25 juillet 2007

EUROPROPAGANDE : LA SSR EMBARQUEE

Garde à vous ! C'est le mot d'ordre imposé par la radio et la télé publique
suisse (SSR SRG Idée Suisse) à ses collaborateurs, à propos de l'Euro 2008.
La SSR a passé un accord avec la société Euro2008 SA, et entend bien faire
en sorte que cet accord ait force de loi supérieure à la liberté d'informer
-et plus encore, évidemment, à celle de critiquer. Une missive adressée au
personnel pose clairement le diktat : "L'Eurol va devenir au cours des 13
prochains mois le sujet dominant pour tous les services des sports, mais
les émissions d'information, de divertissement et les programmes culturels
reprendront eux aussi ici et là les divers éléments marquants de cette
manifestation. "We light the Euro fire", telle est la devise que s'est
donnée la SRG SSR Idée suisse pour les mois à venir". "We light the Euro
fire" : on a bien fait d'appeler le swiss public network "idée suisse". Et
on fait bien de mettre au pas les quelques journalistes qui pourraient, à la
SSR, avoir encore quelques bribes de morceau de fantôme d'esprit critique.
Et de préciser que les collaborateurs de la SSR SRG Swiss idea devront
désormais et jusqu'au 29 juin 2008 utiliser un papier à en-tête et des
enveloppes portant le logo de l'Euro.
Le service public va donc rouler pour l'UEFA. Le pire, c'est qu'on n'est
même pas surpris de cet aplaventrissement. Ni qu'il se manifeste en anglo-zurichois dans le texte.

23 juillet 2007

Euroramdam

A Genève, en plus du reste, une boîte de nuit sera spécialement aménagée à
la patinoire des Vernets pour que les supporters puissent boire et se
secouer jusqu'au bout de la nuit (la voirie les rammassera au matin).
Si la plaine de Plainpalais est surpeuplée, s'il pleut, s'il grèle, si...
les euromaniaques pourront suivre les matches sur l'écran des Vernets :
c'est une "soupage de sécurité", explique le député radical Frédéric Hohl,
organisateur de l'"événement", qui ajoute que tous les soirs une réunion
sera organisée (avec la police, entre autres) pour savoir si on ouvre ou
non le parc à beauf des Vernets en plus opu à la place de celui de
Plainpalais. Aux riverains de Plainpalais, on a une bonne nouvelle a donner :
après deux heures du matin le week end et onze heures du soir la semaine,
ujn peu de tranquillité reviendra. Un peu. Réaction des riverains :
"limiter le bruit (en le déplaçant aux Vernets), c'est toujours mieux que
de nous proposer d'aller nous installer ailleurs", ce que les braves
organisateurs du machin n'avaient pas hésité à suggérer aux malheureux
habitants.

Dans 17 villes triées par les organisateurs, une "UBS Arena" sera installée
paer la société Perron8, mandatée par la banque UBS, pour permettre au bon
peuple de "vivre l'Euro comme s'ils (les habitants) y étaient" : des écrans
de 45 m2, des arènes jusqu'à 1000 places assises et 10'000 debout (on n'a
pas les chiffres pour les places couchées). Six villes ont déjà été
désignées (Bienne, Kreuzlingen, Locarno, Lugano, Sion et Soleure), trois
ont le bonheur d'avoir déjà été mises hors course (dont Montreux et
Martigny), mais les masochistes de ces villes peuvent encore espérer la
mise en oeuvre d'un projet privé (il leur faudra se payer une licence
auprès de l'UBS). Plusieurs villes "sélectionnées" par l'UBS (heureux pays,
où une banque privée "sélectionne" des municipalités...) ont refusé le
cadeau : Fribourg, Delémont, Schaffhouse. Et Lucerne a fait savoir qu'elle
n'en voulait pas. La principale raison de ces refus tient aux coûts élevés
générés par ces sites, coûts évidemment à la charge des communes, et se
montant à plus de 100'000 francs par site.

