29 octobre 2007

Bourrages de crânes

CULTURLUTUTU EURO POINTU
Le projet (alibi) de faire accompagner l'Euro2008 de manifestations culturelles risque fort d'être un bide : le seul projet à l'échelle nationale, imaginé par le Musée du sport de Bâle ("1924, nous allons reconquérir le titre") pourrait lui-même être annulé, faute d'argent. Le budget public initial de 3,5 millions a été réduit de plus de la moitié (il n'en reste qu'un million et demi), et les sponsors se font très, très rares.

ECOLEURO
L'Euro 20008 sera écologique, si, si, ce sont les ministres suisse et autrichien de l'environnement, Moritz Leuenberger et Josef Pröll, qui l'ont assuré en signant le 25 juin une "charte pour un Euro 2008 durable". ça veut dire quoi, un "Euro 2008 durable" ? ça veut rien dire.
Ah si : dans les stades, des gobelets réutilisables seront utilisés, et les supporters devront trier leurs déchets.
Quant aux hooligans, ils sont priés de confectionner les cocktails Molotov avec de l'essence sans plomb, et les flics de taper sur les hooligans avec des matraques Max Havelaar.

26 octobre 2007

Bourrages de crânes

Grâce (ou à cause) d'un projet scolaire binational austro-suisse, "Fait Play Euro Schools" (l'anglais étant comme chacun sait la langue commune de l'Autriche et de la Suisse), un mini-Euro mixte sera organisé en juin, opposant des écoles moyennes (le Cycle d'Orientation, à Genève) de Suisse d'Autriche, chaque équipe représentant un pays européen (participant ou non à l'Euro officiel). Au sort, Genève a tiré l'Allemagne.
Cette compétition devant opposer des ados (en gros, de 12 à 15 ans), fallait trouver quelque chose pour les plus petits. Donc, dans la perspective d'une "promotion durable du sport", toutes les classes primaires qui le désirent (et quelques unes qui ne le désirent pas mais à qui on va tout de même l'imposer) recevront un "Euro-kit", destiné aux enfants de cinq à dix ans. De cinq à dix ans d'âge légal. Parce que si on devait le distribuer à tous les supporters de cinq à dix ans d'âge mental, les stocks seraient insuffisants.

Bien marrie, la Migros qui avait cru pouvoir surfer sur une hypothétique vague d'enthousiasme féminin pour le foot à l'approche de l'Euro, et qui avait annoncé à Genève, Neuchâtel, Fribourg, Bulle, Sion et dans le canton de Vaud des cours de son Ecole-Club sur les règles du foot (trois séances de cinquante minutes, pour 50 balles), en proclamant avec un peu de précipitation que ce cours est de tous ceux prévus dans la perspective de l'Euro celui "qui a rencontré le plus large écho"... Résultat : à Genève, le cours de juin a été annulé faute de participantes, aucune inscrption n'était enregistrée pour les cours d'octobre et de novembre, itou à Neuche, Fribourg, Bulle et Sion, et dans le canton de Vaud ce sont tous les cours de foot qui ont été annulés.
La femme est décidément l'avenir de l'homme.

Et tout ça n'empêche pas l'entraîneur-adjoint de l'équipe suisse, Michel Pont (comme la lune) d'affirmer dans "la Tribune de Genève" (du 22 août) que "l'identification de la population à l'équipe helvétique concerne toutes les régions du pays".

La chaîne de grands magasins Manor a aussi eu l'idée d'ûtiliser l'Euro2008 pour sa propre pub : elle a lancé une opération "ballon rouge" en s'inspirant du concept des relais de la flamme olympique, le ballon en question étant intelligemment placé au départ au sommer du Cervin, pour ensuite se promener en Suisse jusqu'à Bâle, où il arrivera la veille du match inaugural de l'Eurofoot, le 6 juin 2008. "On tient à passer par tous les endroits connus situés à proximité de nos magasins", explique le responsable du sponsoring de Manor, Markus Laub : en Valais, ça a par exemple été la vigne de Farinet, et à Lausanne le Musée olympique. A Genève, on sait pas. Mais y'a sûrement des chiottes publiques pas loin des magasins Manor.

