31 juillet 2014
Fonds de tiroir
Comme on sait que vous avez suivi avec passion les matches de la
Coupe du Monde de balopied, on vous donne quelques nouvelles de là
ousqu'elle fut organisée : au Brésil, donc. Et le Brésil, c'est pas
que le foot : c'est aussi le troisième producteur agricole mondial,
où le secteur de l'agriculture pèse 40 % des exportations. Et où un
milliard de litres d'agrotoxiques (engrais et fertilisants
chimiques, pesticides, herbicides, fongicides, acaricides,
amérindienicides...) sont répandus chaque année, ce qui fait plus de
cinq litres par habitant. Un tiers des denrées alimentaires ingérées
par les Brésiliens en sont infectées, ce qui fait d'eux les plus
gros consommateurs au monde de ces saloperies -donc certaines, comme
le Paraquat (Gramoxone), commercialisé par l'entreprise suisse
Syngenta, sont interdits dans le pays de leur invention (depuis 25
ans, dans ce cas) mais utilisés sans problème chez les rastaquouères
-d'autant que leur importation au Brésil est exemptée d'impôts.
Ouala, c'était notre rubrique « sous les stades de foot, la merde
»...
06 juillet 2014
Fonds de tiroir
Petit rappel, puisé dans « Gauche Hebdo », du contexte social
brésilien au moment de l'ouverture du Mundial : à Fortaleza, la
nouvelle ligne de métro construite pour l'occasion à provoqué
l'expulsion de 10'000 personnes de leur logement, et la destruction
de 3000 logements. Dans l'ensemble du pays, ce sont 250'000
personnes qui ont été expulsées de chez elles pour les chantiers des
infrastructures du Mundial. Pour faire propre, on a aussi visé les
enfants des rues : des milliers d'entre eux ont été victimes
d'exactions policières. Voilà, c'était notre rubrique sportive.
Paraît qu'il en faut une.
On observe avec satisfaction que pendant le Mundial de foot, les poubelles de la Ville sont équipées de sacs aux couleurs de l'équipe de Suisse, avec le slogan « Hop Suisse ! ». Et on se dit qu'en effet, la poubelle est la destination idéale de l'intérêt porté au Mundial, au foot, à l'équipe de Suisse et à toutes les autres équipes..
Petite chronique du foot-pognon : on vous rappelle que Sepp Blatter n'est pas le seul Blatter qui sévit dans le milieu -son neveu Philippe est directeur d'une société qui gère la moitié des droits télévisuels du Mundial, et a des participations dans une entreprise mexicaine qui contrôle la vente des billets et les loges « VIP » dans les stades. Et comme on ne connaît pas toute la famille Blatter, on n'exclut pas qu'il y en ait d'autres membres qui profitent du parrainage du padrino de 78 ans, qui vient de réussir à convaincre une majorité des délégués de la FIFA de renoncer à placer une limite d'âge ou de mandats successifs à qui voudrait la présider. Mais il va de soi que c'est par pure conviction personnelle et choix éthiques que les délégués ont ouvert la voie à un cinquième mandat présidentiel de Sepp Blatter, qu'aucun d'entre eux n'a subi de pression ou n'a été acheté, et qu'il n'y a eu aucun marchandage. Promis, juré, cochon qui s'en dédit. Et ceux qui doutent ne sont rien que des mauvaises langues, comme l'ancien président de la fédération anglaise de foot, David Triesman, qui a « bien peur que la FIFA ne se conduise comme une famille de mafieux. Elle possède une longue tradition de pots-de-vin, de magouilles et de corruption ». Sans blague ? C'est probablement pour éviter de s'en rendre compte officiellement que le parlement fédéral suisse s'apprête à poubelliser un projet de loi déposé par le socialiste genevois Carlo Sommaruga, qui proposait de poursuivre d'office (sans attendre une plainte) les cas de corruption dans le secteur privé, et donc dans le secteur des grandes organisations sportives internationales genre FIFA, incapables de s'autoréguler -à supposer même qu'elle en aient le début du commencement d'une vague intention. La Suisse abrite une soixantaine de fédérations sportives internationales, dont le CIO, la FIFA et l'UEFA. Toutes officiellement « sans but lucratif », bien entendu... Or la FIFA a annoncé la semaine dernière un chiffre d'affaire de 1,4 milliard de dollars, des réserves de 1,43 milliard de dollars et un bénéfice 72 millions. Alors, hein, les gauchistes, on touche pas l'arrosoir...
On observe avec satisfaction que pendant le Mundial de foot, les poubelles de la Ville sont équipées de sacs aux couleurs de l'équipe de Suisse, avec le slogan « Hop Suisse ! ». Et on se dit qu'en effet, la poubelle est la destination idéale de l'intérêt porté au Mundial, au foot, à l'équipe de Suisse et à toutes les autres équipes..