Pour l'installation des "UBS Arena" dans 17 villes, les organisateurs
annoncent que des sponsors privés assureront "l'essentiel des coûts". Pour
l'accessoire, qui risque de coûter aussi cher (voire plus) que l'essentiel,
on fera comme d'habitude appel aux caisses publiques ?
Et dans les villes qui n'auront pas été retenues par les organisateurs pour
l'installation de ces parcs à beaufs, des privés pourront toujours monter
leurs propres parcs, mais à condition de se payer une licence. Y'a pas de
petit profit dans le sport pognon.

18 juillet 2007

Moins d'un an de sursis

Le 7 juin, dans les quatre villes hôtes de l'Eurobeauf (Bâle, Berne, Genève
et Zurich), les organisateurs du machin ont installé des compteurs à
rebours "se mettant en branle sous le regard émus des officiels locaux"
(Le Temps du 7 juin). A 18 heures ce jour là, il restait encore
31'536'000 secondes avant le coup d'envoi du premier match.
Et le délégué du Conseil fédéral pour l'Euro2008 de prédire : "Au final, je
suis persuadé que tout le monde sera emballé". Personne n'ayant d'ailleurs
le choix.
Si on n'a pas le choix d'être ou non emballés (on est déjà ficelés), on a
encore le choix de s'emballer nous mêmes ou de nous y refuser. Un sondage
(sans représentativité, et par internet) auprès des lecteurs de
20minutes.ch, a priori plutôt sensibles à ce genre d'événements, signale
que si 43 % d'entre eux se "réjouissent" à l'avance de l'Euro2008, 30 %
s'en foutent et 27 % y sont allergiques. "La sauce tarde à prendre, surtout
à Genève", observe, contrit, le prébendier de service (le député radical Frédéric
Hohl, organisateur des à-côtés festifs du machin). Normal, c'est pas une
sauce, c'est un bouillon de onze heures.

15 juillet 2007

Ravalement de façade

Dans la perspective (exaltante) de l'Euro20087, le stade de Genève va subir un "léger lifting". Léger ? Un système de contrôle d'accès, des bureaux (pour l'UEFA), des studios avec vue panoramique, un centre media pour 250 journalistes... Le tout payé par le Sport Toto et, évidemment, les caisses publiques (fédérales, en l'ocurrence). Bref, par le Sport Toto et le Sport Gogo.

