03 juillet 2013

Fonds de tiroir

Dimanche prochain, on vote en Suisse sur des enjeux politiques importants (le droit d'asile, l'élection populaire du gouvernement)... et à Zurich, sur le moyen de contenir les débordements des supporters sportifs et hooligans, les premiers refusant évidemment d'être assimilés aux seconds. L'objet soumis au vote est l'adhésion de Zurich à un concordat intercantonal sur le hooliganisme, adopté par les directrices et directeurs cantonaux de Justice et Police, mais refusé à Bâle, et auquel le canton de Zurich devrait lui aussi adhérer. Ce concordat prévoit l'interdiction de l'alcool dans les stades et autour lors des matches « à risque » (ce qui ne devrait plus concerner Servette...), la vérification des identités, la possibilités de fouilles corporelles etc... Les référendaires considèrent par exemple que l'interdiction de l'alcool « punirait une masse pacifiste » sans garantie de résultat. Parce que la « masse pacifiste » en question ne conçoit pas d'assister à un match sans bibine ? A l'exception des Verts et de la gauche alternative, tous les partis zurichois prônent l'acceptation du concordat, auquel les deux clubs « phares » de Grasshoper et de Zurich se gardent bien de s'opposer (Grasshoper le soutient même), malgré la grogne de leurs supporters. Voila, c'était une petite bouffée d'air frais (quoique légèrement alcoolisé) dans le débat politique -et rien de tel que les supporters sportifs pour nous la fournir...

06 avril 2013

Quand le trou de la Praille engloutit le Servette : Le stade maudit...




Que faire d'un stade que la Fondation qui le gère qualifie elle-même d'enceinte « le plus souvent vide et tristement silencieuse » ? S'agissant du Stade de la Praille, c'est la question qui se pose (et que nous posons) depuis sa construction (à laquelle, rappelons-le au passage, nous étions tout de même quelques uns à nous opposer). Une réponse a été suggérée par une équipe française, Evian-Thonon-Gaillard (ETG), qui joue (encore) en division d'élite, qui n'a, elle, pas de stade digne de ce nom, et qui depuis la proclamation de l'existence de la « Grande Genève », se sent, logiquement, chez elle à Genève. Ce qui nous fait une équipe sans stade et un stade sans public, qui auraient bien voulu convoler afin de remplir le stade vide par les supporters de l'équipe sans stade. L'équipe française a donc demandé à la coupole du foot européen (l'UEFA) et à son président, Michel Platini, d'être autorisée à jouer à la Praille. Ce que l'UEFA avait déjà refusé en 2010. Et qu'elle a donc nouveau refusé. 


