A la demande de la Ville et du canton de Genève, la Cour des Comptes
genevoise s'est penchée sur les comptes du FC Servette. Résultat :
comme on le savait déjà, la comptabilité du club était plus
qu'approximative. Comme on s'en doutait, les subventions destinées à
l'association devant assurer la relève des jeunes (une sorte d'«
académie de formation ») ont été en partie (un tiers, apparemment)
engloutis dans la société anonyme du club. Et comme certains (de
mauvais esprits antisportifs, cela va sans dire) le recommandaient
avant la Cour des Comptes, la Ville et le canton auraient du, et pu,
se montrer un tantinet plus curieux et exigeants avant de filer du
pognon aux gestionnaires de l'Acadmémie, qui se trouvaient, O
surprise, être les mêmes que ceux du club... Mais c'est quand même
marrant : quand des doutes étaient exprimés sur le fonctionnement
financier du club, ceux qui les exprimaient étaient accusés de
n'être que des antisportifs primaires et footophobes pulsionnels. Et
maintenant que ces doutes sont confirmés par la Cour des Comptes, on
n'entend plus guère ceux qui se sont battus pour qu'on file du
pognon dans un vase percé communiquant avec un trou...
Une manifestation syndicale a dénoncé lundi 14 mai, à Lausanne,
devant le siège du Comité International Olympique (CIO), la
désignation d'une entreprise minière australo-britannique, Rio
Tinto, comme fournisseur officiel des médailles des prochains Jeux
Olympiques d'été à Londres. Rio Tinto s'est rendue coupable de lock
out contre près de 800 travailleurs au Québec, parce qu'ils
refusaient de voir les salariés partant à la retraite être remplacés
par des temporaires payés moitié moins. Rio Tinto, présente dans une
quarantaine de pays, est aussi dénoncée pour ses activités
polluantes et son mépris des populations locales. Les syndicats
exigent du CIO qu'il respecte et fasse respecter de ses fournisseurs
les droits fondamentaux et les principes de la charte olympique. Pis
quoi encore ? D'ailleurs, le directeur de la communication du CIO a
précisé que le CIO n'avait aucune intention d'exiger quoi que ce
soit de Rio Tinto, qui n'est même pas sponsor des Jeux mais
seulement fournisseur de médailles. Y'a une médaille pour
l'hypocrisie ? Et c'est aussi Rio Tinto qui la fournit ?
Le Conseil d'Etat genevois a adopté un arrêté visant à «aménager
les conditions-cadres favorables au bon déroulement de l'Eurofoot
2012 et des manifestations liées à cet évènement » . Concrètement,
ça veut dire quoi, l'Eurofoot se déroulant en Pologne et en Ukraine,
et pas à Genève ? Ben, il s'agit, nous dit le communiqué du Conseil
d'Etat, de « rappeler les différentes dispositions légales et
réglementaires en matière, notamment, d’ordre, de sécurité, de
tranquillité et de salubrité publics, de débits de boissons, de
vente d’alcool sur la voie publique ou encore de commerce
itinérant»... Bref, un petit catalogue des nuisances, incivilités,
tapages et perturbations diverses liées à la «grande fête du foot»,
même quand elle se déroule à quelques milliers de kilomètres de chez
nous. De la délinquance transfrontalière, quoi. Mais qu'en disent
Gominator et son MCG ? Et quand proposeront-ils de mettre les
supporters bruyants dans des containers près de l'aéroport ?
On appelle ça le « calcioscomesse » : c'est le scandale des matches
truqués en Italie (mais on sait que la pratique consistant à payer
des joueurs pour qu'ils fassent perdre un match à leur équipe afin
que les parieurs, mafieux ou non, qui ont misé sur leur adversaire
puissent empocher le gros lot, n'est pas une exclusivité italienne).
Et puis, il y en a un qui rêve tout haut, c'est le Premier ministre
italien, Mario Monti, qui suggère « une suspension totale (du foot
en Italie) pour deux ou trois ans », et qui pense que cette
abstinence footeuse profiterait « à la maturité politique de nos
concitoyens ». Bien sûr, que cela profiterait à leur maturité
politique, mais qui s'y intéresse, à leur maturité politique ? Et
qui en profiterait, de leur maturité politique ? Certainement pas
les réseaux mafieux qui gèrent les paris sur les marches truqués...
et certainement pas non plus le petit monde du foot professionnel,
italien ou non. car comme l'écrit l'historien du sport Fabien
Archambault : « le football (en Italie) est un système industriel où
les enjeux symboliques, au-delà des enjeux financiers, sont très
importants. Du coup, il est hors de question de le laisser aux mains
du hasard ». D'où la manipulation des matches : on sait jamais, si
on ne les manipulait pas, peut-être que les meilleurs gagneraient
toujours... Ah oui, encore un truc : selon le procureur Di Martino,
le « Calcioscomesse » a été en partie organisé en Suisse, et ses
profits en partie planqués en Suisse. Ah ben ça, pour une surprise,
c'est une surprise...
08 juillet 2012
28 juin 2012
Plus que quatre jours de diarrhée footeuse...
Tenir, tenir...
Une demie-finale de tirée, en reste une demain, et dimanche, on en aura donc enfin, et c'est pas trop tôt, fini avec l'Eurofoot. Mais pas avec le sport professionnel, ses jeux du cirque, ses préparations médicamenteuses, les masses de pognon qui s'y investissent et la décérébration collective qui l'accompagne. On en aura fini avec l'Eurofoot, mais Juillet, c'est le mois du Tour de France. Et du pot belge. Bah, au moins, à la télé, les retransmissions de la « grande boucle » nous font voir de beaux paysages, et c'est toujours ça que celles des matches de foot dans les cuvettes des stades ne peuvent nous proposer...
Eurofoot : vous préférez une finale Espagne-Allemagne à Gernika ou Espagne-Italie sur l'Ebre ?
e ne sont que des matches de foot, 20 grands garçons courant après une baballe avec pour ambition ultime de l'expédier dans une cage gardée par un autre grand garçon. Un jeu, rien qu'un jeu, mais devenu par la grâce des media un spectacle mondial, et par la graisse de l'économie du sport professionel un marché considérable. Mais quel est l'enjeu du spectacle, et que vend-on sur ce marché encombré de corruption, de spéculation et de dopage, ? A prendre au pied de la lettre et au pied du mot le langage guerrier des innombrables commentateurs de la baballe, il doit être considérable, cet enjeu : ce ne sont que défenses enfoncées, batailles et combats (le football n'est donc plus un jeu ?), proclamation qu'il « faut bien un vainqueur» (ah bon ? et pourquoi diable ?)... Il est loin, le temps du précepte « L'essentiel, c'est de participer »... l'essentiel, aujourd'hui, dans le sport comme dans le plus pur libéralisme, c'est de gagner, et peu importe la manière. Que le plus fort, ou le plus malin, ou le plus riche, gagne, et malheur aux vaincus.
Mais qu'est-ce que cela aurait changé à la situation de la Grèce, si elle avait battu l'Allemagne ? Qu'est-ce que cela changera à la situation de l'Espagne et qu'est-ce que cela aurait changé à celle du Portugal d'aller entendre les hymnes nationaux des finalistes (et chanter le sien) à Kiev dimanche ? Qu'est-ce que le résultat du match de demain changera à la situation des Italiens ? Est-ce que l'obsession de « discipline budgétaire » d'Angela Merkel se sera dissipée si l'Allemagne n'est pas championne du monde (ou si elle l'est) ? Evidemment que non. Evidemment que rien n'aura été changé à rien. Et que les habitants de l'Ukraine n'auront rien gagné à ce que leurs potentats co-organisent la fête à neuneu (le contexte ukrainien est calamiteux ? Et alors ? Tout le monde s'en fout, du contexte ukrainien...). Et même les plus abrutis des supporters de foot le savent bien, une fois sortis de leurs transes : leur exubérance de chaînon manquant entre préhominiens et hominiens tient de tout, sauf de la raison.
Il n'empêche : la mobilisation tripale et tribale, autour des marches de foot, de tout ce qui peut se ramasser de religiosité bas de gamme et de xénophobie ordinaire pose questions -à commencer par celle-ci : qu'est-ce qui peut bien provoquer la transformation d’individus ordinairement intelligents en primates éructants, au bord du suicide quand « leur » équipe perd et au-delà de l'épectase quand elle gagne ? Cela doit bien se situer quelque part, du côté du cerveau reptilien ou de la réminiscence infantile, cette insulte à Darwin, cette déchirure dans le continuum de l'évolution de l'espèce censée nous avoir mené au glorieux statut d'homo sapiens sapiens, d'humain qui sait qu'il sait... mais alors pourquoi ne sommes-nous pas tous frappés de cette régression ? Pourquoi quelques-uns d'entre nous en sommes préservés alors que tant d'autres, et quelques uns, et même quelques unes que nous ne soupçonnions pas vulnérables à cette régression, la subissent au point de perdre avant, pendant et après match tout langage articulé (les klaxons en tiendront lieu), ou, pire, de n'en garder que ce qui est nécessaire pour proférer des énormités que seule la vacuité de leur prétexte sauve de l'odieux, sans les sauver du ridicule ?
Une demie-finale de tirée, en reste une demain, et dimanche, on en aura donc enfin, et c'est pas trop tôt, fini avec l'Eurofoot. Mais pas avec le sport professionnel, ses jeux du cirque, ses préparations médicamenteuses, les masses de pognon qui s'y investissent et la décérébration collective qui l'accompagne. On en aura fini avec l'Eurofoot, mais Juillet, c'est le mois du Tour de France. Et du pot belge. Bah, au moins, à la télé, les retransmissions de la « grande boucle » nous font voir de beaux paysages, et c'est toujours ça que celles des matches de foot dans les cuvettes des stades ne peuvent nous proposer...
