Le président du FC Servette, Majid Pishyar, a obtenu de la Fondation du Stade de Genève l'exploitation de ce terrain vague pour 32 ans. En expliquant qu'il en avait besoin pour « poursuivre le développement de Servette ». On aurait plutôt du lui carrément la propriété du stade, à Pishyar, histoire de se débarrasser de ce machin, mais l'hypothèse n'est pas à l'ordre du jour. Le FC Servette a donc obtenu de pouvoir exploiter le stade de la Praille en sachant pertinemment que si cet enclos ne servait qu'à ce pourquoi il a été construit, c'est-à-dire précisément de stade, les maigres 5000 spectateurs qu'il peut espérer en moyenne ne suffiront pas à équilibrer ses comptes (le SFC ne s'est engagé à verser que 900'000 francs par an à la fondation du stade, sous forme de redevance annuelle et de contribution à la couverture des coûts de maintien de l'infrastructure). Les collectivités publiques vont continuer à casquer, quoi qu'en promette le Conseil d'Etat.
Jouez hautbois, sonnez trompettes, le Servette est à la maison
L'accord signé avec le Servette FC, et qui remet au club l'exploitation du stade de la Praille, « règle les problèmes politiques autour du financement du stade », et l' « enceinte fonctionnera désormais sans subvention », promet Mark Muller... Croit-il seulement lui-même à ce qu'il dit, le Conseiller d'Etat, même s'il n'évoque que les subventions portées en tant que telles au budget du canton, et non les prestations en nature, la mise à disposition de personnel, l'abandon de créances (par le canton ou la Ville de Lancy) ou la prise en charge par le canton du droit de superficie payé aux CFF ? Le stade de la Praille a déjà coûté plus de 120 millions de francs au lieu des 68 millions prévus;; En 2004, sa valeur en cas de vente forcée n'était évaluée qu'à 17 millions. En d'autres termes, aujourd'hui, le stade, qui a coûté deux fois plus que prévu, vaut dix fois moins que ce qu'il a coûté. L'accord passé avec le SFC n'y changera rien : on se retrouve à Genève avec un stade deux fois trop grand, trois fois trop cher, vide à 90 %, ne valant que le dixième de ce qu'il a coûté, géré par une fondation surendettée, parfaitement incapable de remplir le rôle que ses statuts lui assignent : « favoriser la pratique et le développement en général de tous les sports athlétiques dans le canton de Genève, et plus particulièrement ceux pratiqués par le Servette Football Club ». En fait, les seuls sports athlétiques dont le stade de la Praille ait jamais « favorisé la pratique et le développement en général» sont le saut dans le vide budgétaire, la natation synchronisée en eaux troubles et la pêche aux subventions. Nous sommes de ceux qui depuis dix ans annoncent que ce stade ne sera jamais rentable : un stade de 30'000 places pour un canton de 500'000 habitants et pour 5000 supporters, relève d'une absurdité durable.On a construit un stade deux fois trop grand, qui reste généralement vide à 90% lorsqu'il est utilisé pour ce à quoi il est voué. Le club résident ne remplissait déjà plus les Charmilles, il pouvait d'autant moins remplir la Praille qu'il est tombé en division plébéienne. Du coup, pour annoncer la bonne nouvelle de l'accord passé entre la Fondation du Stade et le FC Servette, le communiqué officiel prend des airs de rodomontades d'insurgés libyens : « Après plus de trois ans de travail, le Servette FC retrouve peu à peu ses couleurs glorieuses et obtient, à travers la gestion du stade, pour atteindre ses plus hauts objectifs ». Jouez hautbois, sonnez trompettes, le jour de gloire arrive dans les seize mètres. L'article initial du contrat signé par le SFC pour l'exploitation du stade engage son actionnaire à doter l'équipe « de moyens, notamment financiers, suffisants pour permettre la promotion » du club en division d'élite du foot suisse (Axpo Super League), mais si le club, au lieu de remonter en ligue supérieure, redescend en ligue inférieure, le contrat deviendrait caduc. Aujourd'hui, Majid Pishyar se félicite : « Servette peut enfin se sentir comme à la maison ». Une maison payée par les collectivités publiques, qui vont continuer à la payer Financièrement, le stade est un gouffre, architecturalement, un étron; sportivement, un terrain vague qui a englouti, outre les dizaines de millions de fonds publics qu'on y a balancé, la totalité du droit de superficie dû par Jelmoli et du prix des concessions des stands et des buvettes. Il a aussi englouti les prêts consentis par les collectivités publiques complaisantes, et qui ne seront jamasis remboursés. Le meilleur sort qu'on puisse lui réserver serait de le vendre pour un franc symbolique, à qui en voudra, Marc Roger, Bernard Madoff ou Majid Pishyar, peu importe. Ou qu'il soit détruit. Sinon, qu'en faire ? Une friche post-industrielle ? Un musèe des imbécilités politiques ? Une annexe de Champ-Dollon ? Le Servette FC est dans le stade « comme à la maison », soupire d'aise son président. Maison de retraite, maison de correction ou maison de passe ?
21 avril 2011
06 avril 2011
Fonds de tiroir
Le Conseil d'Etat a versé 1,6 million de francs au Genève-Servette Hockey en puisant dans des fonds de la Loterie Romande, qui exclut toute aide à une société anonyme. Or le GSHC est précisément une société anonyme. Qui a donc reçu, au titre de « soutien très spécial », une aide puisée dans un fonds que le canton n'avait pas le droit d'utiliser pour cela. C'est une douce manie, d'ailleurs, du canton, de procéder ainsi dès qu'il s'agit de sport : la fondation du Stade de Genève avait déjà bénéficié des largesses du Conseil d'Etat, qui avait cette fois puisé dans le fonds d'équipement cantonal pour éviter de demander au Grand Conseil un crédit qui aurait été attaqué par référendum. Donc voilà, maintenant qu'on a arrosé le foot et le hockey, on attend l'arrosage de la pétanque, du polo, du tennis de table et du hornuss. Tant qu'à faire. Faut juste trouver le fonds dans lequel puiser sans y être autorisé...
Le Tsar du foot-pognon, Sepp Blatter, président de la Fédération internationale du foot, la FIFA, se représente pour un quatrième mandat (après avoir promis qu'il n'en ferait que deux) , au prétexte qu'il n'a pas « fini sa mission » (laquelle ? plonger encore un peu plus le foot dans le mercantilisme ?), mais un candidat sérieux se présente contre lui : la Quatari Mohammed Bin Hammam, président de la Confédération asiatique de football. Sa première élection, en 1998, Blatter l'avait gagnée grâce à l'achat de votes., et en 2007, plus de concurrent du tout... Mais cette fois, il risque de perdre son trône : bin Hammam est un homme du sérail, qui fait campagne en proposant de créer une commission de « transparence » pour lutter contre la corruption, fléau dont Blatter n'est peut-être pas l'adversaire le plus résolu. Dans une élection normale, démocratique le Quatari aurait toute ses chances. Mais la FIFA fonctionne selon le principe « un pays - une voix ». Ce qui fait peser Antigua (1000 licenciés) du même poids que le Brésil ou l'Italie et leurs millions de licenciés. Une procédure idéale pour s'acheter son élection. Bref, un système qui ressemble tout à fait à ce que la FIFA a réussi à faire du football professionnel : un souk.
Le Tsar du foot-pognon, Sepp Blatter, président de la Fédération internationale du foot, la FIFA, se représente pour un quatrième mandat (après avoir promis qu'il n'en ferait que deux) , au prétexte qu'il n'a pas « fini sa mission » (laquelle ? plonger encore un peu plus le foot dans le mercantilisme ?), mais un candidat sérieux se présente contre lui : la Quatari Mohammed Bin Hammam, président de la Confédération asiatique de football. Sa première élection, en 1998, Blatter l'avait gagnée grâce à l'achat de votes., et en 2007, plus de concurrent du tout... Mais cette fois, il risque de perdre son trône : bin Hammam est un homme du sérail, qui fait campagne en proposant de créer une commission de « transparence » pour lutter contre la corruption, fléau dont Blatter n'est peut-être pas l'adversaire le plus résolu. Dans une élection normale, démocratique le Quatari aurait toute ses chances. Mais la FIFA fonctionne selon le principe « un pays - une voix ». Ce qui fait peser Antigua (1000 licenciés) du même poids que le Brésil ou l'Italie et leurs millions de licenciés. Une procédure idéale pour s'acheter son élection. Bref, un système qui ressemble tout à fait à ce que la FIFA a réussi à faire du football professionnel : un souk.
