12 septembre 2008

Le stade de la Praille est au bord du gouffre ? Faisons lui faire un grand pas en avant !

La Fondation du Stade de Genève est en état d'insolvabilité : le gigantesque trou financier creusé à la Praille, et dans lequel les collectivités publiques (Confédération, canton, communes) ont déjà englouti 60 millions de francs, continue de s'approfondir. Et ceux qui l'ont creusé d'attendre qu'on y balance de nouveaux fonds publics. Il manque deux millions par an pour couvrir les coûts d'exploitation et les frais d'entretien du stade… et en gros 29'000 spectateurs chaque semaine pour le remplir. La " Tribune de Genève, fervente partisane du stade depuis des années, titre sur ses affichettes : " Le stade de Genève au bord du gouffre ". Et c'est une ânerie de plus. Le stade n'est pas au bord du gouffre -il est le gouffre.

Le mammouth et le Bouc-émissaire (fable genevoise)
Le mammouth de la Praille barrit après son fourrage : il a déjà coûté 140 millions (plus du double de ce qui était prévu), les collectivités publiques (Confédération canton, Ville, communes) y ont déjà déversé soixante millions, mais il lui manque deux millions pour boucler l'année, et il lui manquera toujours plusieurs millions pour boucler chacune des années que l'on consentira à lui laisser vivre. Et l'habitude en ayant été prise, ce sont vraisemblablement les fonds publics qui paieront le fourrage de la bête. Au nom de l'utilité publique. Mais il y a beau temps que les stades ne sont plus que les accessoires encombrants et coûteux de centres commerciaux superfétatoires mais, eux, rentables. Car aucun stade n'est rentable. Le football n'est une activité rentable que pour les margoulins qui s'y greffent comme des morpions sur les bas morceaux du bas clergé. Ce qui est rentable, c'est ce qu'on organise autour, et qu'on vend autour du foot et des stades : Pour Jelmoli, la construction du stade de la Praille a été le moyen de faire avaler celle de son centre commercial. Objectif atteint, et Jelmoli satisfaite : le stade est vide, mais le centre commercial est plein; le stade est un gouffre financier, mais le chiffre d'affaire du centre commercial devrait atteindre 190 millions de francs en 2008… Jelmoli encaisse, le stade coûte. Tout a été fait pour qu'on le construise, tout sera fait pour éviter qu'on abrège ses souffrances -et les nôtres, alors que l'acte le plus intelligent que l'on puisse commettre à son égard serait de le détruire. Il ne manque plus que quelques écrans de fumée médiatique pour voiler les responsabilités de la nomenklatura genevoise : Le 1er septembre s'ouvrait au Palais de Justice la cérémonie de sacrifice du bouc-émissaire officiel des turpitudes sportivo-financières de la République : Marc Roger passait en jugement. Marc Roger, et deux comparses, mais pas Christian Luscher, ni Alain Rolland, ni la palanquée de "responsables" politiques enrôlés dans la troupe des pom-pom girls du stade.

09 septembre 2008

MAIN BASSE SUR LA VILLE PRIVATISEE

Les matches de l'Eurofoot se sont joués dans des villes " hôtes " de Suisse et d'Autriche que leurs autorités, les autorités de leurs cantons et provinces et les autorités de leurs deux pays ont littéralement " louées ", à défaut sans doute de pouvoir les vendre, à l'UEFA, à ses sponsors, et aux " mandataires " plus ou moins prébendiers choisis pour les " animer " (et animer toutes les autres villes du pays, grâce par exemple aux " UBS Arena " ayant métastasé un peu partout). Mais cette privatisation de l'espace public est particulière : alors qu'habituellement, on privatise pour en retirer de l'argent, pour l'Eurofoot ce sont les collectivités publiques qui ont payé pour brader leur propre espace public. Et payé cher. Le brave comte de Sacher-Masoch n'a pas fait à Genève des émules que chez les banquiers privés : chez les responsables politiques aussi. Mais eux survivront.

Hôte-toi de là que j'y mette mon sponsor
Ce que rendit visible l'Eurofoot à Genève (puisque nous y sommes), c'est la perfection d'un processus à l'œuvre depuis l'avènement du " sport-pognon " : ce règne du marketing, du petit et du gros commerce de tout ce qui peut se commercer (légalement ou non), aboutit logiquement à la privatisation de tous les espaces publics disponibles jusqu'à la ville elle-même, devenue marchandise. Dans les espaces publics gardés par des polices privées après avoir été vendus aux organisateurs des jeux du cirque et à leurs sponsors, on ne choisit pas la bière que l'on boit, on ne porte pas un vêtement à l'effigie d'une marque concurrente de celle du sponsor. Et pour que cette privatisation se fasse, se maintienne et puisse se répéter, pour que la ville puisse être vendue, il faut lui donner l'image que l'acheteur souhaite : on la purgera donc de ses mendiants, de ses marginaux, de ses dealers, de ses lieux culturels alternatifs. Ainsi se dessine des modèles de villes, d'habitants, d'activités. Le modèle de la ville, c'est Disneyland. Le modèle d'habitant, c'est le consommateur ne cherchant pas à consommer autre chose que ce qu'on lui offre. Le modèle d'activité, c'est le centre commercial. Et tout cela se fait avec au minimum l'accord, et souvent la participation active et revendicatrice, des autorités élues. " L'ambition souvent fait accepter les fonctions les plus basses : c'est ainsi qu'on grimpe dans la même posture que l'on rampe" disait Jonathan Swift. Rien n'a changé -sinon que l'on ne grimpe plus que dans les loges VIP, dans la même posture que l'on rampe devant l'UEFA.