Petite chronique du foot-pognon : on vous rappelle que Sepp Blatter n'est pas le seul Blatter qui sévit dans le milieu -son neveu Philippe est directeur d'une société qui gère la moitié des droits télévisuels du Mundial, et a des participations dans une entreprise mexicaine qui contrôle la vente des billets et les loges « VIP » dans les stades. Et comme on ne connaît pas toute la famille Blatter, on n'exclut pas qu'il y en ait d'autres membres qui profitent du parrainage du padrino de 78 ans, qui vient de réussir à convaincre une majorité des délégués de la FIFA de renoncer à placer une limite d'âge ou de mandats successifs à qui voudrait la présider. Mais il va de soi que c'est par pure conviction personnelle et choix éthiques que les délégués ont ouvert la voie à un cinquième mandat présidentiel de Sepp Blatter, qu'aucun d'entre eux n'a subi de pression ou n'a été acheté, et qu'il n'y a eu aucun marchandage. Promis, juré, cochon qui s'en dédit. Et ceux qui doutent ne sont rien que des mauvaises langues, comme l'ancien président de la fédération anglaise de foot, David Triesman, qui a « bien peur que la FIFA ne se conduise comme une famille de mafieux. Elle possède une longue tradition de pots-de-vin, de magouilles et de corruption ». Sans blague ? C'est probablement pour éviter de s'en rendre compte officiellement que le parlement fédéral suisse s'apprête à poubelliser un projet de loi déposé par le socialiste genevois Carlo Sommaruga, qui proposait de poursuivre d'office (sans attendre une plainte) les cas de corruption dans le secteur privé, et donc dans le secteur des grandes organisations sportives internationales genre FIFA, incapables de s'autoréguler -à supposer même qu'elle en aient le début du commencement d'une vague intention. La Suisse abrite une soixantaine de fédérations sportives internationales, dont le CIO, la FIFA et l'UEFA. Toutes officiellement « sans but lucratif », bien entendu... Or la FIFA a annoncé la semaine dernière un chiffre d'affaire de 1,4 milliard de dollars, des réserves de 1,43 milliard de dollars et un bénéfice 72 millions. Alors, hein, les gauchistes, on touche pas l'arrosoir...
25 juin 2014
Des vertus intégratives supposées du football : Nati sauce multiku
Ce soir, on saura qui de la Suisse ou du Honduras (mais c'est où, ça, le
Honduras ? Comment peut-on être Hondurien ?) aura passé le cap des
éliminatoires du Mundial de foot pour se retrouver en huitième de
finale, et qui prendra, comme les Italiens, les Anglais, les Espagnols
(pour ne citer que ceux-là) le charter du retour. Avouons d'emblée qu'on
s'en fout un peu, de savoir qui des Suisses ou des Honduriens restera
au Brésil. En revanche, quelque chose qu'on nous serine depuis le début
du Mundial à propos de l'équipe de Suisse commence assez sérieusement à
nous chauffer les oreilles : l'ode au « multiculturalisme » de cette
équipe, mesuré par l'origine nationale de ses joueurs, et à son
exemplarité positive. Les équipes de foot, et le spectacle qu'elles
donnent, auraient ainsi des vertus intégratives particulières...
Question : ces vertus supposées ne seraient-elles pas communes à toutes
les pratiques collectives dans une société, « multiculturelle » par
définition...
L'équipe de Suisse qui gagne, c'est « notre Nati » La même qui perd, c'est le FC Prishtinë
Sur les 23 membres de la sélection suisse de foot pour le Mundial
brésilien, la majorité sont nés à l'étranger ou de parents étrangers. Et
alors ? Souvenez-vous de l'équipe de France «Black-Blanc-Beur»
championne du monde en 1998 et du portrait de Zidane balancé par laser
sur l'Arc de Triomphe... combien de temps a-t-il fallu pour passer de
cette euphorie « multiculturelle » à la promotion tribale de Jean-Marie
Le Pen au deuxième tour de l'élection présidentielle ? Et combien de
temps entre le vote du 9 février dernier contre l'« immigration massive »
et la promotion de la « Nati » comme fer de lance de l'intégration des
immigrants ? « les immigrés sont là pour le pays et ensuite on vote
contre eux », se désole, dans Le Monde,. un dirigeant du club amateur
genevois FC Kosova. Il en va sans doute ainsi de l'équipe nationale de
balopied : le joueur d'origine «étrangère» qui marque un but contre
l'équipe adverse sera un héros et un symbole d'intégration. Il sera un
traître et un métèque s'il commet un autogoal. Tant que l'équipe gagne,
elle est un modèle, un étendard. Dès lors qu'elle perd, elle n'est plus
qu'une équipe faillie. Si la Suisse se qualifie ce soir, son équipe sera
« notre Nati ». Si elle se fait sortir par le Honduras, a même équipe
ne sera plus que le FC Prishtinë.
En outre, il y a quelque chose de profondément pervers à mettre en
exergue l'origine nationale, géographique, « ethnique » des membres d'un
collectif (une équipe nationale de foot, par exemple...) pour proclamer
les hautes vertus intégratives de ce collectif, comme si cette
différence là, celle des origines géographiques, était plus importante,
ou plus menaçante a priori, qu'une différence de milieu social.
Toute société est, par définition, multiculturelle. C'est ce qui la
distingue de la communauté. Mais cette «multiculturalité» n'est pas
réductrice à la pluralité des origines nationales, et il y a plus loin
d'un paysan de montagne appenzellois à un instituteur genevois qu'entre
un instituteur genevois et un instituteur algérien... Puisque toute
société est multiculturelle par définition, toute manifestation sociale,
tout groupement social, le sont aussi, et cela vaut pour le sport comme
pour le théâtre, pour une équipe de foot comme pour un orchestre... 40 %
des licenciés de football en Suisse sont étrangers, 60 % des joueurs
des équipes juniors sont binationaux ? Y voir autre chose que le reflet,
non pas arithmétique mais pour ainsi dire synthétique de la société
suisse relève soit de l'autosuggestion, soit de l'apologie publicitaire :
ce sont les pratiques collectives qui sont « intégratives », le sport
comme les autres, et pas plus que les autres. Une partouze ou une émeute
le sont au moins autant, sinon plus, qu'un match de foot, et
mériteraient autant que lui que l'on chantât leur louange à l'aune de
leur « multiculturalité ».