10 janvier 2011
Fonds de tiroirs
Après le choix de la Russie pour organiser le Mondial de foot en 2018, les experts s'inquiètent, en découvrant que la Russie, putain que c'est grand ! Les compétitions devraient se dérouler dans des stades allant de celui de Kaliningrad à l'Oural, soit une distance de 3000 kilomètres, dans un pays où, nous assure-t-on, la vitesse moyenne des trains ne dépasse pas 75 kilomètres à l'heure et mettraient donc deux jours et six heures pour aller d'un stade à l'autre. Bon, et alors ? Ils auraient pu faire mieux, les Russes : programmer des matches en Sibérie. Une demi-finale à Irkoutsk, juste avant une finale à Moscou, ça aurait de la gueule, non ? Pour le coup, les joueurs n'auraient pas besoin de faire semblant de tomber dans les seize mètres pour arracher frauduleusement un pénalty, vu que dans les seize mètres, ils n'y parviendraient jamais. L'autre choix de la FIFA pour organiser le Mondial de foot, celui de 2022, au Qatar, a aussi suscité des commentaires aigre-doux, notamment sur la nécessité de prévoir des stades climatisés vu qu'à l'époque où se tiendra la compétition, il fait autour 50 degrés à l'ombre dans ce joli pays. En tout cas, si jamais l'équipe de Suisse est sélectionnée pour ce bain de soleil sur le sable, elle n'aura pas besoin de se chercher des excuses quand elle se fera lourder aux éliminatoires : faisait trop chaud.
Le Servette FC bombe le torse. Pas à cause de ses résultats en championnat, non. A cause de la fréquentation du stade : 7400 spectateurs par match, en moyenne, dans un stade de 30'000 places « C'est la cinquième affluence du pays, toutes ligues confondues », claironne le vice-président du SFC. Ouais, ça nous fait surtout un stade aux trois quarts vide.
Le choix de la FIFA, de la Russie et du Qatar pour organiser les Mondiaux de foot de 2018 et 22, aura fait une tripotée de people et de politiciens malheureux : Bill Clinton, venu soutenir la candidatures des USA, le prince William, Danid Beckham et le Premier ministre Caremeron, venus soutenir celle de la Grande-Bretagne, Elle MacPherson, pour l'Australie... Des fois, ça fait du bien par où ça passe, la Schadenfreude...
Plus de 33.000 amateurs de football ont assisté à la mi-décembre au Pirée, en Grèce, à un « Match contre la pauvreté » auquel participaient notamment des joueurs comme Ronaldo, Zinédine Zidane et Didier Drogba -mais le communiqué de l'ONU qui nous annonce le bouleversifiante nouvelle ne nous dit pas dans quelle équipe (celle des riches ou celle des pauvres ?) ils jouaient. Ni même si dans ce « Match contre la pauvreté » participait une équipe de pauvres. Dans un match organisé en Grèce, en ce moment, ça ne devrait pas être impossible à former, une équipe de pauvres. « A travers ce match, nous espérons faire savoir au monde que nous sommes avec (les pauvres)», a déclaré Zinédine Zidane. ça leur fait une belle jambe, aux pauvres. Quant à Ronaldo, il s'est dit « impressionné que le stade soit plein ». Nous, on vous dira pas ce qui nous impressionne le plus dans cette histoire, ça serait pas poli. Oh non, pas poli du tout.
Mark Muller s'obstine : il veut les Jeux Olympitres d'Hiver 2022, ou 2026, pour Genève. Tout en faisant mine de soutenir, et de faire soutenir par le Conseil d'Etat auprès du CIO, la candidature d'Annecy pour les JO d'hiver de 2018, candidature qui, si elle était retenue, renverrait celle de Genève aux calendes grecques. Mais comme la candidature d'Annecy est plombée à la fois par la contestation locale et le départ de son directeur, ça coûte rien de la soutenir, dès lors qu'on fait le pari qu'elle sera rejetée et qu'on pourra présenter celle de Genève pour les olympiades suivantes. Pourtant, les contestations à Annecy, c'est rien à côté de celles qui naîtront à Genève si le projet mullero-jobinesque de faire de Genève une station de sport d'hiver devait prendre réellement de l'étoffe. Parce que chez nous, mon bon Monsieur, contrairement au pays d'à côté, ce genre de projets finit toujours par être soumis au peuple. Et peut en plus faire l'objet de plus de recours qu'il y a de compétitions spécifiques au JO d'hiver. Ou d'été. Ou des deux en même temps. Bref, on risque de bien se marrer.
Le Servette FC bombe le torse. Pas à cause de ses résultats en championnat, non. A cause de la fréquentation du stade : 7400 spectateurs par match, en moyenne, dans un stade de 30'000 places « C'est la cinquième affluence du pays, toutes ligues confondues », claironne le vice-président du SFC. Ouais, ça nous fait surtout un stade aux trois quarts vide.
Le choix de la FIFA, de la Russie et du Qatar pour organiser les Mondiaux de foot de 2018 et 22, aura fait une tripotée de people et de politiciens malheureux : Bill Clinton, venu soutenir la candidatures des USA, le prince William, Danid Beckham et le Premier ministre Caremeron, venus soutenir celle de la Grande-Bretagne, Elle MacPherson, pour l'Australie... Des fois, ça fait du bien par où ça passe, la Schadenfreude...
Plus de 33.000 amateurs de football ont assisté à la mi-décembre au Pirée, en Grèce, à un « Match contre la pauvreté » auquel participaient notamment des joueurs comme Ronaldo, Zinédine Zidane et Didier Drogba -mais le communiqué de l'ONU qui nous annonce le bouleversifiante nouvelle ne nous dit pas dans quelle équipe (celle des riches ou celle des pauvres ?) ils jouaient. Ni même si dans ce « Match contre la pauvreté » participait une équipe de pauvres. Dans un match organisé en Grèce, en ce moment, ça ne devrait pas être impossible à former, une équipe de pauvres. « A travers ce match, nous espérons faire savoir au monde que nous sommes avec (les pauvres)», a déclaré Zinédine Zidane. ça leur fait une belle jambe, aux pauvres. Quant à Ronaldo, il s'est dit « impressionné que le stade soit plein ». Nous, on vous dira pas ce qui nous impressionne le plus dans cette histoire, ça serait pas poli. Oh non, pas poli du tout.
Mark Muller s'obstine : il veut les Jeux Olympitres d'Hiver 2022, ou 2026, pour Genève. Tout en faisant mine de soutenir, et de faire soutenir par le Conseil d'Etat auprès du CIO, la candidature d'Annecy pour les JO d'hiver de 2018, candidature qui, si elle était retenue, renverrait celle de Genève aux calendes grecques. Mais comme la candidature d'Annecy est plombée à la fois par la contestation locale et le départ de son directeur, ça coûte rien de la soutenir, dès lors qu'on fait le pari qu'elle sera rejetée et qu'on pourra présenter celle de Genève pour les olympiades suivantes. Pourtant, les contestations à Annecy, c'est rien à côté de celles qui naîtront à Genève si le projet mullero-jobinesque de faire de Genève une station de sport d'hiver devait prendre réellement de l'étoffe. Parce que chez nous, mon bon Monsieur, contrairement au pays d'à côté, ce genre de projets finit toujours par être soumis au peuple. Et peut en plus faire l'objet de plus de recours qu'il y a de compétitions spécifiques au JO d'hiver. Ou d'été. Ou des deux en même temps. Bref, on risque de bien se marrer.
28 décembre 2010
Mondial de foot en Russie en 2018, au Qatar en 2022 : For the Game. For the World. For the Money...
Le comité exécutif de la FIFA a désigné hier, sous le slogan « For the Game. For the World », les pays organisateurs de la Coupe du monde de football en 2018 et en 2022. Parmi les candidats figuraient plusieurs pays où la situation en matière de droits humains et du travail est pour le moins préoccupante, voire désastreuse. L’Œuvre suisse d’entraide ouvrière (OSEO) estimait que l’organisation du Mondial ne pouvait en aucun cas être confiée à la Russie, la Corée du Sud, les Etats-Unis, le Japon ou le Qatar, qui violent les droits humains, politiques et sociaux les plus élémentaires. Pour l'organisation d'entraide, ces cinq pays « méritent un carton rouge ». Pour la FIFA, en revanche, ils méritaient le Mondial. Et deux d'entre eux l'ont obtenu : la Russie en 2018, le Qatar en 2022. For the Game ? For the World ? For and by the Money...
