19 avril 2007

Euroblabla

EUROBLABLA

Sepp Blatter n'est pas content : le président de la Fédération internationale du foot-pognon (FIFA, dans un entretien à la feuille footballistique alémanique ("Eurosoccer") dénonce l'absence de vision et d'engouement pour l'Euro2008 de la part des hautes sphères helvétiques, absence de quoi découlerait un impact négatif auprès de l'opinion publique. "Nous en sommes encore à nous disputer pour savoir qui paiera quoi", se plaint Blatter -qui a du retard : on ne dispute plus, on sait : l'UEFA et la FIFA ne paieront rien, ou presque, les collectivités publiques paieront le maximum. Dans une telle ambiance, "le public ne peut pas s'enthousiasmer", geint Blatter. Il devrait s'enthousiasmer, le public ? Et pour quoi donc ? En réalité, ce n'est pas tant le public que les milieux de l'économie qui entéressent le président de la FIFA : "le secteur du tourisme, le monde politique, economiesuisse et les instances sportives doivent unir leurs forces". Et les proxénètes, les putes et les flics, on les oublie ?
Le Conseiller d'Etat genevois Mark Muller n'est pas d'accord avec Blatter : "Sur le terrain, nous rencontrons un écho très positif", assure le libéral.
Sur quel terrain ? La Praille ? La Plaine de Plainpalais ? Et le factotum de Muller, le député radical Frédéric Hohl, responsable des manifestations annexes à l'Eurofoot, estime lui aussi que l'écho de l'événement est "plutôt exceptionnel". Et il en veut pour preuve que lors d'un sondage, un Suisse sur deux "a même déclaré s'intéresser à l'Euro". "Même", comme dit Hohl : ce qui fait un Suisse sur deux qui ne s'y intéresse pas ou y est allergique. Après tout le battage médiatique que le public a enduré à propos de l'Eurofoot, la performance est mince.

Les promoteurs de l'Eurofoot à Genève affirment que le machin va rapporter un saladier à l'économie genevoise.
A titre de comparaison, le Salon de l'auto, avec ses 750'000 visiteurs, rapporte 32 millions de recettes fiscales en représentant un produit brut de 400 millions. L'Euro2008 va attirer huit fois moins de monde à Genève, soit moins que le Salon du Livre. Et devrait donc rapporter en gros huit fois moins (allez, on vous le laisse à sept fois moins en supposant aventureusement qu'un nombre plus important de visiteurs passeront une nuit à l'hôtel pendant l'euro que pendant le Salon de l'auto). L'Euro2008 devrait donc rapporter 4,5 millions de recettes fiscales, et représenter un produit brut de 60 millions. Ce qui signifie, compte tenu de ce que les collectivités publiques devront débourser, que non seulement ce machin ne rapportera pas un rond aux caisses publiques, mais qu'il leur coûtera plusieurs millions.

16 avril 2007

Euroracket

EURORACKET
Le même genre de procédé utilisé pour contourner la démocratie (et les lois) à propos du Stade de la Praille a également été utilisé pour faire payer à la collectivité les frais liés à l'organisation de l'Eurofoot 2008 à Genève, et exclure un référendum.
Officiellement (c'est-à-dire au budget de l'Etat, et donc sans projet de loi idoine, histoire d'éviter un référendum puisqu'on ne peut pas lancer un référendum contre le budget), le canton devrait débourser 8,78 millions sur les 21,2 millions annoncée comme étant le coût pour Genève de l'Euro2008 (si ce coût annoncé suit, pour aboutir au coût réel, la même progression que celle qui avait marqué les coûts annoncés par la Confédération, ça amènerait le coût de l'Euro 2008 à Genève à la hauteur de 200 millions, dont un peu moins de la moitié à charge de la collectivité publique genevoise...). Ces 8,78 millions annoncés sont affectés à la sécurité pour plus de cinq millions (là-dessus, on a réservé quatre millions pour payer les heures supplémentaires de la police), aux transports et aux manifestations annexes (plus d'un million chaque fois), à la promotion et au marketing. La Confédération, la Fondation pour le tourisme, le Sport-Toto et la Loterie Romande sont également mis à contribution.
L'Euroracket a une autre utilité : celle de faire payer par la collectivité publique fédérale (et le Sport Toto) de nouveaux travaux au stade de la Praille, pour 6,8 millions.
On rappellera qu'officiellement, l'Euro2008 coûtera 180 millions aux caisses puibliques, dont 108 millions à la charge des villes et cantons hôtes. Le 17 juillet 2006, un crédit de 10 millions et demi est princièrement accordé par la Confédération aux villes hôtes. Bâle a prévu de débloquer 14,5 millions. Le 7 février dernier, le parlement de la Ville de Zurich a accepté un crédit de 18 millions. Trois jours avant, le parlement de la Ville de Berne a adopté un crédit de 5,5 millions, mais l'exécutif infiniment plus courageux et plus respectueux des droits démocratiques que son homologue cantonal genevois, a décidé de soumettre le crédit au référendum.

L'Association suisse de football (ASF) consacre 12 millions à la préparation et à la promotion de l'événement, et devrait en retour recevoir au moins autant (voire plus) de l'UEFA. Y'a au moins quelqu'un à qui l'Eurofoot rapportera. Il est vrai que l'ADF en a besoin : son exerc ice 2005-6 s'est achevé par un déficit de 1,2 million, et le budget de l'exercice suivant prévoit un déficit de 4 millions, en raison notamment des investissements consentis pour l'Euro2008. Investissements qui seront donc largement compensés par ce que l'UEFA versera ensuite à l'ASF.