10 juillet 2007

La Praille, morne trou

LA PRAILLE, MORNE TROU
Le Comité de citoyennes et yens contre les rackets de la Praille et de
l'Eurofoot avait déposé trois recours (auprès du Tribunal administratif et
du Tribunal fédéral, ceux auprès du Tribunal fédéral ayant été rejetés, sur
la forme, par celui-ci, qui a nié la qualité pour agir aux recourants)
contre la décision (et ses modalités) du fonds d'équipement communal de
pomper dans ses ressources pour payer les dettes de la fondation du stade.
Le comité a aussi dénoncé auprès du Procureur général ce qui s'apparente
objectivement (sinon juridiquement) à un détournement de fonds publics.
La décision de faire un cadeau de onze millions à la fondation du stade a
été prise, sur injonction du Conseil d'Etat, par le Conseil du fonds,
administré par le département du Territoire (celui de Bob Cramer). Le
Conseil du fonds est composé de représentants des communes et du Conseil
d'Etat. Pour le Conseil d'Etat, Robert Cramer et David Hiler. Pour la Ville
de Genève, c'était à l'époque Pierre Muller. Pour les communes, on avait
les conseillers administratifs, maires et adjoints de Meyrin (Monique
Boget) et Bellevue (Claude Etter) pour la rive droite, Cologny (Jean
Murith) et Thônex (Isabel Rochat) pour la partie Arve-Lac de la rive
gauche, Onex (Laurent Nicole) et Fernand Savigny (Perly-C ertoux) pour la
partie Arve-Rhône.
Pour le président de la fondation, Jean-Pierre Carera, "il n'y a rien de
pénal dans cette affaire, l'argent a seulement transité par la FSG pour
régler ses dettes, tout s'est fait au grand jour, personne (...) n'a triché
pour détourner de l'argent" ("20minutes.ch" du 20 avril). Une argumentation
qu'il vaut la peine de reprendre point par point :
- "Il n'y a rien de pénal dans cette affaire"... sauf que pour pouvoir
ponctionner les caisses publiques afin de payer les dettes de la fondation
privée, il a fallu contourner, voire violer, des statuts (ceux du fonds
d'équipement communal) ayant force de loi;
- "l'argent a seulement transité par la FSG" (Fondation du stade) "pour
régler ses dettes" : mais recevoir de l'argent qu'on n'était pas destiné à
recevoir, que ce soit pour régler ses dettes ou pour tout autre usage,
c'est toujours bénéficier d'un cadeau, que cet argent ne fasse que
transiter vers le créancier ou qu'il reste dans les caisses. La question
est de savoir si la fondation privée du stade était en droit d'attendre cet
argent des caisses publiques (le fonds d'équipement communal), pour payer
sa dette (privée) à l'égard d'un créancier privé. La réponse est non;
- "tout s'est fait au grand jour" ; rien ne s'est fait au grand jour, tout
s'est fait dans l'opacité, et il a fallu la maladresse d'un communiqué de
la Fondation du stade annonçant qu'elle avait payé sa dette pour qu'on
finisse par apprendre comment elle s'était procuré les moyens de la payer.
Et à ce jour, on n'a pas encore obgtenu les documents attestant des
procédures suivies pour soutirer onze millions au fonds d'équipement communal.
- "personne n'a triché pour détourner de l'argent" : les fonds du FEC sont
destinés aux équipements publics (en mains publics), aux investissements
publics et aux dettes liées à ces équipements et ces investissements; la
fondation du stade est une fondation privée, son créancier est une
entreprise privée, et sa dette est antérieure aux dispositions légales
permettant d'utiliser le fonds d'équipement communal pour autre chose que
des équipements strictement communaux. Bref, on a bien triché, et on a bien
détourné de l'argent de sa destination légale.

Quant au Conseiller d'Etat Muller, il estime que "ce qui aurait été
déloyal, c'est de ne pas régler les dettes du stade". Le Conseiller d'Etat
Muller a de la loyauté une conception qui rrangerait les dizaines de
milliers de débiteurs privés de la République : vous avez des dettes ?
adressez-vous à l'Etat, ou au fonds d'équipement communal ? ils les
régleront pour vous. En puisant dans les fonds publics. Pour régler vos
dettes privées.
C'est exactement ce qu'il a fait dans le cas du stade : la dette privée
d'une fondation privée à l'égard d'une entreprise privée a été réglée par
le fonds d'équipement communal, alimenté par 45 communes, dont 43 n'ont
strictement aucune responsabilité dans le merdier de la Praille.

06 juillet 2007

La Praille, morne plaine

Salué dans l'exaltation par la bonne presse locale et régionale, un
nouveau-né nous est donné : le futur quartier la Praille-Acacias-Vernets
(PAV), "symbole de l'entrée du canton dans le XXIe siècle" selon "La
Tribune", avec des gratte-ciel qui sont autant de "cathédrales de vie"
(Xavier Comtesse, "Le Matin" du 27 mai). On a les calendriers qu'on peut et
les cathédrales qu'on mérite, là où on les mérite. Le futur quartier,
s'exalte-t-on, accueillera 40'000 emplois (le double qu'actuellement), neuf
gratte-ciel autour de l'Etoile et du stade, allant jusqu'à 175 mètres de
hauteur, et 9000 logements (3000 actuellement). Cette "Défense genevoise"
(pour qui connaît la sinistre Défense parisienne, c'est tout un programme)
aurait un densité d'habitants comparable à celle du quartier des
Eaux-Vives, et le Conseiller d'Etat Mark Muller nous promet "un vrai
quartier, avec commerces, lieux d'activités" et tout et tout... Le gros
bébé (prénommé PAV, pour Praille-Acacias-Genève) a été présenté à la presse
enthousiaste (forcément enthousiaste) par ses trois parrains, les
Conseillers d'Etat Cramer, Unger et Muller. Le dernier cité a fort
justement résumé le principal intérêt du projet : "le nouvel eldorado
genevois de l'immobilier". Qui a surtout l'avantage de pouvoir être réalisé
dans une zone industrielle à 85 % en mains publiques. Et déjà sinistrée par
des centres commerciaux et un stade.