La Coupole et le veau d'or
La Coupole internationale du foot-pognon, la FIFA, est une organisation de droit suisse. Et quand on dit « de droit », c'est de « non droit » qu'il conviendrait de parler. Les fédérations sportives internationales installées en Suisse, comme la FIFA, l'UEFA ou le Comité international olympique, ne sont pas soumises à la loi suisse qui réprime (mollement) la corruption. Ce que même le Conseiller fédéral UDC Ueli Maurer, ci-devant ministre des Sports, considère comme « une lacune ». Mais c'est délibérément que le Conseil fédéral a accordé en 2004 aux coupoles sportives le droit d'échapper à la loi, de laver leur linge sale en famille ou de le planquer à l'abri des reniflements. Résultat : non seulement la FIFA, dont les profits annuels frôlent les 200 millions, et le chiffre d'affaire le milliard, ne paie pas d'impôts, alors qu'elle contrôle plus ou moins directement plusieurs sociétés commerciales (droits TV, voyages, produits dérivés etc.), mais cette «grande famille du sport » est aussi une petite affaire de famille : la famille Blatter. L'oncle préside la coupole, le neveu s'est taillé à son abri un petit empire sportivo-commercial personnel et a conclu plusieurs contrats particulièrement juteux. A la corruption dont la FIFA est le théâtre, ou le stade, s'ajoute donc le népotisme. La corruption ? deux membres du comité exécutif de la Coupole ont été filmés en train de monnayer leur voix pour le vote attribuant les coupes du monde 2018 et 2022. La FIFA a fait mine d'ouvrir une enquête, qu'elle s'est prudemment confiée à elle-même, histoire de s'assurer qu'elle ne déborde pas des cas des deux malheureux basanés qui se sont fait filmer (un Tahitien et un Nigérian). Or sur les 24 membres du Comité exécutif de la FIFA qui viennent d'attribuer le Mondial à la Russie et au Qatar, au moins sept sont déjà lourdement soupçonnés de s'être fait acheter à d'autres occasions, et même l'accession du Suisse Sepp Blatter à la présidence du machin a été facilitée par des pratiques qu'on dira pudiquement « douteuses » alors qu'en fait il y a assez peu de doutes à avoir à leur sujet (la présidente d'une fédération somalienne de foot dont on ignorait même qu'elle existât, a reconnu avoir vendu 100'000 dollars sa voix à Blatter...). Mais faut pas dire du mal du sport professionnel, c'est une grande et belle famille. Et une famille baignant dans la moralité et l'éthique. La preuve : les ligues de football professionnel européennes se sont engagées à soutenir la campagne « Un milliard d'affamés » lancée par l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), appelant les gouvernements à accorder une priorité à l'éradication de la faim. Et la FIFA elle-même veut interdire aux joueurs toute expression religieuse (objets, signes, postures etc...) dans les stades lors des compétitions qu'elle organise ou supervise. On pourrait en ricaner, quand on mesure la place prise par la publicité marchande dans lesdits stades, sur les joueurs, et dans le financement de la milliardaire FIFA par ses sponsors. Mais au fond, la FIFA est logique, monothéiste et cohérente : elle n'a de Dieu que celui du marché du foot professionnel, en est la prophétesse et l'église, et ni le Dieu unique, ni sa prophétesse, ni son église n'aiment la concurrence. En revanche, depuis que le rouble est convertible et que les petrodollars pleuvent sur le Qatar, le veau d'or, elle est prête à y implanter son culte..
La Coupole et le veau d'or
La Coupole internationale du foot-pognon, la FIFA, est une organisation de droit suisse. Et quand on dit « de droit », c'est de « non droit » qu'il conviendrait de parler. Les fédérations sportives internationales installées en Suisse, comme la FIFA, l'UEFA ou le Comité international olympique, ne sont pas soumises à la loi suisse qui réprime (mollement) la corruption. Ce que même le Conseiller fédéral UDC Ueli Maurer, ci-devant ministre des Sports, considère comme « une lacune ». Mais c'est délibérément que le Conseil fédéral a accordé en 2004 aux coupoles sportives le droit d'échapper à la loi, de laver leur linge sale en famille ou de le planquer à l'abri des reniflements. Résultat : non seulement la FIFA, dont les profits annuels frôlent les 200 millions, et le chiffre d'affaire le milliard, ne paie pas d'impôts, alors qu'elle contrôle plus ou moins directement plusieurs sociétés commerciales (droits TV, voyages, produits dérivés etc.), mais cette «grande famille du sport » est aussi une petite affaire de famille : la famille Blatter. L'oncle préside la coupole, le neveu s'est taillé à son abri un petit empire sportivo-commercial personnel et a conclu plusieurs contrats particulièrement juteux. A la corruption dont la FIFA est le théâtre, ou le stade, s'ajoute donc le népotisme. La corruption ? deux membres du comité exécutif de la Coupole ont été filmés en train de monnayer leur voix pour le vote attribuant les coupes du monde 2018 et 2022. La FIFA a fait mine d'ouvrir une enquête, qu'elle s'est prudemment confiée à elle-même, histoire de s'assurer qu'elle ne déborde pas des cas des deux malheureux basanés qui se sont fait filmer (un Tahitien et un Nigérian). Or sur les 24 membres du Comité exécutif de la FIFA qui viennent d'attribuer le Mondial à la Russie et au Qatar, au moins sept sont déjà lourdement soupçonnés de s'être fait acheter à d'autres occasions, et même l'accession du Suisse Sepp Blatter à la présidence du machin a été facilitée par des pratiques qu'on dira pudiquement « douteuses » alors qu'en fait il y a assez peu de doutes à avoir à leur sujet (la présidente d'une fédération somalienne de foot dont on ignorait même qu'elle existât, a reconnu avoir vendu 100'000 dollars sa voix à Blatter...). Mais faut pas dire du mal du sport professionnel, c'est une grande et belle famille. Et une famille baignant dans la moralité et l'éthique. La preuve : les ligues de football professionnel européennes se sont engagées à soutenir la campagne « Un milliard d'affamés » lancée par l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), appelant les gouvernements à accorder une priorité à l'éradication de la faim. Et la FIFA elle-même veut interdire aux joueurs toute expression religieuse (objets, signes, postures etc...) dans les stades lors des compétitions qu'elle organise ou supervise. On pourrait en ricaner, quand on mesure la place prise par la publicité marchande dans lesdits stades, sur les joueurs, et dans le financement de la milliardaire FIFA par ses sponsors. Mais au fond, la FIFA est logique, monothéiste et cohérente : elle n'a de Dieu que celui du marché du foot professionnel, en est la prophétesse et l'église, et ni le Dieu unique, ni sa prophétesse, ni son église n'aiment la concurrence. En revanche, depuis que le rouble est convertible et que les petrodollars pleuvent sur le Qatar, le veau d'or, elle est prête à y implanter son culte..
19 décembre 2010
Rénovation de la patinoire des Vernets : Combien vaut une fesse de sponsor ?
Pour assurer le confort des fessiers des sponsors et autres « VIP » qu'insupporte l'idée de se mélanger au commun des supporters (qui sentent la bière et la transpiration) du Genève-Servette Hockey-Club (GSHC), le Conseil administratif de la Ville a proposé au Conseil municipal, qui les a renvoyés en commission, un ensemble de deux ou trois crédits, pour un total de 13 ou 14 millions de francs, destinés à la création aux Vernets de « sky loges » et d'une « zone Lounge » et du « reprofilage du gradin sponsors ». En quels termes poétiques est dit ce vrai projet de gauche, pour une vraie Municipalité de gauche... Ces crédits, toutefois, ne satisfont même pas le GSHC, qui veut plus : une nouvelle patinoire. Et qui craint que la rénovation de l'ancienne, et l'amélioration de l'accueil des séants de la crème (financière) des spectateurs, ne soient un argument pour repousser aux calendes grecques la « nouvelle enceinte » dont il rêve et dont il rêve qu'elle lui soit offerte sur un plateau par la Ville et le Canton. Et le président du GHSC, Hugh Quennec, de sussurrer que le club « ne demande pas d'aide financière, mais simplement un outil structurel » pour lui permettre « de vivre ». Le rôle d'une collectivité locale est-il de mettre une infrastructure sportive à la disposition d'un club ou de la mettre à disposition de la population ?
Démangeaisons référendaires
Le Genève-Servette Hockey Club se paie une pleine page couleur de la Tribune de Genève, pour chanter ses louanges, et conclure son cantique d'autocélébration par un appel à soutenir la « construction d'une nouvelle patinoire pour le 1er septembre 2015 ». Sns doute par pure coïncidence, la pub du GSHC paraissait mardi, juste avant le début de débat (un début interminable pour un débat creux) sur le crédit de 13 ou 14 millions demandé par le Conseil administratif pour rénover la patinoire des Vernets. Parce qu'il a peur, le GSHC, qu'avec la rénovation des Vernets, on ait un argument pour ne pas lui offrir la nouvelle patinoire de ses rêves. Dans ce qui a tenu lieu de débat sur le sujet, on a à peu près tout entendu, d'à peu près tous les côtés, sur la nécessité de soutenir d'une manière ou d'une autre le « club phare du hockey genevois ». Tout, y compris les inévitables lieux communs sur la valeur du sport d'élite et de ses héros pour la jeunesse, qui devrait pouvoir s'y identifier -comme si l'identification à des toxicomanes millionnaires se castagnant dans des matches truqués sous les hurlements de supporters réduits à l'état préhominien était devenu un objectif pédagogique. Bref, on nous a resservi, à propos de la patinoire et du Servette-Hockey un plat qu'il nous souvient d'avoir goûté il y a une dizaine d'année à propos d'un stade et du Servette-football. Un plat que ni nous, ni Genève, n'avons toujours pas digéré : la Praille, son stade, son trou financier... Un stade trois fois trop grand, qui a coûté deux fois plus que prévu, qui vaut aujourd'hui dix fois moins que ce qu'il a coûté et qui n'accueille en moyenne que vingt fois moins de spectateurs qu'il n'en peut contenir... Espérons que le feuilleton qui commence à propos de la nouvelle patinoire dont rêve le GSHC fera remonter à la surface de la conscience politique locale quelques bribes de mémoire. Parce que la trame du feuilleton de cette patinoire est la même que celle du Stade de la Praille. Et que nos démangeaisons référendaires, elles aussi, sont les mêmes. Y compris contre le crédit demandé par le Conseil administratif pour rénover les boxes à sponsors des Vernets -et à plus forte raison lorsqu'il s'agira de se prononcer sur le moindre soutien financier apporté par la Ville (ou le canton) au projet de nouvelle patinoire, et la moindre autorisation de la construire -pour autant qu'un référendum soit alors possible.