L'Euro2008 va attirer huit fois moins de monde à Genève que le Salon de l'auto. Et devrait donc rapporter en gros sept à huit fois moins, soit 4,5 millions de recettes fiscales, pour un produit brut de 60 millions.
Rappelons qu'à Genève ne se dérouleront aucun des matches les plus importants de l'Euro2008, ce qui ne signifie évidemment pas que les nuisances provoquées par la "grande fête du sport" seront réduites par la réduction de l'intérêt des matches, puisque le pire ne sera pas dans le stade, mais à Plainpalais, avec une "*zone tampon" ouverte en permanence, une grande scène prévue pour six concerts, deux écrans géants, une "fan zone"pouvant accueillir 30'000 personnes ("noceurs et supporters", précise innocemment la "Tribune de Genève" du 9 février....
Le match d'ouverture de l'Euro2008 se déroulera le 7 juin à Bâle, ainsi que l'une des demi-finales, et la finale se déroulera à Vienne. La Suisse jouera ses trois premiers matches à Bâle les 7, 11 et 15 juin, mais on ne sait pas encore contre qui (la répartition des équipes dans les quatre groupes du tournoi ne sera connue que le 2 décembre 2007). Les trois autres équipes faisant partie du même groupe que la Suisse joueront leurs premiers matches à Genève.
La répartition des places disponibles dans les stades suisses et autrichiens est amusante (la grande fête du foot, on ne va pas laisser n'importe qui y participer, non mais, on n'est pas au Grand Théâtre) : 38 % des places seront attribuées (vendues ou offertes) par les fédérations nationales, qui les vendront dans leur pays, 14 % par les "partenaires" (sponsors) officiels, 8 % par des entreprises, 3 % aux notables de l'UEFA et à leur invités, 3 % aux "VIP" (politiciens locaux et nationaux, personnalités diverses et variées) et 1 % aux représentants et invités des villes hôtes et propriétaires des stades. Et le public ? Ben... il devra se contenter de 35 % des places disponibles, celles vendues par l'UEFA, et comme il y aura plus de demandes que d'offre (chaque personne pouvant commander jusqu'à quatre billets par match et par jour), il faudra tirer les possesseurs de billets au sort. A Genève, sur les 28'000 places disponibles pour chaque rencontre, seules 8132 seront en vente libre. 750 Genevois (ou présumés tels grâce au code postal figurant sur leur commande de billets) pourront asseoir leurs postérieurs dans la tribune Est du stade, la seule à être ouverte à la vente libre, l'autre tribune étant réservée aux postérieurs des sponsors, de la presse et des "VIP", et les deux virages aux supporters des équipes en lice. Le Conseil d'Etat disposera de quarante invitations par match, et pourra acheter 250 billets, dont il négociera la répartition avec les sponsors locaux. Dans les autres stades suisses accueillant les rencontres de l'Euromachin, les proportions de places attribuées, de places libres et de places réservées sont les mêmes. Commentaire de La Tribune : "si l'on n'est ni VIP, ni journaliste, ni mécène, ni supporter d'une équipe en lice, il va falloir sérieusement
réseauter auprès des sponsors". Le foot, c'est vraiment un sport populaire.
Le prix officiel des places se situe entre 70 et 880 francs, mais avant même que le vente commence, le marché noir s'organisait et affichait des prix allant de 470 à 4780 francs. Un peu plus d'un million de billets seront vendus, ce qui devrait rapporter 138 millions de francs suisses. Le 31 mars, 588'716 personnes ou supposées telles (la même personne pouvant passer commande sous deux noms et adresses différents) ont commandé 10'359'177 billets, pour 346'000 places disponibles à la vente avant fin mars (les places attribuées par copinage et celles attribuées par les fédérations le seront plus tard). Une bonne partie de ces commandes venaient d'Allemagne. omme une bonne partie des renforts policiers dont la Suisse aura besoin pour assurer la sécurité autour des stades.
Quant au Conseil fédéral, il s'est dégagé, par la voix de Samuel Schmid, de toute responsabilité dans la fixation du prix des billets. Il est vrai qu'il est déjà responsable de l'explosion du coût de l'Eurofoot pour les caisses publiques (officiellement 180 millions). La vente des billets devrait rapporter 138 millions, soit moins que ce que les collectivités publiques suisses (Confédération, cantons, villes) devront payer pour l'organisation des matches.

Le torchon fiscal brûle entre l'UEFA et les autorités fiscales cantonales bernoises, qui ont l'invrasemblable culot d'exiger de l'UEFA qu'elle s'acquitte de l'impôt à la source sur les primes versées au joueurs étrangers du match Thouse-Arsenal de 2005, en Ligue des Champions. Les
associations nationales du foot-pognon (l'ASE en Suisse et la FB autrichienne), qui ne veulent pas payer d'impôt, estiment que les joueurs de foot doivent être au bénéfice d'une exemption fiscale (on se demande pourquoi, puisque les artistes étrangers, eux, doivent payer l'impôt anticipé lorsqu'ils se produisent en Suisse), alors que la Confédération part du principe de l'égalité fiscale entre les footballeurs et les autres, et donc que l'impôt à la source est dû par les premiers.

13 avril 2007

PETITE CHRONOLOGIE AMUSANTE, ET PETIT ARGUMENTAIRE DES RECOURS

PETITE CHRONOLOGIE AMUSANTE, ET PETIT ARGUMENTAIRE DES RECOURS

Le 26 avril 1996, le Grand Conseil a adopté un crédit de 20 millions de
francs pour la reconstruction du stade des Charmilles. Une année plus tard,
ce crédit a été réaffecté à la construction d'un nouveau stade à la Praille.

Le 29 février 1998, la Fondation du stade de Genève (FSG) était créée.

En 1999, le plan localisé de quartier concernant le stade et le centre
commercial y atenant était adopté, les autorisations de construire
suivirent en janvier et juin 2000, et le chantier de démolition des
installations sises sur le site du stade et du centre commercial s'ouvrait
le 22 mars 2000. Une semaine auparavant, une initiative pour un stade plus
raisonnable que celui projeté était lancée. Elle aboutissait et était
déposée le 12 juillet 2000. A cette date, l'autorisation de construire le
stade n'était pas encore délivrée. Elle ne le sera que trois mois plus
tard, le 5 octobre. A ce moment là, le stade ne devait coûter que 86
millions de francs, dont 31 millions provenant de fonds publics (20
millions du canton, 3 millions de la Ville de Genève, 3 millions de la
Ville de Lancy et 5 millions de la Confédération.

Selon le rapport du 25 octobre 2004 (RD 547) de la Commission de gestion du
Grand Conseil, en octobre 2000 déjà il manquait 2,7 millions de francs à la
Fondation du stade, à le veille de l'ouverture du chantier. Depuis fin
2004, la Fondation du stade de Genève (FSG) fondation de droit privé,
traîne en outre une dette envers l'entreprise Zschokke SA (devenue Implenia
SA) de Fr. 14,5 millions.
Cette dette concerne les travaux de construction du Stade de la Praille,
travaux engagés entre le 27 mars 2000 (ouverture du chantier de démolition
pour construire un quai voyageurs) et le 29 mars 2001, alors que, quelque
soit la date que l'on choisisse de prendre pour marquer le début de la
construction du stade, cette date est ultérieure soit au lancement, soit au
dépôt, soit à l'aboutissement de l'initiative populaire "pour un stade
raisonnable" (deux fois plus petit).