Eurofoot : vous préférez une finale Espagne-Allemagne à Gernika ou Espagne-Italie sur l'Ebre ?
e ne sont que des matches de foot, 20 grands garçons courant après une baballe avec pour ambition ultime de l'expédier dans une cage gardée par un autre grand garçon. Un jeu, rien qu'un jeu, mais devenu par la grâce des media un spectacle mondial, et par la graisse de l'économie du sport professionel un marché considérable. Mais quel est l'enjeu du spectacle, et que vend-on sur ce marché encombré de corruption, de spéculation et de dopage, ? A prendre au pied de la lettre et au pied du mot le langage guerrier des innombrables commentateurs de la baballe, il doit être considérable, cet enjeu : ce ne sont que défenses enfoncées, batailles et combats (le football n'est donc plus un jeu ?), proclamation qu'il « faut bien un vainqueur» (ah bon ? et pourquoi diable ?)... Il est loin, le temps du précepte « L'essentiel, c'est de participer »... l'essentiel, aujourd'hui, dans le sport comme dans le plus pur libéralisme, c'est de gagner, et peu importe la manière. Que le plus fort, ou le plus malin, ou le plus riche, gagne, et malheur aux vaincus.
Mais qu'est-ce que cela aurait changé à la situation de la Grèce, si elle avait battu l'Allemagne ? Qu'est-ce que cela changera à la situation de l'Espagne et qu'est-ce que cela aurait changé à celle du Portugal d'aller entendre les hymnes nationaux des finalistes (et chanter le sien) à Kiev dimanche ? Qu'est-ce que le résultat du match de demain changera à la situation des Italiens ? Est-ce que l'obsession de « discipline budgétaire » d'Angela Merkel se sera dissipée si l'Allemagne n'est pas championne du monde (ou si elle l'est) ? Evidemment que non. Evidemment que rien n'aura été changé à rien. Et que les habitants de l'Ukraine n'auront rien gagné à ce que leurs potentats co-organisent la fête à neuneu (le contexte ukrainien est calamiteux ? Et alors ? Tout le monde s'en fout, du contexte ukrainien...). Et même les plus abrutis des supporters de foot le savent bien, une fois sortis de leurs transes : leur exubérance de chaînon manquant entre préhominiens et hominiens tient de tout, sauf de la raison.
Il n'empêche : la mobilisation tripale et tribale, autour des marches de foot, de tout ce qui peut se ramasser de religiosité bas de gamme et de xénophobie ordinaire pose questions -à commencer par celle-ci : qu'est-ce qui peut bien provoquer la transformation d’individus ordinairement intelligents en primates éructants, au bord du suicide quand « leur » équipe perd et au-delà de l'épectase quand elle gagne ? Cela doit bien se situer quelque part, du côté du cerveau reptilien ou de la réminiscence infantile, cette insulte à Darwin, cette déchirure dans le continuum de l'évolution de l'espèce censée nous avoir mené au glorieux statut d'homo sapiens sapiens, d'humain qui sait qu'il sait... mais alors pourquoi ne sommes-nous pas tous frappés de cette régression ? Pourquoi quelques-uns d'entre nous en sommes préservés alors que tant d'autres, et quelques uns, et même quelques unes que nous ne soupçonnions pas vulnérables à cette régression, la subissent au point de perdre avant, pendant et après match tout langage articulé (les klaxons en tiendront lieu), ou, pire, de n'en garder que ce qui est nécessaire pour proférer des énormités que seule la vacuité de leur prétexte sauve de l'odieux, sans les sauver du ridicule ?
06 juin 2012
L'Eurofoot débute dans deux jours en Pologne et en Ukraine : Du pain, des jeux et des prisons
Hier soir, au Conseil Municipal de la Ville de Genève, une majorité
a refusé de traiter avant l'ouverture de l'Eurofoot, vendredi, une
résolution socialiste exprimant, en termes pourtant mesurés, la
distance que peut prendre une ville comme Genève avec l'état des
libertés politiques dans l'un des deux pays organisateurs de la
grande fête du ballon rond : l'Ukraine. Elle ne mangeait pourtant
pas de pain, ni d'ailleurs de jeux, la résolution : elle demandait
simplement que les retransmissions des matches se déroulant en
Ukraine, sur écran géant à Genève soient complétées d'un
avertissement du genre: « le match que vous regardez se déroule dans
un pays ne respectant pas les libertés démocratiques ». Ben non :
apparemment, dire l'évidence, ce serait déjà trop dire en pleine
footerie européenne.
Etre antisportifs pour les mêmes raisons qu'être anticléricaux et antiracistes ...
'Ukraine a investi dix milliards d'euros dans l'organisation chez elle d'une partie de l'Eurofoot, alors qu'elle rame déjà pour rembourser, au titre de sa dette, un montant équivalent et que personne ne croit un instant qu'elle récupérera les ressources investies grâce aux spectateurs venus de l'étranger et à leurs dépenses. Les travaux d'infrastructures ont été terminés à temps, mais leur coût a explosé, et il y entre de toute évidence une part importante de dessous de tables et de corruption. Accessoirement, une partie de la population locale fait les frais des mesures prises pour accueillir les spectateurs étrangers : ainsi, les cités universitaires de Kiev ont été réquisitionnées, et leurs habitants étudiants expulsés, sans solutions de relogement. Et pour couronner le tout, en Pologne et en Ukraine, les groupes d'« ultras », chaînons manquants entre les supporters basiques et les hooligans, se distinguent par leur violence, leur racisme, leur antisémitisme...
Pour le pouvoir ukrainien actuel, mais aussi pour une bonne partie de l'opinion publique, et même de l'opposition, l'organisation avec la Pologne de l'Eurofoot 2012 est l'évènement le plus important (ou, avec la « révolution orange » de 2004, l'un des deux plus importants) depuis le retour à l'indépendance, à la chute de l'Union Soviétique. Un événement si important qu'il importe peu au pouvoir, au gouvernement, au président, de savoir ce que leurs homologues européens pensent d'eux : ils savent que ce qui va compter, ce sont les matches, le tintouin autour des matches, les exaltations des supporters, le ramdam continental autour de la baballe -bref, la routine médiatique de toutes les grandes compétitions sportives internationales.
Au premier coup de sifflet du premier match de la compétition, qui, sinon des antisportifs primaires, secondaires et tertiaires dans notre genre, se préoccupera de l'état des libertés politiques en Ukraine ? Du sort de l'ancien Premier ministre Ioulia Timochenko ? (elle n'est pas franchement de notre famille politique, mais elle est en prison depuis l'automne 2011, victime d'une vengeance du pouvoir en place, et elle est si mal en point, et si maltraitée qu'il a fallu début mai, sur pression européenne, la transférer dans un hôpital. Et menacée encore d'au moins deux procès, l'un pour fraude fiscale, l'autre pour complicité de meurtre. Rien que cela...).
La Chancelière allemande et son gouvernement, le président de la Commission européenne et sa commissaire aux sports, le gouvernement français annoncent qu'ils ne se rendront pas en Ukraine tant que Ioulia Timochenko y était persécutée ? Le président Ianoukovitch, son gouvernement, son ministre des Affaires étrangères s'en foutent ouvertement : « Le sport, c'est le sport, la politique, c'est la politique », savonne le ministre... « Tous les billets de tous les matches en Ukraine ont été vendus », se rengorge le président... et ils ont raison : le sort des libertés politiques en général, et celui de Ioulia Timochenko en particulier, ne pèsera pas lourd lorsque l'Eurofoot commencera.
« Le sport, c'est le sport, la politique, c'est la politique » , en effet : et quand la seconde est inavouable, le premier la recouvre. Au fait, a-t-il jamais servi à autre chose qu'à cela, depuis qu'il a cessé d'être le plaisir désargenté de jouer pour le plaisir de jouer ? Depuis qu'il a été pris en mains par des Etats, des sponsors, des investisseurs ? Depuis qu'il est devenu la dernière et la plus puissante des religions décérébrantes ?
Et l'on s'étonnera, et nous blâmera, de nous sentir requis d'être antisportifs pour les mêmes raisons qu'être anticléricaux et antiracistes ...
Etre antisportifs pour les mêmes raisons qu'être anticléricaux et antiracistes ...
'Ukraine a investi dix milliards d'euros dans l'organisation chez elle d'une partie de l'Eurofoot, alors qu'elle rame déjà pour rembourser, au titre de sa dette, un montant équivalent et que personne ne croit un instant qu'elle récupérera les ressources investies grâce aux spectateurs venus de l'étranger et à leurs dépenses. Les travaux d'infrastructures ont été terminés à temps, mais leur coût a explosé, et il y entre de toute évidence une part importante de dessous de tables et de corruption. Accessoirement, une partie de la population locale fait les frais des mesures prises pour accueillir les spectateurs étrangers : ainsi, les cités universitaires de Kiev ont été réquisitionnées, et leurs habitants étudiants expulsés, sans solutions de relogement. Et pour couronner le tout, en Pologne et en Ukraine, les groupes d'« ultras », chaînons manquants entre les supporters basiques et les hooligans, se distinguent par leur violence, leur racisme, leur antisémitisme...
Pour le pouvoir ukrainien actuel, mais aussi pour une bonne partie de l'opinion publique, et même de l'opposition, l'organisation avec la Pologne de l'Eurofoot 2012 est l'évènement le plus important (ou, avec la « révolution orange » de 2004, l'un des deux plus importants) depuis le retour à l'indépendance, à la chute de l'Union Soviétique. Un événement si important qu'il importe peu au pouvoir, au gouvernement, au président, de savoir ce que leurs homologues européens pensent d'eux : ils savent que ce qui va compter, ce sont les matches, le tintouin autour des matches, les exaltations des supporters, le ramdam continental autour de la baballe -bref, la routine médiatique de toutes les grandes compétitions sportives internationales.
Au premier coup de sifflet du premier match de la compétition, qui, sinon des antisportifs primaires, secondaires et tertiaires dans notre genre, se préoccupera de l'état des libertés politiques en Ukraine ? Du sort de l'ancien Premier ministre Ioulia Timochenko ? (elle n'est pas franchement de notre famille politique, mais elle est en prison depuis l'automne 2011, victime d'une vengeance du pouvoir en place, et elle est si mal en point, et si maltraitée qu'il a fallu début mai, sur pression européenne, la transférer dans un hôpital. Et menacée encore d'au moins deux procès, l'un pour fraude fiscale, l'autre pour complicité de meurtre. Rien que cela...).