Démangeaisons référendaires
Le Genève-Servette Hockey Club se paie une pleine page couleur de la Tribune de Genève, pour chanter ses louanges, et conclure son cantique d'autocélébration par un appel à soutenir la « construction d'une nouvelle patinoire pour le 1er septembre 2015 ». Sns doute par pure coïncidence, la pub du GSHC paraissait mardi, juste avant le début de débat (un début interminable pour un débat creux) sur le crédit de 13 ou 14 millions demandé par le Conseil administratif pour rénover la patinoire des Vernets. Parce qu'il a peur, le GSHC, qu'avec la rénovation des Vernets, on ait un argument pour ne pas lui offrir la nouvelle patinoire de ses rêves. Dans ce qui a tenu lieu de débat sur le sujet, on a à peu près tout entendu, d'à peu près tous les côtés, sur la nécessité de soutenir d'une manière ou d'une autre le « club phare du hockey genevois ». Tout, y compris les inévitables lieux communs sur la valeur du sport d'élite et de ses héros pour la jeunesse, qui devrait pouvoir s'y identifier -comme si l'identification à des toxicomanes millionnaires se castagnant dans des matches truqués sous les hurlements de supporters réduits à l'état préhominien était devenu un objectif pédagogique. Bref, on nous a resservi, à propos de la patinoire et du Servette-Hockey un plat qu'il nous souvient d'avoir goûté il y a une dizaine d'année à propos d'un stade et du Servette-football. Un plat que ni nous, ni Genève, n'avons toujours pas digéré : la Praille, son stade, son trou financier... Un stade trois fois trop grand, qui a coûté deux fois plus que prévu, qui vaut aujourd'hui dix fois moins que ce qu'il a coûté et qui n'accueille en moyenne que vingt fois moins de spectateurs qu'il n'en peut contenir... Espérons que le feuilleton qui commence à propos de la nouvelle patinoire dont rêve le GSHC fera remonter à la surface de la conscience politique locale quelques bribes de mémoire. Parce que la trame du feuilleton de cette patinoire est la même que celle du Stade de la Praille. Et que nos démangeaisons référendaires, elles aussi, sont les mêmes. Y compris contre le crédit demandé par le Conseil administratif pour rénover les boxes à sponsors des Vernets -et à plus forte raison lorsqu'il s'agira de se prononcer sur le moindre soutien financier apporté par la Ville (ou le canton) au projet de nouvelle patinoire, et la moindre autorisation de la construire -pour autant qu'un référendum soit alors possible.
24 novembre 2010
Fonds de tiroir
Le FC Servette veut prendre à sa charge l'exploitation du Stade de Genève : son président, Majid Pishar, l'a proposé à la Fondation du stade et au Conseil d'Etat, et se dit prêt à sortir les 20 millions nécessaires. C'est un début de bonne idée. A laquelle manque encore ce qui pourrait la couronner et satisfaire tout le monde : que le club rachète carrément le stade, et débarrasse les collectivités publiques de ce fardeau. Vous le voulez, votre stade ? Et bien prenez-le. Et gardez-le. Nous, on est d'accord. On est même d'accord de vous le vendre pour un franc symbolique. Et pour solde de tout compte. Le projet du Servette pour l'exploitation du stade de la Praille est alléchant : on y trouve même une crêche, un musée, une disco... Bah, tant que ça peut remplir ce machin, pourquoi pas ? On attend donc la proposition d'installer un EMS et une prison dans le stade. Tant qu'à faire.Pour rendre« son » stade de la Praille, déserté par le public, plus vivant, le Servette FC envisagerait, selon la « Tribune de Genève », de garnir virtuellement ses gradins vides de faux spectateurs. ça doit être l'effet« avatar » : quand la réalité est déprimante, garnissons-làd'illusions... Bon, pour les finances, ça change rien vu que le spectateur virtuel ne paie pas sa place, mais on aura ainsi des images d'un stade rempli, au lieu de celles, trivialement réalistes, d'un terrain vague très, très vague et très, très vide. On progresse, donc. Il n'y a plus qu'àrendre le stade lui-même virtuel, et on aura quand même fini par s'en débarrasser.
Après la Coupole internationale du foot-pognon, la FIFA, c'est la Coupole continentale, l'UEFA, qui est accusée par l'un de ses membres d'être le terrain de jeu de la corruption : le représentant de la fédération chypriote a déclaré que l'attribution de l'Euro 2012 àl'Ukraine et à la Pologne avait fait l'objet d'achat de voix et de corruption de cinq responsables de l'UEFA, le tout pour la modique somme de onze millions d'euros. Evidemment, l'UEFA (comme précédemment la FIFA) se récrie et demande des preuves. Evidemment, nous, on ricane bêtement. Et évidemment, tout ça finira en eau de boudin, puisque les fédérations sportives internationales installées en Suisse, comme la FIFA, l'UEFA ou le Comité international olympique, ne sont pas soumises à la loi suisse qui réprime (mollement) la corruption. Ce que même le Conseiller fédéral UDC Ueli Maurer considère comme « une lacune » (et il s'y connaît, en lacunes, Ueli der Soldat). Une lacune ? Tu parles : c'est tout à fait délibérément que le Conseil fédéral a accordé en 2004 aux coupoles sportives le droit d'échapper à la loi, de laver leur linge sale en famille ou de le planquer à l'abri des regards et des reniflements.
Le meilleur joueur du dernier Mondial de foot est mort. Dans un aquarium. C'était un poulpe : Paul-le-Poulpe, de son petit nom. Il avait non seulement prédit le résultat des huit matches sur lesquels on lui avait demandé son avis, mais il avait été aussi le seul acteur de la fête àneuneu qui n'en ait jamais injurié, taclé, ou retenu un autre par le maillot. Le seul aussi à ne s'être ni dopé, ni laissé acheter, ni laissé transformer en panneau publicitaire. Un vrai sportif amateur, quoi.
On nous serine avec « la grande famille du sport », et on commençait sérieusement à en avoir plein les oreilles, de cette « grande famille du sport », lorsque nous tomba sous les yeux une page entière du « Matin dimanche » de dimanche dernier, nous présentant quelques unes des caractéristiques financières de la coupole du foot pognon, la FIFA, dont les profits annuels frôlent les 200 millions, et le chiffre d'affaire le milliard. La FIFA est, comme on le sait, présidée par le Valaisan Joseph Blatter, qui a ce titre contrôle plus ou moins directement plusieurs sociétés, « qui toutes mènent des activités à 100 % commerciales (droits TV, voyages, produits dérivés etc. » précise « Le Matin Dimanche », qui enfonce le clou : de la FIFA et des sociétés contrôlées par la FIFA, le neveu de Joseph Blatter, qui s'est taillé son petit empire sportivo-commercial personnel, a obtenu plusieurs contrats particulièrement juteux, notamment à travers le contrôle de droits télévisuels exclusifs pour l'Asie (Chine comprise) du Mondial 2010 et 2016, la vente (toujours exclusive) des billets d'avions et des réservations d'hôtels... Une petite affaire de famille dans la « grande famille du sport », quoi. Qui n'est absolument pas touchée par la corruption. Et encore moins par le népotisme. Promis, juré.
Après la Coupole internationale du foot-pognon, la FIFA, c'est la Coupole continentale, l'UEFA, qui est accusée par l'un de ses membres d'être le terrain de jeu de la corruption : le représentant de la fédération chypriote a déclaré que l'attribution de l'Euro 2012 àl'Ukraine et à la Pologne avait fait l'objet d'achat de voix et de corruption de cinq responsables de l'UEFA, le tout pour la modique somme de onze millions d'euros. Evidemment, l'UEFA (comme précédemment la FIFA) se récrie et demande des preuves. Evidemment, nous, on ricane bêtement. Et évidemment, tout ça finira en eau de boudin, puisque les fédérations sportives internationales installées en Suisse, comme la FIFA, l'UEFA ou le Comité international olympique, ne sont pas soumises à la loi suisse qui réprime (mollement) la corruption. Ce que même le Conseiller fédéral UDC Ueli Maurer considère comme « une lacune » (et il s'y connaît, en lacunes, Ueli der Soldat). Une lacune ? Tu parles : c'est tout à fait délibérément que le Conseil fédéral a accordé en 2004 aux coupoles sportives le droit d'échapper à la loi, de laver leur linge sale en famille ou de le planquer à l'abri des regards et des reniflements.