02 juillet 2007

La Cour des comptes valide le racket du fonds d'équipement communal


Instituée par un vote populaire l'an dernier, la Cour des comptes est
entrée en fonction le 1er janvier 2007 ; elle siège avec 3 magistrats
titulaires mais comprend des magistrats suppléants. Elle a recruté 13
collaborateurs en contrat de droit privé pour l'accomplissement de sa
mission : effectuer des audits de légalité, de régularité, de gestion des
comptes et des activités des collectivités publiques. Elle veille en fait
au bon emploi des fonds publics.

En six mois, elle a été sollicitée à 13 reprises. Elle a refusé une entrée
en matière, travaille sur 4 à 6 dossiers en ce moment et vient rendre ses
trois premiers rapports. Pour deux d'entre eux, la Cour des comptes estime
que l'opération soumise à l'audit était conforme à la légalité (11 mo du
fonds d'équipement en faveur de la Fondation du Stade de Genève et
fondation de valorisation des actifs de la BCG).

29 juin 2007

La Praille, morne stade

LA PRAILLE, MORNE STADE
Le 14 avril, Servette reçoit Locarno à la Praille : 1743 spectateurs. Le stade est vide à 94 %.
Le 22 avril, Servette reçoit Winterthur à la Praille : 1518 spectateurs. Le stade est vide à 97 %
Le 5 mai, Servette reçoit Baulmes à la Praille : 1457 spectateurs. Le stade est vide à 97 %
Le 12 mai, Servette reçoit La Chaux de Fonds à la Praille : 1636 spectateurs. Le stade est vide à 95 %.
Le 19 mai, Servette reçoit Bellinzona à la Praille : 2010 spectateurs. Le stade est vide à 93 %.

Le 31 mai, un match a opposé à la Praille l'équipe des régies immobilières et l'équipe du Crédit Suiisse. Les régies ont battu la banque 10 à zéro. Un match entre régies et banque, c'est le seul genre de match où les deux équipes peuvent jouer à domicile à la Praille.

26 juin 2007

Y'a pas que le foot dans la vie : A propos des Jeux Olympiques de Pékin

8 Revendications pour Pekin

Le 8 août 2008, les Jeux olympiques s’ouvriront à Pékin. La Charte
olympique prescrit que l’olympisme repose sur « le respect des principes
éthiques fondamentaux universels ». En avril 2001, le représentant du
Comité de candidature de la capitale chinoise aux JO avait affirmé : « En
confiant à Pékin l’organisation des Jeux, vous contribuerez au
développement des droits de l’Homme ».

Les promesses des dirigeants chinois sont à ce jour démenties par les
faits. La répression de toute forme de contestation du pouvoir en place
reste systématique contre les pétitionnaires, les avocats défendant des
causes sensibles, les journalistes et cyber-dissidents, ainsi que les
adeptes du Falungong et d’autres groupes religieux indépendants du pouvoir.
La situation des minorités reste également particulièrement préoccupante,
notamment chez les Ouïghours et les Tibétains. Pourtant, de nombreux signes
témoignent de la vitalité de l’aspiration de la société civile pour plus de
démocratie et pour un État de droit. Les citoyens chinois revendiquent
courageusement leurs droits en dépit des risques qu’ils courent. Les
expressions contestataires sur Internet sont légion.