La Chancelière allemande et son gouvernement, le président de la Commission européenne et sa commissaire aux sports, le gouvernement français annoncent qu'ils ne se rendront pas en Ukraine tant que Ioulia Timochenko y était persécutée ? Le président Ianoukovitch, son gouvernement, son ministre des Affaires étrangères s'en foutent ouvertement : « Le sport, c'est le sport, la politique, c'est la politique », savonne le ministre... « Tous les billets de tous les matches en Ukraine ont été vendus », se rengorge le président... et ils ont raison : le sort des libertés politiques en général, et celui de Ioulia Timochenko en particulier, ne pèsera pas lourd lorsque l'Eurofoot commencera.
« Le sport, c'est le sport, la politique, c'est la politique » , en effet : et quand la seconde est inavouable, le premier la recouvre. Au fait, a-t-il jamais servi à autre chose qu'à cela, depuis qu'il a cessé d'être le plaisir désargenté de jouer pour le plaisir de jouer ? Depuis qu'il a été pris en mains par des Etats, des sponsors, des investisseurs ? Depuis qu'il est devenu la dernière et la plus puissante des religions décérébrantes ?
Et l'on s'étonnera, et nous blâmera, de nous sentir requis d'être antisportifs pour les mêmes raisons qu'être anticléricaux et antiracistes ...
26 mai 2012
Brèves
Une centaine de supporters genevois ont causé dimanche des heurts à
Lausanne en marge du match opposant Lausanne-Sport au FC Servette.
La police a dû faire usage d’un camion-pompe et de balles en
caoutchouc. A l’entrée du stade, peu avant les fouilles, des fans du
FC Servette ont provoqué une bousculade afin de pénétrer de force
dans l’enceinte. Auparavant, certains d’entre eux avaient lancé des
engins pyrotechniques dans les broussailles, provoquant un début
d’incendie dans un talus. Et au terme du match, perdu 3 à 1 par
Servette, une centaine de supporters genevois ont cherché la
confrontation avec le service de sécurité du stade, s'en sont pris à
du matériel, à des barrières et ont lancé des bouteilles. Comme
disait en substance une résolution du Conseil Municipal de Genève,
le soutien au foot professionnel, ça socialise les jeunes, ça leur
donne un modèle. La preuve : lors du match entre Servette et
Lausanne Sports, l'attaquant lausannois Mat Moussilou, congolais, a
été l'objet d'insultes racistes de la part de supporters genevois.
Des supporters de foot racistes ? Non, c'est pas possible...
Certains membres du « club des 100 » (une réunion de mécènes du FC Servette), regroupés danms l'« association SFC » ont entendu dire que « la recherche de soutiens financiers » au club qui vient juste d'échapper à la faillite était « plus compliquée que prévu », et proposent donc d'entrer dans le capital de la Société anonyme du club, mais le « club des 100 » ne veut pas de cette solution et assure qu'il n'y a aucun problème dans la récolte des fonds, et que celle-ci se monte, après trois semaines, à environ un million et demi de francs. Et on est prié de le croire sur parole. D'ailleurs, personne ne ment dans le milieu du foot-pognon. Personne, jamais. Sinon, ça se saurait, non ?
La catastrophe économique, sociale et politique grecque peut-elle avoir du bon ? ou en tout cas, des effets collatéraux sur lesquels on ne versera pas une larme ? celui-ci, par exemple: la suspension de toutes les compétitions nationale d'athlétisme pour protester contre les coupes budgétaires opérées, au nom de l'austérité (et du remboursement de la dette de 350 milliards d'euros) par le ministère de la culture et des sports, qui a ratiboisé l'année dernière le tiers des subventions qu'il accordait au sport, et devrait récidiver cette année. Si on en faisait autant à Piogre, est-ce que le FC Servette, le HC Servette, leurs supporters, leur porte-voix politiques et le Stade de Genève nous lâcheraient la grappe ?
Lundi dernier, lors d'un match à la Praille entre Servette (qui a perdu) et Thoune, des supporters servettiens de la «Section Grenat» (en avant, marche !) s'en sont pris à d'autres supporters servettiens, d'origine brésilienne, qui occupaient avec drapeau et tambours les gradins habituels de ladite « Section Grenat », pour qui « les mecs avec leurs tam-tams n'ont rien à faire là ». Surtout s'ils sont basanés. Zont qu'à retourner dans leur jungle, les métèques, non mais. « Noms d'oiseaux et bras d'honneur ont fusé », témoigne un spectateur. Quant au porte-parole du Servette, il se contente de déclarer que « le stade est grand, chacun devrait y trouver sa place dans la respect des autres ». C'est vrai que le stade est grand. Très grand. Beaucoup trop grand. Et aux trois quarts vide. Comme le cerveau des supporters ? On l'a pas dit. Mais on l'a pensé très fort.
Dans une centaine de jours, les Jeux Olympiques d'été s'ouvriront à Londres. Et les Londoniens trinquent. Depuis longtemps, mais ça s'accélère et s'alourdit encore au rythme des derniers chantiers: réfection des chaussées et trottoirs, échanfaudages sur les façades des principaux édifices, paralysie des lignes de metro... dans les quartiers populaires (pour ne pas dire pauvres) proches du « parc olympique » , protégé de la racaille locale par des palissades de trois mètres de haut, les habitants attendent encore que se réalisent les promesses d'emplois pour les chômeurs du coin et d'aménagements de leurs quartiers. La Mairie de Hackney où un centre aquatique destiné aux JO a été implanté (pour 370 millions de francs) râle : ce centre est inutilisable pour un usage populaire, et il faudra en construire un à côté, pour la population de la commune. Le Comité londonien avait estimé le coût de l'organisation des JO pour les collectivités publiques à 2,25 milliards de livres. On en est presque à quatre fois plus (9,3 milliards, soit 13,5 milliards de francs). C'est un dixième des coupes imposées par le gouvernement dans les budgets sociaux, éducatifs et sanitaires, et dont la population la plus pauvre souffre le plus directement. Ces milliards manquent cruellement, et les prestations qu'ils finançaient manquent encore plus cruellement -mais quoi, le principe, c'est bien toujours « du pain et des jeux», non ? Même si le pain est sec et les jeux pourris...
Certains membres du « club des 100 » (une réunion de mécènes du FC Servette), regroupés danms l'« association SFC » ont entendu dire que « la recherche de soutiens financiers » au club qui vient juste d'échapper à la faillite était « plus compliquée que prévu », et proposent donc d'entrer dans le capital de la Société anonyme du club, mais le « club des 100 » ne veut pas de cette solution et assure qu'il n'y a aucun problème dans la récolte des fonds, et que celle-ci se monte, après trois semaines, à environ un million et demi de francs. Et on est prié de le croire sur parole. D'ailleurs, personne ne ment dans le milieu du foot-pognon. Personne, jamais. Sinon, ça se saurait, non ?
La catastrophe économique, sociale et politique grecque peut-elle avoir du bon ? ou en tout cas, des effets collatéraux sur lesquels on ne versera pas une larme ? celui-ci, par exemple: la suspension de toutes les compétitions nationale d'athlétisme pour protester contre les coupes budgétaires opérées, au nom de l'austérité (et du remboursement de la dette de 350 milliards d'euros) par le ministère de la culture et des sports, qui a ratiboisé l'année dernière le tiers des subventions qu'il accordait au sport, et devrait récidiver cette année. Si on en faisait autant à Piogre, est-ce que le FC Servette, le HC Servette, leurs supporters, leur porte-voix politiques et le Stade de Genève nous lâcheraient la grappe ?
Lundi dernier, lors d'un match à la Praille entre Servette (qui a perdu) et Thoune, des supporters servettiens de la «Section Grenat» (en avant, marche !) s'en sont pris à d'autres supporters servettiens, d'origine brésilienne, qui occupaient avec drapeau et tambours les gradins habituels de ladite « Section Grenat », pour qui « les mecs avec leurs tam-tams n'ont rien à faire là ». Surtout s'ils sont basanés. Zont qu'à retourner dans leur jungle, les métèques, non mais. « Noms d'oiseaux et bras d'honneur ont fusé », témoigne un spectateur. Quant au porte-parole du Servette, il se contente de déclarer que « le stade est grand, chacun devrait y trouver sa place dans la respect des autres ». C'est vrai que le stade est grand. Très grand. Beaucoup trop grand. Et aux trois quarts vide. Comme le cerveau des supporters ? On l'a pas dit. Mais on l'a pensé très fort.
Dans une centaine de jours, les Jeux Olympiques d'été s'ouvriront à Londres. Et les Londoniens trinquent. Depuis longtemps, mais ça s'accélère et s'alourdit encore au rythme des derniers chantiers: réfection des chaussées et trottoirs, échanfaudages sur les façades des principaux édifices, paralysie des lignes de metro... dans les quartiers populaires (pour ne pas dire pauvres) proches du « parc olympique » , protégé de la racaille locale par des palissades de trois mètres de haut, les habitants attendent encore que se réalisent les promesses d'emplois pour les chômeurs du coin et d'aménagements de leurs quartiers. La Mairie de Hackney où un centre aquatique destiné aux JO a été implanté (pour 370 millions de francs) râle : ce centre est inutilisable pour un usage populaire, et il faudra en construire un à côté, pour la population de la commune. Le Comité londonien avait estimé le coût de l'organisation des JO pour les collectivités publiques à 2,25 milliards de livres. On en est presque à quatre fois plus (9,3 milliards, soit 13,5 milliards de francs). C'est un dixième des coupes imposées par le gouvernement dans les budgets sociaux, éducatifs et sanitaires, et dont la population la plus pauvre souffre le plus directement. Ces milliards manquent cruellement, et les prestations qu'ils finançaient manquent encore plus cruellement -mais quoi, le principe, c'est bien toujours « du pain et des jeux», non ? Même si le pain est sec et les jeux pourris...
Dimanche s'est couru à Bahrein un grand prix de formule 1. Qui a
gagné ? On s'en fout. On sait en revanche qui a perdu : d'abord, tué
par la police, un opposant au régime du roi Hamad Ben Issa
Al-Khalifa. Ensuite, le mouvement des Jeunes du 14 mai, qui réclame,
l'impudent, une monarchie constitutionnelle (même pas une
république) et le respect des choix démocratiques. Il y a un an
déjà, la répression du mouvement d'opposition avait fait 35 morts,
en février et mars, et plus de 60 personnes ont été tuées depuis le
début du mouvement. C'est quand même pas quelques dizaines de morts
d'arabes, chiites en plus, tués par la police ou l'armée, qui vont
arrêter un grand prix de Formule 1, non ? Les bagnoles de course
passent, la démocratie trépasse et alors ? Y'a quand même encore des
coins comme Bahrein où on respecte les vraies valeurs, celles qui
font vroum vroum...