Le meilleur joueur du dernier Mondial de foot est mort. Dans un aquarium. C'était un poulpe : Paul-le-Poulpe, de son petit nom. Il avait non seulement prédit le résultat des huit matches sur lesquels on lui avait demandé son avis, mais il avait été aussi le seul acteur de la fête àneuneu qui n'en ait jamais injurié, taclé, ou retenu un autre par le maillot. Le seul aussi à ne s'être ni dopé, ni laissé acheter, ni laissé transformer en panneau publicitaire. Un vrai sportif amateur, quoi.
On nous serine avec « la grande famille du sport », et on commençait sérieusement à en avoir plein les oreilles, de cette « grande famille du sport », lorsque nous tomba sous les yeux une page entière du « Matin dimanche » de dimanche dernier, nous présentant quelques unes des caractéristiques financières de la coupole du foot pognon, la FIFA, dont les profits annuels frôlent les 200 millions, et le chiffre d'affaire le milliard. La FIFA est, comme on le sait, présidée par le Valaisan Joseph Blatter, qui a ce titre contrôle plus ou moins directement plusieurs sociétés, « qui toutes mènent des activités à 100 % commerciales (droits TV, voyages, produits dérivés etc. » précise « Le Matin Dimanche », qui enfonce le clou : de la FIFA et des sociétés contrôlées par la FIFA, le neveu de Joseph Blatter, qui s'est taillé son petit empire sportivo-commercial personnel, a obtenu plusieurs contrats particulièrement juteux, notamment à travers le contrôle de droits télévisuels exclusifs pour l'Asie (Chine comprise) du Mondial 2010 et 2016, la vente (toujours exclusive) des billets d'avions et des réservations d'hôtels... Une petite affaire de famille dans la « grande famille du sport », quoi. Qui n'est absolument pas touchée par la corruption. Et encore moins par le népotisme. Promis, juré.
22 octobre 2010
Fonds de tiroir
Derby de foot entre Lausanne Sport et Servette : la fondation du stade annonce, toute fiérote, que la fréquentation du stade a battu le record des matches de « Challenge League », avec 15'252 spectateurs. Soit un stade à moitié vide. Il est vrai qu'il l'est généralement à 90 %, vide. On peut dès lors être fiers pour pas grand chose.
Selon un rapport de la Cour des Comptes, c'est un peu le bordel dans l'utilisation des fonds reçue de la Loterie Romande par la Commission cantonale d'aide au sport (l'ancienne commission du Sport-Toto) : une partie des fonds laissés à la libre disposition du Conseiller d'Etat Mark Muller entre 2007 et 2009 ont été utilisés dans un joyeux irrespect du règlement : 200'000 francs débloqués (c'est le mot) pour étudier le projet loufoque d'organiser les Jeux Olympiques d'hiver 2018, et 50'000 balles pour financer le ballon gonflable qui nous a gonflé au-dessus du jet d'eau pendant l'Eurofoot 2008, ont été affectés par la commission en sortant de son rôle. qui est d'encourager « l'éducation physique de la jeunesse et le développement du sport amateur ». Quand aux quatre millions versés pour boucher les trous des finances du Stade de Genève, la Cour n'a tout simplement pas pu vérifier leur adéquation au règlement, faute d'éléments d'analyse suffisants. Toutes ces décisions de soutenir des foirades (les JO 2018, le ballon de l'Eurofoot et le stade de la Praille) ont été ratifiées, a posteriori, par le Conseil d'Etat (ce qui signifie qu'elles ont été prises par Muller tout seul). Explication de Charles Beer : elles correspondaient à « certains intérêts stratégiques du canton ». Bon sang, mais c'est bien sûr, la baudruche à Jobin, elle était « stratégique », c'était pas la grotesque pétuffe qu'on croyait voir, c'était un Zeppelin d'observation des cellules dormantes du terrorisme anti-sportif... Vous n'avez pas légèrement l'impression fugace qu'on se fout un peu de la gueule du monde, là ?
Ah ben ça alors, pour une surprise, c'est une surprise : y'a de la corruption dans la mafia du foot-pognon. Deux membres du comité exécutif de la Coupole (la Fédération internationale FIFA) ont été filmés en train de monnayer leur voix pour le vote attribuant les coupes du monbde 2018 et 2022. Et ça fait tout un tintouin, et la FIFA a dû faire mine d'ouvrir une enquête. Qu'elle s'est prudemment confiée à elle-même, histoire de s'assurer qu'elle ne déborde pas des cas des deux malheureux basanés qui se sont fait piquer (un Tahitien et un Nigérian). Parce qu'en fait, sur 24 membres du Comité exécutif de la FIFA, au moins sept sont déjà lourdement soupçonnés de s'être fait acheter à d'autres occasions, et que même l'accession du Suisse Sepp Blatter à la présidence du machin, des pratiques qu'on dira pudiquement « douteuses » alors qu'en fait, il y a assez peu de doutes à avoir à leur sujet, ont été évoquées (la présidente de la fédération somalienne de foot, dont on ignorait même qu'elle existât, avait reconnu avoir vendu 100'000 dollars sa voix à Blatter...). Mais bon, faut pas dire du mal du sport professionnel, Non, faut pas. C'est une grande et belle famille. La preuve : Les Ligues de football professionnelles européennes se sont engagées mardi à soutenir la campagne « Un milliard d'affamés » lancée par l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), campagne se manifestant par une pétition appelant les gouvernements à accorder une priorité à l'éradication de la faim. Meuh non, on ricane pas...
Selon un rapport de la Cour des Comptes, c'est un peu le bordel dans l'utilisation des fonds reçue de la Loterie Romande par la Commission cantonale d'aide au sport (l'ancienne commission du Sport-Toto) : une partie des fonds laissés à la libre disposition du Conseiller d'Etat Mark Muller entre 2007 et 2009 ont été utilisés dans un joyeux irrespect du règlement : 200'000 francs débloqués (c'est le mot) pour étudier le projet loufoque d'organiser les Jeux Olympiques d'hiver 2018, et 50'000 balles pour financer le ballon gonflable qui nous a gonflé au-dessus du jet d'eau pendant l'Eurofoot 2008, ont été affectés par la commission en sortant de son rôle. qui est d'encourager « l'éducation physique de la jeunesse et le développement du sport amateur ». Quand aux quatre millions versés pour boucher les trous des finances du Stade de Genève, la Cour n'a tout simplement pas pu vérifier leur adéquation au règlement, faute d'éléments d'analyse suffisants. Toutes ces décisions de soutenir des foirades (les JO 2018, le ballon de l'Eurofoot et le stade de la Praille) ont été ratifiées, a posteriori, par le Conseil d'Etat (ce qui signifie qu'elles ont été prises par Muller tout seul). Explication de Charles Beer : elles correspondaient à « certains intérêts stratégiques du canton ». Bon sang, mais c'est bien sûr, la baudruche à Jobin, elle était « stratégique », c'était pas la grotesque pétuffe qu'on croyait voir, c'était un Zeppelin d'observation des cellules dormantes du terrorisme anti-sportif... Vous n'avez pas légèrement l'impression fugace qu'on se fout un peu de la gueule du monde, là ?
Ah ben ça alors, pour une surprise, c'est une surprise : y'a de la corruption dans la mafia du foot-pognon. Deux membres du comité exécutif de la Coupole (la Fédération internationale FIFA) ont été filmés en train de monnayer leur voix pour le vote attribuant les coupes du monbde 2018 et 2022. Et ça fait tout un tintouin, et la FIFA a dû faire mine d'ouvrir une enquête. Qu'elle s'est prudemment confiée à elle-même, histoire de s'assurer qu'elle ne déborde pas des cas des deux malheureux basanés qui se sont fait piquer (un Tahitien et un Nigérian). Parce qu'en fait, sur 24 membres du Comité exécutif de la FIFA, au moins sept sont déjà lourdement soupçonnés de s'être fait acheter à d'autres occasions, et que même l'accession du Suisse Sepp Blatter à la présidence du machin, des pratiques qu'on dira pudiquement « douteuses » alors qu'en fait, il y a assez peu de doutes à avoir à leur sujet, ont été évoquées (la présidente de la fédération somalienne de foot, dont on ignorait même qu'elle existât, avait reconnu avoir vendu 100'000 dollars sa voix à Blatter...). Mais bon, faut pas dire du mal du sport professionnel, Non, faut pas. C'est une grande et belle famille. La preuve : Les Ligues de football professionnelles européennes se sont engagées mardi à soutenir la campagne « Un milliard d'affamés » lancée par l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), campagne se manifestant par une pétition appelant les gouvernements à accorder une priorité à l'éradication de la faim. Meuh non, on ricane pas...
26 septembre 2010
Bilan du Mondial de foot
Du pognon pour la FIFA, quoi d'autre ?