La période précédant les JO est cruciale pour prendre au mot les autorités
chinoises et attirer l’attention de l’opinion mondiale sur les avancées
nécessaires en Chine dans le domaine des droits de l’Homme. Ce rendez-vous
mondial va attirer sur la Chine l’attention d’un nombre exceptionnel de
médias ; nombreux sont les citoyens chinois qui espèrent que cet événement
provoquera une évolution en faveur des libertés.

Le Collectif Chine JO 2008 a été initié par neuf associations françaises et
internationales, soucieuses de rappeler aux autorités chinoises, qu’en
accueillant les JO, elles se sont engagées à améliorer la situation des
droits de l’Homme. Rejoint par des associations très diverses, le collectif
soumet au gouvernement chinois ces « Huit revendications pour Pékin »
applicables immédiatement. La Chine restituera ainsi tout leur sens aux
valeurs de l’Olympisme « au service du développement harmonieux de l’homme
en vue de promouvoir une société pacifique, soucieuse de préserver la
dignité humaine ».

Plus d’info sur le collectif : http://pekin2008.rsfblog.org/

La campagne "Revendications pour Pékin"

1 - Libérer les personnes emprisonnées depuis les manifestations de Tian An
Men (1989) et tous les prisonniers d’opinions.

2 - Mettre fin au contrôle de l’information, y compris sur internet.

3 - Suspendre les exécutions sur tout le territoire chinois en vue
d’aboutir à l’abolition de la peine de mort.

4 - Supprimer la détention administrative.

5 - Mettre un terme à la pratique systématique de la torture.

6 - Permettre la constitution de syndicats libres et indépendants.

7 - Supprimer l’article 306 du Code Pénal, qui permet la répression des
avocats.

8 - Mettre fin aux expulsions forcées des citoyens de leur logement ou de
leurs terres.

Les membres du collectif:

- Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT France)
- Agir pour les droits de l’Homme (ADH)
- Amnesty International (AI-France)
- Comité de soutien au peuple tibétain (CSPT)
- Ensemble contre la peine de mort (ECPM)
- Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH)
- Ligue des Droits de l’Homme (LDH)
- Reporters Sans Frontières (RSF)
- Solidarité Chine

8 revendications pour Pékin

1 - Libérer les personnes emprisonnées depuis les manifestations de Tian An
Men (1989) et tous les prisonniers d’opinion

La plupart des prisonniers politiques chinois sont emprisonnés sous des
prétextes divers (tentative de subversion, trahison de secrets d’Etat,
troubles à l’ordre public, diffusion de rumeurs mensongères, etc.) mais non
recensés comme tels. Il est donc difficile d’évaluer leur nombre à l’heure
actuelle. Nous savons toutefois que plusieurs centaines de participants aux
manifestations démocratiques de 1989, condamnés à des peines pouvant aller
jusqu’à vingt ans de réclusion, seront toujours incarcérés au moment des
Jeux Olympiques de 2008. Se comptent également par centaines ou milliers
les individus qui croupissent injustement dans des prisons ou des camps de
rééducation par le travail : avocats, journalistes, internautes, militants
pour la défense des droits civiques, de l’environnement, du droit à
pratiquer la religion de son choix, de parler sa langue lorsque l’on
n’appartient pas à l’ethnie majoritaire Han, etc. Les tensions
s’accroissent entre la population et le gouvernement parce que le discours officiel, qui affirme le respect des droits fondamentaux, est contredit par le maintien d’une répression très dure
vis-à-vis de ceux qui sont perçus comme une menace au pouvoir en place.