Le 1er avril dernier, autour du match de foot Lausanne-Servette, à
Lausanne, de graves débordements de supporters (et de bière) avaient
contraint la police lausannoise à intervenir, avec tirs de balles en
caoutchouc, suivie des pompiers et de la voirie. Six semaines après
les faits, la police, les pompiers et la voirie ont envoyé la
facture (80'000 balles, voirie non comprise) à la Ville. Qui avait
assuré que ce serait aux clubs de payer. Et qui aujourd'hui admet
que « le système de responsabilité financière des clubs (n'étant pas
en place », c'est la Ville elle-même qui paiera. Et pourquoi pas les
supporters ? Ben... parce que ce sont de bon gars, finalement.
Forcément, des fans de foot, ça peut être quoi d'autre ? C'est quand
même pas le black block. Juste le naze bock...
18 mai 2012
Mondial 2014 de foot : Main basse sur le Brésil
Comme nul n'est censé l'ignorer, la prochaine coupe mondiale de
foot, le « Mondial » (comme s'il était évident que ce machin
résumait la planète) se déroulera et déroulera ses fastes, son fric
et sa dope, au Brésil. Et le Brésil s'y prépare, sous la houlette
tout sauf désintéressée de la coupole du foot professionnel
international, la Fédération internationale de football (FIFA) et de
son parrain haut-valaisan, Sepp Blatter. « Le Brésil s'y prépare »,
cela signifie : évacuation des habitants de quartiers entiers,
violation des droits humains et des droits syndicaux,
surexploitation des travailleurs, coupes dans les budgets sociaux
pour financer les infrastructures sportives et touristiques... Il
paraît que le Brésil a un gouvernement (et une présidente) de
gauche. Face au foot-pognon mondialisé, il apparaît surtout que la
gauche est aussi veule que la droite.
Des chômeurs regarderont à la télé des millionnaires courant après un ballon
Souvenez-vous du Mondial 2010, en Afrique du Sud : ce fut une véritable opération de pillage des caisses publiques du pays par les organisateurs des joutes, leurs sponsors et les media. L'Afrique du Sud y avait perdu près de trois milliards de francs, la Coupole du foot (la FIFA, donc) y avait gagné plus de trois milliards de francs. Un transfert modèle, sur le dos des travailleuses et des travailleurs sud-africains, surexploités pendant tout le temps où ils mettaient sur pieds et sur béton toute l'infrastructure nécessaire à la « grande fête du sport ». Eh bien, pour le Mondial brésilien de 2014, l'histoire bégaie : sur les chantiers du Mondial, les salaires versés sont inférieurs au minimum vital. Les syndicats demandent un salaire minimum de 1100 reals par mois (environ 635 US$) mais le salaire minimum réel plafonne à 650 reals (environ 400 US$), et pour s'assurer que l'impudente revendication de pouvoir vivre de son travail ne perturbera pas les réjouissances fotballeuses, le droit de grève sera drastiquement limité pendant les trois mois précédant la compétition, et pendant toute la durée de celle-ci -il ne faudrait pas que les spectateurs et les téléspectateurs soient informés de la situation réelle des gens qui ont travaillé pour le spectacle... Enfin, le Mondial va déloger plus de 150'000 personnes des zones où sévira la fièvre du ballon rond et des favelas qui font tache dans le paysage touristique qu'on veut présenter, et il va de plus priver les marchands de rue (qui habitent ces favelas) de leur gagne-pain (en plus de leur logement) afin d'assurer le respects des droits exclusifs des sponsors de la FIFA.
« La FIFA met le Brésil en coupe réglée », résume Solidar Suisse (l'ex Oeuvre suisse d'entraide ouvrière, OSEO), qui lance une campagne pour exiger de la Coupole qu'elle fasse respecter les droits fondamentaux des travailleuses et des travailleurs brésiliens et des populations locales, victimes à la fois de la rapacité de la FIFA elle-même, de celle des sponsors et de l'incroyable veulerie des autorités brésiliennes. Il y a sans doute quelque feinte naïveté dans une campagne qui demande aux organisateurs d'une calamité de « promouvoir le fair-play à l'égard de la population locale » frappée par cette calamité, mais il y a surtout la volonté de mettre la FIFA face à ses propres discours sur le fair-play et la grande fraternité du sport, et à sa propre pratique : l'organisation «sportive» est en fait une multinationale qui va engranger des milliards de francs, ou de dollars, ou d'euros, grâce au Mondial et grâce à l'exploitation de ceux qui vont le rendre possible sur place, mais cette multinationale ne paie pas, et ne veut pas payer d'impôt, ni au Brésil où elle va sévir, ni en Suisse où elle siège.
Les milliards que le Brésil va consacrer à l'organisation du Mondial, pour les beaux yeux de la FIFA, de ses sponsors et des chaînes télés qui retransmettront les matches en faisant exploser les tarifs des publicités qui encadreront et farciront les retransmissions, ces milliards de dépenses somptuaires seront compensés par des coupes dans des programmes sociaux autrement plus urgents et plus essentiels que des joutes organisées dans les moindres détails par la FIFA, et se résumant en cette formule : « des chômeurs regardant à la télé des millionnaires courant après un ballon ».
Il y a 50 millions de pauvres au Brésil. Il y en aura encore plus après le Mondial. Mais ils auront pu croire leur pays devenu le centre du monde, alors qu'il n'aura été qu'un champ mis en coupe réglée par la FIFA.
Soutenez la campagne de Solidar : www.solidar.ch/fr/
Des chômeurs regarderont à la télé des millionnaires courant après un ballon
Souvenez-vous du Mondial 2010, en Afrique du Sud : ce fut une véritable opération de pillage des caisses publiques du pays par les organisateurs des joutes, leurs sponsors et les media. L'Afrique du Sud y avait perdu près de trois milliards de francs, la Coupole du foot (la FIFA, donc) y avait gagné plus de trois milliards de francs. Un transfert modèle, sur le dos des travailleuses et des travailleurs sud-africains, surexploités pendant tout le temps où ils mettaient sur pieds et sur béton toute l'infrastructure nécessaire à la « grande fête du sport ». Eh bien, pour le Mondial brésilien de 2014, l'histoire bégaie : sur les chantiers du Mondial, les salaires versés sont inférieurs au minimum vital. Les syndicats demandent un salaire minimum de 1100 reals par mois (environ 635 US$) mais le salaire minimum réel plafonne à 650 reals (environ 400 US$), et pour s'assurer que l'impudente revendication de pouvoir vivre de son travail ne perturbera pas les réjouissances fotballeuses, le droit de grève sera drastiquement limité pendant les trois mois précédant la compétition, et pendant toute la durée de celle-ci -il ne faudrait pas que les spectateurs et les téléspectateurs soient informés de la situation réelle des gens qui ont travaillé pour le spectacle... Enfin, le Mondial va déloger plus de 150'000 personnes des zones où sévira la fièvre du ballon rond et des favelas qui font tache dans le paysage touristique qu'on veut présenter, et il va de plus priver les marchands de rue (qui habitent ces favelas) de leur gagne-pain (en plus de leur logement) afin d'assurer le respects des droits exclusifs des sponsors de la FIFA.
« La FIFA met le Brésil en coupe réglée », résume Solidar Suisse (l'ex Oeuvre suisse d'entraide ouvrière, OSEO), qui lance une campagne pour exiger de la Coupole qu'elle fasse respecter les droits fondamentaux des travailleuses et des travailleurs brésiliens et des populations locales, victimes à la fois de la rapacité de la FIFA elle-même, de celle des sponsors et de l'incroyable veulerie des autorités brésiliennes. Il y a sans doute quelque feinte naïveté dans une campagne qui demande aux organisateurs d'une calamité de « promouvoir le fair-play à l'égard de la population locale » frappée par cette calamité, mais il y a surtout la volonté de mettre la FIFA face à ses propres discours sur le fair-play et la grande fraternité du sport, et à sa propre pratique : l'organisation «sportive» est en fait une multinationale qui va engranger des milliards de francs, ou de dollars, ou d'euros, grâce au Mondial et grâce à l'exploitation de ceux qui vont le rendre possible sur place, mais cette multinationale ne paie pas, et ne veut pas payer d'impôt, ni au Brésil où elle va sévir, ni en Suisse où elle siège.
Les milliards que le Brésil va consacrer à l'organisation du Mondial, pour les beaux yeux de la FIFA, de ses sponsors et des chaînes télés qui retransmettront les matches en faisant exploser les tarifs des publicités qui encadreront et farciront les retransmissions, ces milliards de dépenses somptuaires seront compensés par des coupes dans des programmes sociaux autrement plus urgents et plus essentiels que des joutes organisées dans les moindres détails par la FIFA, et se résumant en cette formule : « des chômeurs regardant à la télé des millionnaires courant après un ballon ».
Il y a 50 millions de pauvres au Brésil. Il y en aura encore plus après le Mondial. Mais ils auront pu croire leur pays devenu le centre du monde, alors qu'il n'aura été qu'un champ mis en coupe réglée par la FIFA.