Dès lors, regardons (si nous y trouvons quelque intérêt) les matches du
Mundial pour ce qu'ils sont, et pas pour ce qu'on voudrait en faire, et
que ceux qui veulent y vibrer y vibrent, comme on peut le faire devant
un spectacle qu'on aime, parce que ce n'est rien que cela : ni une
cérémonie religieuse, ni une glorification de la patrie, ni une
célébration du «multiculturalisme . Un spectacle, rien de plus. Et donc,
comme Malraux le disait du cinéma, par ailleurs, aussi, une industrie.
Aussi, ou désormais surtout..
Sur ce, pour entendre moins de conneries et de klaxons : Hopp Honduras !
12 juin 2014
Mundial de foot : C'est parti pour un mois de purge
Voilà, c'est parti, pour un mois de purge. Une majorité des
Brésiliens, selon les sondages, estiment désormais qu'organiser le
Mundial fut une erreur, que les milliards gaspillés dans cette
organisation, l'édification de ses infrastructures spécifiques et
son encadrement sécuritaire auraient du être consacrés à autre
chose, de plus essentiel : la requalification des services
publics. Ajoutez à cela la destructions des quartiers pauvres,
l'expulsion de leur population dans une périphérie la plus
lointaine possible, l'épuration sociale, la corruption, les
violences policières, les morts et blessés dans la construction
des stades et la main-mise des multinationales sponsorisant
l'événement sur les lieux où il se produit, vous aurez
l'arrière-plan, le décor, le contexte, de la « grande fête du foot
». Et on sait bien qu'on ne pourra pas la gâcher, la « grande fête
du foot », avec nos états d'âmes tiermondistes de gauche.. Mais si
on pouvait y arriver, à la gâcher, on le ferait ... et si la plèbe
brésilienne des sans logis, des sans emplois, des sans soins, des
sans terre, pouvait le faire, on y applaudirait...
Quel geste pouvons-nous adresser au Mundial et à tous ceux à qui il importe ?
A quoi servent les jeux, dans le duo «panem et circenses », sinon à faire oublier le manque de pain ? A faire dériver la colère populaire vers autre chose que ce sur quoi, et ceux contre qui, elle devrait porter ? Qu'ils le veuillent ou non, l'acceptent ou s'en défendent, tous ceux qui vont orgasmer devant le spectacle du Mundial et les prouesses de leur équipe favorite se rendent complices de tout ce que ce spectacle suppose (de la corruption à l'exploitation, du gaspillage des ressources à la crétinisation des masses) et que ces équipes cautionnent. Le supporter qui braille après le but marqué par « son » équipe ne dit rien d'autre à l'organisateur du spectacle que « continuez à faire ce que vous faites, comme vous le faites »...
En attendant, le Brésil l'a déjà gagné, le Mundial. Du moins un certain Brésil, et un certain Mundial: le Brésil des pauvres, et le Mundial du refus du pouvoir du fric. Le Brésil qui est descendu en masse dans les rues des villes du pays pour dénoncer l'orgie financière de la manifestation, et en délégitimer les organisateurs, la Coupole mafieuse du foot mondial en tête, la FIFA, et ses chefs, les Blatter et autres Platini, en exergue. Ce qui n'empêche d'ailleurs pas Blatter d'être candidat à sa propre succession : parrain, c'est un boulot stable, auquel on ne renonce que les pieds devant.
La corruption est au coeur du système de la FIFA. Elle règne au moment de l'attribution de la compétition mondiale à tel ou tel pays (l'émirat du Qatar a ainsi littéralement acheté les votes nécessaires pour qu'il obtienne le Coupe du Monde de foot en 2022), elle règne dans ce pays ensuite. L'univers de la FIFA est, résume l'expert « anticorruption » Mark Pieth, « dominé par les jeux de pouvoir, le patronage et les patriarches, installés depuis des décennies ». A quoi il faut évidemment ajouter, comme moteur du système, l'argent. Le blé. Le pognon. L'oseille. Le grisbi. La FIFA génère des milliards (de francs, d'euros, de dollars, de livres sterling, au choix) de bénéfices, qu'elle redistribue aux pays, aux organisations sportives, aux membres de son comité, dans une opacité presque absolue, favorisée par le fait qu'elle est une association de droit suisse sur laquelle la Suisse refuse d'exercer un droit de regard suffisant pour la contraindre à un peu plus de transparence.
Les questions politiques, les droits humains ? la FIFA s'en fout. C'est pas son problème. Son problème, c'est de se faire un maximum de pognon dans un minimum de temps. Ainsi peut-elle décider de la marque de bière vendue dans les stades et autour, mais refuse-t-elle de demander la moindre garantie de respect des droits fondamentaux (ceux des populations des pays qui vont organiser les compétitions qu'elle patronne et amorcer la pompe à fric qu'elle siphonne, et ceux des travailleurs qui vont construire les infrastructures nécessaires à ces compétitions).