On ne comptera en tous cas pas sur la presse romande pour une critique de l'Euro 2008 : les huit principaux quotidiens régionaux romands (La Tribune de Genève, 24 Heures, L'Express, l'Impartial, la Nouvelliste, la Liberté, le Journal du Jura et le Quotidien Jurassien) mettent leurs "forces en commun" pour servir la soupe à l'Euro2008, proclamé carrément "plus important événement sportif du siècle organisé en Suisse". Ce siècle n'ayant que six ans, on admire la prescience du pool de supporters pour les 93 années à venir après l'Euro.
On notera l'abence dans cette belle équipe du "Temps" (probablement considéré comme un quotidien national, et non régional) et du "Courrier", vraisemblablement considéré comme potentiellement trop critique).

Quant à la télévision nationale (la SSR, donc), elle a conclu un partenariat avec l'UEFA pour l'Euro 2008 : "UEFA EURO 2008 with SRG SSR idée suisse". On notera le "with" plutôt que le "mit", "avec" ou "con" (qui même en français s'imposerait). Mais on a quand même échappé à une devise tout à fait nationale idée suisse, proposée par le dirgé de la SSR, Armin Walpen, pour "motiver le personnel" de la boîte, au cas où il aurait quelque réticence à se mettre à la botte de l'UEFA : "We light the Euro fire"...

Enfin, un barman genevois, Daniel Pion, a créé des "coktails officiels de l'Euro 2008", dont un sans alcool : nectar de fraises du Valais et d'abricot, avec un jus de pomme pétillant.
C'était inutile : le cockail officiel de l'Euro, on le connaît déjà : un tiers de nectar d'arnaque, un tiers de jus de racket et un tiers de blabla. Servir tiède, mais réchauffer si besoin est.

23 octobre 2007

19 octobre 2007

SLEEP IN EN SOMMEIL

Le programme "sleep-in", supposé permettre aux spacxtateurs des matches de l'Euro de se faire louer une chambre ou un appartement par des indigènes, fait un bide à Genève : non seulement il n'y a que 42 hôtes à s'être annoncés pour louer une chambre ou un appart', mais la majorité de ces hôtes crêchent dans le canton de Vaud ou en France.
L'autre programme d'accueil, destiné celui-ci aux victimes des nuisances provoquées autour de la plaine de Plainpalais par les réjouissances de la fête à blaireaux installée sur la plaine pendant l'Euro, fait un bide encore plus retentissant : cinq personnes, en tout et pour tout, se sont annoncées. Seule réaction de Mark Muller : tant pis pour les riverains, il faudra qu'ils soient compréhensifs à l'égard des bruits de la fête.
Le société NEPSA du député radical Frédéric Holh a prévu d'installer deux écrans géants pour la retransmission des matches, trois ou quatre concerts "géants" en plein air. L'autre radical de service, Pierre Maudet, assure que "tous les services" dont il a la charge (pompiers, voirie, pritection civile, agents de ville) seron t "sur le pied de guerre pendant le mois de juin". Ils ne seront pas les seuls : les riverains de Plainpalais aussi.

16 octobre 2007

MILLE ET UNE NUITS (EN VINGT-CINQ VOLUMES)

Le Secrétariat d'Etat à l'économie (Seco) a décidé d'autoriser sans préalable ("devoir d'autorisation") l'ouverture des commerces (et dont la mise au travail de leurs employés) jusqu'à minuit et le dimanche dans les villes hôtes des matches de l'Euro 2008, du 7 au 28 juin, pendant la compétition, mais également dans les villes qui ont prévu des écrans géants rediffusant les matches (par exemple Lausanne, Nyon, Vevey, Yverdon). Le SECO renonce donne donc une autorisation globale, mais les autorisations définitives resteront de la compétence des autorités locales (municipales ou cantonales, selon les cantons : cantonales à Genève). A Berne, les autorités (municipales) sont très réticentes à autoriser des ouvertures prolongées en semaine. Evidemment, les chtis commerçants (et plus encore les gros) sont enthousiastes, au prétexte d'éviter que "les touristes ne trouvent une ville morte". Evidemment aussi, les syndicats protestent : le Seco (en l'ocurrence sa direction du travail, dirigée par l'ancien syndicaliste USS Serge Gaillard) s'est fondé uniquement sur des critères consuméristes, en occultant totalement les intérêts des travailleurs. En voilà une surprise. L'Etat s'apprête à ouvrir des négociations, les syndicats à organiser des actions de blocage, les commerçants, persuadés que l'Euro2008 aura un effet favorable sur leurs recettes, à produire un "projet commercial global".
Le département cantonal genevois de l'économie et de la santé (celui d'Unger) se dit favorable à une "animation" impliquant l'ouverture prolongée des commerces : "animation" venant, étymologiquement, d'"anima", l'âme, on dira que Genève aura l'âme qu'elle mérite.