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09 mai 2012
Fonds de tiroirs
L'ancien patron du FC Servette, Francisco Vinas, qui se taisait
depuis trois ans, est sorti de son silence, dans « Le Matin Dimanche
» de dimanche dernier. Pour dire son fait à son successeur, Madjid
Pishyar, en commençant par rappeler que lui, Vinas, avait sorti le
club de la merde où l'avait laissé Marc Roger, et qu'il n'avait cédé
le club à Pishyar que sous la pression d'attaques personnelles
constantes, de la part des partisans de Pishyar (qu'on entend
curieusement peu, en ce moment). Qui a donc pu reprendre un FC
Servette sans dettes, avec plus de deux millions en caisse. Mais le
laisse sans un radis, avec quelques millions de dettes. De toute
façon, pour Vinas, faire vivre un club de foot d'élite à Genève,
«c'est vouloir exporter le foot au Groenland » : en clair,
l'écrasante majorité des Genevois (dont nous, ici) se contrefoutent
de la présence ou non d'un club genevois en division A, B ou Z du
foot suisse. Vinas se dit « déçu de voir à quel point les Genevois
et la presse locale se sont fait embobiner » et se demande comment
ils ont pu « gober tout ce qu'à dit M. Pishyar ? ». Ben, c'est
simple : ils auraient gobé n'importe quoi pourvu que ce n'importe
quoi se conclue par « hop Servette, on va gagner ! », ce genre de
conneries pour supporters, quoi. Et ça continue : la « Tribune »
touille aujourd'hui la même sauce qu'à l'arrivée de Pishyar. Et
s'apprête à nous la resservir avec n'importe quel repreneur. C'est
comme au bonneteau : tant qu'il y a des congres assez congres pour
se laisser pêcher, y'a pas de raison d'abandonner la pêche au
congre...
Fin janvier, la coupole européenne du sport-pognon (l'UEFA, donc) a annoncé dans un rapport que le déficit accumulé de 665 clubs européens atteignait 1,64 milliard d'euros, soit 435 millions de plus en un an, que 56 % des clubs de première division européenne avaient enregistré des pertes nettes en 2011 (en France, sur 20 clubs de la division supérieure, quatorze étaient en déficit, six enregistrant des pertes supérieures à cinq millions d'euros) et que 78 clubs avaient claqué la totalité de leurs recettes dans les seuls salaires, parfois mirobolant, de leurs joueurs et entraîneurs. Bon, nous, on vous dit ça, hein, c'est pour vous consoler des déboires du Servette : le sport-pognon, c'est la merde partout...
Le président du Servette Hockey-Club, Hugh Quennec, ayant repris le Servette Football Club, et le Servette Football Club ayant précédemment repris l'exploitation du Stade de Genève, est-ce que Hugh Quennec va devoir aussi assumer le trou de la Praille ? Grave question, car le stade est impossible à rentabiliser : trop grand pour les besoins sportifs locaux, il ne peut même pas être utilisé pour y organiser plus de trois concerts par an, afin de limiter les nuisances pour les riverains. Certains avaient bien pensé à en faire usage pour accueillir la fête fédérale de gymnastique mais, las ! les rupestres ont préféré Estavayer. Bon, ben avec tout ça on n'est pas plus avancés... on en fait quoi de ce truc ? le lieu unique pour les manifestations autorisées, après l'adoption par le bon peuple d'une loi durcissant les conditions de la liberté de manifester ? le lieu de détention des participants aux manifestations non autorisées ? Un stade Olivier-Jornot, en quelque sorte ?
A une heure du matin, dimanche dernier, une quinzaine de supporters du SFC ont provoqué une bagarre générale à la rue de l'Ecole de Médecine, en s'en prenant aux clients de trois bistrots, avant de déguerpir à l'arrivée de la police... Le Servette est de retour, ses supporters aussi, chouette...
On a retrouvé ça dans un vieux « GHI » (du 16 mars de l'année dernière), et on savoure, sans autre retenue que celle que pourrait nous donner le temps qui passe et les illusions qui trépassent :
« Stade de Genève : à l'abri des soucis financiers.
Le Servette FC reprend l'exploitation du Stade pour les 33 prochaines années.
La signature de ce contrat entre le Servette FC et la Fondation du Stade de Genève règle tous les problèmes de financement, résume dans un large sourire Mark Muller, conseiller d'Etat en charge du Département des constructions ». Et Benoît Genecand, président de la Fondation du Stade, d'expliquer avoir voulu « prémunir (la fondation) des problèmes financiers sur la durée», et Madjid Pishyar, alors président du Servette FC, annonce vouloir « doter Genève d'une académie du foot ». Et c'était illustré d'une zoulie photo d Pishyar, Muller et Genecand, lequel devrait s'interroger sur son avenir vu le parcours des deux autres. L'article se clôt par cette citation d'un « proche observateur » : « J'espère que Madjid Pishyar a les moyens de ses ambitions »... La réponse est non. Mais pour les moyens de nous faire encore marrer un an après, la réponse est oui.
Fin janvier, la coupole européenne du sport-pognon (l'UEFA, donc) a annoncé dans un rapport que le déficit accumulé de 665 clubs européens atteignait 1,64 milliard d'euros, soit 435 millions de plus en un an, que 56 % des clubs de première division européenne avaient enregistré des pertes nettes en 2011 (en France, sur 20 clubs de la division supérieure, quatorze étaient en déficit, six enregistrant des pertes supérieures à cinq millions d'euros) et que 78 clubs avaient claqué la totalité de leurs recettes dans les seuls salaires, parfois mirobolant, de leurs joueurs et entraîneurs. Bon, nous, on vous dit ça, hein, c'est pour vous consoler des déboires du Servette : le sport-pognon, c'est la merde partout...
Le président du Servette Hockey-Club, Hugh Quennec, ayant repris le Servette Football Club, et le Servette Football Club ayant précédemment repris l'exploitation du Stade de Genève, est-ce que Hugh Quennec va devoir aussi assumer le trou de la Praille ? Grave question, car le stade est impossible à rentabiliser : trop grand pour les besoins sportifs locaux, il ne peut même pas être utilisé pour y organiser plus de trois concerts par an, afin de limiter les nuisances pour les riverains. Certains avaient bien pensé à en faire usage pour accueillir la fête fédérale de gymnastique mais, las ! les rupestres ont préféré Estavayer. Bon, ben avec tout ça on n'est pas plus avancés... on en fait quoi de ce truc ? le lieu unique pour les manifestations autorisées, après l'adoption par le bon peuple d'une loi durcissant les conditions de la liberté de manifester ? le lieu de détention des participants aux manifestations non autorisées ? Un stade Olivier-Jornot, en quelque sorte ?
A une heure du matin, dimanche dernier, une quinzaine de supporters du SFC ont provoqué une bagarre générale à la rue de l'Ecole de Médecine, en s'en prenant aux clients de trois bistrots, avant de déguerpir à l'arrivée de la police... Le Servette est de retour, ses supporters aussi, chouette...
On a retrouvé ça dans un vieux « GHI » (du 16 mars de l'année dernière), et on savoure, sans autre retenue que celle que pourrait nous donner le temps qui passe et les illusions qui trépassent :
« Stade de Genève : à l'abri des soucis financiers.
Le Servette FC reprend l'exploitation du Stade pour les 33 prochaines années.
La signature de ce contrat entre le Servette FC et la Fondation du Stade de Genève règle tous les problèmes de financement, résume dans un large sourire Mark Muller, conseiller d'Etat en charge du Département des constructions ». Et Benoît Genecand, président de la Fondation du Stade, d'expliquer avoir voulu « prémunir (la fondation) des problèmes financiers sur la durée», et Madjid Pishyar, alors président du Servette FC, annonce vouloir « doter Genève d'une académie du foot ». Et c'était illustré d'une zoulie photo d Pishyar, Muller et Genecand, lequel devrait s'interroger sur son avenir vu le parcours des deux autres. L'article se clôt par cette citation d'un « proche observateur » : « J'espère que Madjid Pishyar a les moyens de ses ambitions »... La réponse est non. Mais pour les moyens de nous faire encore marrer un an après, la réponse est oui.
04 avril 2012
Le Servette FC en cessation de paiements : Y'a des semaines, comme ça...
Y'a des semaines, comme ça, où tout fout le camp : Mark Muller d'abord, le Servette ensuite... Le président de la SA du Servette Football Club (eh oui, amis sportifs: vos clubs ne sont pas des associations, ce sont des sociétés anonymes...) a donc annoncé qu'il était en cessation de paiements. Le club a pour 1,7 million de francs de poursuites, il doit fournir dans les dix jours des garanties financières pour obtenir sa licence pour la saison prochaine et il n'a apparemment plus un radis. L'administrateur du club, Cedric Tonoli, a démissionné de son poste. On cherche un repreneur ou des repreneurs (Marc Roger ? Bulat Chagaev). On s'agite. On pleure. Et on n'oublie qu'une chose : que depuis longtemps, le sort des équipes professionnelles ne se joue plus sur les terrains, dans les stades ou sur les patinoires, mais là où fonctionnent (ou dysfonctionnent) les pompes à fric...
Des p'tits trous, des p'tits trous, encore des p'tits trous (chanson populaire)...
n devrait verser une larme, mais elle serait de crocodile, alors on s'en abstient (trop de sauriens se sont ébroués à Piogre cette semaine pour qu'on ait le goût de s'y mêler): le spectre de la faillite qui planait sur le Servette FC ne plane plus. Il a fondu sur sa proie. C'est ce qu'il y a de chiant avec les spectres : on n'arrive pas à s'en débarrasser. Une société qui s'occupe du nettoyage du stade, et qui n'avait pas été payée depuis six mois, ce qui la menaçait elle-même de faillite, avait annoncé qu'elle déposerait une requête de mise en faillite du club, pour une facture de l'ordre de 90'000 francs. In extremis, Pishyar a versé un acompte de 30'000 balles pour éviter, un temps, la faillite, mais le spectre planait toujours. Un autre créancier, qui fournissait les maillots du club, a demandé avant-hier la mise en faillite sans poursuite préalable, pour une créance de 285'000 balles. Le président Pishyar a donc posé les plaques et le ballon et est allé trouvé le juge pour annoncer son défaut de paiement.
Le petit frère du spectre genevois, qui planait au dessus du Neuchâtel Xamax, avait déja fondu sur sa proie, l'avait expédié ad patres et expédié son président au trou. On comprend que le précédent, s'il nous avait bien fait marrer, réjouissait peu le président du Servette, qui avait déjà sur le dos la Ligue suisse de football qui exigeait qu'il prouve qu'il avait payé les charges sociales des joueurs et du personnel, et que d'autres créanciers que la société de nettoyage avaient déjà mis le club aux poursuites. L'administrateur du Servette admettait, juste avant de démissionner, avoir « un problème de liquidités » et demandait à ses créanciers « de se montrer patients, de faire des efforts » -bref, de considérer qu'être créancier du Servette est un honneur qui suffit au paiement des créances, et que demander plus serait vulgaire. Un petit chantage affectif pour permettre au club et à Pishyar de ne pas payer leurs factures. Le temps de demander à quelque collectivité publique complaisante de les payer à leur place, comme d'hab'... Mais voilà, elles ont déjà payé, les collectivités publiques (la Ville et le canton), et elles ne veulent plus, en tout cas pas avant de savoir à quoi ont servi les subventions qu'elles ont accordées.