Le 24 avril 2005, les citoyens de la Commune de la ville de Genève (membre
de l'ACG, commes toutes les communes genevoises), suite à un référendum
populaire, ont refusé par 72,3% des votants, un crédit de Fr. 2,5 millions
destiné à financer un prêt à la FSG, prêt lui-même destiné à contribuer au
paiement des mêmes dettes qui seront finalement payées par le fonds
d'équipement communal (auquel la Ville, et donc des contribuables, et donc
ses citoyens, contribue lourdement).

Le 8 juin 2006, le Grand conseil a adopté la loi 9679 modifiant les statuts
du fond d'équipement communal (FEC) afin notamment de permettre à celui-ci
de financer des équipements de nature cantonale pour les années 2006 et
2007. Dans les débats, à aucun moment il n'est question du stade ou de la
dette de la FSG et de son remboursement éventuel par le FEC. En revanche,
le Conseiller d'Etat Robert Cramer est très clair : la manoeuvre consiste à
améliorer le budget cantonal en puisant dans les caisses des communes pour
remplir celles d'un fonds dont les décisions, contrairement à celles du
canton et des communes, ne sont pas soumises à référendum.

Le 18 janvier 2007, la presse annonçait que la dette de la FSG
avait été réglée par le FEC pour un montant de Fr. 11 millions, "pour solde
de tout comptes.". C'est la décision du FEC de régler la dette de la FSG
qui fait l'objet des recours déposés par des membres du Comité Praille.
Cette décision a été annoncée par un communiqué commun de la Fondation du
stade et de Implenia, daté du 17 janvier. Le communiqué annonce que "la FSG
a versé un montant forfaitaire de Frs 11'000'000.- à IMPLENIA REAL ESTATE
SA, qui l'a accepté pour solde de tout compte et de toute prétention". La
FSG ajoute qu'elle remercie (elle peut, en effet) "l'Etat de Genève de son
intervention et le Fonds d'équipement Communal d'avoir mis à sa disposition
les fonds nécessaires" (et qui aurait été bien nécessaires à d'autres
projets bien plus utiles), et qu'elle entend se conmscarer "désormais aux
nouveaux défis qui l'attendent, en particulier la mise sur pied de l'Euro
2008, événement planétaire, vitrine de Genève".

Le 22 janvier 2007, à l'occasion de la séance du Conseil municipal de la
Ville de Genève, Messieurs Manuel Tornare et Pierre Muller (Conseillers
administratifs), firent savoir que la décision à prendre concernant le
prélèvement sur le FEC à destination de la FSG, n'avait pas été communiquée
en temps utile aux autorités municipales membres de l'ACG et du FEC, ce que
corrobore une lettre sur en-tête de l'ACG du 22 janvier 2007, adressée aux
Maires, Conseillers administratif et adjoints des communes de Genève, et
signée par Monsieur Michel Hug, Secrétaire général de l'ACG. MM Tornare et
Muller ont ajouté qu'averties à temps, les autorités municipales de la
ville de Genève auraient refusé ce versement afin de tenir compte de la
votation populaire du 24 avril 2005.

Sur proposition du Conseil d'Etat, le Fonds d'équipement communal a donc
pris une décision visant à obtenir le versement d'un montant de 11 millions
à l'Etat pour payer la dette d'une instition de droit privé (la Fondation
du Stade de Genève, FSG, fondation mixte de droit privé ne bénéficiant pas
de la garantie de l'Etat) à l'égard du société privée (Zschokke-Implenia).
La Fondation privée du stade résulte de la volonté de milieux privés,
notamment de la société anonyme du Servette FC et de la société Jelmoli. Le
canton ne devait verser à la fondation qu'une unique subvention de 20
millions de francs.
Le projet de construire un nouveau stade de football émanait lui aussi de
milieux privés, qui voulaient un stade privé, construit par des privés et
géré par des privés. Les promoteurs du projet ont conçu la réalisation et
le financement du projet par un cosortium de partenaires privés. La
fondation privée du stade a choisi l'architecte et les entreprises, décidé
du concept du stade, décidé d'en porter la capacité à 30'000 places (d'où
un premier surcoût de 12 millions de francs par rapport au coût annoncé au
parlement cantonal lors du vote de la subvention de 20 millions de francs.

Le paiement par le Fonds d'équipement communal de la dette de la fondation
du stade à l'égard de l'entreprise Zschokke-Implenia a été proposé (et
obtenu) par le Conseil d'Etat. Or, dans la mesure où l'Etat voulait verser
une contribution supplémentaire à la Fondation pour compléter le
financement du stade, il avait l'obligation de présenter un projet de loi
au Grand Conseil, loi qui, si elle était acceptée par le parlement, devait
ensuite être soumise à référendum facultatif.
En contournant cette procédure, le Conseil d'Etat et le FEC ont non
seulement violé la loi sur la gestion administrative et financière de
l'Etat et superbement ignoré les condition s posées à tout financement par
le FEC, mais ont bafoué le droit de vote des citoyens, droit garanti par la
constitution cantonale et la constitution fédérale. Une décision soustraite
malignement au vote populaire viole ces dispositions constitutionnelle.

Dans sa dénonciation à la Cour des comptes, le Conseil administratif note
les faits suivants :
- Le FEC est une fondation de droit public qui a statutaire pour but de
prendre en charge totalement ou partiellement les intérêts des emprunts
contractés par les communes pour couvrir leurs frais d'équipement, de
financer les charges que les communes sont appelées à supporter, de
participer au financement de prestations publiques intercommunales et, pour
2006 et 2007, cantonales.
- Les prises en charges par le FEC sont déterminées d'entente avec l'ACG.
C'est ainsi qu'en octobre et décembre 2006, l'ACG a accepté de participer
via le FEC aux dépenses cantonales en faveur des transports publics et à la
création de places de crèches. En revanche, l'ACG n'a pas été conviée à
décider d'utiliser le FEC pour payer les dettes de la Fondation du stade :
elle n 'a été qu'informée de l'intention du Conseil d'Etat de "négocier
avec la société Impléenia".
- Le Conseil d'Etat n'en a pas moins proposé directement au FEC, en
s'appuyant sur un "préavis positif de l'ACG", préavis que l'ACG n'a donc
pas donné, d'accorder un don de 11 millions à la Fondation du stade, pour
payer sa dette à Implenia. Il semble même que ce don n'ait pas été
valablement accordé par le FEC.
Bref, le versement de 11 millions par le FEC à la Fondation n'a pas été
décidé d'entente avec l'ACG, comme il aurait dû l'être. En outre, il
n'entre pas dans le champ d'application des buts du FEC.