13 octobre 2007

JELMOLI, JELMOLO ET JELMOLLAH

Jelmoli a ouvert à Alger fin juin le chantier d'un Centre commercial inspiré de celui de la Praille, à Genève. Ce sera le premier centre commercial algérien, après celui de Riadh el Feth. Il s'étendra sur 32'000 m2, comprendra en sus 17'000 m2 de bureaux, emploiera un millier de personnes et sera situé dans le quartier de Bab Ezzouar, entre Alger et son aéroport. L'ouverture du centre est prévue à l'automne 2008. Le devis du projet atteint 70 millions de francs suisses. Jelmoli espère pouvoir ensuite construire d'autres centres commerciaux à Oran, Annaba, Constantine, et un second centre à Alger. Jelmoli a créé en Algérie une société par actions, de droit algérien, au capital de 10 millions de dinars (en viron 180 millions de francs suisses), détenu à 45 % par Jelmoli et à 55 % par deux sociétés genevoises, Darsi et Valartis. Le partenaire bancaire algérien du projet est le Crédit populaire algérien (CPA), en voie de privatisation, ce qui, déclare le directeur général de Jelmoli, Alain Rolland, a "renforcé notre confiance". Alain Rolland a en outre souligné "les excellentes conditions d'implantation" dont Jelmollah a bénéficié en Algérie, "grâce à une administration efficace et rigoureuse", a affirmé n'avoir jamais rencontré en Algérie "la moindre forme de corruption" et a exprimé sa convictio n qu'on devrait assister en Algérie "à une prompte diversification des ressources du pays et une hausse du pouvoir d'achat de ses habitants".
On est toujours ébahi devant la sincérité et la pertinence des déclarations de Jelmolo.

Un mois après avoir ouvert son chantier algérois, et deux mois après avoir vendu à la Coop la marque Fust, pour 990 millions de FS, Jelmoli (plus précisément sa filiale immobilière) vend à un consortium d'investisseurs israéliens 98 immeubles (et les impôts qui vont avec), plus des options pour le rachat du centre commercial de la Banhofstrasse zurichoise et la Jelmoli Bonus Card. La valeur de ces 98 immeubles (grands magasins, boutiques, bureaux, centre commerciaux, pour une surface totale équivalant à une centaine de terrains de foot) était estimée à 2,7 milliards de francs, et la vente a atteint 3,4 milliards, soit le tiers de toutes les transactions immobilières effectuées en Suisse en 1996 (quand on pense que Jelmoli ne voulait pas payer quelques millières de cette somme pour renflouer le stade de la Praille, que cette modeste entreprise avait réussi à coller aux genevois pour faire passer son centre commercial...). Le portefeuille immobilier de Jelmoli en Russie est exclu de la transaction.
Les biens vendus par Jelmoli comprennent d'ailleurs le centre commercial de la Praille (et celui de Carouge), ainsi que le Globus de Genève (ex-Grand Passage). On n'aurait pas pu en profiter pour fourguer le stade (dont Jelmoli est l'un des principaux actionnaires) au consortium acheteur, pour le franc symbolique qu'il vaut (et encore, on est optimistes) ?