Car nos deux ministres (socialistes) des sports (et de la culture), le Conseiller d'Etat Charles Beer et le Conseiller administratif Sami Kanaan sont un peu fâchés : ils ont l'impression que le demi-million de subventions accordées au FC Servette pour le soutien à la formation et au mouvement juniors a été, au moins partiellement, utilisé pour boucher les trous financier de la SA du club et peut-être faire patienter les créanciers les plus pressés, ceux qui menaçaient de demander la mise en faillite du SFC avant que le président du SFC la demande lui-même. Si cela se confirmait, cela signifierait que les fonds versés par le canton et la Ville pour la formation et les junior auraient été détournés de leur affectation.
Bref, on attend avec gourmandise le rapport de la Cour des Comptes. Et on se prépare aussi à entendre les jérémiades des supporters politiques dans les parlements genevois. On aime bien ricaner avec le sport-pognon, et quelque chose d'impalpable nous dit que dans les prochaines semaines, on va avoir ample occasion de ricaner. Surtout que le SFC avait, cerise sur la gâteau, obtenu la gestion du stade de la Praille. Et que si le SFC est en faillite, il va falloir non seulement trouver un repreneur pour le club, mais aussi pour le stade... Et cette chanson là, on la connaît : Des p'tits trous, des p'tits trous, encore des p'tits trous...
Des p'tits trous, des p'tits trous, encore des p'tits trous (chanson populaire)...
n devrait verser une larme, mais elle serait de crocodile, alors on s'en abstient (trop de sauriens se sont ébroués à Piogre cette semaine pour qu'on ait le goût de s'y mêler): le spectre de la faillite qui planait sur le Servette FC ne plane plus. Il a fondu sur sa proie. C'est ce qu'il y a de chiant avec les spectres : on n'arrive pas à s'en débarrasser. Une société qui s'occupe du nettoyage du stade, et qui n'avait pas été payée depuis six mois, ce qui la menaçait elle-même de faillite, avait annoncé qu'elle déposerait une requête de mise en faillite du club, pour une facture de l'ordre de 90'000 francs. In extremis, Pishyar a versé un acompte de 30'000 balles pour éviter, un temps, la faillite, mais le spectre planait toujours. Un autre créancier, qui fournissait les maillots du club, a demandé avant-hier la mise en faillite sans poursuite préalable, pour une créance de 285'000 balles. Le président Pishyar a donc posé les plaques et le ballon et est allé trouvé le juge pour annoncer son défaut de paiement.
Le petit frère du spectre genevois, qui planait au dessus du Neuchâtel Xamax, avait déja fondu sur sa proie, l'avait expédié ad patres et expédié son président au trou. On comprend que le précédent, s'il nous avait bien fait marrer, réjouissait peu le président du Servette, qui avait déjà sur le dos la Ligue suisse de football qui exigeait qu'il prouve qu'il avait payé les charges sociales des joueurs et du personnel, et que d'autres créanciers que la société de nettoyage avaient déjà mis le club aux poursuites. L'administrateur du Servette admettait, juste avant de démissionner, avoir « un problème de liquidités » et demandait à ses créanciers « de se montrer patients, de faire des efforts » -bref, de considérer qu'être créancier du Servette est un honneur qui suffit au paiement des créances, et que demander plus serait vulgaire. Un petit chantage affectif pour permettre au club et à Pishyar de ne pas payer leurs factures. Le temps de demander à quelque collectivité publique complaisante de les payer à leur place, comme d'hab'... Mais voilà, elles ont déjà payé, les collectivités publiques (la Ville et le canton), et elles ne veulent plus, en tout cas pas avant de savoir à quoi ont servi les subventions qu'elles ont accordées.
Car nos deux ministres (socialistes) des sports (et de la culture), le Conseiller d'Etat Charles Beer et le Conseiller administratif Sami Kanaan sont un peu fâchés : ils ont l'impression que le demi-million de subventions accordées au FC Servette pour le soutien à la formation et au mouvement juniors a été, au moins partiellement, utilisé pour boucher les trous financier de la SA du club et peut-être faire patienter les créanciers les plus pressés, ceux qui menaçaient de demander la mise en faillite du SFC avant que le président du SFC la demande lui-même. Si cela se confirmait, cela signifierait que les fonds versés par le canton et la Ville pour la formation et les junior auraient été détournés de leur affectation.
Bref, on attend avec gourmandise le rapport de la Cour des Comptes. Et on se prépare aussi à entendre les jérémiades des supporters politiques dans les parlements genevois. On aime bien ricaner avec le sport-pognon, et quelque chose d'impalpable nous dit que dans les prochaines semaines, on va avoir ample occasion de ricaner. Surtout que le SFC avait, cerise sur la gâteau, obtenu la gestion du stade de la Praille. Et que si le SFC est en faillite, il va falloir non seulement trouver un repreneur pour le club, mais aussi pour le stade... Et cette chanson là, on la connaît : Des p'tits trous, des p'tits trous, encore des p'tits trous...
27 mars 2012
Brèves
Les créanciers du Servette FC de Magic Pilchard s'organisent : fatigués d'attendre que le gros poisson leur paie ce qu'il leur doit, ils ont décidé de faire valoir leurs droits collectivement plutôt que chacun pour soi. Une dizaine d'entreprises créancières se sont donc réunies lundi soir. Ensemble, elles représentent plus de 400'000 balles de créances diverses (plus que le capital, 320'000 balles, de la SA du club. Quatre de ces entreprises ont déjà mis le SFC aux poursuites, l'une d'entre elles avait menacé de le mettre en faillite avant de recevoir un acompte, et le Servette doit en plus une centaine de milliers de francs aux Services Industriels. Quelque chose nous dit qu'on n'a pas fini de rigoler. On a mauvais esprit.
Les Jeux Olympiques d'hiver se dérouleront à Sotchi, en Russie (sur la mer Noire). Et comme tous les jeux olympiques d'hiver et d'été précédents, leur préparation et l'installation des équipements font table rase des droits des habitants du coin (après qu'on leur ait promis monts et merveilles). C'est ainsi que les propriétaires de logements d'une cité d'habitation du quartier Makarenko risque fort de perdre leur logement : la cité doit carrément être rasée pour faire un parking. Les habitants avaient investi tout leur avoir dans l'achat d'un logement (entre 3,5 et 6 millions de roubles), la cité n'est même pas encore achevée (mais une quinzaine de familles y sont déjà installées) et voilà qu'on annonce qu'elle va être démolie au printemps par la société qui édifie les sites olympiques. Prétexte : le quartier a été construit sans base légale, le promoteur est en prison et toutes les collectivités publiques concernées (la Ville de Sotchi, la région, la Russie) jurent qu'elle ne peuvent rien faire. Comme si elles n'étaient pas au courant qu'un quartier entier s'édifiait et qu'on y avait amené gaz, électricité et eau courante. Le Comité international olympique reste d'un calme olympien : il assure qu'il prend « très au sérieux la question des déplacements de personnes en relation avec la construction des sites olympiques ». Il le prend même autant au sérieux que Poutine la question de la liberté des élections présidentielles. C'est dire. Qu'ajouter ? Ah oui, on a failli oublier : « vive le sport ! ».
Le Conseiller d'Etat Charles Beer et le Conseiller administratif Sami Kanaan, tous deux socialistes et tous deux « ministres des sports » sont un peu fâchés : ils ont l'impression que le demi-million de subventions accordées au FC Servette pour le soutien à la formation et au mouvement juniors ont été, au moins partiellement, utilisés pour boucher les trous financier de la SA du club . Beer et Kanaan ont donc saisi la Cour des Comptes pour qu'elle se penche sur la comptabilité, apparemment assez inventive, du centre de formation du SFC. Le Servette de Pisghyar a reçu 523'000 balles de subventions du canton (250'000) et de la Ville (273'700) en 2011 pour faire fonctionner son centre de formation et payer ceux qui l'animent, mais le responsable technique du centre n'a pas été payé depuis décembre (et a démissionné) et les entraîneurs du centre attendaient encore le 21 février leurs salaires de janvier. Quant aux joueurs de l'équipe « adulte », certains ont été payée intégralement, d'autres partiellement et attendaient toujours, eux aussi, leurs salaires de janvier. En revanche, les créanciers les plus pressés, ceux qui menaçaient de demander la mise en faillite du SFC, ont été au moins partiellement remboursés. Mais s'ils l'ont été grâce aux fonds versés par le canton et la Ville pour la formation et les juniors, ces fonds auraient alors été détournés de leur affectation (l'administrateur du club a d'ailleur appelé personnellement le Conseil d'Etat pour lui demander de régler les salaires en souffrance...). Et ça la foutrait mal dans le paysage. Bon, bref, on attend avec gourmandise le rapport de la Cour des Comptes. On aime bien rigoler avec le sport.
Les Jeux Olympiques d'hiver se dérouleront à Sotchi, en Russie (sur la mer Noire). Et comme tous les jeux olympiques d'hiver et d'été précédents, leur préparation et l'installation des équipements font table rase des droits des habitants du coin (après qu'on leur ait promis monts et merveilles). C'est ainsi que les propriétaires de logements d'une cité d'habitation du quartier Makarenko risque fort de perdre leur logement : la cité doit carrément être rasée pour faire un parking. Les habitants avaient investi tout leur avoir dans l'achat d'un logement (entre 3,5 et 6 millions de roubles), la cité n'est même pas encore achevée (mais une quinzaine de familles y sont déjà installées) et voilà qu'on annonce qu'elle va être démolie au printemps par la société qui édifie les sites olympiques. Prétexte : le quartier a été construit sans base légale, le promoteur est en prison et toutes les collectivités publiques concernées (la Ville de Sotchi, la région, la Russie) jurent qu'elle ne peuvent rien faire. Comme si elles n'étaient pas au courant qu'un quartier entier s'édifiait et qu'on y avait amené gaz, électricité et eau courante. Le Comité international olympique reste d'un calme olympien : il assure qu'il prend « très au sérieux la question des déplacements de personnes en relation avec la construction des sites olympiques ». Il le prend même autant au sérieux que Poutine la question de la liberté des élections présidentielles. C'est dire. Qu'ajouter ? Ah oui, on a failli oublier : « vive le sport ! ».