La Fédération internationale du foot-pognon (la FIFA) a lancé le 3 septembre dernier des « journées du fair-play ». Elle est particulièrement mal placée pour ce genre d'exercice, et son attitude lors du dernier Mondial de foot, en Afrique du Sud, en témoigne : fausses promesses, prévisions illusoires, absence d'impact durable sur le marché de l'emploi, augmentation des inégalités sociales, instauration d'un véritable protectorat financier sur l'Afrique du Sud... de tous les acteur de ce souk la FIFA est celui qui s'en tire le mieux : elle en retirera 3 milliards de francs (exemptés d'impôts) grâce à une politique strictement orientée vers le profit et une exemption d'impôts, alors que l’Afrique du Sud est confrontée à une perte nette de 2,8 milliards. Les partenaires financiers de la FIFA s'en sont également mis plein les poches, après que les commerçants locaux aient été exclus des périmètres des stades et que 20'000 personnes aient, été expulsées de leur logement et littéralement parquées dans des bidonvilles. Il fallait faire place nette au foot business, à ses pompes, ses oeuvres, ses stades et ses prébendiers.
FIFAfiots
Le premier Mondial de foot organisé sur sol africain a suscité de grands espoirs au sein de la population d'Afrique du Sud. Le gouvernement de ce pays et la FIFA ont tout fait pour stimuler cette euphorie. Ils ont parlé d'essor économique, d'une occasion rêvée de donner une belle image de l'Afrique du Sud et, surtout, de nouvelles perspectives et de places de travail pour la population. Deux mois après la fin du Mondial, le bilan est affligeant : une étude de l'OSEO montre ce que le Mondial 2010 de football a réellement apporté à la population sud-africaine : des nèfles, et des dettes. En revanche, la FIFA s'en est mis plein les poches. Pour l'Afrique du Sud, la Coupe du monde a entraîné, au lieu d'un gain initialement prévu de 4,9 milliards de rands (700 millions de francs), une perte nette de 20 milliards de rands (2,8 milliards de francs). De son côté, la FIFA a enregistré, par rapport à la Coupe du monde 2006, une hausse de ses bénéfices de 50%. Elle avait auparavant obtenu du gouvernement sud-africain que ses gains, ainsi que ceux de ses partenaires, soient exemptés d’impôts. 20 millions de Sud-Africains vivent dans la pauvreté, 12 millions d'entre eux n'ont pas de logement. huit millions et demi vivent dans des bidonvilles, sept millions et demi sont au chômage... Les milliards investis en vue du Mondial auraient pu être utilisés en faveur de ces hommes, de ces femmes, de ces enfants. Ils l'ont été pour les beaux yeux de la Coupole du sport-business, et les pouvoirs publics doivent maintenant réduire leurs dépenses sociales pour payer la facture de la fête à neuneu, alors même qu'en quinze ans, la mortalité enfantine a augmenté en Afrique du Sud, que l'espérance de vie s'y est réduite, que le nombre d'orphelins en raison du SIDA a doublé en cinq ans et que l'Afrique du Sud fait partie des dix pays les plus inégalitaires du monde, s'agissant du revenu. Ce que le Mondial a rapporté (gros) à la FIFA, c'est ce que l'Afrique du Sud a perdu dans ce bastringue. qui a également permis aux grosses entreprises de construction de faire décupler leurs bénéfices, pour attendre le milliard et demi, et tripler les salaires de leurs directeur, alors que plus de 100'000 emplois disparaissaient dans leur secteur et que les travailleurs ont dû mener une grève nationale et 26 grèves locales pour obtenir des salaires ne leur permettant que de survivre. Dans plusieurs villes, des quartiers entiers ont été rasés pour construire des infrastructures exigées par la FIFA, ou, plus trivialement encore, parce qu'il s'agissait de quartiers pauvres et qu'il ne fallait pas que les visiteurs les voient. Lors du lancement de la « journée du fair-play » organisée par la FIFA, des joueurs du monde entier se sont engagés « maintenant et à l'avenir, à faire preuve de fair-play et de solidarité sur et en dehors du terrain ». On doute déjà de la capacité des joueurs de foot à tenir un tel engagement, c'est dire si le suggérer à la FIFA reviendrait à suggérer à la Mafia de s'engager à respecter les droits humains...
La Fédération internationale du foot-pognon (la FIFA) a lancé le 3 septembre dernier des « journées du fair-play ». Elle est particulièrement mal placée pour ce genre d'exercice, et son attitude lors du dernier Mondial de foot, en Afrique du Sud, en témoigne : fausses promesses, prévisions illusoires, absence d'impact durable sur le marché de l'emploi, augmentation des inégalités sociales, instauration d'un véritable protectorat financier sur l'Afrique du Sud... de tous les acteur de ce souk la FIFA est celui qui s'en tire le mieux : elle en retirera 3 milliards de francs (exemptés d'impôts) grâce à une politique strictement orientée vers le profit et une exemption d'impôts, alors que l’Afrique du Sud est confrontée à une perte nette de 2,8 milliards. Les partenaires financiers de la FIFA s'en sont également mis plein les poches, après que les commerçants locaux aient été exclus des périmètres des stades et que 20'000 personnes aient, été expulsées de leur logement et littéralement parquées dans des bidonvilles. Il fallait faire place nette au foot business, à ses pompes, ses oeuvres, ses stades et ses prébendiers.
FIFAfiots
Le premier Mondial de foot organisé sur sol africain a suscité de grands espoirs au sein de la population d'Afrique du Sud. Le gouvernement de ce pays et la FIFA ont tout fait pour stimuler cette euphorie. Ils ont parlé d'essor économique, d'une occasion rêvée de donner une belle image de l'Afrique du Sud et, surtout, de nouvelles perspectives et de places de travail pour la population. Deux mois après la fin du Mondial, le bilan est affligeant : une étude de l'OSEO montre ce que le Mondial 2010 de football a réellement apporté à la population sud-africaine : des nèfles, et des dettes. En revanche, la FIFA s'en est mis plein les poches. Pour l'Afrique du Sud, la Coupe du monde a entraîné, au lieu d'un gain initialement prévu de 4,9 milliards de rands (700 millions de francs), une perte nette de 20 milliards de rands (2,8 milliards de francs). De son côté, la FIFA a enregistré, par rapport à la Coupe du monde 2006, une hausse de ses bénéfices de 50%. Elle avait auparavant obtenu du gouvernement sud-africain que ses gains, ainsi que ceux de ses partenaires, soient exemptés d’impôts. 20 millions de Sud-Africains vivent dans la pauvreté, 12 millions d'entre eux n'ont pas de logement. huit millions et demi vivent dans des bidonvilles, sept millions et demi sont au chômage... Les milliards investis en vue du Mondial auraient pu être utilisés en faveur de ces hommes, de ces femmes, de ces enfants. Ils l'ont été pour les beaux yeux de la Coupole du sport-business, et les pouvoirs publics doivent maintenant réduire leurs dépenses sociales pour payer la facture de la fête à neuneu, alors même qu'en quinze ans, la mortalité enfantine a augmenté en Afrique du Sud, que l'espérance de vie s'y est réduite, que le nombre d'orphelins en raison du SIDA a doublé en cinq ans et que l'Afrique du Sud fait partie des dix pays les plus inégalitaires du monde, s'agissant du revenu. Ce que le Mondial a rapporté (gros) à la FIFA, c'est ce que l'Afrique du Sud a perdu dans ce bastringue. qui a également permis aux grosses entreprises de construction de faire décupler leurs bénéfices, pour attendre le milliard et demi, et tripler les salaires de leurs directeur, alors que plus de 100'000 emplois disparaissaient dans leur secteur et que les travailleurs ont dû mener une grève nationale et 26 grèves locales pour obtenir des salaires ne leur permettant que de survivre. Dans plusieurs villes, des quartiers entiers ont été rasés pour construire des infrastructures exigées par la FIFA, ou, plus trivialement encore, parce qu'il s'agissait de quartiers pauvres et qu'il ne fallait pas que les visiteurs les voient. Lors du lancement de la « journée du fair-play » organisée par la FIFA, des joueurs du monde entier se sont engagés « maintenant et à l'avenir, à faire preuve de fair-play et de solidarité sur et en dehors du terrain ». On doute déjà de la capacité des joueurs de foot à tenir un tel engagement, c'est dire si le suggérer à la FIFA reviendrait à suggérer à la Mafia de s'engager à respecter les droits humains...
12 août 2010
Fonds de tiroir
Qualifié pour l' « Europa League », le club de foot de Lausanne, résidant d'un stade qui contrevient aux normes de la bureaucratie du foot-pognon (l'UEFA, donc), a cherché et obtenu, par tous les moyens, à ne pas devoir jouer dans le stade de Genève. M'enfin, qu'est-ce qu'il a, notre trou de la Praille ? Il est pas beau ? il sent le pâté ? Frédéric Hohl veut pas organiser les pince-fesses annexes ?
La Fédération internationale du foot-pognon (la FIFA) lance des « journées du fait-play ». Elle est bienl placée : la FIFA retirera 3 milliards (exemptés d'impôts) du dernier Mondial, alors que l’Afrique du Sud est confrontée à une perte nette de 2,8 milliards de francs. Les partenaires financiers de la FIFA s'en sont également mis plein les poches, alors que les commerçants locaux ont été exclus des périmètres des stades et que 20'000 personnes ont, en outre, été expulsées de leur logement et littéralement parquées dans des bidonvilles. Vive le foot, quoi !