09 octobre 2007

Le racket était légal

Le Conseil administratif de la Ville avait des doutes sur la légalité du procédé utilisé par le canton pour faire à la Fondation du stade un cadeau lui permettant de régler sa dette à l'égard de l'entreprise Zschokke (devenue Implenia), et pour faire financer ce cadeau par le Fonds d'équipement communal. L'exécutif municipal avait donc saisi la Cour des Comptes, en février. En juin, la Cour a rendu son verdict : le racket était légal, le canton avait parfaitement le droit d'instrumentaliser le Fonds d'équipement communal pour payer les dettes d'une fondation privée. Cela dit, la Court précise tout de même qu'elle ne se prononce ni sur la constitutionnalité du procédé, ni sur la question de savoir s'il respecte ou non les droits des citoyens.
La Ville formulait trois reproches : le versement aurait été décidé sans l'accord de l'Association des communes, il aurait servi à payer la dette d'une fondation privée, ce qui serait contraire aux buts du FEC, et la dette ainsi payée était antérieure aux dispositions de la loi permettant au FEC de financer des investissements de ce genre.
Réponses de la Cour des comptes :
1. les magistrats communaux (y compris ceux de la Ville) et l'ACG étaient parfaitement informés des intentions du Conseil d'Etat. En clair, les magistrats de la Ville ne peuvent pas faire croire qu'ils se sont fait rouler à l'insu de leur plein gré, ils étaient consentants.
2. Ce qui importe n'est pas le statut (privé ou public) de la fondation bénéficiaire (celle du stade, en l'ocurrence), mais la vocation publique ou non de l'installation qu'elle gère. Et pour la Cour, le trou de la Praille a une vocation publique.
3. Une attribution en décembre 2006 pour une prestation réalisée antérieurement ne contrevient pas aux statuts du fonds (mais peut-être à la loi ? mystère...)

03 octobre 2007

Fonds de corbeille

Avant le match du 20 septembre entre Sion et Galatasaray (Turquie), à la Praille, la police a rappelé "les règles élémentaires de bonne conduite" : pas d'alcool, pas d'armes, pas de propos racistes. "Elementaires", en effet, ces règles.
Le problème n'est pas qu'on les rappelle. Le problème, c'est qu'il faille les rappeler.

"Je veux mettre mes compétences et mon enthousiasme au service de notre canton", proclame fièrement le candidat libéral au Conseil national Christian Luscher, dans un pavé publicitaire...
Christian Luscher ayant précédemment mis ses compétences et son enthousiasme au service du FC Servette, qu'il a présidé avant de le remettre à Marc Roger, on peut déjà annoncer la mise en vente du canton, ou on attend le retour de Roro à Champ-Dollon ?

On ne comptera pas sur la presse romande pour une critique de l'Euro 2008 : les" huit principaux quotidiens régionaux romands" (La Tribune de Genève, 24 Heures, L'Express, l'Impartial, la Nouvelliste, la Liberté, le Journal du Jura et le Quotidien Jurassien -merci pour le Temps et le Courrier) mettent leurs "forces en commun" pour servir la soupe à l'Euro2008, proclamé carrément "plus important événement sportif du siècle organisé en Suisse" ("Tribune de Genève" du 22 août)
Ce siècle n'ayant que six ans, on admirera la prescience du pool de supporters pour les 93 années à venir après l'Euro.

Le directeur du stade de la Praille, Olivier Carnozzola, admettant que "le football ne suffit pas à faire fonctionner le stade" (c'est en effet le moins qu'on puisse dire), ajoute que "cela ne nous a pas posé de problème de conscience d'accorder la tenue (d'un salon de l'érotisme" à la Praille, du 28 au 30 septembre ("Le Matin bleu" du 12 septembre)
Il a raison, le directeur : les promoteurs du stade ayant déjà entubé tout le monde, un salon de l'érotisme (ou de ce qui en tient lieu dans le monde de la marchandise) n'y pose "aucun problème".
Sauf que plutôt qu'un stade, et quitte à se faire baiser, c'est un bordel qu'on aurait dû construire à la Praille : ça aurait coûté moins cher et ça aurait été plus souvent plein.

"On ne peut plus tolérer que les pouvoirs publics versent l'argent du contribuable à une manifestation sportive sans avoir des garanties sérieuses qu'il n'y aura pas de triche, donc de dopage", déclare (sérieusement ?) le Conseiller d'Etat Mark Muller dans "Le Matin dimanche" du 5 août...
... Faut dire que MM parle du Tour de Romandie. Pas de l'Eurofoot. A quoi les pouvoirs publics ont décidé d'attribuer des million s d'"argent du contribuable" sans "garantie sérieuse qu'il n'y aura pas de triche, donc de dopage".
L'éthique sportive de Muller et de ses comparses, c'est celle du deux poids, deux mesures. On fait la fine bouche devant le cyclisme, on raque pour le foot business.