2 - Mettre fin au contrôle de l’information, y compris sur Internet

Les médias et Internet sont considérés par le gouvernement chinois comme
l’un des secteurs stratégiques à ne pas abandonner aux "forces hostiles",
régulièrement dénoncées par le président Hu Jintao. Le Département de la
propagande, la sécurité publique et la cyber police, bastions des
conservateurs, sont ainsi chargés de faire appliquer la censure sur des
sujets sensibles, notamment le mouvement démocratique de 1989.

Au moins trente journalistes et cinquante internautes sont actuellement
emprisonnés, certains depuis les années 1980. Le gouvernement bloque des
milliers de sites d’information, dont celui de la BBC. Les programmes en
chinois, tibétain ou ouïghour d’une dizaine de radios internationales sont
brouillés. La loi sanctionne lourdement la divulgation de secrets d’Etat,
la subversion et la diffamation, notions définies de manière très floue et
opportuniste. Bien que les régulations concernant les journalistes
étrangers aient récemment été assouplies, il est toujours impossible pour
les médias internationaux d’employer des journalistes chinois, ou de
voyager librement au Tibet et au Xinjiang.

3 - Suspendre les exécutions sur tout le territoire chinois en vue
d’aboutir à l’abolition de la peine de mort

La Chine est le pays qui exécute le plus grand nombre de personnes chaque
année. Pourtant, les statistiques relatives aux condamnations à mort et aux
exécutions sont classées secret d’Etat, ce qui rend toute évaluation
difficile. Les estimations de certains chercheurs chinois font état de 8
000 à 10 000 exécutions par an. La peine de mort est généralement prononcée
au terme de procès parfaitement inéquitables. Elle est prévue pour un grand
nombre de crimes : 68 chefs d’inculpation, y compris des infractions
non-violentes telle que la corruption. Enfin, depuis le 1er juillet 2006,
l’accord du condamné est demandé pour effectuer un prélèvement d’organes.
Toutefois, un tel consentement est, par définition, inopérant s’agissant
des personnes condamnées à mort compte tenu des mesures coercitives dont
elles risquent de faire l’objet.

4 - Supprimer la détention administrative

La détention administrative (en chinois laojiao : rééducation par le
travail) s’applique à des infractions dont la gravité est insuffisante pour
qu’elles soient punies aux termes du Code pénal.

La durée des peines de « rééducation par le travail » peut aller d’un an à
trois ans, etpeut être prolongée d’un an. Elle est fixée arbitrairement par
la police, sans inculpation, sans procès ni contrôle d’une autorité
judiciaire. La torture et les mauvais traitements sont liés à cette forme
de détention.

Il arrive aussi que des citoyens chinois soient enlevés et maintenus au
secret, pendant des durées illimitées, dans des dépendances de camps
militaires ou dans des centres d’hébergement gérés par la police ou la
sécurité publique. Pendant les JO, le champ d’application de la rééducation
par le travail sera élargi pour assurer la sécurité de Pékin. Le
vagabondage, la mendicité, l’exercice de la profession de taxi sans
licence, les activités commerciales non autorisées, feront partie de ces «
comportements délictueux ».

5 - Mettre un terme à la pratique systématique de la torture

En novembre 2006, Wang Zhenchuan, l’un des sept procureurs adjoints du
parquet suprême de la République populaire a reconnu que « presque chaque
verdict erroné prononcé ces dernières années est la résultante
d’interrogatoires illégaux ». Pour le Rapporteur spécial des Nations unies
: « La torture, bien qu’en déclin, en particulier dans les zones urbaines,
reste une pratique répandue en Chine ». Plusieurs facteurs contribuent à
perpétuer la pratique de la torture, notamment les règles de preuve, qui
incitent à obtenir des aveux sous la torture, la durée excessive de la
garde à vue, l’absence de culture juridique reposant sur la présomption
d’innocence, l’accès limité à un défenseur et l’obligation de clore
l’enquête dans des délais très courts.

Selon les témoignages des victimes, la liste des tortures utilisées est
impressionnante, allant des coups de poing, de matraque électrique, de la
privation de sommeil aux sévices psychologiques, en passant par des
positions très douloureuses, dans lesquelles le prisonnier, suspendu ou
menotté, peut être abandonné seul pendant des heures ou des jours entiers.