Quant à nous, pour qui les plus beaux gestes footballistiques resteront longtemps « la main de Dieu » de Maradona, le coup de boule de Zidane et la prune de Cantona sur un supporter, quel autre geste pouvons-nous adresser au Mundial, à la Fifa, à Blatter et à tous ceux pour qui cet « événement » importe plus que l'état du monde, qu'un doigt d'honneur ?
Quel geste pouvons-nous adresser au Mundial et à tous ceux à qui il importe ?
A quoi servent les jeux, dans le duo «panem et circenses », sinon à faire oublier le manque de pain ? A faire dériver la colère populaire vers autre chose que ce sur quoi, et ceux contre qui, elle devrait porter ? Qu'ils le veuillent ou non, l'acceptent ou s'en défendent, tous ceux qui vont orgasmer devant le spectacle du Mundial et les prouesses de leur équipe favorite se rendent complices de tout ce que ce spectacle suppose (de la corruption à l'exploitation, du gaspillage des ressources à la crétinisation des masses) et que ces équipes cautionnent. Le supporter qui braille après le but marqué par « son » équipe ne dit rien d'autre à l'organisateur du spectacle que « continuez à faire ce que vous faites, comme vous le faites »...
En attendant, le Brésil l'a déjà gagné, le Mundial. Du moins un certain Brésil, et un certain Mundial: le Brésil des pauvres, et le Mundial du refus du pouvoir du fric. Le Brésil qui est descendu en masse dans les rues des villes du pays pour dénoncer l'orgie financière de la manifestation, et en délégitimer les organisateurs, la Coupole mafieuse du foot mondial en tête, la FIFA, et ses chefs, les Blatter et autres Platini, en exergue. Ce qui n'empêche d'ailleurs pas Blatter d'être candidat à sa propre succession : parrain, c'est un boulot stable, auquel on ne renonce que les pieds devant.
La corruption est au coeur du système de la FIFA. Elle règne au moment de l'attribution de la compétition mondiale à tel ou tel pays (l'émirat du Qatar a ainsi littéralement acheté les votes nécessaires pour qu'il obtienne le Coupe du Monde de foot en 2022), elle règne dans ce pays ensuite. L'univers de la FIFA est, résume l'expert « anticorruption » Mark Pieth, « dominé par les jeux de pouvoir, le patronage et les patriarches, installés depuis des décennies ». A quoi il faut évidemment ajouter, comme moteur du système, l'argent. Le blé. Le pognon. L'oseille. Le grisbi. La FIFA génère des milliards (de francs, d'euros, de dollars, de livres sterling, au choix) de bénéfices, qu'elle redistribue aux pays, aux organisations sportives, aux membres de son comité, dans une opacité presque absolue, favorisée par le fait qu'elle est une association de droit suisse sur laquelle la Suisse refuse d'exercer un droit de regard suffisant pour la contraindre à un peu plus de transparence.
Les questions politiques, les droits humains ? la FIFA s'en fout. C'est pas son problème. Son problème, c'est de se faire un maximum de pognon dans un minimum de temps. Ainsi peut-elle décider de la marque de bière vendue dans les stades et autour, mais refuse-t-elle de demander la moindre garantie de respect des droits fondamentaux (ceux des populations des pays qui vont organiser les compétitions qu'elle patronne et amorcer la pompe à fric qu'elle siphonne, et ceux des travailleurs qui vont construire les infrastructures nécessaires à ces compétitions).
Quant à nous, pour qui les plus beaux gestes footballistiques resteront longtemps « la main de Dieu » de Maradona, le coup de boule de Zidane et la prune de Cantona sur un supporter, quel autre geste pouvons-nous adresser au Mundial, à la Fifa, à Blatter et à tous ceux pour qui cet « événement » importe plus que l'état du monde, qu'un doigt d'honneur ?
10 juin 2014
POUR EN FINIR AVEC LE SPORT-POGNON
POUR EN FINIR AVEC LE SPORT-POGNON
Comité de citoyens et citoyennes contre tout nouveau crédit pour le stade de la Praille
Case postale 2003
1211 Genève 2
Compte de chèques postaux : 17-403303-2
courriel : troubles@infomaniak.ch
forum de discussion et archives des bulletins : http://groups.yahoo.com/group/lapraille
Brèves
On a eu chaud, dis donc : le 18 mai, à Zurich, une initiative de la
Croix-Bleue proposant l'interdiction totale de la publicité pour des
boissons alcoolisées (bière comprise) dans les stades et sur les
maillots des sportifs, était soumise au vote, et les sondages la
donnaient gagnante. D'où mobilisation de masse des milieux «sportifs
», des sponsors, des clubs, du gouvernement et du parlement contre
une mesure «disproportionnée». C'est vrai, quoi, si on peut plus se
pinter dans les stades et si les sportifs ne peuvent plus faire de
la pub pour de la bibine, où va-t-on ? La brasserie Feldschlösschen
ne consacre pas 70 % de ses engagements de sponsor au sport
(essentiellement le foot et le hockey) pour des prunes...