Quant au président de l'UEFA, Michel Platini, il joue carrément les andouilles : "Je ne crois pas à un dopage organisé dans notre sport" ("Tribune de Genève" du 7 juin).
C'est le même genre de déclarations qu'on entendait dans le cyclisme professionnel il y a une dizaine d'années.

Le maire socialiste de Bieenne, Hans Stöckli, se dit persuadé que la construction d'un nouveau stade et d'une nouvelle patnoire "accroîtront la motivation pour le sport et déboucheront sur des promotions" des équipes locales de foot et de hockey en ligues supérieures.
Les belles promesses rendent les fous (de foot) joyeux : à Genève, le FC Servette n'avait pas plutôt posé ses crampons sur le nouveau stade qu'il chutait en ligue inférieure. Il y marine toujours.

09 septembre 2007

Fonds de corbeille

VROUM VROUM
Le Conseil national a accepté de lever l'interdiction de courses
automobiles en Suisse. L'ancien patron d'écurie automobile Peter Sauber
s'en réjouit, avec cet argument curieux que la F1 est un sport écologique
puisque la grande majorité de ceux qui s'y intéressent le regardent à la
télé (mais alors, qu'on les organise en Suisse ou en Patagonie, ça change
quoi ?).
Heureusement, comme le constate Sauber, "il y a encore beaucoup d'obstacles
à franchir" avant qu'une course F1 ait lieu chez nous : d'abord, il y a de
moins en moins de courses F1 organisées en Europe; ensuite, la construction
d'un circuit coûte très cher (plusieurs centaines de millions de francs).
Enfin, parce qu'il y aura "des résistances et oppositions aux émissions
sonores". Pas seulement aux émissions sonores.

LE SPORT QU'ON FAIT ET LE SPORT QU'ON MATE
L'Euro2008 a déjà fait une victime : le marathon de Genève. Le sport qu'on
mate (le sport-pognon) a ainsi repoussé le sport qu'on fait, parce que
l'organisation du premier implique un tel engagement de la police genevoise
qu'elle ne pourra assurer le moindre autre service. Or la quatrième édition
du marathon était prévue en juin 2008, en plein Euro. On a donc dû la
reporter à l'automne suivant. Entre une véritable manifestation sportive et
une pompe à fric, le choix étzait en effet évident.

FONDS DE CORBEILLE
L'Euro 2008 sera l'invité d'honneur des Fêtes de Genève, en août prochain.
Qui se ressemble, s'assemble.

"La culture sera le parent pauvre de l'Euro2008", annonce (à regrets) "Le
Temps" du 16 juin.
Sans blague ?

Jusqu'à 20'000 prisonniers pourraient participer, dans la joie et la bonne
humeur, et sous bonne garde, à la construction des stades prévus pour
l'Euro2012 en Pologne, annonce l'AFP (21 juin)
Et on fait des misères aux Chinois sous le prétexte futile de leurs
quelques lacunes en matière de droit de l'homme, avant les JO de Pékin ?
A Genève, au moins, on n'a pas fait construire le stade par des prisonniers.
On l'a seulement fait payer par les contribuables.

Le Suisse Joseph Blatter, président de la Fédération internationale du
sport-pognon (la FIFA) depuis 1998, apparatchik de la FIFA depuis 32 ans, a
été réélu à la tête de ladite FIFA, le 31 mai, par acclamations. Il était
le seul candidat. Et il est âgé de 71 ans.
Candidature unique, vote unanime, gérontocratie : on a l'amour du sport à
la soviétique, à la FIFA.

On notera la présence de Suisses (d'âge plus ou moins respectable) dans la
nomenklatura sportive internationale : Joseph Blatter préside la fédération
internationale de foot (et siège au Comité international olympique), René
Fasel préside la fédération internationale de hoykey sur glace (et siège
aussi au CIO), Gilbert Felli est directeur exécutif de la commission du CIO
pour les JO de Vancouver (2010) et de Londres (2012), Gianfranco Kasper
préside la fédération internationale de ski (et siège au CIO), Denis Oswald
préside la fédération internationale d'aviron (et siège au CIO), Raphaël
Martinetti préside la fédération internationale de lutte. Toute une série
de fédérations sportives internationales ont par ailleurs le siège en
Suisse, comme le comité international olympique. Finalement, qu'on supporte
de temps à autre les nuisances des compétitions sportives organisées par
ces bureaucrates, ça n'est peut-être que justice...