 Le Servette FC n'est pas seulement menacé de relégation en ligue B (voui, on sait, ça s'appelle plus comme ça, mais on s'en fout) : il est aussi perclu de dettes, dont celle représentée par le « loyer » en retard que réclame la Fondation du Stade de Genève -à quoi s'ajoute le « défaut d'entretien » de cette infrastructure mégalomaniaque, dont le coût d'entretien contribue à plomber les finances de l'équipe résidente, qui n'en ont vraiment pas besoin. En clair : le Stade de Genève est un gouffre financier, qui menace d'engloutir le SFC (en plus de la centaine de millions de francs de fonds publics qu'il a déja consumée), au bénéfice tout relatif d'un contrat d'exploitation du stade, contrat dont on se demande qui il désigne comme exploitant et qui y est exploité.
La question qui se pose toujours à propos de ce stade, et à laquelle personne n'a jamais été foutu de répondre, est : plutôt que construire un équipement lourd et coûteux sans savoir si on en a l'utilité, pour se demander une fois qu'il est construit à quoi on va bien pouvoir l'utiliser, comment le remplir et à qui le fourguer, est-ce qu'il n'aurait pas été plus intelligent de se demander avant de le construire si on en avait besoin ? Faute d'avoir été capable de répondre à cette question, la Grande, la moyenne et la petite Genève s'en posent maintenant une autre: comment se débarrasser de ce machin ? Questions auxquelles on en ajoutera une nouvelle : la fonction de la « Grande Genève » est-elle de trouver une utilité aux machins dont la petite Genève ne sait pas quoi faire ? Le regretté Mark Muller avait un jour affirmé que « personne (ou presque) ne souhaite enterrer le stade ». L'enterrer, non, par respect pour la nappe phréatique. Mais le vendre pour un franc ou un euro symboliques, le découper, le cramer, le laisser pourrir sur pieds, oui. Après tout, sa durée de vie est estimée à cinquante ans, on en a déjà tiré dix (puisque le stade a été inauguré en 2003), il ne nous en reste donc que quarante à tirer, compte non tenu d'une possible libération conditionnelle (tremblement de terre, tsunami, carbonation du béton...)
Il se trouve que la Ville a réussi à se désengager partiellement de ce foutoir, un peu contrainte par un référendum que nous fûmes quelques uns à lancer contre un prêt que le Conseil administratif et le Conseil municipal voulaient accorder à la Fondation du Stade, et que les électrices et électeurs de la Ville ont refusé à une majorité de trois contre un, d'accorder. La Ville reste représentée au Conseil de la Fondation, mais on n'attend fort heureusement d'elle pas plus de soutien que cela au monument d'inutilité présomptueuse qui trône à la Praille. La Ville de Genève ne se retrouve donc pas, ou plus, dans la situation de celle de Lancy, qui sait que les prêts qu'elle a consenti à la Fondation ne seront jamais remboursés. Est-ce vraiment le moment pour nous (à supposer qu'il y ait un moment pour cela), fût-ce avec les meilleures intentions du monde, et en tenant le discours critique que tiennent les attendus d'une résolution présentée par «Ensemble à gauche», de remettre, les pieds, les mains ou la tête pensante dans l'engrenage d'un soutien à la Fondation du Stade en soutenant et en demandant à la Ville de Genève de soutenir la proposition française de faire du stade de Genève celui de Evian-Thonon-Gaillard ? La Fondation du stade est évidemment d'accord que les Chablaisiens utilise le stade, mais elle serait d'accord avec n'importe quelle proposition d'utilisation qui pourrait donner au moins l'illusion que cet équipement ait une utilité qui justifie les plus de 100 millions qu'il a coûté aux collectivités publiques.
Le président du Servette FC, Hugh Quennec, a de son côté, après avoir rejeté la responsabilité du merdier sur ses prédécesseurs (qui en avaient fait autant de leurs prédécesseurs, soit dans l'ordre chronologique : Christian Lüscher, Marc Roger, Madjid Pyshiar), annoncé un rapport sur l'état des lieux... et une demande de mise à contribution des caisses publiques. Une de plus. Le président du club se plaint qu'on lui ait fourgué un stade « ni fini, ni entretenu » qu'il se retrouve seul à devoir payer et pour lequel il faut disposer de deux millions de francs par an (sans compter les vingt millions qu'il faudrait pèour le rendre « viable »). Mais qui l'a obligé à le reprendre ? Il l'a voulu, il l'a, pour 32 ans (c'est la durée du contrat d'exploitation qui lie le club et la fondation du stade), qu'il se démerde avec. Non mais. Parce qu'on le voit venir, avec ses gros sabots et sa grosse sébile, auprès du canton (ou des villes), quémander une subvention, un prêt, une aumône... ou quelques dizaines de millions pour construire un nouveau bâtiment adjacent...
Alors quand le MCG opposé à l'utilisation d'un stade genevois par des Français, les accuse de vouloir faire « main basse sur le stade », on ne peut s'empêcher de se dire : « si au moins c'était leur intention, on pourrait s'en débarrasser en le leur fourguant »... après tout, on a bien essayé de le fourguer à un Iranien... Laissons donc, faute de pouvoir nous en débarrasser, végéter la cuvette de la Praille : telle qu'elle est, «le plus souvent vide et silencieuse», elle est un témoin de nos propres âneries, un monument absurde, mais indispensable à l'édification du bon peuple.

Stade de la Praille : une offre française refusée...et des perspectives en eau de boudin...

Que faire d'un stade que la Fondation qui le gère qualifie elle-même d'enceinte « le plus souvent vide et tristement silencieuse » ? S'agissant du Stade de la Praille, c'est la question qui se pose (et que nous posons) depuis sa construction (à laquelle, rappelons-le au passage, nous étions quelques uns à nous opposer). Une réponse a été suggérée par des élus français de la région genevoise et une équipe française, Evian-Thonon-Gaillard (ETG), qui joue (encore) en division d'élite, qui n'a pas de stade digne de ce nom et qui depuis la proclamation de l'existence de la « Grande Genève » se sent, logiquement, chez elle à Genève, a demandé à la coupole du foot européen (l'UEFA) et à son président, Michel Platini, d'être autorisée à jouer à la Praille. Ce que l'UEFA avait déjà refusé en 2010. Et qu'elle a donc nouveau refusé. On a donc une équipe sans stade et un stade sans public, qui voudraient convoler afin de remplir le stade vide par les supporters de l'équipe sans stade. Une jolie histoire de vases communiquants et de baignoires qui se vident et se remplissent.
Mais de vases communicants vaseux et de baignoires d'eau de boudin.


Le stade de la Praille, ou « comment s'en débarrasser ? »
Si navrante qu'elle soit, et celle du Stade de Genève l'est à souhait, une saga doit avoir une fin. Heureuse ou non, mais une fin. Or s'agissant de celle-là, la question qui se pose toujours, et à laquelle personne n'a jamais été foutu de répondre, est : « plutôt que construire un équipement lourd et coûteux sans savoir si on en a l'utilité, et se demander une fois qu'il est construit à quoi on va bien pouvoir l'utiliser et comment le remplir, et à qui le fourguer, est-ce qu'il n'aurait pas été plus intelligent de se demander avant de le construire si on en avait besoin ? », ce qui nous aurait évité de nous demander maintenant comment on va pouvoir s'en débarrasser. Questions auxquelles on ajoutera celle-ci : « la fonction de la «Grande Genève», et de l'une ou l'autre de ses communes, de l'un ou l'autre de ses parlements, ou de son gouvernement, est-elle de trouver une utilité aux machins dont la petite Genève ne sait pas quoi faire ? ». Le regretté Mark Muller avait un jour affirmé que « personne (ou presque) ne souhaite enterrer le stade ». L'enterrer, non, par respect pour la nappe phréatique. Mais le vendre, le découper, le cramer, le laisser pourrir sur pieds, oui. Après tout, sa durée de vie de ce machin est estimée à cinquante ans, on en a déjà tiré dix (le stade a été inauguré en 2003), il nous en reste quarante à tirer, compte non tenu d'une possible libération conditionnelle.