09 avril 2007

LES PETITS CADEAUX ENTRETIENNENT LE STADE

LES PETITS CADEAUX ENTRETIENNENT LE STADE

Or donc, l'entreprise Implenia, ex-Zschokke, a reçu son petit cadeau : onze millions, pour payer une vieille facture du stade de la Praille. Ces onze millions ont été prélevés sur l'argent accordé au Fonds d'équipement communal (FEC, fonds commun aux 45 communes genevoises) par le Grand conseil qui y avait transféré des ressources allouées auparavant aux communes. L'exercice auquel se sont livré les autorités cantonales consiste donc à remplir les caisses d'un organisme intercommunal (le FEC) avec de l'argent revenant aux communes, pour ensuite vider les caisses du dit organisme pour payer une dette de la Fondation du stade, en échappant ainsi à un référendum (puisque les décisions du FEC ne sont pas soumises à référendum).

La procédure utilisée pour vider les caisses du FEC est assez intéressante : le cadeau accordé à la Fondation du stade l'a été par le Conseil du FEC alors que l'ordre du jour ne prévoyait que d'avaliser la nouvelle loi modifiant les statuts. Ainsi les membres du conseil du fonds ne pouvaient se douter qu'on allait prendre une décision de pomper onze millions au profit de la fondation du stade, décision pour laquelle ils n'avaient donc pu recevoir de mandat. Le conseiller administratif (libéral) de la Ville Pierre Muller, excusé, assure qu'il s'y serait fermement opposé pour respecter le vote des citoyens de sa commune, comme il l'a déclaré publiquement.

Deuxièmement, cette décision du FEC a été prise sur un préavis favorable de l'ACG, là encore sans que l'ordre du jour de l'ACG ne mentionne ce point spécifique, et donc sans que les exécutifs ne soient informés de la nécessité de prendre position sur ce sujet, ce qui ressort d'un courrier de
l'ACG adressé aux Maires, Conseillers administratifs et Adjoints, et signé par le secrétaire général Michel Hug, qui commence par cette phrase révélatrice (adressée aux Maires, adjoints et Conseillers administratifs) :
"Vous avez sans doute été surpris d'apprendre récemment dans la presse que le Fonds d'équipement communal (FEC) avait épongé les dettes de la Fondation du Stade de Genève". Les magistrats municipaux en ont effectivement été surpris, puisque personne n'avait pris la peine de les informer qu'une telle décision pouvait être prise, en violation des règles générales de procédure qui impliquent le droit de chacun (en l'occurrence les communes) d'être entendu et de pouvoir se prononcer sur une décision qui le concerne, ce qui implique évidemment que l'on sache que cet objet fera l'objet d'une décision. Le procès-verbal de la séance du comité de l'ACG du 4 décembre 2006 ne fait d'ailleurs mention que d'une information, tronquée, et non d'une décision : "Le Président (Pascal Chobaz) annonce que le Conseil d'Etat envisage de négocier avec la société Implenia pour tenter de résoudre définitivement les problèmes liés à la créance que le Stade de la Praille a envers cette société". Le 30 janvier, le Comité Praille s'est adressé aux élues et élus des 45 communes genevoises pour les inviter à exiger la communication des convocation s et des procès-verbaux des réunions du FEC et de l'ACG, et à envisager des recours au Tribunal administratif et/ou au Tribunal fédéral, ainsi qu'une dénonciation à la
Cour des comptes.
Le 13 février, "A Gauche Toute !" s'est adressée au Conseil administratif pour lui demander de recourir contre "la décision illégale du Conseil" du FEC.

L'entourloupe ne s'arrête pas à la manipulation de l'ACG et du FEC : premièrement, le don prélevé dans les caisses du FEC sert à payer la dette d'une fondation de droit privé à l'égard d'une entreprise privée. Or ce fonds est légalement destiné à permettre la prise en charge des intérêts des emprunts que les communes ont contractés pour faire face à leurs frais d'équipement. Il peut également être utilisé pour financer les charges que les communes sont appelées à supporter dans le cadre de leurs responsabilités ou toute prestation publique intercommunale ou cantonale, mais pas pour assurer le paiement d'une dette privée -celle de la fondation du stade- à l'égard de l'entreprise Zschokke (Implenia).

Deuxièmement, cette nouvelle possibilité d'utilisation du FEC, introduite dans la loi en juin 2006, est limitée aux années 2006 et 2007. En faire usage pour régler une dette de plusieurs années antérieure est donc à la fois hors attribution et hors délais.

Le Comité Praille a invité les communes à exiger la communication des convocations, sous leur forme originale, aux réunions du FEC et de l'ACG, ainsi que les procès-verbaux de ces réunions.
Par ailleurs, deux recours au Tribunal fédéral et un recours au Tribunal administratif genevois ont été déposés par des membres du Comité Praille.

La Ville de Genève a de son côté demandé aux 44 autres communes de demander avec elle la convocation d'une Assemblée générale de l'Association des communes genevoises pour débattre de la méthode utilisée par le Conseil d'Etat et les exécutifs de l'ACG et du Fonds d'équipement communal pour faire payer à ce dernier les dettes de la Fondation du Stade. En outre, le 9 février, le Conseil administratif de la Ville, qui a "des doutes sur la régularité" de la manoeuvre, a dénoncé à la Cour des comptes l'attribution par le FEC des 11 millions remboursant la dette de la Fondation du stade.
Par ailleurs, 21 conseillères et conseillers municipaux de la Ville de Meyrin, représentant presque tous les partis, et les deux tiers du Conseil municipal, ont exprimé le 6 mars leur "profonde indignation" au Conseil d'Etat, à l'ACG et au FEC, à qui ils ont demandé d'annuler le don fait à la Fondation du stade, et de restituer les onze millions au FEC.

Enfin, le Procureur général a été saisi d'une dénonciation pour une possible gestion déloyale des fonds publics, puisque le FEC a été utilisé pour toute autre chose que ce à quoi il est destiné.

06 avril 2007

Bonnes feuilles

"Nous mettons des paires d'yeux à disposition des sponsors" : Ainsi le "stratège du marketing" du club anlgais FC Chelsea, cité par Le Temps (du 8 mars) résume-t-il la fonction des clubs de foot professionnel.
... Au moins, c'est franc : le foot n'est plus un sport, mais un support de pub. Et une pompe à fric.