Le président à vie de la fédération internationale de foot-pognon, Joseph
Blatter, a proposé, et obtenu de la FIFA, que désormais on n'organiserait
plus de matches internationaux au-dessus de 2500 mètres d'altitude "pour
des raisons médicales et dans un souci de mieux protéger les joueurs"
Et pas du tout parce que de tels matches ne rapportent rien. Pour des
raisonss sociales et dans un souci de mieux protéger les caisses publiques,
on pourrait aussi décider de ne plus organiser de matches internationaux
au-dessus de 2500 balles. Mais faut pas rêver.
Jouer en altitude étant supposé malmener les organismes des joueurs qui n'y
sont pas habitués, les stades de La Paz (Bolivie, 3600 m-), Bogota
(Colombie, 2640 m.), Quito (Equateur, 2800 m.), Cuzco (Perou, 3500 m), pour
ne citer que les capitales sud-américaines, seraient mis hors compétition
par la FIFA. Du coup, les présidents péruvien (Alan Garcia) et bolivien
(Evo Morales) ont lancé, soutenus par leurs homologues vénézuélien (Hugo
Chavez) et chilienne (Michelle Bachelet) une offensive pour faire annuler
la décision de la FIFA, soutenue en revanche par les Brésiliens et les
Argentins, l'idole cacochyme du foot brésilien Pelé expliquant que "jouer
en altitude a toujours désavantagé les Brésiliens", ce qui justifie sans
doute qu'on y renonce. Comme, sans plus de doute, il serait justifié de
renoncer à jouer dans des pays chauds pour ne pas désavantager les joueurs
des pays scandinaves, dans des pays froids pour ne pas désavantager les
joueurs des pays africains. Et en Suisse pour ne pas désavantager les
joueurs des pays pauvres ? Un hebdo colombien, "Semana", pose donc la bonne
question : "Si la FIFA interdit de jouer en altitude pour de raisons de
santé, pourquoi ne le fait-elle pas aussi avec les basses températures, la
neige, la pluie et la canicule ?"...
Réponse : parce que les pays qui seraient victimes d'une telle interdiction
sont plus riches que les pays victimes de l'interdiction de jouer en
altitude...

Pendant ce temps, l'ONU décide de s'appuyer sur le sport pour réunir les
populations en conflit dans des pays en crise. On ne ricane pas, côté
hooligans, au fond à droite, c'est officiel : l'ONU a décidé d'investir
dans le domaine du sport en République démocratique du Confo, au Liberia et
en Côte d'Ivoire (après les massacres, le sport) afin de "créer des liens
et des passerrelles entre les gens". L'ONU va pour cela travailler avec la
mafia du foot-pognon, la FIFA, qui organise la Coupe du monde en Afrique
du Sud en 2010. Et pour couronner le tout, le directeur du bureau de l'ONU
pour le "sport au service de la paix et du développement", Djibril Diallo,
a proclamé que le sport était "un outil majeur pour la paix". Comme en
témoigne sans doute la mobilisation de milliers de policierset de soldats
en Suisse pour assurer la sécurité autour de l'Euro 2008.

SPÉLÉOLOGIE FINANCIÈRE
Ce n'est pas le coût de la construction des stades qui constitue pour les
collectivités publiques la charge la plus lourde, mais les frais de
fonctionnement, d'entretien, de rénovation, sur deux ou trois générations :
il faut remettre l'installation aux nomes, la rénover, la réparer,
l'entretenir. Et quand on veut s'en débarrasser, il faut encore payer pour
la démolir. De ce point de vue, l'exemple de la Praille est
particulièrement éclairant : une fois construit le stade, on n'arrête pas
de payer. Et comme la rentabilité d'une installation sportive lourde est
illusoire, et que s'en aporiocher dépend directement de l'existence d'0un
club local résident, classé dans l'"élite" du football national (voire
européen), et disposant d'une "base" de supporters importante, Genève se
retrouve particulièrement mal partie, avec un club relégué en division
inférieure, et qui, même lorsqu'il oeuvrait en division supérieure, ne
mobilisait que moins de 4000 supporters, épour un stade de 30'000 places.
Le trou creusé à la Praille est ainsi voué à s'agrandir, et à s'aprofondir
au fil du temps.