Il se trouve que, quelque peu contrainte par un référendum que nous fûmes quelques uns à lancer contre un prêt que la Ville voulait accorder à la Fondation du Stade, et que les électrices et électeurs de la Ville ont refusé à une majorité de trois contre un d'accorder, la Ville de Genève a réussi à se désengager partiellement de ce foutoir. Elle reste représentée au Conseil de la Fondation, mais on n'attend fort heureusement d'elle pas plus de soutien que cela à ce monument d'inutilité présomptueuse. La Ville de Genève ne se retrouve donc pas, ou plus, dans la situation de celle de Lancy, qui sait que les prêts qu'elle a consenti à la Fondation ne seront jamais remboursés. Est-ce vraiment le moment pour nous (à supposer qu'il y ait un moment pour cela) de remettre, fût-ce avec les meilleures intentions du monde, et en tenant un discours critique) de remettre, les pieds, les mains ou la tête pensante dans l'engrenage d'un soutien à la Fondation du Stade ? Cette fondation est évidemment d'accord que les Chablaisiens utilisent le stade, parce qu'en fait, elle serait d'accord avec n'importe quelle proposition d'utilisation qui pourrait donner au moins l'illusion que cet équipement ait une utilité qui justifie les, à la louche, 100 millions qu'il a coûté jusqu'à présent aux collectivités publiques. « Jusqu'à présent », parce que ce n'est vraisemblablement pas fini : La Fondation du Stade de Genève, propriétaire du trou du même nom, a mis en demeure le Servette FC, désormais exploitant du même trou, de lui payer 212'000 francs, soit des impayés de 2012 et la redevance annuelle de 2013. Et le club est emmerdé: l'hiver n'amène pas de recettes, le public se fait rare et l'organisation du match Brésil-Italie, match amical et exhibitionniste sans aucun enjeu mais sur lequel le club compte pour remplir le stade, coûte un saladier (rien que pour refaire la pelouse, c'est 260'000 balles). Alors le président du club se plaint qu'on lui ait fourgué un stade « ni fini, ni entretenu », qu'il se retrouve seul à devoir payer, ce pourquoi il faudrait disposer de deux millions de francs par an (sans compter les vingt millions qu'il faudrait pour le rendre « viable »). Mais qui l'a obligé à le reprendre, ce stade ? Il l'a voulu, il l'a, pour 32 ans (c'est la durée du contrat d'exploitation qui lie le club et la fondation du stade), qu'il se démerde avec. Non mais... Parce qu'on le voit venir, avec ses gros sabots et sa grosse sébile, auprès du canton (ou des villes), quémander une subvention, un prêt, une aumône...

Mais quand le MCG opposé à l'utilisation d'un stade genevois par des Français, les accuse de vouloir faire « main basse sur le stade », on ne peut s'empêcher de se dire : « Bon sang ! si au moins c'était leur intention, aux Français, de faire main basse sur le stade ! on pourrait s'en débarrasser en le leur fourguant » ... après tout, on a bien essayé de le fourguer à un Iranien, après un Marseillais...

26 mars 2013

Brèves

Encore une révélation bouleversifiante : le monde du sport est pourri. On nous en dira tant... Une enquête d'Europol (l'Interpol européen) a révélé une énorme affaire de matches truqués par un réseau asiatiique : 380 rencontres entre 2008 et 2011 sont concernées, dont 41 en Suisse (où en 2009, on avait déjà repéré 26 matches truqués, dont un Bâle-Sofia gagné par Bâle), et on a eu de gros doutes en 2011 sur un match Lugano-Servette gagné les doigts dans le nez par Servette.... Dans la dernière enquête d'Europol, 425 arbitres, joueurs et dirigeants de clubs sont impliqués. Les enveloppes distribuées pour perdre les marches pouvaient aller jusqu'à 100'000 euros.  Pour un bénéfice somme toute assez modeste : 8 millions d'euros... Un mois de salaire d'un top manager, quoi... Conclusion de l'éditorialiste de la « Tribune de Genève » de mardi dernier : il faut « ouvrir les yeux » et admettre que «le milieu du sport n'est pas plus puritain que notre société dans son ensemble ». Sans blaaagues... même depuis que le pognon islamiste du Qatar s'y déverse en plus de celui de toutes les multinationales possibles et imaginables ? C'est à désespérer des vraies valeurs...