Les supporters suisses ne sont pas contents : avec la méthode d'attribution des places pour les matches de l'Euro220, "même si on réussit à avoir un billet, on sera dispersé dans le stade, ce qui cassera l'ambiance", geint (dans Le Matin du 26 février) le vice-président du fan club "Swiss Active Movement".
Ben pourquoi que ça casserait l'ambiance ? y'a qu'à taper sur son voisin... avec un peu de pot, ça tombera sur un étranger.

"Trente mille fans de foot sur la plaine de Plainpalais hurlant pendant une bonne partie du mois de juin 2008 devant leurs fenêtres, mégaconcerts et prime; on ne peut pas vraiment en vouloir aux habitants du quartier de ne pas s'enthousiasmer pour l'Euro2008", reconnaît la footolâtre Tribune de Genève (du 9 février), dans un édito pourtant titré "Euro2008 : genève marque un point".
... un point dans la gueule, sans doute.

Après la mort d'un policier sicilien tué dans des affrontements entre supporters des équipes de foot de Catane et Palerme, le 2 février, le président de la Ligue italienne de foot, Antonio Matarese, a eu les mots qu'il faut (La Tribune de Genève du 6 février) : "Malheureusement, les morts font partie du système. Ils sont inévitables. Le foot est une des industries les plus importantes d'Italie et elle a besoin de continuer à fonctionner".
... ben ouais, c'est comme la Mafia : les morts font partie du système, et il fonctionne

Les affrontements siciliens ont suscité le même commentaire, au mot près, des présidents de la fédération internationale et de la fédération européenne de foot, Sepp Blatter et Michel Platini : "La violence n 'a pas sa place dans le football" (Le Matin dimanche du 4 février)...
On ne sait pas lequel des deux présidents est le perroquet de l'autre, mais on se dit que pour déclarer que "la violence n'a pas sa place dans le football", aucun des deux n'a la télévision, ni ne lit la presse.

Forte parole du philosophe valaisan Christian Constantin (dans Le Matin Dimanche du 4 février) "Le sport permet de parler un langage universel, de communiquer avec les jeunes autrement que par le vice".
... Ouais : le langage universel, c'est le beuglement des slogans racistes, et la communication "autrement que par le vice", c'est à coup de tatanes dans les joyeuses.

15 mars 2007

Recours contre le cadeau de 11 millions d'argent public à la Fondation du stade de la Praille

COMMUNIQUE DE PRESSE DE LA CONFERENCE DE PRESSE DU 14 MARS 2007

Genève, le 14.03.07 – Le Comité de citoyennes et de citoyens contre tout nouveau crédit public pour le stade de la Praille (Comité Praille) annonce qu'il a déposé deux recours au Tribunal fédéral et un recours au Tribunal administratif contre la décision du Fonds d'équipement communal (FEC) d'accorder à la Fondation du stade de la Praille (FSG) un don lui permettant de payer sa dette de 11 millions auprès de l'entreprise Zschoke (Implenia)

L'entourloupe consiste à accorder un don princier de 11 millions de francs, puisés dans le FEC, afin de permettre à la FSG de payer l'ardoise laissée auprès de l'entreprise Zschokke (Implenia) (voir dossier de presse, document 3). Dans un premier temps, on remplit les caisses d'un organisme intercommunal (FEC) en puisant dans celles des communes, pour ensuite puiser dans les caisses du FEC pour payer les factures d'une fondation privée.

Mais l'exercice ne se limite pas au racket, il atteint au sublime dans le déni de démocratie: moins de deux après que les citoyennes et les citoyens de la Ville aient refusé à une majorité écrasante (73%), de prêter 2,5 millions à la FSG, on contraint la Ville par l'intermédiaire du FEC à payer au moins 3 millions à la même fondation.

Pour éviter un référendum populaire, le Conseil d'État et les dirigeants de l'Association des communes genevoise (ACG) et du FEC n'ont pas hésité à violer la loi, les ressources du FEC ne pouvant servir à financer des projets privés, ni à régler des dettes privées. Nous signalons que la proposition de ponctionner le FEC n'a été portée à l'ordre du jour des délibérations ni du FEC ni de l'ACG (voir dossier de presse, documents 4 et 5).

En l'absence de recours déposés par les municipalités, en premier lieu la Ville de Genève, qui s'est contentée d'alerter la Cour des comptes - laquelle ne peut annuler la décision du FEC - nous avons en tant que citoyens, déposé nous-même un recours auprès du Tribunal administratif et deux recours auprès du Tribunal fédéral (voir dossier de presse, voir documents 6 et 7).

D'autre part nous avons invité les communes, toutes contributrices au FEC, à dénoncer auprès de l'ACG la méthode utilisée pour leur faire supporter la dette privée de la fondation privée du stade (voir dossier de presse, document 8). Nous tenons ici à saluer la proposition du Conseil administratif de la Ville de Genève de convoquer une assemblée extraordinaire de l'ACG pour débattre de cette méthode pour le moins innaceptable.

Nous remercions les groupes du Conseil municipal de la Ville qui sont intervenus pour exiger du Conseil administratif qu'il donne les explications légitimes, et qu'il agisse comme il se doit pour faire respecter le vote de l'écrasante majorité de ses citoyennes et citoyens.

Nous saluons également la démarche entreprise par 21 conseillères et conseillers communaux de la Ville de Meyrin, représentant les deux tiers et presque tous les partis du Conseil municipal, et exprimant au Conseil d'État, à l'ACG et au FEC leur indignation (voir dossier de presse, document 9).

Nous signalons que le même genre de procédé utilisé pour contourner la démocratie à propos du stade de la Praille, est réutilisé pour faire payer à la collectivité les frais liés à l'organisation de l'EuroFoot 2008 à Genève et exclure un référendum populaire.

Nous invitons les politiciennes et politiciens genevois à sortir du budget de l'État les crédits couvrant l'organisation de l'EuroFoot 2008 et à les soumettre au référendum obligatoire comme les autorités de la Ville de Berne l'ont décidé pour leur part. Nous saluons, comme elle le mérite cette décision bernoise.