06 septembre 2007

Euroro

La justice genevoise a confisqué la caution de 300'000 francs qui avait été
versée par l'ancien patron du Servette (et de la SA d'exploitation du
stade), Marc Roger, en échange de sa libération provisoire -suivie de sa
fuite en France, d'où il ne pouvait être extradé, et conclue par une
escapade en Espagne, où il a été coffré sur mandat international. La
justice espagnole a donné son accord à l'extradition de Roro, demandée par
la Suisse. L'avocat espagnol de Marc Roger ne se faisait d'ailleurs pas
d'illusions sur ses chances d'éviter son extradition (il a quand même fait
recours contre la décision espagnole) et déclarait que le Bouc émissaire
était "prêt à revenir en Suisse" (mais pas en avion), et était même "plutôt
en forme". Après quoi, sans doute pour attester de la bonne forme de
l'animal, il a produit un certificat médical tenant de l'inventaire vésalien :
Roro souffre de troubles respiratoire, d'hypertension artérielle, de
surpoids, d'un taux trop élevé de cholestérol et de dépression. Un vrai
sportif, quoi. La justice espagnole a admis que l'état de santé de Roro
était incompatible avec son transport en avion vers la Suisse. Le transport
du malade extradé devra donc se faire en train ou en bagnole. Problème :
pour aller d'Espagne en Suisse, faut passer par la France. Dont Roger est
ressortissant. Et qui n'extrade pas ses ressortissants. Si Roro sautait du
train ou de la bagnole ou s'annonçait simplement à la frontière française
en tant que ressortissant français extradé d'Espagne vers la Suisse, il
pourrait rester en France. Libre ou pas, mais en France. Et la justice
genevoise se retrouverait le bec dans l'eau. L'office fédéral de la justice
négocie certes avec les autorités françaises la garantie qu'elles ne
s'opposeront pas à l'extradition de Roger, mis cette garantie n'est pas
acquise. L'avocat des joueurs (plaignants contre Roro) du Servette
s'inquiète et propose... un transfert en bateau. Comment aller en bateau
d'Espagne en Suisse quand on ne navigue pas sur Alinghi ? Et Me Canonica de
suggérer une croisière méditerranéenne d'Espagne vers l'Italie (encore
faudrait-il ne pas passer par les eaux territoriales françaises, Roro est
capable de se foutre à l'eau pour peu qu'elle soit française), puis le
train et la bagnole d'Italie vers la Suisse.
Le feuilleton de la faillite du Servette tourne carrément à la farce.
Quant à l'extradition, elle aurait pu être contestée si les délits
poursuivis n'existaient pas en droit espagnol ou si les conditions de
détention en Suisse violaient les droits de l'homme, mais les délits
retenus contre Roger existent en Espagne et la Suisse n'est pas une
dictature militaire. Seulement, et en 2008, une dictature médiatique du
foot pognon, mais c'est pas une violation des droits de l'homme.
Roro avait pourtant commencé par refuser son extradition, en invoquant des
motifs aussi sérieux que sa gestion du Servette et du Stade : la peur de
l'avion, la claustrophobie et ses ennuis cardiaques. Résultat : il sera
extradé en train. Pourquoi pas en char à boeufs ? Parce qu'on n'a pas
trouvé de char. Les boeufs, on les avait déjà : les supporters du Servette
et les contribuables qui ont, les uns et les autres (les uns étant
d'ailleurs aussi parmi les autres) payé les conneries de Roro, et la
connerie plus gtrande encore de ceux qui lui ont filé les clefs du stade et
du club.
Bref, on attend Roro à Genève d'ici la mi-août (s'il ne trouve pas le moyen
d'échapper d'ici là). Il est inculpé de gestion déloyale, banqueroute
frauduleuse abus de confiance et faux dans les titre. Ses parrains et
soutiens genevois, eux, ne sont inculpés de rien : la connerie n'est pas un
délit.