13 mars 2015





POUR EN FINIR AVEC LE SPORT-POGNON





















Comité de citoyens et citoyennes contre tout nouveau crédit pour le stade de la Praille
Case postale 2003
1211 Genève 2
Compte de chèques postaux : 17-403303-2






courriel : troubles@infomaniak.ch




forum de discussion et archives des bulletins : http://groups.yahoo.com/group/lapraille




Fonds de tiroir

Bonne nouvelle : le Servette foot et le Servette hockey vont devoir casquer pour le déploiement policier lors des matches, même si les débordements se produisent hors de l'enceinte du stade ou de la patinoire. ça va pas chercher des millions, ce qu'il vont devoir payer (entre 500 et 8000 francs par match selon le risque représenté par ledit match) mais c'est un bon début, parce que déjà qu'on ne voit pas pourquoi on devrait payer pour un stade ou une patinoire, on voit encore moins pourquoi tout le monde devrait payer pour les quelques centaines de connards (il y a 1500 hooligans recensés en Suisse, dont une centaine à Genève) que le sport attire comme une merde attire les mouches.

11 décembre 2014

Maroc, Oslo, Paris, le CIO, la FIFA : Petite chronique du sport mafieux


Le sport, vous dites ? Eh non, le pognon...

La Justice helvétique va devoir traiter une plainte déposée par la Coupole internationale du foot business, la FIFA, pour le « mauvais comportement présumé de cerrtaines personnes dans le cadre de l'attribution des Mondiaux » de foot 2018 et 2022 au Qatar et à la Russie. Le « mauvais comportement » en question, c'est l'achat, par les Qataris et les Russes, des voix nécessaires pour que leur soient attribués les jeux du cirque footballistique. Une enquête interne de la FIFA avait pourtant, tout en relevant des « irrégularités », permis à la Coupole de ne pas remettre en cause ces deux attributions, à deux puissances (l'une politique, l'autre financière) qu'elle n'avait pas du tout envie de titiller. Pour le foot continental, on note la défection, au motif ou au prétexte d'Ebola,, du Maroc pour organiser la Coupe d'Afrique. Et il y a aussi des trous dans les Jeux Olympiques, d'hiver et d'été. Et là, ce sont les défections de villes candidates qui ont été annoncées. Alors quoi, ça va mal pour le sport mondial ? Voui : l'essentiel est  menacé. L'essentiel vous dites ? Le sport ? Eh non, banane, le pognon...

«  Si elle imaginait sa propre existence, la connerie ne serait plus elle-même » (Georges Picard)

Premier épisode : Le Maroc ayant déclaré forfait pour l'organisation de la Coupe d'Afrique de foot, en raison de la peur d'une contamination des foules par le virus Ebola, la faîtière continentale de ballopied (la CAF) devait choisir un autre pays. On connaît les critères d'une parfaite rectitude qui guident les choix des faitières (continentales ou internationales) sportives en ce qui concerne la démocratie, les droits humains, la transparence financière, tout ça... Et on n'a pas été déçus : la CAF a choisi la Guinée équatoriale et son président, Teodoro Obiang Nguema, 72 ans dont 35 ans au pouvoir (après un coup d'Etat, forcément, contre son oncle), dictateur « népotique et prédateur » (dixit Le Monde) d'un pays où la violence à l'égard des opposants, de la société civile et de la presse est quotidienne, la corruption omniprésente et la misère massive. Le choix rêvé pour une «grande fête du foot» dont le clan au pouvoir, les entreprises qui lui sont liées et la faîtière continentale du foot profiteront plein pot, et que la plèbe regardera passer. Et paiera. La routine, quoi...