Pour le comité: Jean Bart, Jean-Marc Burnod, Vincent Carrard, Luc Gilly, Pascal Holenweg, Yves Jeanmairet, Jacques Mino, Ivan Ruet, Marie-Eve Tejedor


Documents du dossier de presse (disponible sur demande):
1. Communiqué de presse
2. Quelques dates
3. Communiqué de presse de la FSG et de Implenia
4. Procès verbal de l'ACG
5. Lettre de l'ACG
6. Recours au Tribunal fédéral
7. Recours au Tribunal administratif
8. Lettre aux éluEs des communes
9. Lettre de la Commune de Meyrin

09 mars 2007

Les shadocks de l'UEFA pompent. Dans les caisses publiques

Organisatrice de l'Eurofoot, l'UEFA espère en retirer 1,5 milliard de francs de recettes, dont 900 millions de droits TV et 400 millions de sponsoring.

Pour convaincre le parlement fédéral de voter les crédits nécessaires au lancement de l''organisation de l'Eurofoot en Suisse, le Conseiller fédéral Samuel Schmid a commencé par assurer que la contribution publique "ne dépassera pas 10,5 millions de francs". Du coup, pas inquiet du tout, le parlement vote le crédit. L'arrêté fédéral qui résulte du vote précise qu'"aucune contribution ou prestation dépassant celles prévues (...) ne sera accordée par la Confédération". Mais par derrière, et dans le dos (restons polis) de tout le petit monde politique, l'UEFA avait négocié avec l'association suisse de football (ASF) un accord par lequel l'ASF s'engageait à couvrir tous les frais de l'Eurofoot. Comme l'ASF n'a pas les moyens de respecter cet engagement irresponsable, c'est évidemment vers les collectivités publiques qu'on se tourne. Et le 9 décembre 2005, un peu plus de trois ans après avoir assuré que l'Eurofoot ne coûterait que 10,5 millionbs aux collectivités publiques, le Conseiller fédéral Schmid annonce qu'en fait, il leur coûtera 182 millions, près de 18 fois plus qu'annoncé et voté. Prétexte : les dépenses de sécurité. Et la Confédération ne payera que moins de la moitié de ce que les milieux du foot-pognon imposent au caisses publiques : le reste sera à la charge des cantons et des communes, qui n'ont pas été consultés.

07 mars 2007

Brèves

La Fondation du stade a un nouveau directeur d'exploitation : Olivier Carnazzola, qui sort du Comité international olympique pour s'occuper de l'exploitation de ce qu'il décrit comme un "endroit idyllique pour le sport et pour la culture", et dans lequel il entend faire venir les Genevois pour l'Escalade et pour le Premier Août. On a besoin d'un stade pour ça ? Non, mais on a besoin de faire n'importe quoi dans le stade (y compris ce qu'on fait déjà ailleurs depuis longtemps) pour donner l'impression qu'il sert à quelque chose -disons : à quelque chose d'autre qu'à vidanger les caisses publiques.

"La Tribune de Genève" du 8 décembre nous apprend que Marc Roger, le méchant ex-patron du Servette et de la société d'exploitation du Stade de la Praille, aurait mandaté deux hommes de main pour extorquer de l'argent (150'000 francs) à l'un de ses débiteurs genevois. Les deux encaisseurs ont été arrêtés par la police, et inculpéés de tentative d'extorsion. Roro nie. Faut dire qu'il serait bien con d'user de méthodes aussi primitives pour extorquer 150'000 balles, alors qu'il suffit à la fondation du Stade de s'adresser poliment au fonds d'équipement communal pour extorquer 100 fois plus aux communes genevoises.
Marc Roger décrit ainsi sa situation actuelle : "Je suis en arrêt maladie. J'ai fait trois mois et demi de préventive. Je souffre de dépression et je suis en instance de divorce" ("La Tribune de Genève" du 8 décembre).
... faudrait pas que le bouc émissaire nous claque entre les mains, on serait obligés d'en trouver un autrre avant l'Euro2008...

Le sport, c'est la santé : selon une enquête de l'Agence française de lutte contre le dopage, 10 % des jeunes sportifs français (15 % des jeunes sportifs américains) ont accès à des produits dopants, 2 à 3 % en prennnt en toute connaissance cause, un pourcentage indéterminé en prennent parce qu'on les leur fait prendre, sans qu'ils sachent précisément ce qu'ils consomment, et les jeunes sportifs sont confrontés pour la première fois à un âge situé entre 9 et 13 ans à la "recherche de l'amélioration chimique de la performance physique". En Espagne, selon "Le Monde", plusieurs clubs de foot, dont le Real de Madrid et Barcelone, et peut-être le FC Valence et le Betis Seville, ont été clients du bon docteur Fuentes, grand dispensateur de produits dopants à injecter, et dont les clients connus se retrouvaient surtout, jusqu'à présent, dans le cyclisme, et qui confirme au "Monde" (du 7 décembre) avoir eu comme clients "athlètes, joueurs de tennis, footballeurs, joueurs de handball, boxeurs"... pas de joueurs de pétanque ni de pelote basque ? Les clubs de foot accusés nient. Ils n'ont pas dopé leurs joueurs, promis, juré.Ou alors à l'insu de leur plein gré ?
En Suisse, selon le Bureau de prévention des accidents, le sport fait 300'000 blessés et 135 morts par année, les accidents du sport représentent un coût économique et social de deux milliards par an, et la tendance est à la hausse du nombre des victimes et du coût des accidents, en raison du nombre croissant d'activités sportives, et de la manière de plus en plus violente (pour soi-même ou les autres) de les pratiquer.

Un "kit euro2008" va être proposé aux écoles primaires de toute la Suisse par le comité organisateur du machin. On n'est pas sûrs de savoir ce que ce kit contient : une seringue, une épèrouvette, de l'EPO, de la fausse monnaie, une pompe à fric et un cocktail Molotov nous paraissent en tous cas indipensables.

Un projet de réaménagement de la plaine de Plainpalais est en cours. Dédé Heddiger a annoncé une séance d'information et de débat lundi 29 janvier. L'installation du parc à huîtres de l'Eurobeaufs2008 suffit pas à embellir la plaine (et faire chier les riverains) ?

Un supporter du Servette, Pal Matyas, a payé de sa poche une amende (de 5400 francs) infligée au club par la Ligue suisse de foot, après des incidents occasionnés par des supporters genevois à Chiasso, en septembre 2006. Beau geste. Pour une fois qu'un privé met la main au portefeuille, on ne peut que le saluer. Et envoyer l'exemple à Jelmoli, au Crédit Suisse et à Benedict Hentsch.
Qui, il est vrai, n'en ont plus rien à cirer, puisque les travaux du stade ont été payés. En puisant dans les caisses publiques.