L'Association zurichoise pour le sport sonnait le tocsin : si
l'initiative est acceptée, « les clubs subiront des pertes
financières massives, de nombreuses manifestations devront être
annulées et les cotisations devront être augmentées ». Enfer et
damnation ! Pourtant, certains sports ont déjà renoncé à la pub
alcoolophile et ne s'en portent pas plus mal (la course à pied, le
ski), mais ça pas doit être de vrais sports. Finalement, au vote,
l'initiative a été repoussée, et la mobilisation des sponsors et des
milieux du sport professionnel (foot et hockey en tête) a gagné. Les
vraies valeurs ont été sauvées. C'est bon, de savoir que de grandes
mobilisations pour de grands objectifs éthiques peuvent encore
gagner. Vous avez dit de grands objectifs éthyliques ? Non, crétin,
éthiques ! Ah bon. Mais ça veut dire quoi, « éthique » ?
Déclarations sur le stade de la Praille dans le « Matin Dimanche » du 11 mars : « Pour Servette, la Praille, ce beau stade sans âme, n'a jamais fait oublier les Charmilles » (Michel Zen-Ruffinen, ex-membre de la FIFA)... « Thoune fait tout juste (...) Le stade, par exemple, avec ses 8000 places, est parfaitement adapté » (Jean-Claude Donzé, « Swiss Football League » ). Voilà , voilà ... on en fait quoi, maintenant, de notre « beau stade sans âme » quatre fois trop grand ?
Déclarations sur le stade de la Praille dans le « Matin Dimanche » du 11 mars : « Pour Servette, la Praille, ce beau stade sans âme, n'a jamais fait oublier les Charmilles » (Michel Zen-Ruffinen, ex-membre de la FIFA)... « Thoune fait tout juste (...) Le stade, par exemple, avec ses 8000 places, est parfaitement adapté » (Jean-Claude Donzé, « Swiss Football League » ). Voilà , voilà ... on en fait quoi, maintenant, de notre « beau stade sans âme » quatre fois trop grand ?
05 juin 2014
Mundial de foot : sous les stades, la plèbe
Piqûre de rappel social dans les « fan zones »
Avant les matchs du Mundial brésilien, sur le site de la « Fan Zone » des Vernets, un clip de Solidar Suisse sera diffusé, passant en revue les « fautes » les plus exemplaires commises lors des précédentes compétitions internationales, pour en arriver, sous le slogan « stop aux tacles sociaux », à un « tacle » du patron de la coupole internationale du foot professionnel (la FIFA), Sepp Blatter, sur un petit vendeur de rue brésilien. Le Mundial brésilien, il est vrai, est passé comme un rouleau compresseur sur le petit peuple des villes où se joueront les matchs, dans des stades rénovés ou construits flambant neufs, à coups de milliards dans un pays où les infrastructures sociales les plus essentielles sont en déshérence. Si nous étions animés de quelque mauvais esprit, nous souririons de cette caresse à nos bonnes consciences de gauche (qui, il est vrai, on bien besoin d'un peu de tendresse en ce moment), mais n'étant animés de rien qui ressemble à du mauvais esprit, nous saluons cette piqûre de rappel social, « contextualisation » indispensable des jeux du cirque.
« Si tu n’espères pas l’inespéré, tu ne le trouveras pas » (Héraclite, fragment XVIII)
Les spectateurs des matchs du Mundial de foot au Brésil ne seront pas gênés par la réalité sociale des villes ou ces matchs se dérouleront, et il n'y aura pas de concurrence artisanale faite aux multinationales qui sponsorisent le tournoi : Près de 300'000 petits vendeurs de rue sont visés par les exigences d'épuration sociale posées par la FIFA aux autorités brésiliennes : des zones d'exclusion commerciale s'étendant jusqu'à deux kilomètres autour des stades ont été instaurées, où les vendeurs « non agréés » seront interdits. Les fameuses « retombées financières » du grand raout footballeux, ce sont les entreprises de construction des stades (qui ont surfacturé leurs services et fait ainsi quadrupler les coûts de construction ou de modernisation des stades) et les sponsors de la FIFA qui vont, après déduction de la corruption, les engranger, pas la plèbe brésilienne. Elle, la plèbe, sera tenue à l'écart des zones de non-droit que seront les stades et leurs alentours, comme elle a été expulsée de ses logements détruits pour faire place aux infrastructures centrales et périphériques du Mundial.
Notre ministre des sport, Sami Kanaan, rappelle que depuis l'Euro 2008, la Ville tente de. « sensibiliser la population aux problèmes des droits humains lors des grands rassemblements sportifs »; vaste programme, mais quelle population veut-on sensibiliser? celle qui l'est déjà ? ou celle qui va « communier » lors de la « grand-messe » du foot ? On a les religions qu'on mérite, et si athée et anticlérical qu'on soit, on en vient facilement à préférer à celle dont la célébration va s'ouvrir en juin, celles dont nous nous sommes si souvent gaussés.
Outre la diffusion du clip de Solidar Suisse, la Ville a permis l'installation de stands d'information de plusieurs associations de défense des droits humains dans la « Fan Zone ». Sami Kanaan assume, au nom de la Ville de Genève le contenu critique du travail d'information des associations qui tenteront de faire passer au public un message de solidarité et de responsabilité, et affirme que ce message est, sur le fond, partagé par la Ville. On ne pourra évidemment, ici, que saluer cet engagement : si inaudible que soit une parole de vérité dans une foire comme celle qui va s'ouvrir, il convient tout de même de la proférer. On ne se fera pourtant pas beaucoup d'illusions quant à l'efficacité de cette présence critique pour attirer l'attention du public des « fan zones » sur les conséquences sociales de l'organisation du Mundial brésilien : en période footballeuse, et le Mondial est probablement la pire de toute, le supporter est totalement inaccessible à toute espèce de discours à peu près rationnel. C'est d'ailleurs précisément sur cette infirmité intellectuelle que comptent le gouvernement brésilien et la FIFA : au coup d'envoi du match, le cerveau s'arrête, les tripes prennent la relève et la protestation sociale qui avait soulevé le Brésil contre le gaspillage de 10 milliards de francs pour le Mundial dans un pays où écoles, transports, système de santé sont en déréliction, est recouverte par le spectacle « sportif » : «combien d'hôpitaux, d'écoles, de logements aurait-on pu construire avec l'argent dépensé dans les stades ? » demandaient les manifestants de juin 2013... et que fera-t-on de certains de ces stades, surdimensionnés pour le public de villes comme Brasilia ou Manaus ?