Deuxième épisode : Oslo a retiré sa candidature pour les JO d'hiver 2022 pour des raisons financières (la foire sportive des neiges coûte trop cher pour ce qu'elle vaut aux yeux des Norvégiens), mais « personne ne doit s'inquiéter pour les Jeux », a assuré le président du Comité International Olympique : il reste les deux candidatures de deux célèbres stations de sport d'hiver, Pekin et Almaty (Kazakhstan). Ouagadougou n'était pas candidate. Et à propos du respect des Droits de l'Homme, le CIO assure qu'il prend « très au sérieux l'application de la Charte Olympique durant les jeux ». Avant et après les Jeux, il s'en fout. On se sent très Norvégiens, du coup. Ou Parisiens : la Maire de Paris, Anne Hidalgo, a renvoyé dans les cordes François Hollande qui s'était déclaré « favorable » à ce que la Ville de Paris se porte candidate à l'organisation des Jeux Olympiques d'été de 2024, au prétexte que « ce sera un moment de ferveur », que ça fera « le plein d'équipements, d'emplois et d'industries qui pourront se montrer ». A quoi Hidalgo a fort pertinemment répondu que la « course au toujours plus » à laquelle se livrent les villes organisatrices leur laisse surtout des équipements surdimensionnés, et inutiles une fois les jeux passés.

Dernier épisode : la plainte de la FIFA auprès de la justice suisse, pour corruption (mais sans prononcer le terme) dans l'attribution des Mondiaux de foot 2018 et 2022 au Qatar (où les ouvriers tombent comme des mouches pour construire les stades) et à la Russie. Et elle est bien emmerdée, la justice suisse. Parce que si jamais la plainte devait aboutir à la confirmation officielle de ce que tout le monde sait, que des voix nécessaires au Qatar et à la Russie pour se voir attribuer chacun leur Mondial ont été achetées et que cette attribution est donc nulle et non avenue, on imagine la colère poutinienne et émirienne. Et c'est teigneux, la Russie. Et c'est très riche, le Qatar. Et ils dépensent du pognon, en Suisse, les oligarques et les émirs. Et les fédérations sportives internationales sont bien une soixantaine à avoir posé leur sièges et leurs comptes en banque en Suisse, où elles ont rapporté près d'un milliard et demi de francs à l'économie en 2011. Dès lors, les paris sont ouverts : la justice suisse ira-t-elle jusqu'au bout de son travail, ou enterrera-t-elle le dossier sous le gazon d'un stade?
Tiens, celui de Genève, par exemple, qui ne sert pas à grand chose, pourrait servir à cela. Avant que le canton qui veut le reprendre dans le cadre d'une nouvelle répartition des tâches entre lui et les communes ne s'aperçoive qu'en fait, il ne reprendrait qu'un terrain vague avec un trou au milieu et  des dizaines de millions déjà balancés dedans.

07 décembre 2014

Fonds de tiroir


Oslo a retiré sa candidature pour les Jeux Olympiques d'hiver 2022, pour des raisons financières (la foire sportive des neiges, un gouffre financier pour ses organisateurs mais un pactole pour le ComIté International Olympique, coûte trop cher pour ce qu'elle vaut aux yeux des Norvégiens), mais « personne ne doit s'inquiéter pour les Jeux », a assuré le président du Comité International Olympique : il reste les candidatures de deux célèbres stations de sport d'hiver, Pekin et Almaty (Kazakhstan). Ouagadougou n'était pas candidate. Et à propos du respect des Droits de l'Homme, le CIO assure qu'il prend « très au sérieux l'application de la Charte Olympique durant les jeux ». Avant et après les Jeux, il s'en fout. On se sent très Norvégiens, du coup.

Hier, on félicitait chaudement les Norvégiens pour avoir renoncé à porter Oslo candidate à l'organisation des Jeux Olympiques d'hiver 2022. Aujourd'hui, on félicite tout aussi chaudement la Maire de Paris, Anne Hidalgo, pour avoir renvoyé dans les cordes François Hollande qui s'était déclaré «favorable» à ce que la Ville de Paris se porte candidate à l'organisation des Jeux Olympiques d'été de 2024, au prétexte que « ce sera un moment de ferveur », que ça fera « le plein d'équipements, d'emplois et d'industries qui pourront se montrer». A quoi Hidalgo a fort pertinemment répondu que « les Jeux, ça coûte cher, y compris la candidature en soi » et que la « course au toujours plus » à laquelle se livrent les villes organisatrices leur laisse surtout des équipements surdimensionnés, et inutiles une fois les jeux passés. Eh ouais, François, des fois, c'est utile de réfléchir avant de parler, ça évite de dire des conneries et de se faire tacler par ses propres camarades de parti...