Que faire d'un stade que la Fondation qui le gère qualifie elle-même d'enceinte « le plus souvent vide et tristement silencieuse » ? S'agissant du Stade de Genève, à la Praille, c'est la question qui se pose (et que nous posons) depuis sa construction (à laquelle, rappelons-le au passage, nous étions opposés). Une réponse est suggérée ces jours par des élus français de la région genevoise : une équipe française, Evian-Thonon-Gaillard (ETG), qui joue (encore) en division d'élite, et qui n'a, elle, pas de stade digne de ce nom, demande à la coupole du foot européen (l'UEFA) et à son président, Michel Platini, d'être autorisée à jouer à la Praille. Ce que l'UEFA avait refusé en 2010. Mais il paraît que depuis la proclamation de l'existence de la «Grande Genève», ETG peut se sentir chez elle à Genève. On a donc une équipe sans stade et un stade sans public, qui voudraient convoler. Une jolie histoire. Mais qui sent, comme toute l''histoire du Stade de Genève, l'eau de boudin. Parce qu'enfin, la question qui se pose toujours, et à laquelle personne n'a jamais été foutu de répondre, est : « plutôt que construire un équipement lourd et coûteux sans savoir si on en a l'utilité, et se demander une fois qu'il est construit à quoi on va bien pouvoir l'utiliser et comment le remplir, est-ce qu'il n'aurait pas été plus intelligent de se demander avant de le construire si on en avait besoin ? ». Question à laquelle on ajoutera : « la fonction de la "Grande Genève" est-elle de trouver une utilité aux machins dont Genève ne sait pas quoi faire ? »... Oui, on sait, des fois, on pose des questions bêtes.

Le public du club de foot sans stade n'ira pas remplir le stade du club de foot sans public : la coupole du foot européen, l'UEFA, a refusé l'idée du club français d'Evian-Thonon-Gaillard de pouvoir jouer dans le grand et vide stade de Genève : les statuts de l'UEFA ne permettent pas de franchir comme ça une frontière pour aller jouer à la baballe. Et c'est même pas le MCG qui les a rédigés, ces statuts.

Donc, il n'y aura pas de jeuzolympiques d'hiver et divers dans les Grisons : le peuple votant n'en veut pas, à 52,7 % de majorité. Les stations huppées de Saint Moritz et de Davos ont eu beau dire « ya  » (ou « yes », vu que ça fait des lustres qu'on n'y cause plus romanche) au projet de JO d'hiver, le reste du canton les a renvoyées à leurs rêves de grandeur. Le parlement fédéral n'aura par conséquent plus à se prononcer sur la garantie de déficit d'un milliard que Ueli der Soldat mué en commis du CIO lui proposait. A la radio, ce matin, on s'interrogera : « La Suisse est-elle condamnée à voir petit ? »... parce qu'organiser des JO, c'est voir grand? ne serait-ce pas plutôt voir gros ? Faudrait voir à pas confondre la grandeur et l'obésité...

19 février 2013

Fonds de tiroir

La grosse pétuffe genevoise de l'Euro 2008 (le ballon de foot géant que des taborniaux avaient eu l'idée de faire flotter au dessus du jet-d'eau) finit son destin en sacs à main après avoir été léguée à une artisane de Corsier. Nous on voulait la crever, cette baudruche, mais elle s'est dégonflée toute seule. Et on en revoit donc des bouts sur les étals d'un marché de Corsier. Alors on prévient nos copines: la première qu'on voit avec un truc pareil, on lui cause plus... y'a quand même des limites au mauvais goût...

Les promoteurs de la candidature des Grisons à l'organisation des Jeux Olympiques d'hiver 2022 ont réduit vendredi dernier de 38 millions le budget des Jeux (s'ils se font aux Grisons, une votation populaire en décidant le 3 mars). C'est bien, mais le budget est toujours astronomique : près de 2,5 milliards de francs. Et plus de 250 millions de déficit, malgré un milliard espéré de la Confédération. Encore heureux que celle-ci ne veuille pas aller au-delà, mais  ce milliard c'est déjà dix-sept fois de plus que ce qu'elle était prête à verser au Valais pour les JO 2006, dont le budget n'était inférieur « que » de moitié à ceux des Grisons. La Commission des finances du Conseil National recommande de ne pas approuver la contribution fédérale d'un milliard tant que des réponses n'auront pas été apportées aux questions soulevées, notamment s'agissant du coût de la sécurité, des transports et de la logistique. Et elle insiste : ça sera un milliard, et pas un pfennig de plus. Et si le trou est plus profond que d'un milliard ? Les Grisons se démerderont. Qui ça, aux Grisons ? Les communes organisatrices ? Elles n'en ont pas les moyens. Le canton ? Il ne boucle déja son budget que grâce à l'aide des autres cantons. Alors qui ? L'Emir du Qatar, peut-être ? Bon, bref, si les JO d'hiver sont organisés en Suisse, ils coûteront un milliard aux caisses fédérales, plus ce qu'ils coûteront aux caisses cantonales et municipales grisonnes. C'est marrant : on nous répète ad nauseam que c'est le temps des économies, qu'il ne faut pas gaspiller l'argent public... et puis voilà, une fête à neuneu sportive est projetée et les caisses s'ouvrent comme par miracle, et un milliard de francs en sort tout frétillant. C'est beau, la magie du sport-pognon.