La SSR a décidé de ne plus retransmettre les grands prix bagnolesques de Formule 1, pour économiser 55 millions (qu'elle espérait obtenir d'une augmentation de la redevance, plus importante que celle qu'elle a finalement obtenue). Comme de toutes façons les grands prix en question sont déjà retransmis par une palanquée de chaînes télé qu'on reçoit en Suisse de toutes les manières possibles (par air, par cable, par satellite, par internet, par téléphone), personne n'y perdra rien.
Mais on se demande pourquoi la SSR a claqué- des centaines de millions (combien, au juste ?), encaissés par l'UEFA, pour retransmettre les matches de l'Eurofoot, qui eux aussi seront retransmis par la même palanquée de chaînes télé qu'on reçoit en Suisse de toutes les manières possibles (par air, par cable, par satellite, par internet, par téléphone).

Panique dans les clubs de sport suisses : le ministre fédéral des Finances, Little Merz, propose de soumettre à la TVA les cotisations de leurs membres, les finances d'entrées aux manifestations, les tombolas, les lotos... actguellement, les clubs sont exemptés de la TVA, et Merzeli propose d'abolir ces exemptions. Hurlements dans le milieu du sport, où, comme d'habitude, on fait dans la dentelle et la nuance : Merz "veut tuer le tissu social qui fait la force d'un village ou d'une ville. Il préfère que les jeunes aillent zoner", déclare l'entraîneur Yves Debonnaire... C'est cela, voui, Merz est un anarchiste masqué. Très bien masqué, même : jusqu'à présent, on le prenait pour le nain de jardin de Blocher...

Panique dans le foot anglais : de sales étrangers pleins d'argent pas forcément propre rachètent à tour de bras les clubs de foot anglais. Après Manchester United et Chelsea, c'est Liverpool qui se vend (et à un arabe, en plus : Sameer Al-Andsari, de Dubaï, qui a acheté le club pour environ 450 millions de livres, soit plus d'un milliard de francs suisses. Liverpoll est le septième club anglais en sept ans à passer sous le contrôle de milliardaires étrangers, ou d'entreprises étrangères : West Ham (Londres) a été racheté par un consortium islandais, Aston Villa par un homme d'affaire américain, Portsmouth par le Russe Gaydamak, Chelsea par le Russe Abramovitch, Manchester par l'Américain Glazer et Fulham par l'Egyptien Al Fayed. Les quatre premières places du championnat anglais sont occupées par des clubs appartenant à des étrangers, et on n'est pas très rassurés sur l'origine des fonds : l'origine des fortunes d'Abramovitch et d'Al Fayed est mystérieuse, Gaydamak est le fils (et probablement le prête-nom) d'un trafiquant d'armes, et l'argent qui a servi à racheter Liverpool pourait bien venir de la caisse personnelle de l'émir de Dubaï, qui se confond avec le budget de l'Emirat.
Et dire qu'à Genève, comme acheteur étranger, on n'a trouvé que Marc Roger... On pouvait pas demander à Ben Laden ?

A Zurich, l'entrepreneur immobilier Sven Hotz, 77 ans, a cédé la présidence du club de foot (FC Zurich) à un membre du directoire d'Ernst & Young, Ancillo Canepa, 53 ans, époux de la dirigeante richissime du leader mondial de l'implant dentaire, Nobel Biocare. Pour maintenir son club à flots, l'ancien président y avait injecté cinq millions par saison pendant vingt saisons.

Les autorités chinoises ont dépensé près de 50 milliards de francs pour équiper Pekin dans la perspective (exaltante) des Jeux Olympiques de 2008 : nouvelles autoroutes, extension du métro, nouveau terminal d'aéroporet -et au passage, destructions de quartiers anciens, expulsion de leur population à la périphérie...
Les sponsors, parrain s et investisseurs ont afflué.
Et forcément, y'a de mauvaises têtes qui sont de mauvaise humeur et qui râlent : les organisations internationales de défense des droits de l'homme ont accusé la Chine de profiter de l'organisation des JO pour accentuer la répression et les violations des libertés fondamentales, Amnesty International accuse le gouvernement chinois de violer "l'esprit olympique" (qui a déjà subi tous les outrages possibles, du racisme au terrorisme en passant par le dopage et la corruption, sans oublier la récupération politique), Reporters sans frontières classe la Chine au 163ème rang sur 167 pays en ce qui concerne le respect de la liberté de la presse, les organisations de défense de l'environnement rappellent que Pekin est l'une des villes les plus polluées du monde (en novembre, les habitants ont été priés de rester chez eux, tellement l'air était pollué)...
Et puis quoi ? Qui se préoccupe des conditions politiques, sociales, environnementales, dans lesquelles les pays organisateurs de grandes compétitions sportives les organisent ?P
Lors de la visite du président du Comité international olympique en Chine, les gardes-frontières chinois ont abattu une jeune fille de 17 ans qui tentait de passer la frontière entre le Tibet et l'Inde.
Les compétition de tir ont commencé.

04 mars 2007

terrains vagues

Selon les chiffres officiels de fréquentation des stades où se sont joués les matches de "Super League" dans la première partie du championnat 2006-7, la moyenne générale de fréquentation des stade a été de 9274 spectateurs (soit, en gros, entre un tiers et la moitié de la capacité des stades). A Bâle (19776 spectateurs en moyenne), Berne (15'725 spectateurs) et Sion (12'342 spectateurs), les stades ont remplis à plus de la molitié de leur capacité -mais partout ailleurs, il y avait en moyenne plus de places inoccupées que de places occupées.

Le 10 décembre, Servette reçoit YF Juventus à la Praille : 2453 spectateurs. Le stade est à plus de 90 % vide.
Le 13 janvier, un match remplit le stade à 60 % : c'est un match de rugby, entre Irlandais et Français.

A Lausanne, on se prépare à patauger dans le même genre de marigot que celui dans lequel on barbotte depuis des années à la Praille : faut remplacer le stade de la Pontaise, comme il fallait remplacer celui des Charmilles. Et on entend déjà les mêmes arguments foireux que ceux dont nous avons eu les oreilles rebattues à Piogre : un nouveau stade est vital pour l'équipe phare, le football moderne exige des installations capables d'attirfer non seulement les spectateurs, mais aussi les sponsors et les investisseurs, et quand on aura un nouveau stade tout beau, le club phare du canton se portera comme un charme.
Si des copains lausannois ont besoin d'un petit coup de main pour empêcher qu'on fasse les mêmes conneries à soixante kilomètres de distance, on est disponibles.