Mais sait-on jamais : peut-être qu'avant l'orgie tripale et tribale, ou après (en laissant passer le temps du deuil hébété pour les supporters des perdants et de l'exsudation orgasmique pour ceux des gagnants), des bribes de réalité peuvent se frayer un chemin dans les neurones mis en veille.
Il faut espérer l'inespérable, nous enseigne le vieil Héraclite...
Avant les matchs du Mundial brésilien, sur le site de la « Fan Zone » des Vernets, un clip de Solidar Suisse sera diffusé, passant en revue les « fautes » les plus exemplaires commises lors des précédentes compétitions internationales, pour en arriver, sous le slogan « stop aux tacles sociaux », à un « tacle » du patron de la coupole internationale du foot professionnel (la FIFA), Sepp Blatter, sur un petit vendeur de rue brésilien. Le Mundial brésilien, il est vrai, est passé comme un rouleau compresseur sur le petit peuple des villes où se joueront les matchs, dans des stades rénovés ou construits flambant neufs, à coups de milliards dans un pays où les infrastructures sociales les plus essentielles sont en déshérence. Si nous étions animés de quelque mauvais esprit, nous souririons de cette caresse à nos bonnes consciences de gauche (qui, il est vrai, on bien besoin d'un peu de tendresse en ce moment), mais n'étant animés de rien qui ressemble à du mauvais esprit, nous saluons cette piqûre de rappel social, « contextualisation » indispensable des jeux du cirque.
« Si tu n’espères pas l’inespéré, tu ne le trouveras pas » (Héraclite, fragment XVIII)
Les spectateurs des matchs du Mundial de foot au Brésil ne seront pas gênés par la réalité sociale des villes ou ces matchs se dérouleront, et il n'y aura pas de concurrence artisanale faite aux multinationales qui sponsorisent le tournoi : Près de 300'000 petits vendeurs de rue sont visés par les exigences d'épuration sociale posées par la FIFA aux autorités brésiliennes : des zones d'exclusion commerciale s'étendant jusqu'à deux kilomètres autour des stades ont été instaurées, où les vendeurs « non agréés » seront interdits. Les fameuses « retombées financières » du grand raout footballeux, ce sont les entreprises de construction des stades (qui ont surfacturé leurs services et fait ainsi quadrupler les coûts de construction ou de modernisation des stades) et les sponsors de la FIFA qui vont, après déduction de la corruption, les engranger, pas la plèbe brésilienne. Elle, la plèbe, sera tenue à l'écart des zones de non-droit que seront les stades et leurs alentours, comme elle a été expulsée de ses logements détruits pour faire place aux infrastructures centrales et périphériques du Mundial.
Notre ministre des sport, Sami Kanaan, rappelle que depuis l'Euro 2008, la Ville tente de. « sensibiliser la population aux problèmes des droits humains lors des grands rassemblements sportifs »; vaste programme, mais quelle population veut-on sensibiliser? celle qui l'est déjà ? ou celle qui va « communier » lors de la « grand-messe » du foot ? On a les religions qu'on mérite, et si athée et anticlérical qu'on soit, on en vient facilement à préférer à celle dont la célébration va s'ouvrir en juin, celles dont nous nous sommes si souvent gaussés.
Outre la diffusion du clip de Solidar Suisse, la Ville a permis l'installation de stands d'information de plusieurs associations de défense des droits humains dans la « Fan Zone ». Sami Kanaan assume, au nom de la Ville de Genève le contenu critique du travail d'information des associations qui tenteront de faire passer au public un message de solidarité et de responsabilité, et affirme que ce message est, sur le fond, partagé par la Ville. On ne pourra évidemment, ici, que saluer cet engagement : si inaudible que soit une parole de vérité dans une foire comme celle qui va s'ouvrir, il convient tout de même de la proférer. On ne se fera pourtant pas beaucoup d'illusions quant à l'efficacité de cette présence critique pour attirer l'attention du public des « fan zones » sur les conséquences sociales de l'organisation du Mundial brésilien : en période footballeuse, et le Mondial est probablement la pire de toute, le supporter est totalement inaccessible à toute espèce de discours à peu près rationnel. C'est d'ailleurs précisément sur cette infirmité intellectuelle que comptent le gouvernement brésilien et la FIFA : au coup d'envoi du match, le cerveau s'arrête, les tripes prennent la relève et la protestation sociale qui avait soulevé le Brésil contre le gaspillage de 10 milliards de francs pour le Mundial dans un pays où écoles, transports, système de santé sont en déréliction, est recouverte par le spectacle « sportif » : «combien d'hôpitaux, d'écoles, de logements aurait-on pu construire avec l'argent dépensé dans les stades ? » demandaient les manifestants de juin 2013... et que fera-t-on de certains de ces stades, surdimensionnés pour le public de villes comme Brasilia ou Manaus ?