23 janvier 2013

Fonds de tiroir

Le 21 mars devrait se tenir au Stade de Genève un match amical Italie-Brésil dont le double patron du FC Servette et du Stade de Genève, Yougue Quennec, espère monts et merveilles. Et pognon. Et renommée. Ce pour quoi il a dû payer au moins deux millions de francs pour que ces deux illustres équipes viennent faire joujou à Piogre plutôt qu'à Manchester. Quennec assure que l'opération italo-brésilienne va rapporter des sous (billetterie, droits télé etc...). Du moins s'il arrive à remplir son stade généralement vide à au moins 75 %. Et il assure que si bénéfice il y a, il sera intégralement reversé au Servette FC. Il veut avec cette opération « montrer Genève comme une place qui compte sur la carte géographique du football », commente l'indéfectible supporter du Servette et du Stade dans la « Tribune de Genève ». Une place qui compte, en effet. Qui compte ses sous. Parce qu'on n'est pas sitôt sorti de la promotion du match amical qu'on entre dans un exercice plus commun, s'agissant du stade,  la mendicité. Il veut au moins 30, et jusqu'à 50, millions de francs pour « terminer le stade », Quennec. Ah bon, il est pas encore terminé ce machin, qui a déjà coûté dans les 180 millions ? Et il va les trouver où, ces dizaines de millions, Yougue Quennec ? Allez, un petit effort, devinez, c'est pas difficile... « entre le secteur public et le secteur privé ». Surtout, sans doute, « entre le secteur public et le secteur public ». Auprès des communes et du canton, donc. On se disait aussi, que les bonnes habitudes n'allaient pas se perdre... En ce cas, les nôtres non plus : toute dépense publique de plus d'un million pour le trou de la Praille sera frappée d'un référendum. Nous, on dit ça comme ça, hein, au cas où...

25 décembre 2012

Fonds de tiroir

La société du Sport Toto, le bookmaker sportif suisse officiel, sait quoi faire des bénéfices qu'elle fait sur le dos des parieurs : elle les transforme notamment en petits cadeaux destinés aux politiciens fédéraux pour qu'ils soutiennent le crédit d'un milliard, sous forme de garantie de déficit, proposé pour assurer le financement des Jeux Olympiques d'hiver dans les Grisons en 2022. Si les citoyennes et citoyens des Grisons en veulent, ce qui n'est pas garanti puisqu'ïl semble qu'ils soient « très partagés », comme nous l'écrit « Le Matin Dimanche » de dimanche dernier (qui nous tartine trois pages de promotion du projet). Bon, ben déjà qu'on jouait pas au Sport Toto, si en plus on nous apprend que le pognon qu'on y aurait claqué sert entre autres à offrir des montres à des parlementaires fédéraux pour qu'ils votent une garantie de déficit d'un milliard, on va réfréner toute envie éventuelle de se mettre à y jouer. On n'aura pas trop de mal à se contenir, notez...

Les chefs des départements cantonaux de justice et police se sont mis d'accord : dès l'été prochain, l'alcool sera interdit dans les stades et les patinoires (et à leurs abords) lors des « matches à risque ». Les organisateurs des rencontres de première division devront déposer une demande d'autorisation pour toute la saison sportive. Les compétitions seront classées en vertes, jaunes et rouges, selon leur niveau de dangerosité. L'alcool sera interdit dans les stade et un kilomètre autour lors des rencontres rouges, et des contrôles à l'entrée devront permettre d'identifier les hooligans (il y en aurait un millier en Suisse). Lors des matches verts et jaunes, l'alcool sera autorisé et les contrôles réduits. La conseillère d'Etat vaudoise Jacqueline de Quattro trouve ces recommandations « libérales » : évidemment, puisque le commerce d'alcool par les clubs reste, contrairement aux craintes des clubs, autorisé pour la plupart des matches, et pour tous les matches dans les « zones VIP »  (ces boxes à rupins sont réputés calmes : les parcs à bourges ne sont pas des corralls). Mais les cantons sont tout de même inquiets : ils devront assurer la sécurité lors des déplacements de leurs supporters à l'extérieur, et l'interdiction de l'alcool lors des matches rouges, les plus rentables, reste en travers du foie des clubs. Du coup, on les voit déjà quémander auprès des autorités cantonales : à Genève, le directeur administratif du FC Servette va discuter avec le Conseiller d'Etat Pierre Maudet pour trouver des « arrangements » : « nous sommes incapables de prendre à notre charge l'entier des frais de sécurité ». On se disait aussi que ça allait forcément retomber sur les caisses publiques, ce truc. Bon, de toute façon, si l'on en croit le Conseiller d'Etat fribourgeois Erwin Jutzet, la conférence des chefs de départements cantonaux de justice et police n'a adopté que « des recommandations, que l'on peut suivre ou pas ». Autrement dit : dont on peut se confoutre comme un dealer de sa quinzième interpellation. Sur ce, santé, conservation et vive le sport, école de civilité et d'abstinence !