Le Maroc ayant déclaré forfait pour l'organisation de la Coupe d'Afrique de foot, en raison de la peur d'une contamination des foules par le virus Ebola, la faîtière continentale de ballopied (la CAF) devait choisir un autre pays. On connaît les critères d'une parfaite rectitude qui guident les choix des faitières (continentales ou internationales) des sports qui rapportent, en ce qui concerne la démocratie, les droits humains, la transparence financière, tout ça... Et ben on a pas été déçus : la CAF a choisi la Guinée équatoriale et son président, Teodoro Obiang Nguema, 72 ans dont 35 ans au pouvoir (après un coup d'Etat, forcément, et en famille, contre son oncle), dictateur « népotique et prédateur » (dixit « Le Monde ») d'un pays où la violence à l'égard des opposants, de la société civile et de la presse est quotidienne, la corruption omniprésente et la pauvreté massive (la moitié de la population n'a pas accès à l'eau potable, un enfant sur cinq meurt avant l'âge de cinq ans...). Le choix rêvé pour une « grande fête du foot » dont le clan au pouvoir, les entreprises qui lui sont liées et la faîtière continentale du foot profiteront plein pot. La routine, quoi...

22 octobre 2014

Il y a trois mois, le Mondial de foot brésilien... et le pire reste à venir...


    
L'équipe nationale suisse de foot a donc battu celle de Saint Marin. Le Vatican et Andorre restent à portée de pénalty. Monaco et le Liechtenstein en sont plus loin, mais Hopp Sviss quand même. Et c'est là qu'on se dit « comme le temps passe vite »... il y a trois mois, on poussait un gros soupir de soulagement : le Mondial de foot se terminait. On en résume le coût : 12 milliards de francs (au moins) claqués pour organiser la fête à neuneu, par un Brésil en manque d'infrastructures scolaires, sanitaires et de transports publics efficaces, avec à la clef l'expulsion des vendeurs ambulants pour complaire aux sponsors, la déportation, pour faire place aux stades, à leurs voies d'accès et à leurs parkings, de 200'000 personnes à la périphérie la plus lointaine possible des villes accueillant des matches, une explosion de la spéculation immobilière, la répression des manifestations dénonçant gaspillages et corruption... Le foot-pognon et ses mafias dans toutes leurs splendeurs, quoi. Et ce sera pire encore en 2018 en Russie et en 2022 au Qatar.


La reconnaissance de Medor envers qui lui sert sa pâtée

Si le Mundial avait pu être mis en échec par ses opposants brésiliens, un précédent historique aurait été créé, qui aurait contraint la FIFA à repenser complètement non seulement le mode d'attribution des compétitions qu'elle organise (et fait payer par les pays organisateurs), mais sans doute aussi leur mercantilisation et tout ce qui l'accompagne, de la corruption aux épurations sociales et urbanistiques menées à grands renforts policiers dans les villes qui accueillent les matches et les infrastructures qu'ils rendent nécessaires. Las ! Les manifestations brésiliennes n'ont pas entravé, ni perturbé, les jeux du cirque. En 2013, pourtant, un mouvement populaire de protestation contre le prix et l'inefficacité des transports publics avait rapidement débouché sur une contestation massive des ressources consacrées au Mundial (et de la corruption les accompagnant), comparées à celles qui manquent aux infrastructures essentielles. Un an plus tard, cette contestation s'était essoufflée, dispersée en revendications sectorielles. Et dès que les Jeux du Cirque se sont ouverts, ils ont recouvert les critiques -mais n'est-ce pas à cela, aussi, qu'ils servent, depuis toujours ?