Mais sait-on jamais : peut-être qu'avant l'orgie tripale et tribale, ou après (en laissant passer le temps du deuil hébété pour les supporters des perdants et de l'exsudation orgasmique pour ceux des gagnants), des bribes de réalité peuvent se frayer un chemin dans les neurones mis en veille.
Il faut espérer l'inespérable, nous enseigne le vieil Héraclite...
21 mai 2014
Fonds de tiroir
La Ville de Genève a confirmé pour le Mondial de foot l'interdiction
faite aux bistrots sur tout le territoire municipal de coller des
écrans de télé sur les terrasses. Et ça râle dans les bistrots et
chez les supporters -comme s'ils manquaient de lieux pour s'ébrouer
devant les matches. Ou comme si n'avoir pas, pendant qu'on sirote
peinard son jaja à la terrasse d'un rade, à se farcir des troupeaux
d'abrutis beuglants et bourrés (et le cas échéant équipés de
klaxons, de feux de Bengale et de pétards, était une revendication
exorbitante... Et qu'on ne nous dise pas qu'on est des antisportifs
primaires (même si c'est vrai qu'on l'est) : la retransmission en
direct des Mondiaux de pétanque ou des tournois d'échecs sur des
écrans de télé à la terrasse des bistrots, on serait même plutôt
pour...
13 mai 2014
Mondial de foot au Brésil : Ordem e lucro !
Le 12 juin s'ouvrira le Mondial de foot, organisé au Brésil à coup de milliards (20 à 30 milliards de francs investis pour le Mondial et les JO de 2016, dont au moins 13 milliards pour le seul Mondial) consacrés à la construction d'infrastructures (stades, routes et aéroports), et au financement des actions d'épuration sociale (expulsions des habitants des favelas, interdiction des marchands de rue, notamment) entamées pour donner du Brésil l'image d'un pays « propre en ordre ». « Ordem e progresso », proclame la devise du Brésil. « Ordem », l'ordre, sans doute. Mais pendant le Mondial, pour nourrir la coupole internationale du foot professionnel, en laissant le peuple du pays organisateur du Mondial en payer la facture ce sera plutôt « Ordem e lucro »...
« Quand les mouettes suivent un chalutier, c'est qu'elles pensent qu'on va leur jeter des sardines »
Le Mondial brésilien de foot va coûter plus cher que ses trois prédécesseurs en Corée du sud et au Japon, en Allemagne et en Afrique du sud. Coûter à qui ? Evidemment pas à la coupole internationale du foot professionnel, la Fifa. Coûter au Brésil. C'est-à-dire aux Brésiliens. Comme les Jeux Olympiques d'hiver de Sotchi ont été payés (50 milliards de francs) par la Russie, c'est-à-dire les Russes, et comme la Coupe du monde de foot va coûter 100 milliards au Qatar (et a déjà été payée de la mort de 400 travailleurs immigrés employés à la construction des infrastructures de la « grande fête du foot» -d'ailleurs, au Brésil aussi, gouvernement de gauche ou pas, 25'000 ouvriers s'épuisent pour des salaires ridicules, sans paiement des heures supplémentaires, dans un absolu mépris des lois sur le travail et des normes de sécurité, à construire des stades pour la place desquels des milliers de personnes ont été expulsées de leur logement.
Ces délires pharaoniques ont été vendus à grands coups de promesses aux peuples qui vont finalement les payer : vous allez en profiter, ça va créer des emplois, générer des revenus, développer des activités, et tout cela dans la durée... résultat ? Le Mondial de foot en Afrique du Sud a accouché d'une dette de 2,8 milliards de francs, que les contribuables sud-africains vont devoir éponger et qui entraîne des restrictions budgétaires dans des domaines aussi essentiels que la santé et l'éducation. Mais la Fifa, elle, y a gagné près de deux milliards et demi, et les entreprises de construction près d'un milliard et demi... Au Brésil, l'engagement financier pour le Mondial a eu pour effet une réduction massive des ressources allouées au services publics -quant aux stades construits grâce à des fonds publics ils seront ensuite privatisés -comme les six principaux aéroports rénovés pour l'occasion.
En juin dernier, près d'un million de Brésiliens manifestaient contre l'augmentation des tarifs des transports publics, leur incapacité à assurer leur service au public, la déshérence des systèmes de santé et d'éducation et le manque de moyen accordés aux infrastructures sociales indispensables alors que des milliards sont dilapidés pour les infrastructures nécessaires au Mondial. « Le Brésil, faites un effort pendant un mois, calmez-vous » implore Michel Platini, président de la coupole européenne du foot professionnel (l'UEFA). Calmez-vous pendant le Mondial, et payez ensuite pendant des décennies ce qu'il aura coûté. Et le parrain mondial du parrain européen, Sepp Blatter, président de la Fifa, a dit sa conviction que « le football est plus fort que l'insatisfaction des gens». Mais moins que l'autosatisfaction de Blatter. « Quand on a un homme fort à la tête d'un Etat qui peut décider, comme pourra le faire Poutine en 2018 (le prochain Mondial se fera en Russie), c'est plus facile pour nous », susurre le secrétaire général de la Fifa...