Les anciens joueurs de l'ancien FC Servette (celui de Marc Roger) veulent relancer l'action en responsabilité civile contre les administrateurs de la société en faillite, et demandent, ensemble, plus de 20 millions à Olivier Maus (qui ne veut pas payer, même s'il en a les moyens, puisque sa famille est en passe de se goinfrer le crodocile Lacoste pour 350 millions de francs) et à Marc Roger (qui n'a évidemment par le premier centime d'euro de cette somme). Maus demande de ne pas être seul en cause, et requiert la participation au procès de l'ancien président du club, un certain Christian Lüscher, et (notamment) des ex-administrateurs du club, Olivier Carrard et Alain Rolland.  Avec Marc Roger, Lüscher et Carrard avaient produit un bilan illusoire pour faire croire que le club n'était plus surendetté, et lui permettre de continuer à participer au championnat. Pour cela, Roger avait été condamné pour faux dans les titres, pas Lüscher ni Carrard. On accuse les frontaliers de prendre les emplois des Genevois ? En tout cas, ils prennent leurs condamnations.

La menace d'une interdiction de vente d'alcool dans les stades (et autour) des grands matches de foot ou de hockey continue de faire hoqueter. Pour de bonnes, saines et désintéressées raisons : «le match de foot et de hockey ne se conjugue que rarement sans sa bière et sa saucisse » clame le responsable de la communication du groupe (de brasseurs) Felschlösschen. Dont « Le Matin Dimanche » nous précise, au cas où on en douterait, qu'il est « aussi un partenaire financier important du sport suisse ». Un partenaire désintéressé, qui aime le sport pour la beauté du sport, bien sûr,  mais qui précise qu'il y a « un rapport direct entre les quantités vendues et les montants rétrocédés aux clubs ». Les quantités de quoi ? De bibine. Et de bibine avec alcool, pas de la bibine pour gonzesses, parce que quand on échange l'une contre l'autre, « la consommation diminue sérieusement ». En clair: le spectateur et le supporter ne boivent pas de la bière, mais de l'alcool. Et comme moins d'alcool=moins de consommation, et moins de consommation=moins de pognon redistribué aux clubs, les clubs, eux aussi, nous font une crise de delirium très mince. Bon, nous, hein, ce qu'on on dit, on n'aime ni le sport, ni la pistrouille de chez Feldmachin, alors tant qu'on nous empêche pas de nous bourrer la gueule à la slivo dans un rade balkanique...

29 novembre 2012

Fonds de tiroir

Le double patron du Servette Hockey-Club et du Servette Football-Clug, Hugh Quennec, a annoncé à la « Tribune » qu'il était « en contact avec des partenaires russes, du Moyen-Orient et coréens », « très intéressés » à soutenir les deux clubs, ou l'un ou l'autre. Le pognon qui arrivera, s'il arrive, il est prévu de le laver et de le désodoriser avant usage ou de l'injecter tout de suite dans les clubs ?

Pas content de l'arbitre lors du match Suisse-Norvège, l'entraîneur de l'équipe de Suisse, Ottmar Hitzfeld, lui a adressé un doigt d'honneur. Et deux jours plus tard, ce dégonflé s'en excuse : « Mon doigt d'honneur était déplacé ». Et déplacé où, au juste, galopin ?

On a comme une impression de déjà vu  : le coût de l'organisation éventuelle en Suisse des jeux Olympiques d'hiver en 2022 a pris l'ascenseur avant même que les citoyennes et citoyens des Grisons se soient prononcés sur cette proposition. Les seules mesures de sécurité coûteraient 410 millions de francs, dont 250 millions à la charge des collectivités publiques (il est prévu de mobiliser pas moins de 2500 policiers et 5000 soldats pour l'occasion...). A lui seul, le canton des Grisons devrait casquer pour 180 millions. Et c'est un crédit global d'un milliard qui devrait être débloqué par le parlement.. Mais comme les partisans de ce projet se doutent bien que le peuple renâclera à cette ponction dans les caisses publiques, le Conseiller fédéral Ueli Maurer (qui est non seulement notre inénarrable ministre de la Défense, mais aussi celui des Sports...) a annoncé que le crédit, proposé aux Chambres fédérales l'été prochain, serait purement et simplement soustrait au référendum... comme naguère, à Genève, certain crédit pour le renflouement du Stade de Genève... c'est une manie, décidément, que de vouloir puiser dans les caisses publiques pour alimenter celles du sport-pognon, en privant les citoyennes et citoyens de la polssibilité de se prononcer sur ce racket... Une manie, mais une sale manie...
Le financement d'éventuels Jeux Olympiques d'hiver en Suisse a du plomb dans l'aile : le seul parti qui soit prêt à accorder un milliard de francs pour que se déroulent les JO d'hiver 2022 dans les Grisons est le petit Parti bourgeois démocratique (PBD). Tous les autres partis sont, soit opposés à ce projet, comme les Verts et le PS, soit partisans du projet mais opposés à le financer. Au fond, les raisons pour lesquelles les uns et les autres refuseront de financer l'organisation des JO d'hiver en Suisse, on avoue qu'on s'en contrefout. Ce qui compte, c'est qu'en refusant ce financement, ils condamnent ce projet nuisible à tout points de vue : financier, certes (le fric claqué là-dedans, on en a un besoin plus urgent ailleurs), mais aussi environnemental (pour l'environnement, les JO sont une véritable calamité, où qu'ils se déroulent)...

