, l'Euro 2008 en Suisse sera "une expérience inoubliable pour tous les fans de sport". Et les caisses publiques. Et d'ajouter qu'il est "difficile d'imaginer quelque chose de plus coloré, de plus festif et de plus excitant". Ben si, une bonne baston entre supporters. Quant au président de l'Association autrichienne de foot, il estime que le slogan "L'émotion est au rendez-vous" s'applique "également aux joueurs et aux entraîneurs (...) et bien sûr aux fans". Et bien sûr aussi aux contribuables.
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