6 - Permettre la constitution de syndicats libres et indépendants

La Fédération nationale des syndicats chinois constitue la seule
organisation légale de défense des intérêts des travailleurs. Depuis 1949,
elle ne sert en fait qu’à relayer la politique du gouvernement auprès des
ouvriers et des employés. Depuis 25 ans, les réformes économiques ont
engendré de nouvelles inégalités et conflits sociaux. En l’absence
quasi-totale de liberté d’expression, le mécontentement populaire s’est
traduit par des émeutes, des soulèvements et des grèves. Depuis 1995, ces
protestations s’étendent aussi au monde du travail, dénonçant des
privatisations opaques et responsables de nombreux licenciements. Bien que
préoccupé par la crise sociale, le Parti communiste préfère privilégier la
performance économique du pays pour s’assurer l’intérêt des investisseurs
étrangers, plutôt que de reconnaître aux ouvriers leurs droits les plus
élémentaires. De peur de remettre en cause son pouvoir, il refuse de
consentir à l’indépendance des syndicats dont les représentan!
ts sont toujours désignés par le Parti et non élus par les travailleurs.
Quant aux associations indépendantes qui tentent de pallier les carences
sociales du gouvernement (santé, éducation, environnement), leur
fonctionnement est soumis à l’obtention d’une « unité de tutelle »
officielle et au versement d’une forte caution.

7 - Supprimer l’article 306 du Code pénal, qui permet la répression des
avocats

Pour garantir les droits de la défense et l’indépendance des juges et des
avocats, la séparation des pouvoirs devrait être reconnue. D’une part, les
juges sont nommés et révoqués par la commission Politique et Juridique du
Comité central du Parti communiste. De l’autre, les autorisations
d’exercice pour les avocats sont données par les bureaux administratifs
locaux. La profession d’avocat est actuellement considérée comme l’une des
professions les plus dangereuses en Chine, après celles de policier et de
journaliste. Outre les agressions physiques dont ils font l’objet,
l’article 306 du Code pénal de 1997 fait peser sur eux la menace d’une
accusation de faux témoignage. Si un avocat de la défense veut s’appuyer
sur des témoignages qui contredisent les assertions du procureur, ce
dernier peut se fonder sur cet article du Code pour demander l’arrestation
de l’avocat pour faux témoignage. L’article 306 a entraîné l’emprisonnement
de plus de 500 avocats.

8 - Mettre fin aux expulsions forcées des citoyens de leur logement ou de
leurs terres

A Pékin, la plupart des expulsions forcées est liée à l’organisation des
JO. Ces expulsions ont lieu manu militari et l’insuffisance des
dédommagements est à l’origine de conflits violents, durement réprimés. Les
expulsions ont lieu également à la campagne pour faire place non seulement
à des projets immobiliers mais aussi à des industries souvent polluantes.
Ceux qui demandent justice pour les victimes d’expulsion font l’objet de
poursuites, de harcèlement et d’incarcération.

23 juin 2007

l'inamovible président de la FIFA, Josep Blatter, a affirmé (Entreprise
romande du 11 mai) que "le football n'est fermé à personne, il est ouvert
à tous".
... vouais. A n'importe qui, même. Mais pas à n'importe quel prix.

Le même Blatter (dans Coopération du 10 avril), avait déjà proclamé que
"le football doit continuer de renforcer et d'étendre son rôle social dans
le monde"...
... mais seulement en dessous de 2500 mètres d'altitude, vu que la FIFA a
décidé de ne plus reconnaître les matches internationaux joués au-dessus de
cette limite. Et ça doit être un hasard si les stades situés au-dessus de
2500 mètres sont ceux de pays pauvres, et que les poids lourds du foot
pognon ne sont pas concernés par cette limite...