 La Ville de Zurich va, peut-être, se doter du stade le plus cher de Suisse, pour remplacer le Hardturm, fief du Grasshoper, démoli en 2008. Le nouveau projet est d'un stade de 19500 spectateurs (moins que le stade de Genève et ses 30'000 places, alors que la ville de Zurich est deux fois plus peuplée que celle de Genève, et le canton près de trois fois plus peuplé...), pour lequel un crédit de 230 millions sera déposé, dont 150 millions pour la construction et 80 millions pour le rachat du terrain au Crédit Suisse. La Municipalité prévoit pour ce stade un déficit d'exploitation annuel de 6,3 à 8,3 millions (au moins, elle n'essaie pas, contrairement à ce qui fut fait à Genève, de faire croire que l'exploitation du machin ne sera pas déficitaire). Un siège dans le nouveau stade coûterait donc 11'000 balles, ce qui en ferait le pose-cul de footballeux le plus cher de Suisse. Et on est bien contents, à Genève, d'apprendre qu'en matière de construction de stade, on a trouvé encore plus cons que nous.

17 octobre 2012

Les Jeux Olympiques d'hiver 2022 en Suisse ? C'est la luge finale...

Le Conseil d'Etat des Grisons a envie d'organiser, avec une facture (sous-estimée) de quatre milliards de francs, et une garantie de déficit d'un milliard accordée par la Confédération,  les Jeux Olympiques d'hiver 2022 à Saint-Moritz. Plus sensées, que les Grisons (mais aussi que Genève et le Valais, qui furent un temps candidats à la candidature), Lucerne et la Suisse centrale avaient renoncé à se porter candidates à l'organisation de cette fête du sport-pognon, de ses sponsors et de ses pharmaciens experts en dopage. Le CIO attribuera les Jeux en 2015. Il reste donc aux opposants à l'organisation en Suisse de cette foire moins de trois ans pour renvoyer ce funeste projet à ses expéditeurs réels : les offices du tourisme. Avec prière d'en faire ce qu'il mérite : des confettis.

Pas plus de JO dans les Grisons que de Gripen au-dessus


Des Jeux Olympiques d'hiver à Saint-Moriz, qui les avaient déjà accueillis il y a des décennies, du temps où ces Jeux étaient encore des jeux (ou des joutes) et leurs participants des amateurs ? L'idée titille donc à la fois le secteur local du tourisme, le gouvernement cantonal grison et le Conseil fédéral. Sans qu'il soit évident que la population des Grisons (et pas seulement les hôteliers de Saint-Moritz ou Davos) la soutienne, et que le Comité international olympique y soit sensible, d'autant que, pour leur donner une petite couleur dans l'air du temps, les promoteurs du projet assurent qu'il sera compatible avec le «développement durable», ce qui le rendrait parfaitement inintéressant du seul point de vue qui intéresse le CIO et ses sponsors : le point de vue financier, celui, bien entendu, des profits que l'on peut en tirer -parce que celui du coût pour les collectivités publiques organisatrices, le CIO s'en bat les lattes avec toute la componction qu'on lui connaît.
Le coût pour les collectivités publiques de l'organisation des JO d'Hiver à Saint Moritz est estimé, par ses partisans eux-mêmes, à plus de quatre milliards d'investissements, dont une partie serait assumée par la Confédération, c'est-à-dire par toute la Suisse. Le seul soutien officiel à la candidature grisonne a été estimé par le Conseiller fédéral Ueli Maurer à 30 millions : c'est le prix du lobbying, de la pub, du racolage des pontes du Comité international olympique.  Quant aux promesses d'organiser en Suisse des « Jeux Verts » et modestes, on ne peut guère qu'en ricaner : il y a toujours plus d'athlètes, de disciplines, de journalistes, de public, de mercantilisme et de sponsoring autour des grandes manifestations sportives en général, et des JO en particulier, et une candidature « verte et modeste » n'aurait aucune chance d'être retenue par le Comité olympique, sauf évidemment à n'être « verte et modeste » que dans le discours tenu pour la faire accepter par le bon peuple des communes, des villes, du canton et du pays organisateurs.

« Les Jeux Olympiques ne sont clairement pas une priorité pour le pays », a fort judicieusement déclaré le Conseiller national (vert) genevois Ueli Leuenberger. Non seulement parce qu'ils se terminent toujours par des déficits gigantesques pour ceux qui les ont organisés (mais pas pour le CIO), comme Vancouver qui s'est retrouvée avec une ardoise d'un milliard, mais aussi parce qu'avec les quatre milliards (au moins) que l'exercice coûterait, on aurait bien mieux à faire que le financer, et financer de grosses infrastructures avec l'espoir qu'elles doperont le tourisme (alors qu'on vient d'accepter l'initiative Weber qui veut précisément mettre fin à ce genre de fuite en avant).