La concurrence entre les pays candidats à l'organisation du spectacle mondial de ballopied pousse à l'inflation de son coût, dans une sorte de course au gigantisme à laquelle ne peuvent participer que les pays les plus riches (mais pas forcément les plus démocratiques). Le Mondial brésilien de 2014 aura coûté au moins 15 milliards de dollars, le double du Mondial sud-africain de 2010. Le budget global du Mondial russe de 2018 devrait lui aussi atteindre le double de son prédécesseur, et dépasser les 30 milliards. Et l'ascenseur du gaspillage somptuaire devrait encore prendre de l'altitude ensuite, pour atteindre carrément les 200 milliards de dollars en 2022, au Qatar. Où déjà les ouvriers népalais tombent comme des mouches pour construire les infrastructures de la Coupe du monde que l'émirat a obtenue en achetant pour cinq millions les votes nécessaires au sein de la FIFA, après quoi les parrains de la FIFA, Sepp Blatter en tête (« petit caudillo de la FIFA, qui s'est autominéralisé sur son trône pour mieux instituer le football universel arrangeur et juteux » (Christophe Gallaz), ont pu se payer le luxe de faire les dégoûtés et d'exclure le représentant quatari au sein du Comité exécutif de la Coupole du foot-pognon.  Parce qu'il y a eu corruption ? Non : parce que cela s'est su. 

Aujourd'hui, au Brésil, les ressources publiques manquent pour les écoles, les hôpitaux, les transports publics, mais la FIFA aura engrangé au moins quatre milliards de francs des droits TV... Le vainqueur (allemand) de cette compétition exécrable comme tous les autres participants (suisses, entre autres), et comme le gouvernement (de gauche) brésilien étaient forcément complice de tout ce qu'elle a nécessité -et complices de cette complicité les supporters de ce vainqueur comme ceux de toutes les équipes participantes, comme tous les media faisant écho à cette exhibition.

Elle est là, la grande victoire de la FIFA, au-delà de l'abrutissement des foules et de la connification des masses, au-delà des profits qui en sont retirés : dans la reconnaissance du chien de Pavlov envers qui lui sert sa pâtée.

31 juillet 2014

Fonds de tiroir

Comme on sait que vous avez suivi avec passion les matches de la Coupe du Monde de balopied, on vous donne quelques nouvelles de là ousqu'elle fut organisée : au Brésil, donc. Et le Brésil, c'est pas que le foot : c'est aussi le troisième producteur agricole mondial, où le secteur de l'agriculture pèse 40 % des exportations. Et où un milliard de litres d'agrotoxiques (engrais et fertilisants chimiques, pesticides, herbicides, fongicides, acaricides, amérindienicides...) sont répandus chaque année, ce qui fait plus de cinq litres par habitant. Un tiers des denrées alimentaires ingérées par les Brésiliens en sont infectées, ce qui fait d'eux les plus gros consommateurs au monde de ces saloperies -donc certaines, comme le Paraquat (Gramoxone), commercialisé par l'entreprise suisse Syngenta, sont interdits dans le pays de leur invention (depuis 25 ans, dans ce cas) mais utilisés sans problème chez les rastaquouères -d'autant que leur importation au Brésil est exemptée d'impôts. Ouala, c'était notre rubrique « sous les stades de foot, la merde »...

06 juillet 2014

Fonds de tiroir


Petit rappel, puisé dans « Gauche Hebdo », du contexte social brésilien au moment de l'ouverture du Mundial : à Fortaleza,  la nouvelle ligne de métro construite pour l'occasion à provoqué l'expulsion de 10'000 personnes de leur logement, et la destruction de 3000 logements. Dans l'ensemble du pays, ce sont 250'000 personnes qui ont été expulsées de chez elles pour les chantiers des infrastructures du Mundial. Pour faire propre, on a aussi visé les enfants des rues : des milliers d'entre eux ont été victimes d'exactions policières. Voilà, c'était notre rubrique sportive. Paraît qu'il en faut une.

On observe avec satisfaction que pendant le Mundial de foot, les poubelles de la Ville sont équipées de sacs aux couleurs de l'équipe de Suisse, avec le slogan « Hop Suisse ! ». Et on se dit qu'en effet, la poubelle est la destination idéale de l'intérêt porté au Mundial, au foot, à l'équipe de Suisse et à toutes les autres équipes..