On est aussi disponibles pour aider nos copains français : onze projets de nouveaux stades sont lancés en France (où les stades appartiennent en général aux municipalités, et sont loués aux clubs), pour un coût moyen de 50 millions d'euros, mais pour 200 à 250 millions à Lyon, et 300 millions à Lille.
On a pas eu le temps de demander à l'abbé Pierre combien de sans-abri on pouvait loger avec 300 millions d'euros, il est parti dégoûté de la connerie du monde avant qu'on ait pu lui poser la question.

Pendant ce temps, à Genève, le parc public qui devait remplacer le stade des Charmilles n'est toujours ni parc, ni public. Le stade n'est toujours pas démoli. En octobre 2004, le banquier Bednedict Hentsch lançait à grands fracas médiatique le projet de réaménagement de la parcelle occupée par le stade, et sur laquelle devaient prendre place (pour 2008) un immeuble et un parc public.La parcelle est propriété de la fondation Hippomène, dont le but n'est pas de réaliser des opérations immobilières mais de construire les parcs et de "favoriser la pratique et le développement de tous les sports athlétique" à Genève, et en particulier de soutenir le Servette FC. Qui joue désormais à la Praille (dans un stade vide), stade dans la construction duquel ni Hentsch, ni sa fondation n'ont investi un fifrelin. Par ailleurs, le don à la fondation du Stade de Genève des terrains d'entraînement de Balexert n'a toujours pas été fait. Il avait pourtant été promis.
Mais bon, vous savez ce que c'est, les promesses des privés, dans l'histoire du stade de Genève, on aurait pu en paver le stade. Et revendre les pavés ensuite pour payer le stade.

Le "taux de remplissage" moyen des stades les plus récents est de 92 % en Angleterre, de 83 % en Allemagne, de 73 % en France, de 71 % en Espagne, de 52 % en Italie.
Et de moins de 10 % à Genève.

La tendance dans l'économie du football (disons : le foot-pognon) est de donner aux stades non pas le nom de la ville où ils sont situés ou de l'équipe qui y joue, mais de l'entreprise privée qui y a investi, précisément pour que le stade porte son nom : le stade d'Arsenal se nomme donc "Emirates Stadium", du nom d'une compagnie aérienne; le stade du Bayern de Munich l'"Allianz Arena" (assurances), celui du Borussia Dortmund le "Signal Iduna Park" (assurances) et le stade du HV Hambourg l'"AOL Arena" (communication).
Pour le stade de la Praille, on propose le "Trou du fonds d'équipement communal" s'impose donc, de toute évidence.

03 mars 2007

Eurobeaufs

Les à-côtés festifs de l'Eurofoot se précisent (si on peut dire) : Mark Muller a annoncé, confirmé ou évoqué, en vrac, l'installation d'un corral (une Fans Zone) sur la plaine de Plainpalais, une draille de la gare à Plainpalais, voire de Plainpalais à la Praille, des écrans géants à Plainpalais, au Bout-du-Monde et à la Praille, un camping au Bout-du-Monde. Mais pour tout ça, il a pas les sous (du moins officiellement), Muller. Et il craint comme la peste le référendum, Muller. Et il va donc essayer de les trouver en contournement les droits démocratiques, Muller.
A Plainpalais, où les riverains de la Plaine se souviennent du calvaire endurée lors du Mondial de foot, on se prépare au pire. L'organisateur de la fetabeaufs, Frédéric Hohl, député radical (qui votera probablement en tant que député les millions dont il aura besoin en tant qu'organisateur), noie le poisson et dit qu'il "comprend les craintes ds riverains", mais explique qu'à Genève aucun endroit ne peut accueillir jusqu'à 100'000 personnes (jusqu'à présent il prétendait être capable d'en accueillir 80'000, c'est comme pour le coût de l'organisation de l'Euro pour les collectivités publiques : c'est surinflationniste). Et Hohl de s'engager à rencontrer régulièrement les habitants. Pour leur distribuer du Lexomil et des boules Quies ?

Une rencontre entre les habitants du quartier prochainement sinistré (les riverains de la Plaine, quoi) et des représentants de la Municipalité (notamment Manuel Tornare, Véronique Purro, une Conseillère municipale membre de la Commission des pétition) et des organisateurs de l'Eurobeaufs a eu lieu fin décembre. But de l'exercice : noyer le poisson. Genre "on vous comprend très bien, les habitants, mais la plaine est un lieu de fête, et la fête ça fait du bruit, et d'ailleurs du bruit y'en a aussi ailleurs, et la fêete du foot, on peut pas l'organiser ailleurs" etc. etc.
Arguments massues (entre autres) : on ne peut pas organiser l'Eurobeaufs à la patinoire, elle est trop petite. On peut pas non plus l'organiser au Bout du Monde, la nappe phréatique nme le supporterait pas. Au Stade de la Praille, alors ? Non, la pelouse est fragile. La question de savoir s'il faut l'organiser où que ce soit n'a bien sûr pas à être posée.
Bref, ce qui attend les malheureux indigènes de Plainpalais, ce sont plusieurs semaines invivables. Du bruit avant les matches, pendant les matches, et encore plus après. Et quand il n'y aura pas de matches, on organisera des concerts (de musique à beaufs, pas de grégorien).
L'UEFA "offre" à chaque ville organisatrice, et pour la population locale, 700 ou 750 billets par match se déroulant sur son sol. Sur le total des billets qui seront vendus, c'est une paille : 290'000 billets (soit moins du tiers du total des places disponibles) seront mis en vente sur internet en mars prochain. Chaque internaute pourra réserver jusqu'à 4 billets (bonjour le marché noir) pour un seul match par jour. Les billets seront plus chers que lors de l'Euro2004, mais moins chers que lors du Mondial 2006, assure-t-on à l'UEFA. Dont on connaît la sincérité et le souci de la vérité des chiffres.

Selon un sondage par internet effectué (sans confection d'un échantillon représentatif) par "20minutes.ch", auprès d'un nombre indéterminé d'internautes, ceux-ci se divisent, en gros, en trois tiers à propos de l'Eurofoot : un petit tiers n'y trouve aucun intérêt, un gros tiers ira au match, un autre gros tiers les regardera à la télé. Avec le quatrième tiers qui est parfaitement allergique à ce machin, on aura complété l'ensemble en usant de la même arithmétique que celle dont usait le Conseil fédéral quand il annonçait que les collectivités publiques n'aurait que 10 millions à payer pour organiser la part helvétique de l'Eurofoot.