Un site internet (www.footballresistance.com) luttant contre le racisme
dans les stade se donne pour slogan : "fascisme et football ne font pas bon
ménage" (Le Matin bleu du 9 mai)...
... ben si, justement, et depuis 1922...

"Le budget de 8,8 millions de francs que doit supporter le contribuable
(pour l'Euro2008) a de fortes chances d'être respecté", a déclaré selon La
Tribune de Genève (du 8 juin) le Conseiller d'Etat Mark Muller...
... et on sait combien sont fortes les chances de respect des budgets quand
il s'agit de sport-pognon à Genève : le budget du stade aussi avait de
"fortes chances" d'être respecté. Tellement respecté qu'on s'est bien gardé
de s'en approcher. Mais par respect.

"Le peuple s'enflammera pour l'Eurofoot 2008", prédit le coordinateur
suisse de l'"événement", Michael Kleiner (20minutes.ch du 8 juin)...
... si le peuple pouvait en profiter pour enflammer les stades, et même les
cramer...

Commentant la lenteur de la procédure d'extradition d'Espagne verts la
Suisse de l'ancien patron du Servette, Marc Roger, son avocat espagnol
explique que "si la Suisse était dans l'Union européenne, ça aurait été
plus rapide" (Tribune de Genève du 1er juin)...
... être membre de l'UEFA, ça suffit pour l'échange des joueurs et du
pognon, mais pas pour l'extradition des dirigeants ?

Réagissant aux vives attaques du porte-parole de Ségolène Royal, Arnaud
Montebourg, qui accusait à propos de l'"affaire Johnny) la Suisse de recel
d'évasion fiscale, l'avocat et député libéral Christian Lüscher, ancien
président du Servette (c'est lui qui en a remis les clefs à Marc Roger) a
repris la vieille plaisanterie : "S'il y avait un impôt sur la connerie,
l'Etat s'autofinancerait" (GHI du 10 janvier).
... ouais. Et s'il y avait un impôt sur la connerie des anciens présidents
de clubs de football, Servette serait champion suisse.

Le 7 juin, dans les quatre villes hôtes de l'Eurobeauf (Bâle, Berne, Genève
et Zurich), les organisateurs du machin ont installé des compteurs à
rebours "se mettant en branle sous le regard émus des officiels locaux"
(Le Temps du 7 juin).
... on s'en doutait, les organisateurs de l'Euro le confirment : les
"officiels locaux", c'est rien que des branleurs.

Le délégué du Conseil fédéral pour l'Euro2008, Benedikt Weibeel, prédit :
"Au final, je suis persuadé que tout le monde sera emballé" par l'Euro 2008.
... on a même déjà été ficelés, avant d'être emballés.

"La culture sera le parent pauvre de l'Euro2008", annonce (à regrets) Le
Temps du 16 juin.
Sans blague ?

"Je ne crois pas à un dopage organisé dans (le foot) (mais) nous luttons
contre avec beaucoup de contrôles", déclare Michel Platini, président de
l'UEFA, dans La Tribune de Genève du 7 juin...
Platini, c'est le genre d'athée qui fait tous les soirs ses prières : s'il
n'y a pas de dopage organisé dans le foot, contre quoi on lutte ? Et si on
lutte contre le dopage organisé, à quoi ça rime de dire qu'il n'y en a pas ?

Selon l'ancien patron d'écurie de course automobile Peter Sauber, "La
Formule1 est un sport écologique". Argument : si l'on considère le bilan
par individu, la F1 est le sport le plus écologique derrière les Jeux
olympiques. Qui sont donc un sport, alors qu'on croyait qu'ils étaient une
réunion de presque tous les sports, mais on devait se tromper. Comme on
doit se tromper quand on compare le "bilan par individu" d'une course de
formule 1 (un coureur dans une bagnole consommant une quantité astronomique
de carburant) et d'une course à pied, d'un tir à l'arc ou d'un saut en
hauteur...