Petite chronique du foot-pognon : on vous rappelle que Sepp Blatter n'est pas le seul Blatter qui sévit dans le milieu -son neveu Philippe est directeur d'une société qui gère la moitié des droits télévisuels du Mundial, et a des participations dans une entreprise mexicaine qui contrôle la vente des billets et les loges « VIP » dans les stades. Et comme on ne connaît pas toute la famille Blatter,  on n'exclut pas qu'il y en ait d'autres membres qui profitent du parrainage du padrino de 78 ans, qui vient de réussir à convaincre une majorité des délégués de la FIFA de renoncer à placer une limite d'âge ou de mandats successifs à qui voudrait la présider. Mais il va de soi que c'est par pure conviction personnelle et choix éthiques que les délégués ont ouvert la voie à un cinquième mandat présidentiel de Sepp Blatter, qu'aucun d'entre eux n'a subi de pression ou n'a été acheté, et qu'il n'y a eu aucun marchandage. Promis, juré, cochon qui s'en dédit. Et ceux qui doutent ne sont rien que des mauvaises langues, comme l'ancien président de la fédération anglaise de foot, David Triesman, qui a « bien peur que la FIFA ne se conduise comme une famille de mafieux. Elle possède une longue tradition  de pots-de-vin, de magouilles et de corruption ». Sans blague ? C'est probablement pour éviter de s'en rendre compte officiellement que le parlement fédéral suisse s'apprête à poubelliser un projet de loi déposé par le socialiste genevois Carlo Sommaruga, qui proposait de poursuivre d'office (sans attendre une plainte) les cas de corruption dans le secteur privé, et donc dans le secteur des grandes organisations sportives internationales genre FIFA, incapables de s'autoréguler -à supposer même qu'elle en aient le début du commencement d'une vague intention. La Suisse abrite une soixantaine de fédérations sportives internationales, dont le CIO, la FIFA et l'UEFA. Toutes officiellement « sans but lucratif », bien entendu...  Or la FIFA a annoncé la semaine dernière un chiffre d'affaire de 1,4 milliard de dollars, des réserves de 1,43 milliard de dollars et un bénéfice 72 millions. Alors, hein, les gauchistes, on touche pas l'arrosoir... 