Le Conseiller d'Etat Charles Beer et le Conseiller administratif Sami Kanaan, tous deux socialistes et tous deux « ministres des sports » sont un peu fâchés : ils ont l'impression que le demi-million de subventions accordées au FC Servette pour le soutien à la formation et au mouvement juniors ont été, au moins partiellement, utilisés pour boucher les trous financier de la SA du club . Beer et Kanaan ont donc saisi la Cour des Comptes pour qu'elle se penche sur la comptabilité, apparemment assez inventive, du centre de formation du SFC. Le Servette de Pisghyar a reçu 523'000 balles de subventions du canton (250'000) et de la Ville (273'700) en 2011 pour faire fonctionner son centre de formation et payer ceux qui l'animent, mais le responsable technique du centre n'a pas été payé depuis décembre (et a démissionné) et les entraîneurs du centre attendaient encore le 21 février leurs salaires de janvier. Quant aux joueurs de l'équipe « adulte », certains ont été payée intégralement, d'autres partiellement et attendaient toujours, eux aussi, leurs salaires de janvier. En revanche, les créanciers les plus pressés, ceux qui menaçaient de demander la mise en faillite du SFC, ont été au moins partiellement remboursés. Mais s'ils l'ont été grâce aux fonds versés par le canton et la Ville pour la formation et les juniors, ces fonds auraient alors été détournés de leur affectation (l'administrateur du club a d'ailleur appelé personnellement le Conseil d'Etat pour lui demander de régler les salaires en souffrance...). Et ça la foutrait mal dans le paysage. Bon, bref, on attend avec gourmandise le rapport de la Cour des Comptes. On aime bien rigoler avec le sport.
15 mars 2012
Brèves
Nouvelle du sport créateur de lien social, producteur de respect et terreau de fraternité : les directeurs cantonaux de justice et police ont soumis à consultation de nouvelles mesures de lutte contre le hooliganisme et les violences dans les stades et à leurs alentours. Leurs proposition de révision du «Concordat instituant des mesures contre la violence lors de manifestations sportives» prévoit un régime général d'autorisation préalable des autorités cantonales pour les matches de « super ligue » de foot et de « ligue nationale A » de hockey (on vous fait grâce du nom officiel, forcément en anglais, de ces réjouissances), et éventuellement pour certaines rencontres « à risque » dans les ligues inférieures. En contrepartie de l'autorisation, les autorités pourraient exiger des clubs (et des stades) des mesures de prévention sécuritaire : installation de caméras haute définition, présence d'agents de sécurité en nombre suffisant, interdiction de la vente d'alcool, restrictions dans la vente des billets, contrôles d'identité. Comment croyez-vous que les faîtières du sport professionnel ont réagi à ces propositions ? Vous avez gagné : elles sont contre. Parce que ça va leur coûter des sous. Et que le pognon, dans le sport professionnel, c'est le premier souci des clubs et des stades. Le pognon, pas le sport. Après tout, se foutre sur la gueule à l'entrée du stade, dans le stade et autour du stade, c'est aussi un sport, non ? Et appliquer aux manifestations sportives un régime identique à celui des manifestations politiques, ça serait plutôt rehausser le statut des premières, non ?
Dans le fichier central des supporters violents de foot ou de hockey, que tient la police fédérale depuis 2007, 1198 personnes étaient fichées en octobre 2011 (200 de plus qu'en janvier 2010). Dont seulement 9 femmes et une dizaine de mineurs. Le 70 % de ces hooligans sont fans de foot, 30 % de hockey. Les infractions les plus fréquentes qui leur sont reprochées sont l'émeute, les infractions à la loi sur les explosifs, les dommages à la propriété et les menaces contre les autorités et les fonctionnaires. On dirait presque un casier judiciaire de vieux gauchiste. Mais alors, pourquoi la loi sur les manifestations que propose la droite genevoise ne s'applique-t-elle qu'aux manifestations politiques et pas aux manifestations sportives alors que les directeurs cantonaux de Justice et Police les ont dans le colimateur -ils ont présenté jeudi dernier un nouvel arsenal de mesures préventives et répressives contre la violence dans et hors des stades et des patinoires : introduction d'un régime d'autorisation sous condition pour les matches des divisions supérieures, possibilité d'interdire la vente de boissons alcoolisées, de procéder à des fouilles corporelles (y compris des fouilles « intimes » en cas de soupçon concret) etc... Les coupoles du sport professionnel de masse, l'ASF pour le foot et la SHIF pour le hockey, ont protesté. : ces mesures «bureaucratiques et inutiles» vont rendre plus difficile l'organisation des championnats. Ben voyons. En attendant, nous, on compte fermement sur l'engagement de l'ASF et de la SHIF à nos côtés pour combattre la nouvelle loi genevoise sur les manifestations.
Le spectre de la faillite planait sur le Servette FC. Il s'est un peu éloigné, il plane un peu plus haut, mais il plane toujours. C'est ce qu'il y a de chiant, avec les spectres : on n'arrive pas à s'en débarrasser. Surtout que celui-là, ça fait des plombes qu'il plane sur le Servette FC et le stade, que ce soit ceux de Majid Pishyar aujourd'hui ou ceux de Marc Roger hier. Une société qui s'occupe du nettoyage du stade, et qui n'avait pas été payée depuis six mois, ce qui la menaçait elle-même de faillite, avait annoncé qu'elle déposerait une requête de mise en faillite du club, pour une facture de l'ordre de 90'000 francs. In extremis, Pishyar a versé un acompte de 30'000 balles pour éviter la faillite -on ne sait d'ailleurs pas s'il a payé lui-même ou avec le fric fourni par le «club des 100», une association de supporters friqués. Mais le spectre plane toujours. Le petit frère du spectre, qui planait au dessus du Neuchâtel Xamax, avait déja fondu sur sa proie, l'avait expédié ad patres et expédié son président au trou. On comprend que le précédent, s'il nous a bien fait marrer, a peu réjoui le président du Servette. Surtout qu'il a déjà sur le dos la Ligue suisse de football qui exige qu'il prouve qu'il a payé les charges sociales des joueurs et du personnel, et que d'autres créanciers que la société de nettoyage attendent d'être payés, certains ayant déjà mis le club aux poursuites. L'administrateur du Servette admet avoir « un problème de liquidités » et demande à ses créanciers « de se montrer patients, de faire des efforts », et de considérer qu'être créancier du Servette est un honneur qui suffit au paiement des créances, demander plus, ça serait vulgaire. Un petit chantage affectif pour permettre au club et à Pishyar de ne pas payer leurs factures. Le temps sans doute de demander à quelque collectivité publique complaisante de les payer à leur place, comme d'hab'...
Dans le fichier central des supporters violents de foot ou de hockey, que tient la police fédérale depuis 2007, 1198 personnes étaient fichées en octobre 2011 (200 de plus qu'en janvier 2010). Dont seulement 9 femmes et une dizaine de mineurs. Le 70 % de ces hooligans sont fans de foot, 30 % de hockey. Les infractions les plus fréquentes qui leur sont reprochées sont l'émeute, les infractions à la loi sur les explosifs, les dommages à la propriété et les menaces contre les autorités et les fonctionnaires. On dirait presque un casier judiciaire de vieux gauchiste. Mais alors, pourquoi la loi sur les manifestations que propose la droite genevoise ne s'applique-t-elle qu'aux manifestations politiques et pas aux manifestations sportives alors que les directeurs cantonaux de Justice et Police les ont dans le colimateur -ils ont présenté jeudi dernier un nouvel arsenal de mesures préventives et répressives contre la violence dans et hors des stades et des patinoires : introduction d'un régime d'autorisation sous condition pour les matches des divisions supérieures, possibilité d'interdire la vente de boissons alcoolisées, de procéder à des fouilles corporelles (y compris des fouilles « intimes » en cas de soupçon concret) etc... Les coupoles du sport professionnel de masse, l'ASF pour le foot et la SHIF pour le hockey, ont protesté. : ces mesures «bureaucratiques et inutiles» vont rendre plus difficile l'organisation des championnats. Ben voyons. En attendant, nous, on compte fermement sur l'engagement de l'ASF et de la SHIF à nos côtés pour combattre la nouvelle loi genevoise sur les manifestations.
Le spectre de la faillite planait sur le Servette FC. Il s'est un peu éloigné, il plane un peu plus haut, mais il plane toujours. C'est ce qu'il y a de chiant, avec les spectres : on n'arrive pas à s'en débarrasser. Surtout que celui-là, ça fait des plombes qu'il plane sur le Servette FC et le stade, que ce soit ceux de Majid Pishyar aujourd'hui ou ceux de Marc Roger hier. Une société qui s'occupe du nettoyage du stade, et qui n'avait pas été payée depuis six mois, ce qui la menaçait elle-même de faillite, avait annoncé qu'elle déposerait une requête de mise en faillite du club, pour une facture de l'ordre de 90'000 francs. In extremis, Pishyar a versé un acompte de 30'000 balles pour éviter la faillite -on ne sait d'ailleurs pas s'il a payé lui-même ou avec le fric fourni par le «club des 100», une association de supporters friqués. Mais le spectre plane toujours. Le petit frère du spectre, qui planait au dessus du Neuchâtel Xamax, avait déja fondu sur sa proie, l'avait expédié ad patres et expédié son président au trou. On comprend que le précédent, s'il nous a bien fait marrer, a peu réjoui le président du Servette. Surtout qu'il a déjà sur le dos la Ligue suisse de football qui exige qu'il prouve qu'il a payé les charges sociales des joueurs et du personnel, et que d'autres créanciers que la société de nettoyage attendent d'être payés, certains ayant déjà mis le club aux poursuites. L'administrateur du Servette admet avoir « un problème de liquidités » et demande à ses créanciers « de se montrer patients, de faire des efforts », et de considérer qu'être créancier du Servette est un honneur qui suffit au paiement des créances, demander plus, ça serait vulgaire. Un petit chantage affectif pour permettre au club et à Pishyar de ne pas payer leurs factures. Le temps sans doute de demander à quelque collectivité publique complaisante de les payer à leur place, comme d'hab'...