Fort heureusement, le ministre en charge du dossier, au Conseil fédéral, c'est l'inénarrable Ueli Maurer, et pour les adversaires de l'organisation des JO en Suisse le dossier est entre les meilleures mains possibles, celles d'un ministre UDC. Parce qu'il faut bien le reconnaître : en ce moment, la gauche doit une fière chandelle au vivier politique de ce parti : c'est un ministre UDC, Ueli Maurer, qui est en train d'abolir l'armée à la place du GSSA, et une ministre ex-UDC, Evelyne Widmer-Schlumpf, qui est en train d'abolir le secret bancaire à la place de Jean Ziegler... On peut donc accorder à Ueli Maurer une confiance totale pour plomber le dossier des JO d'hiver 2022 avec la même efficacité qu'il a déployée pour plomber celui de l'achat de nouveaux avions de combat.
Logiquement, il ne devrait pas plus y avoir de Jeux Olympiques dans les Grisons que de Gripen au-dessus...

19 juillet 2012

Brèves


Une manifestation syndicale a dénoncé lundi 14 mai, à Lausanne, devant le siège du Comité International Olympique (CIO), la désignation d'une entreprise minière australo-britannique, Rio Tinto, comme fournisseur officiel des médailles des prochains Jeux Olympiques d'été à Londres. Rio Tinto s'est rendue coupable de lock out contre près de 800 travailleurs au Québec, parce qu'ils refusaient de voir les salariés partant à la retraite être remplacés par des temporaires payés moitié moins. Rio Tinto, présente dans une quarantaine de pays, est aussi dénoncée pour ses activités polluantes et son mépris des populations locales. Les syndicats exigent du CIO qu'il respecte et fasse respecter de ses fournisseurs les droits fondamentaux et les principes de la charte olympique. Pis quoi encore ? D'ailleurs, le directeur de la communication du CIO a précisé que le CIO n'avait aucune intention d'exiger quoi que ce soit de Rio Tinto, qui n'est même pas sponsor des Jeux mais seulement fournisseur de médailles. Y'a une médaille pour l'hypocrisie ? Et c'est aussi Rio Tinto qui la fournit ? 

Le Conseil d'Etat genevois a adopté un arrêté visant à  «aménager les conditions-cadres favorables au bon déroulement de l'Eurofoot 2012 et des manifestations liées à cet évènement » . Concrètement, ça veut dire quoi, l'Eurofoot se déroulant en Pologne et en Ukraine, et pas à Genève ? Ben, il s'agit, nous dit le communiqué du Conseil d'Etat, de  « rappeler les différentes dispositions légales et réglementaires en matière, notamment, d’ordre, de sécurité, de tranquillité et de salubrité publics, de débits de boissons, de vente d’alcool sur la voie publique ou encore de commerce itinérant»... Bref, un petit catalogue des nuisances, incivilités, tapages et perturbations diverses liées à la «grande fête du foot», même quand elle se déroule à quelques milliers de kilomètres de chez nous. De la délinquance transfrontalière, quoi. Mais qu'en disent Gominator et son MCG ? Et quand proposeront-ils de mettre les supporters bruyants dans des containers près de l'aéroport ?

On appelle ça le « calcioscomesse » : c'est le scandale des matches truqués en Italie (mais on sait que la pratique consistant à payer des joueurs pour qu'ils fassent perdre un match à leur équipe afin que les parieurs, mafieux ou non, qui ont misé sur leur adversaire puissent empocher le gros lot, n'est pas une exclusivité italienne). Et puis, il y en a un qui rêve tout haut, c'est le Premier ministre italien, Mario Monti, qui suggère « une suspension totale (du foot en Italie) pour deux ou trois ans », et qui pense que cette abstinence footeuse profiterait « à la maturité politique de nos concitoyens ». Bien sûr, que cela profiterait à leur maturité politique, mais qui s'y intéresse, à leur maturité politique ? Et qui en profiterait, de leur maturité politique ? Certainement pas les réseaux mafieux qui gèrent les paris sur les marches truqués... et certainement pas non plus le petit monde du foot professionnel, italien ou non. car comme l'écrit l'historien du sport Fabien Archambault : « le football (en Italie) est un système industriel où les enjeux symboliques, au-delà des enjeux financiers, sont très importants. Du coup, il est hors de question de le laisser aux mains du hasard ». D'où la manipulation des matches : on sait jamais, si on ne les manipulait pas, peut-être que les meilleurs gagneraient toujours... Ah oui, encore un truc : selon le procureur Di Martino, le « Calcioscomesse » a été en partie organisé en Suisse, et ses profits en partie planqués en Suisse. Ah ben ça, pour une surprise, c'est une surprise...

Les polices des grandes villes suisses sont inquiètes : la Swiss Football League a décidé de faire commencer les matches de Super League deux heures plus tard le samedi, à 19 heures 45. Et donc de les faire terminer deux heures plus tard, les spectateurs quittant le stade croisant alors les gens sortant faire la fête. D'où un risque accru de conflits dans les zones de concentration, comme les gares, entre des supporters déjà un peu (ou beaucoup) bourrés et des teufeurs pas toujours encore sobres. Bon, et alors ? il est où le risque ?  le sport, c'est plus une école de civilité suivie studieusement par de gentils supporters ?

Dans la nuit de samedi à dimanche, à 1 heure 69 minutes et 59 secondes, on recevra une seconde de temps supplémentaire pour rattraper le temps universel (le temps courant prend une demie-seconde de retard chaque année par rapport à celui mesuré par les horloges atomiques). Voilà, on a gagné une seconde. mais qu'est-ce qu'on va bien pouvoir en faire ?