Au Cap, pour faire de la place au nouveau stade accueillant le Mondial de foot, 7000 habitants ont été déplacés dans un quartier de relégation créé ex nihilo, Blikkiesdorp, à vingt kilomètres du centre-ville, entre un aéroport et une autoroute, où ils vivent dans des baraquements en tôle, sans droit de propriété. Déjà en 2008, pour les Jeux Olympiques de Pékin, un million et demi de personnes avaient été expulsées. Pour les prochains Jeux du Commonwealth, en Inde, on compte déjà 35'000 déplacés. Vive le sport. Surtout la marche à pied des pauvres de la périphérie de la ville à son centre.
La Fédération internationale du foot-bizness, la FIFA, veut interdire aux joueurs toute expression religieuse (objets, signes, postures etc...) dans les stades lors des compétitions qu'elle organise ou supervise. On pourrait s'en indigner, surtout quand on mesure la place prise par la publicité marchande dans lesdits stades, et même sur les joueurs, et en tout cas dans le financement de la milliardaire FIDA par ses sponsors. Mais au fond, la FIFA est logique, monothéiste et cohérente : il n'y de Dieu que celui du marché du foot professionnel, la FIFA est sa prophétesse et son église, et ni le Dieu unique ni sa prophétesse ni son église n'aiment la concurrence.
Après que l'Union européenne de foot ait refusé au club français Evian.Thonon-Gaillard le droit de jouer comme à domicile au stade de Genève, et l'ait contraint à jouer à Annecy, le président de la fondation dudit stade, Benoît Genecand, fort marri, explique que « vu d'avion, il n'y a aucun sens à faire jouer le club à Annecy ou à construire un nouveau stade à deux pas de celui de Genève». Ouais. Vu de satellite non plus, ça n'a aucun sens. Mais ça n'en avait pas plus de construire un stade de 30'000 places à Genève pour qu'il reste vide, alors qu'on aurait pu rénover les Charmilles et les remplir un peu plus... alors tant qu'à faire dans l'insensé, autant y rester...
Le président sud-africain Jacob Zuma voit dans le Mondial de foot le plus grand événement pour le pays depuis la fin de l’apartheid. Pretoria avait misé sur le Mondial pour relancer l’économie du pays, durement touchée par la crise financière. Mais la facture risque d’être lourde et le réveil difficile pour le contribuable sud-africain. Le gouvernement a entrepris de vastes efforts pour l’occasion. Des stades surdimensionnés ont été construits ou réhabilités, des autoroutes ont été élargies ou prolongées, le pays s’est doté d’un nouvel aéroport à Durban, un train luxueux et rapide desservant les quartiers chics de Johannesbourg, le Gautrain, a vu le jour, les télécommunications ont été améliorées… Au total, les pouvoirs publics ont déboursé 3,5 milliards d’euros, bien plus que les 230 millions d’euros sur lesquels le gouvernement tablait au départ. Le ministère des finances a révisé à la baisse les retombées de la compétition sur la croissance. Ces dernières étaient évaluées à 1 % ; le chiffre a été divisé par deux et pourrait bien être encore plus bas. Le coût total des neuf stades, par exemple, était estimé à 120 millions d’euros ; la facture définitive se monte à un milliard d’euros, soit dix fois plus que celle envisagée initialement. Certains experts prévoient que le gouvernement fera des coupes drastiques dans les comptes publics pour amortir les dépenses, dont la rentabilité à court terme sera dérisoire. L’argent économisé, qui correspond au budget affecté à la construction de logements pendant dix ans, aurait notamment permis de loger 250 000 personnes à Johannesbourg, une ville frappée par la pauvreté et où les bidonvilles et les sans-abris sont légion. Pretoria a préféré procéder à des expulsions massives à travers le pays, comme au Cap, où vingt mille personnes ont été déplacées de force pour « embellir » la ville.
« La différence entre le football et d'autres empires gagnés par la conquête, c'est qu'il n'existe pas de puissance dominante capable d'imposer sa volonté aux autres », déclare, dans« Le Matin Dimanche », Pascal Boniface, directeur de l'Institut de relations internationales et stratégiques... « Pas de puissance dominante » ? Tu parles... et la FIFA alors ?
Après la défaite de l'équipe de Suisse face au Chili, au Mondial de foot, « les fans suisses se vengent de l'arbitre» sur internet, et notamment via l'encyclopédie en ligne « Wikipedia », signale « 20 Minutes » du 23 juin. C'est vrai, quoi, de quel droit un arbitre arabe peut-il expulser un joueur de l'équipe de Suisse (même un peu « arabe » d'origine, sur les bords) ou ratifier l'entrée d'un ballon chilien dans les buts suisses ? Hein, de quel droit ? D'ailleurs, un arbitre saoudien, ça devrait même pas exister, ou alors seulement pour les courses de dromadaires dans le désert.
La Fédération internationale du foot-pognon (la FIFA) lance des « journées du fait-play ». Elle est bienl placée : la FIFA retirera 3 milliards (exemptés d'impôts) du dernier Mondial, alors que l’Afrique du Sud est confrontée à une perte nette de 2,8 milliards de francs. Les partenaires financiers de la FIFA s'en sont également mis plein les poches, alors que les commerçants locaux ont été exclus des périmètres des stades et que 20'000 personnes ont, en outre, été expulsées de leur logement et littéralement parquées dans des bidonvilles. Vive le foot, quoi !
Au Cap, pour faire de la place au nouveau stade accueillant le Mondial de foot, 7000 habitants ont été déplacés dans un quartier de relégation créé ex nihilo, Blikkiesdorp, à vingt kilomètres du centre-ville, entre un aéroport et une autoroute, où ils vivent dans des baraquements en tôle, sans droit de propriété. Déjà en 2008, pour les Jeux Olympiques de Pékin, un million et demi de personnes avaient été expulsées. Pour les prochains Jeux du Commonwealth, en Inde, on compte déjà 35'000 déplacés. Vive le sport. Surtout la marche à pied des pauvres de la périphérie de la ville à son centre.
La Fédération internationale du foot-bizness, la FIFA, veut interdire aux joueurs toute expression religieuse (objets, signes, postures etc...) dans les stades lors des compétitions qu'elle organise ou supervise. On pourrait s'en indigner, surtout quand on mesure la place prise par la publicité marchande dans lesdits stades, et même sur les joueurs, et en tout cas dans le financement de la milliardaire FIDA par ses sponsors. Mais au fond, la FIFA est logique, monothéiste et cohérente : il n'y de Dieu que celui du marché du foot professionnel, la FIFA est sa prophétesse et son église, et ni le Dieu unique ni sa prophétesse ni son église n'aiment la concurrence.
Après que l'Union européenne de foot ait refusé au club français Evian.Thonon-Gaillard le droit de jouer comme à domicile au stade de Genève, et l'ait contraint à jouer à Annecy, le président de la fondation dudit stade, Benoît Genecand, fort marri, explique que « vu d'avion, il n'y a aucun sens à faire jouer le club à Annecy ou à construire un nouveau stade à deux pas de celui de Genève». Ouais. Vu de satellite non plus, ça n'a aucun sens. Mais ça n'en avait pas plus de construire un stade de 30'000 places à Genève pour qu'il reste vide, alors qu'on aurait pu rénover les Charmilles et les remplir un peu plus... alors tant qu'à faire dans l'insensé, autant y rester...
Le président sud-africain Jacob Zuma voit dans le Mondial de foot le plus grand événement pour le pays depuis la fin de l’apartheid. Pretoria avait misé sur le Mondial pour relancer l’économie du pays, durement touchée par la crise financière. Mais la facture risque d’être lourde et le réveil difficile pour le contribuable sud-africain. Le gouvernement a entrepris de vastes efforts pour l’occasion. Des stades surdimensionnés ont été construits ou réhabilités, des autoroutes ont été élargies ou prolongées, le pays s’est doté d’un nouvel aéroport à Durban, un train luxueux et rapide desservant les quartiers chics de Johannesbourg, le Gautrain, a vu le jour, les télécommunications ont été améliorées… Au total, les pouvoirs publics ont déboursé 3,5 milliards d’euros, bien plus que les 230 millions d’euros sur lesquels le gouvernement tablait au départ. Le ministère des finances a révisé à la baisse les retombées de la compétition sur la croissance. Ces dernières étaient évaluées à 1 % ; le chiffre a été divisé par deux et pourrait bien être encore plus bas. Le coût total des neuf stades, par exemple, était estimé à 120 millions d’euros ; la facture définitive se monte à un milliard d’euros, soit dix fois plus que celle envisagée initialement. Certains experts prévoient que le gouvernement fera des coupes drastiques dans les comptes publics pour amortir les dépenses, dont la rentabilité à court terme sera dérisoire. L’argent économisé, qui correspond au budget affecté à la construction de logements pendant dix ans, aurait notamment permis de loger 250 000 personnes à Johannesbourg, une ville frappée par la pauvreté et où les bidonvilles et les sans-abris sont légion. Pretoria a préféré procéder à des expulsions massives à travers le pays, comme au Cap, où vingt mille personnes ont été déplacées de force pour « embellir » la ville.