Aux crapuleuses âneries des Blatter, Platini et autres représentants des coupoles mondiales et régionales du foot-pognon, on s'autorisera à préférer de loin les aphorismes frapadingues d'Eric Cantona. Comme son célèbre « Quand les mouettes suivent un chalutier, c'est qu'elles pensent qu'on va leur jeter des sardines ». Et quand les mouettes brésiliennes à qui la Fifa et le gouvernement du Brésil ont promis des sardines s'aperçoivent que celles qu'on leur a jetées sont avariées, qu'est-ce qu'elles font, toutes fan de foot qu'elles soient ? D'abord elles dégueulent, ensuite elles manifestent. Pour leurs droits, pas pour le foot.
11 avril 2014
Fonds de tiroir
« Genève est paré pour la finale de la Coupe » de Suisse de foot,
«Genève est prêt pour accueillir la finale de la Coupe de Suisse »
titre (deux fois, au cas où on n'aurait pas compris) la «Tribune de
Genève » de samedi (qui oublie au passage que Genève est un nom
propre féminin). Explication : les « débordements » des supporters
lors de la finale de la Coupe, traditionnellement accueillie au
Stade de Suisse à Berne, ont incité la ville de Berne à renoncer à
accueillir cette « grande fête du foot », de la bière et de la
connerie. Et comme Genève dispose d'un stade de 30'000 places dont
elle ne sait pas quoi foutre, le Conseil d'Etat (Maudet en tête) et
le fondation du stade de la Praille (dit « Stade de Genève ») se
précipitent pour poser leur candidature et conclure un «partenariat»
avec l'Association suisse de football pour la répartition des coûts
de sécurité de l'opération. Voilà pour le prétexte. Mais derrière,
il y a aussi, pour ne pas écrire « surtout », l'occasion de demander
du fric aux collectivités publiques. Parce que la fondation du
stade, elle a besoin de fric pour remettre son stade aux normes de
l'ASF. Elle utilise donc le prétexte pour avancer sa sébile : il lui
faut, paraît-il, six millions de francs pour « mettre le stade à
niveau, et notamment améliorer l'accueil des VIP ». Qui ne sauraient
évidemment être accueillis comme de vulgaires spectateurs. Bon, ben
on fait déjà chauffer le référendum ou on attend que ça se décante ?
Le 22 février, à Sao Paulo, une manifestation d'opposition au Mondial de Football organisé, à un coût astronomique, par le Brésil, a dégénéré en violence et en saccage, et en répression brutale. Des dizaines de manifestants ont été arrêtés, ainsi que cinq journalistes. On compte des blessés dans les rangs des manifestants comme dans ceux de la police. Des agences bancaires ont été mises à sac, des barricades ont été érigées. Le 12 juin, c'est précisément à Sao Paulo que devrait se tenir le match d'ouverture du Mondial. Les manifestants dénonçaient, sous le slogan « Le Mondial pour les riches, la mortadelle pour les pauvres », le gaspillage, par milliards (de dollars ou d'euros) pour cette manifestation, alors que les services publics, les infrastructures utiles à la population et les prestations sociales sont dans un état lamentable, des écoles aux hôpitaux en passant par les transports. Des manifestations semblables, et dénonçant également le Mondial et le gaspillage qui l'accompagne, avaient déjà eu lieu, plus massives, lors de la Coupe des confédérations de football, en juin 2013. Au total, le Brésil aura investi 11 milliards de dollars dans l'organisation du Mondial et la construction des stades. Le vieux mot d'ordre romain « panem et circensens » est toujours d'actualité : « du pain et des jeux ». Mais encore faudrait-il qu'il y ait vraiment du pain et pas seulement des jeux de cons. Ah oui, on allait oublier : le présidente et le gouvernement brésiliens sont de gauche. Du Parti des Footballeurs -pardon : du Parti des Travailleurs.
Le 22 février, à Sao Paulo, une manifestation d'opposition au Mondial de Football organisé, à un coût astronomique, par le Brésil, a dégénéré en violence et en saccage, et en répression brutale. Des dizaines de manifestants ont été arrêtés, ainsi que cinq journalistes. On compte des blessés dans les rangs des manifestants comme dans ceux de la police. Des agences bancaires ont été mises à sac, des barricades ont été érigées. Le 12 juin, c'est précisément à Sao Paulo que devrait se tenir le match d'ouverture du Mondial. Les manifestants dénonçaient, sous le slogan « Le Mondial pour les riches, la mortadelle pour les pauvres », le gaspillage, par milliards (de dollars ou d'euros) pour cette manifestation, alors que les services publics, les infrastructures utiles à la population et les prestations sociales sont dans un état lamentable, des écoles aux hôpitaux en passant par les transports. Des manifestations semblables, et dénonçant également le Mondial et le gaspillage qui l'accompagne, avaient déjà eu lieu, plus massives, lors de la Coupe des confédérations de football, en juin 2013. Au total, le Brésil aura investi 11 milliards de dollars dans l'organisation du Mondial et la construction des stades. Le vieux mot d'ordre romain « panem et circensens » est toujours d'actualité : « du pain et des jeux ». Mais encore faudrait-il qu'il y ait vraiment du pain et pas seulement des jeux de cons. Ah oui, on allait oublier : le présidente et le gouvernement brésiliens sont de gauche. Du Parti des Footballeurs -pardon : du Parti des Travailleurs.
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