25 juin 2014

Des vertus intégratives supposées du football : Nati sauce multiku

  Ce soir, on saura qui de la Suisse ou du Honduras (mais c'est où, ça, le Honduras ? Comment peut-on être Hondurien ?) aura passé le cap des éliminatoires du Mundial de foot pour se retrouver en huitième de finale, et qui prendra, comme les Italiens, les Anglais, les Espagnols (pour ne citer que ceux-là) le charter du retour. Avouons d'emblée qu'on s'en fout un peu, de savoir qui des Suisses ou des Honduriens restera au Brésil. En revanche, quelque chose qu'on nous serine depuis le début du Mundial à propos de l'équipe de Suisse commence assez sérieusement à nous chauffer les oreilles : l'ode au « multiculturalisme » de cette équipe, mesuré par l'origine nationale de ses joueurs, et à son exemplarité positive.  Les équipes de foot, et le spectacle qu'elles donnent, auraient ainsi des vertus intégratives particulières... Question : ces vertus supposées ne seraient-elles pas communes à toutes les pratiques collectives dans une société, « multiculturelle » par définition... L'équipe de Suisse qui gagne, c'est  « notre Nati » La même qui perd, c'est le FC Prishtinë Sur les 23 membres de la sélection suisse de foot pour le Mundial brésilien, la majorité sont nés à l'étranger ou de parents étrangers. Et alors ?  Souvenez-vous de l'équipe de France «Black-Blanc-Beur» championne du monde en 1998 et du portrait de Zidane balancé par laser sur l'Arc de Triomphe... combien de temps a-t-il fallu pour passer de cette euphorie « multiculturelle » à la promotion tribale de Jean-Marie Le Pen au deuxième tour de l'élection présidentielle ? Et combien de temps entre le vote du 9 février dernier contre l'« immigration massive » et la promotion de la « Nati » comme fer de lance de l'intégration des immigrants ? « les immigrés sont là pour le pays et ensuite on vote contre eux », se désole, dans Le Monde,. un dirigeant du club amateur genevois FC Kosova. Il en va sans doute ainsi de l'équipe nationale de balopied :  le joueur d'origine «étrangère» qui marque un but contre l'équipe adverse sera un héros et un symbole d'intégration. Il sera un traître et un métèque s'il commet un autogoal. Tant que l'équipe gagne, elle est un modèle, un étendard. Dès lors qu'elle perd, elle n'est plus qu'une équipe faillie. Si la Suisse se qualifie ce soir, son équipe sera « notre Nati ». Si elle se fait sortir par le Honduras, a même équipe ne sera plus que le FC Prishtinë. En  outre, il y a quelque chose de profondément pervers à mettre en exergue l'origine nationale, géographique, « ethnique » des membres d'un collectif (une équipe nationale de foot, par exemple...) pour proclamer les hautes vertus intégratives de ce collectif, comme si cette différence là, celle des origines géographiques, était plus importante, ou plus menaçante a priori, qu'une différence de milieu social. Toute société est, par définition, multiculturelle. C'est ce qui la distingue de la communauté. Mais cette «multiculturalité» n'est pas réductrice à la pluralité des origines nationales, et il y a plus loin d'un paysan de montagne appenzellois à un instituteur genevois qu'entre un instituteur genevois et un instituteur algérien... Puisque toute société est multiculturelle par définition, toute manifestation sociale, tout groupement social, le sont aussi, et cela vaut pour le sport comme pour le théâtre, pour une équipe de foot comme pour un orchestre... 40 % des licenciés de football en Suisse sont étrangers, 60 % des joueurs des équipes juniors sont binationaux ? Y voir autre chose que le reflet, non pas arithmétique mais pour ainsi dire synthétique de la société suisse relève soit de l'autosuggestion, soit de l'apologie publicitaire : ce sont les pratiques collectives qui sont « intégratives », le sport comme les autres, et pas plus que les autres. Une partouze ou une émeute le sont au moins autant, sinon plus, qu'un match de foot, et mériteraient autant que lui que l'on chantât leur louange à l'aune de leur « multiculturalité ». Dès lors, regardons (si nous y trouvons quelque intérêt) les matches du Mundial pour ce qu'ils sont, et pas pour ce qu'on voudrait en faire, et que ceux qui veulent y vibrer y vibrent, comme on peut le faire devant un spectacle qu'on aime, parce que ce n'est rien que cela : ni une cérémonie religieuse, ni une glorification de la patrie, ni une célébration du «multiculturalisme . Un spectacle, rien de plus. Et donc, comme Malraux le disait du cinéma, par ailleurs, aussi, une industrie. Aussi, ou désormais surtout.. Sur ce, pour entendre moins de conneries et de klaxons :  Hopp Honduras !

12 juin 2014

Mundial de foot : C'est parti pour un mois de purge


      Voilà, c'est parti, pour un mois de purge. Une majorité des Brésiliens, selon les sondages, estiment désormais qu'organiser le Mundial fut une erreur, que les milliards gaspillés dans cette organisation, l'édification de ses infrastructures spécifiques et son encadrement sécuritaire auraient du être consacrés à autre chose, de plus essentiel : la requalification des services publics. Ajoutez à cela la destructions des quartiers pauvres, l'expulsion de leur population dans une périphérie la plus lointaine possible, l'épuration sociale, la corruption, les violences policières, les morts et blessés dans la construction des stades et la main-mise des multinationales sponsorisant l'événement sur les lieux où il se produit, vous aurez l'arrière-plan, le décor, le contexte, de la « grande fête du foot ». Et on sait bien qu'on ne pourra pas la gâcher, la « grande fête du foot », avec nos états d'âmes tiermondistes de gauche.. Mais si on pouvait y arriver, à la gâcher, on le ferait ... et si la plèbe brésilienne des sans logis, des sans emplois, des sans soins, des sans terre, pouvait le faire, on y applaudirait...