« La différence entre le football et d'autres empires gagnés par la conquête, c'est qu'il n'existe pas de puissance dominante capable d'imposer sa volonté aux autres », déclare, dans« Le Matin Dimanche », Pascal Boniface, directeur de l'Institut de relations internationales et stratégiques... « Pas de puissance dominante » ? Tu parles... et la FIFA alors ?
Après la défaite de l'équipe de Suisse face au Chili, au Mondial de foot, « les fans suisses se vengent de l'arbitre» sur internet, et notamment via l'encyclopédie en ligne « Wikipedia », signale « 20 Minutes » du 23 juin. C'est vrai, quoi, de quel droit un arbitre arabe peut-il expulser un joueur de l'équipe de Suisse (même un peu « arabe » d'origine, sur les bords) ou ratifier l'entrée d'un ballon chilien dans les buts suisses ? Hein, de quel droit ? D'ailleurs, un arbitre saoudien, ça devrait même pas exister, ou alors seulement pour les courses de dromadaires dans le désert.
11 août 2010
Football : quand les Bleus méritent toute notre gratitude
Allumeeeez, le feuuuuuu !
Dès le coup de sifflet final de l'ultime match livré (clef en main) par l'équipe de France au Mondial sud-africain, ça a commencé. Comme à Gravelotte, c'est tombé sur les Bleus, de toutes parts Puis c'est remonté, de tout en bas, de tout au fond, là d'où débondent les égoûts médiatiques. ça avait déjà un peu suinté chez nous après la défaite de l'équipe de Suisse face à celle du Chili (la faute à l'arbitre, forcément), ça dégouline désormais un peu partout, ici et en France, en France sur le mode malin des pontifiantes certitudes à la Finkelkraut, et ici sur le mode bénin de l'ordinaire francophobie crapoteuse qui s'est étalée, après la défaite de l'équipe de France, dans les forums internet, sur Facebook et Twitter, dans les discussions de bistrot où les beaufs locaux, après s'être pris pour Francis Drake en clamant entre deux bières « on a battu l’Espagne », se sont pris ensuite pour les vengeurs de Marignan en exsudant leur francophobie...
Coq hardi
De quoi les Bleus sont-ils le nom ? des années Sarkozy -les années de l'immortel auteur du célèbre « casse-toi pauvre con », qui sermonne aujourd'hui les joueurs de l'équipe nationale de foot pour l'image qu'ils donnent de la France. La même que celle qu'il en donne lui-même depuis son élection : celle du fric et du trépignement infantile. Et à Sarkozy, la nomenklatura française fait écho : « Nous sommes la risée du monde », a sangloté le président de la fédération française de foot, un certain Escalettes. La risée du monde ? Plutôt son sel, l'ingrédient qui révèle et relève le goût. Et si le brave Escalettes poursuit en sanglotant encore : « j'ai 50 ans de valeurs morales qui se sont écroulées en un wekk-end », c'est peut-être qu'à mettre ses valeurs morales dans le foot, on finit par les perdre aussi sûrement qu'un épargnant son bas de laine placé chez Madoff. Parce qu'enfin, il conviendrait, plutôt que de s'en prendre aux joueurs (qui sont après tout les seuls dont un match de foot ait besoin...), de s'en prendre à un système qui a a multiplié par vingt depuis 1982 les dotations de la Coupe du Monde aux équipes nationales et aux clubs dont sont membres les joueurs de ces équipes, qui distribuera en 2010 420 millions de dollars aux participants aux jeux du cirque sud-africain... et qui paie trois millions d'euros l'entraîneur de l'équipe d'Italie, un million trois quart celui de l'équipe de Suisse, jusqu'à 8,8 millions celui de l'équipe d'Angleterre... mais 560'000 misérables euros le bouc-émissaire officiel de tous les malheurs de la France, Raymond Domenech. Honneur et reconnaissance aux Bleus, donc, d'avoir révélé ce que suscite le spectacle mondialisé du foot-pognon : non la critique de ce spectacle, ou de la transformation d'un sport en pompe à fric, mais la remontée des remugles racistes, l'ouverture de la chasse au bouc-émissaire, la confusion, soigneusement entretenue politiquement, entre le sort d'une équipe de foot et l'« honneur » d'un pays (et Sarkozy de réclamer la tenue d'« Etats Généraux du football français »... on a les Etats Généraux qu'on mérite, 221 ans après ceux de la Révolution...). Et le reste est à l'avenant, d'Alain Finkelkraut qui hoquète « On a rêvé avec la génération Zidane, aujourd’hui on a plutôt envie de vomir avec la génération caillera. L’équipe de France (est) une équipe de voyous à la morale de mafia qui se foutent de la France », à François Coppé, petit caporal de l'UMP, qui scrongneugneuse « Il est temps qu’on restaure la culture du commandement ». Le dernier des politicard peut bien se prendre pour Danton : avec leur incontestable talent de fouteurs de merde, les Bleus ont mis à nu l'âme du foot spectacle, du foot pognon, du foot drapeau, tel qu'il se donne à voir dans les stades mégalomanes imposés par la FIFA à l'Afrique du Sud. Qu'ils en soient ici remerciés.
Dès le coup de sifflet final de l'ultime match livré (clef en main) par l'équipe de France au Mondial sud-africain, ça a commencé. Comme à Gravelotte, c'est tombé sur les Bleus, de toutes parts Puis c'est remonté, de tout en bas, de tout au fond, là d'où débondent les égoûts médiatiques. ça avait déjà un peu suinté chez nous après la défaite de l'équipe de Suisse face à celle du Chili (la faute à l'arbitre, forcément), ça dégouline désormais un peu partout, ici et en France, en France sur le mode malin des pontifiantes certitudes à la Finkelkraut, et ici sur le mode bénin de l'ordinaire francophobie crapoteuse qui s'est étalée, après la défaite de l'équipe de France, dans les forums internet, sur Facebook et Twitter, dans les discussions de bistrot où les beaufs locaux, après s'être pris pour Francis Drake en clamant entre deux bières « on a battu l’Espagne », se sont pris ensuite pour les vengeurs de Marignan en exsudant leur francophobie...
Coq hardi
De quoi les Bleus sont-ils le nom ? des années Sarkozy -les années de l'immortel auteur du célèbre « casse-toi pauvre con », qui sermonne aujourd'hui les joueurs de l'équipe nationale de foot pour l'image qu'ils donnent de la France. La même que celle qu'il en donne lui-même depuis son élection : celle du fric et du trépignement infantile. Et à Sarkozy, la nomenklatura française fait écho : « Nous sommes la risée du monde », a sangloté le président de la fédération française de foot, un certain Escalettes. La risée du monde ? Plutôt son sel, l'ingrédient qui révèle et relève le goût. Et si le brave Escalettes poursuit en sanglotant encore : « j'ai 50 ans de valeurs morales qui se sont écroulées en un wekk-end », c'est peut-être qu'à mettre ses valeurs morales dans le foot, on finit par les perdre aussi sûrement qu'un épargnant son bas de laine placé chez Madoff. Parce qu'enfin, il conviendrait, plutôt que de s'en prendre aux joueurs (qui sont après tout les seuls dont un match de foot ait besoin...), de s'en prendre à un système qui a a multiplié par vingt depuis 1982 les dotations de la Coupe du Monde aux équipes nationales et aux clubs dont sont membres les joueurs de ces équipes, qui distribuera en 2010 420 millions de dollars aux participants aux jeux du cirque sud-africain... et qui paie trois millions d'euros l'entraîneur de l'équipe d'Italie, un million trois quart celui de l'équipe de Suisse, jusqu'à 8,8 millions celui de l'équipe d'Angleterre... mais 560'000 misérables euros le bouc-émissaire officiel de tous les malheurs de la France, Raymond Domenech. Honneur et reconnaissance aux Bleus, donc, d'avoir révélé ce que suscite le spectacle mondialisé du foot-pognon : non la critique de ce spectacle, ou de la transformation d'un sport en pompe à fric, mais la remontée des remugles racistes, l'ouverture de la chasse au bouc-émissaire, la confusion, soigneusement entretenue politiquement, entre le sort d'une équipe de foot et l'« honneur » d'un pays (et Sarkozy de réclamer la tenue d'« Etats Généraux du football français »... on a les Etats Généraux qu'on mérite, 221 ans après ceux de la Révolution...). Et le reste est à l'avenant, d'Alain Finkelkraut qui hoquète « On a rêvé avec la génération Zidane, aujourd’hui on a plutôt envie de vomir avec la génération caillera. L’équipe de France (est) une équipe de voyous à la morale de mafia qui se foutent de la France », à François Coppé, petit caporal de l'UMP, qui scrongneugneuse « Il est temps qu’on restaure la culture du commandement ». Le dernier des politicard peut bien se prendre pour Danton : avec leur incontestable talent de fouteurs de merde, les Bleus ont mis à nu l'âme du foot spectacle, du foot pognon, du foot drapeau, tel qu'il se donne à voir dans les stades mégalomanes imposés par la FIFA à l'Afrique du Sud. Qu'ils en soient ici remerciés.
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