09 mars 2012
Autophagie à Piogre : Le Servette reprend le Servette...
Et un sauveur suprême de plus, un !
Le patron du Servette annonce qu'il est prêt à reprendre le Servette (mais pas avec son argent, avec celui de mystérieux financiers restant anonymes), et le patron du Servette cède le Servette au patron du Servette pour un franc symbolique... Une tautologie, un enfonçage de portes ouvertes, un serpent de lac qui se mort l'appendice caudal ? Pas tout à fait : c'est le patron du Servette Hockey Club (SHC), qui annonce qu'il veut reprendre le Servette Football Club (SFC). La grande famille du sport, quoi. Ce tour de passe-passe a permis un ajournement de faillite, et une semaine de sursis pour le SFC. Hugh Quennec assurerait les charges courantes pendant un mois, le temps de vérifier dans quel état réel est le club de foot. Et après ? On fait quoi ? Qui paie quoi ? Et dans combien de temps tombera la première demande d'aide financière faite au canton et à la Ville ?
Footballeries pascales : cène, trahison, passion, résurrection, ascension, pentecôte...
n ne sait pas qui est derrière Quennec pour la reprise du FC Servette. On finira peut-être par le savoir, mais en attendant, toute l'opération sent furieusement le sauvetage improvisé. Majid Pishyar a été d’accord de renoncer à toutes ses créances ? De toute façon, elles étaient cuites, ses créances, et cuites par ses dettes... alors Quennec peut bien remercier Pisyhyar et en faire le président d'honneur du club (Marc Roger va être jaloux...) et Beer remercier Quennec et Pischyar, et la Tribune commencer à chanter les louanges des uns et des autres, mais si Hugh Quennec met 650'000 balles sur la table pour un mois, il doit encore trouver trois millions avant Pâques pour que le franc de la reprise du club ne soit pas que symbolique. Et comme nous le disent les Evangiles, s'il peut se passer bien des choses avant Pâques (Cène, trahison, tout ça...), c'est rien comparé à ce qui peut se passer après. Pour « sauver Servette », on a donc eu, successivement, un Français (Roger), un Espagnol (Vinas), un Iranien (Pishyar), maintenant un Canadien (Quennec)... Genève est vraiment une ville internationale... Mais quand Quennec aura jeté l'éponge, car il finira bien, comme ses prédécesseurs, par jeter l'éponge, on ira le chercher où, le Sauveur ? Chez les extra-terrestres ? Ou plus trivialement, dans les caisses des collectivités publiques ?
Parce qu'enfin, si on veut bien croire que « le Servette est sauvé » (une fois de plus), reste la question qui devrait fâcher mais qui pour l'instant ne fait que lasser : on fait quoi du stade ? on le fourgue à qui ? son exploitation est gérée depuis juillet 2011 par le SFC, qui doit payer une redevance annuelle de 150'000 francs à la fondation du stade, dans laquelle siègent encore les villes de Lancy et Genève et le canton (mais qu'attendent les collectivités publiques pour se débarrasser de se boulet qui leur a déjà coûté des dizaines de millions ?). Mais le SFC n'a pas payé sa redevance, et c'est une dette qui s'ajoute à toutes les autres. Si le SFC était mis en faillite, le stade n'aurait plus d'exploitant, et c'est la fondation qui devrait se charger, à nouveau, de l'être. Sans en avoir les moyens humains, ni même financiers. Devinez à qui on demandera alors de payer, directement ou non...
Alors on imagine, et sous nos doutes et nos ricanements quelques idées nous viennent, à peine moins absurdes que celle de prendre Genève pour Barcelone ou Manchester. Que le patron du club de hockey prenne la tête du club de foot présage certes d'une campagne coordonnée de mendicité institutionnelle, mais comme le club de hockey veut une nouvelle patinoire et que le club de foot n'arrive pas à remplir son stade, on pourrait vous synergiser tout ça sur le modèle (que nous souffle une copine verte, qu'on ne dénoncera pas) du cirque de Moscou, avec sa scène tournante en fonction des numéros présentés : Tous à la Praille, avec au choix une arène de gazon, une arène de glace et une arène de sable (pour la lutte, on va quand même pas renoncer à en organiser une, de fête fédérale...).
On nous assure que les Genevois tiennent à une grande équipe de foot, que Genève ne peut pas s'en passer... mais alors pourquoi diable cette équipe ne remplit-elle pas le stade, et pourquoi celui.-ci reste en moyenne aux deux tiers vide quand elle y joue ? Parce que le stade est trois fois trop grand ? certes... mais s'il se trouvait, plus simplement, que Genève n'est plus une ville de football, depuis que le football n'est plus un sport mais un commerce ? L'arrivée du patron du Servette Hockey à la tête du Servette Football réjouit le ministre cantonal des sports : « C'est important pour le football genevois et le sport en général ». S'il le dit, Charles... L'esprit de Pâques, sans doute (les chtis lapins et les gros oeufs ont déjà envahis les magasins) : Cène, trahison, passion, résurrection, ascension, pentecôte... Juste un conseil les gars : évitez le chemin de Damas, en ce moment : il est miné.
Le patron du Servette annonce qu'il est prêt à reprendre le Servette (mais pas avec son argent, avec celui de mystérieux financiers restant anonymes), et le patron du Servette cède le Servette au patron du Servette pour un franc symbolique... Une tautologie, un enfonçage de portes ouvertes, un serpent de lac qui se mort l'appendice caudal ? Pas tout à fait : c'est le patron du Servette Hockey Club (SHC), qui annonce qu'il veut reprendre le Servette Football Club (SFC). La grande famille du sport, quoi. Ce tour de passe-passe a permis un ajournement de faillite, et une semaine de sursis pour le SFC. Hugh Quennec assurerait les charges courantes pendant un mois, le temps de vérifier dans quel état réel est le club de foot. Et après ? On fait quoi ? Qui paie quoi ? Et dans combien de temps tombera la première demande d'aide financière faite au canton et à la Ville ?
Footballeries pascales : cène, trahison, passion, résurrection, ascension, pentecôte...
n ne sait pas qui est derrière Quennec pour la reprise du FC Servette. On finira peut-être par le savoir, mais en attendant, toute l'opération sent furieusement le sauvetage improvisé. Majid Pishyar a été d’accord de renoncer à toutes ses créances ? De toute façon, elles étaient cuites, ses créances, et cuites par ses dettes... alors Quennec peut bien remercier Pisyhyar et en faire le président d'honneur du club (Marc Roger va être jaloux...) et Beer remercier Quennec et Pischyar, et la Tribune commencer à chanter les louanges des uns et des autres, mais si Hugh Quennec met 650'000 balles sur la table pour un mois, il doit encore trouver trois millions avant Pâques pour que le franc de la reprise du club ne soit pas que symbolique. Et comme nous le disent les Evangiles, s'il peut se passer bien des choses avant Pâques (Cène, trahison, tout ça...), c'est rien comparé à ce qui peut se passer après. Pour « sauver Servette », on a donc eu, successivement, un Français (Roger), un Espagnol (Vinas), un Iranien (Pishyar), maintenant un Canadien (Quennec)... Genève est vraiment une ville internationale... Mais quand Quennec aura jeté l'éponge, car il finira bien, comme ses prédécesseurs, par jeter l'éponge, on ira le chercher où, le Sauveur ? Chez les extra-terrestres ? Ou plus trivialement, dans les caisses des collectivités publiques ?
Parce qu'enfin, si on veut bien croire que « le Servette est sauvé » (une fois de plus), reste la question qui devrait fâcher mais qui pour l'instant ne fait que lasser : on fait quoi du stade ? on le fourgue à qui ? son exploitation est gérée depuis juillet 2011 par le SFC, qui doit payer une redevance annuelle de 150'000 francs à la fondation du stade, dans laquelle siègent encore les villes de Lancy et Genève et le canton (mais qu'attendent les collectivités publiques pour se débarrasser de se boulet qui leur a déjà coûté des dizaines de millions ?). Mais le SFC n'a pas payé sa redevance, et c'est une dette qui s'ajoute à toutes les autres. Si le SFC était mis en faillite, le stade n'aurait plus d'exploitant, et c'est la fondation qui devrait se charger, à nouveau, de l'être. Sans en avoir les moyens humains, ni même financiers. Devinez à qui on demandera alors de payer, directement ou non...
Alors on imagine, et sous nos doutes et nos ricanements quelques idées nous viennent, à peine moins absurdes que celle de prendre Genève pour Barcelone ou Manchester. Que le patron du club de hockey prenne la tête du club de foot présage certes d'une campagne coordonnée de mendicité institutionnelle, mais comme le club de hockey veut une nouvelle patinoire et que le club de foot n'arrive pas à remplir son stade, on pourrait vous synergiser tout ça sur le modèle (que nous souffle une copine verte, qu'on ne dénoncera pas) du cirque de Moscou, avec sa scène tournante en fonction des numéros présentés : Tous à la Praille, avec au choix une arène de gazon, une arène de glace et une arène de sable (pour la lutte, on va quand même pas renoncer à en organiser une, de fête fédérale...).
On nous assure que les Genevois tiennent à une grande équipe de foot, que Genève ne peut pas s'en passer... mais alors pourquoi diable cette équipe ne remplit-elle pas le stade, et pourquoi celui.-ci reste en moyenne aux deux tiers vide quand elle y joue ? Parce que le stade est trois fois trop grand ? certes... mais s'il se trouvait, plus simplement, que Genève n'est plus une ville de football, depuis que le football n'est plus un sport mais un commerce ? L'arrivée du patron du Servette Hockey à la tête du Servette Football réjouit le ministre cantonal des sports : « C'est important pour le football genevois et le sport en général ». S'il le dit, Charles... L'esprit de Pâques, sans doute (les chtis lapins et les gros oeufs ont déjà envahis les magasins) : Cène, trahison, passion, résurrection, ascension, pentecôte... Juste un conseil les gars : évitez le chemin de Damas, en ce moment : il est miné.
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