Quel geste pouvons-nous adresser au Mundial et à tous ceux à qui il importe ?

A quoi servent les jeux, dans le duo «panem et circenses », sinon à faire oublier le manque de pain ? A faire dériver la colère populaire vers autre chose que ce sur quoi, et ceux contre qui, elle devrait porter ? Qu'ils le veuillent ou non, l'acceptent ou s'en défendent, tous ceux qui vont orgasmer devant le spectacle du Mundial et les prouesses de leur équipe favorite se rendent complices de tout ce que ce spectacle suppose (de la corruption à l'exploitation, du gaspillage des ressources à la crétinisation des masses) et que ces équipes cautionnent. Le supporter qui braille après le but marqué par « son » équipe ne dit rien d'autre à l'organisateur du spectacle que « continuez à faire ce que vous faites, comme vous le faites »...

En attendant, le Brésil l'a déjà gagné, le Mundial. Du moins un certain Brésil, et un certain Mundial: le Brésil des pauvres, et le Mundial du refus du pouvoir du fric. Le Brésil qui est descendu en masse dans les rues des villes du pays pour dénoncer l'orgie financière de la manifestation, et en délégitimer les organisateurs, la Coupole mafieuse du foot mondial en tête, la FIFA, et ses chefs, les Blatter et autres Platini, en exergue. Ce qui n'empêche d'ailleurs pas Blatter d'être candidat à sa propre succession : parrain, c'est un boulot stable, auquel on ne renonce que les pieds devant.
La corruption est au coeur du système de la FIFA. Elle règne au moment de l'attribution de la compétition mondiale à tel ou tel pays (l'émirat du Qatar a ainsi littéralement acheté les votes nécessaires pour qu'il obtienne le Coupe du Monde de foot en 2022), elle règne dans ce pays ensuite. L'univers de la FIFA est, résume l'expert « anticorruption » Mark Pieth, « dominé par les jeux de pouvoir, le patronage et les patriarches, installés depuis des décennies ». A quoi il faut évidemment ajouter, comme moteur du système, l'argent. Le blé. Le pognon. L'oseille. Le grisbi. La FIFA génère des milliards (de francs, d'euros, de dollars, de livres sterling, au choix) de bénéfices, qu'elle redistribue aux pays, aux organisations sportives, aux membres de son comité, dans une opacité presque absolue, favorisée par le fait qu'elle est une association de droit suisse sur laquelle la Suisse refuse d'exercer un droit de regard suffisant pour la contraindre à un peu plus de transparence.
Les questions politiques, les droits humains ? la FIFA s'en fout. C'est pas son problème. Son problème, c'est de se faire un maximum de pognon dans un minimum de temps. Ainsi peut-elle décider de la marque de bière vendue dans les stades et autour, mais refuse-t-elle de demander la moindre garantie de respect des droits fondamentaux (ceux des populations des pays qui vont organiser les compétitions qu'elle patronne et amorcer la pompe à fric qu'elle siphonne, et ceux des travailleurs qui vont construire les infrastructures nécessaires à ces compétitions).

Quant à nous, pour qui les plus beaux gestes footballistiques resteront longtemps « la main de Dieu » de Maradona, le coup de boule de Zidane et la prune de Cantona sur un supporter, quel autre geste pouvons-nous adresser au Mundial, à la Fifa, à Blatter et à tous ceux pour qui cet « événement » importe plus que l'état du monde, qu'un doigt d'honneur ?



10 juin 2014

POUR EN FINIR AVEC LE SPORT-POGNON




POUR EN FINIR AVEC LE SPORT-POGNON
















Comité de citoyens et citoyennes contre tout nouveau crédit pour le stade de la Praille
Case postale 2003
1211 Genève 2
Compte de chèques postaux : 17-403303-2






courriel : troubles@infomaniak.ch




forum de discussion et archives des bulletins : http://groups.yahoo.com/group/lapraille