30 août 2008

Bonnes pioches

"Le Stade de Genève (...) manque de couleurs. Il a besoin d'être rafraÎchi", déclarait ("Le Matin" du 5 octobre) le président de l'UEFA, Michel Platini.
Ce que Platoche voulait, Genève fit. Le stade a été rafraîchi. Mais au prix qu'il a coûté, qu'il continue de coûter, et qu'il va continuer de coûter aux caisses publiques, c'est pas un stade qu'on rafraîchit, c'est un diamant qu'on retaille.
Et de toute façon, c'est pas rafraîchir le stade qui s'impose, c'est le congeler. Définitivement.

Que restera-t-il du Tibet, des menaces de boycott, des problèmes de pollution, de la question des droits de l'homme et de la censure en Chine lorsque la vasque olympique s'embrasera dans le Stade national de Pékin ? Il y a fort à parier que toutes les polémiques s'effaceront au moment où le spectacle débutera", écrit Edouard Lin, dans le guide TV des JO, supplément à l'"Illustré"...
Il y a en effet des paris qu'il aurait été stupide de prendre : celui-là était perdu d'avance. Le rouleau compresseur médiatico-économico-sportif compresse les états d'âme. Autour des JO de Pekin comme autour de l'Eurofoot à Genève.

Le président du CIO, Jacques Rogge, s'était fait une raison : les mouvements de protestations des associations de défense des droits de l'homme à propos de la tenue des JO en Chine, "nous les subissons et nous les subirons jusqu'au jour de la cérémonie de clôture", déclarait-il au "Monde" (du 16 octobre)
C'est ça, la différence entre les pontes du sport-pognon et les Chinois de base : les premiers subissent les protestations des ONG pendant quelques mois, les autres subissent les violations de leurs droits fondamentaux pendant toute leur vie. Et ça doit être très, très dur, d'être président du CIO et d'être harcelé par Amnesty International...

L'Euro2008 à Genève "est aussi une opération de promotion économique", reconnaît Mark Muller ("Tribune de Genève" du 24 novembre)...
... on aime beaucoup le "aussi"... c'était autre chose ?

On a retrouvé dans nos vieux papiers le texte d'un appel pathétique, lancé par le comité de soutien à Daniel Zappelli lors de l'élection du Procureur général, en avril dernier. Titre de l'appel : "En finir avec les abuseurs et les squatters". Et parmi les signataires : Frédéric Hohl.
Voui, voui, le même abuseur de la naïveté des locataires de stands au Bout-du-Monde, et le même squatter de la Plaine de Plainpalais pendant trois semaines en juin... Pour "en finir avec les abuseurs et les sqatters", Zavatta pourrait commencer par la liste de ceux qui ont contribué à le maintenir sur son fauteuil...

Annonçant les mesures de sécurité à l'entrée de la "Fan Zone" de Plainpalais, "20 Minutes" du 30 mai titre : "Tous les visiteurs de la Fan Zone seront palpés".
... c'est même pas une info : ça fait des années que la Fondation du Stade et l'UEFA (en) palpent.
Quant à Frédéric Hohl, il s'est fait rassurant : "Aucune fouille n'est exigée sur le site ouvert du Bout-du-Monde". Ben non, y'avait personne à fouiller. Ce qui n'a d'ailleurs pas empêché Hohl, lui aussi, d'en palper.
L'Eurofoot, ça a vraiment été palpitant.

"On dit du football que les classes sociales s'y mélangent, que le médecin y côtoie l'ouvrier. Qu'en pensez-vous ?", demande "Le Courrier" (du 7 juin) au directeur du Musée du Jeu de la Tour de Peilz, Ulrich Schader, qui répond : "C'est une vision nostalgique. (...) Aujourd'hui, les pauvres sont debout -s'il y a encore des places debout- et les riches dans les zones VIP. (...) au football, des chômeurs regardent jouer des millionnaires"...
... oui, mais pour le profit de milliardaires.

"On ne peut pas mélanger foot et culture" : ainsi le "Monsieur Eurofoot" de la Confootération Helvétifoot, Benedikt Weibel, a-t-il expliqué le naufrage du "Fan Village" du Bout-du-Monde. Ben non, on ne peut pas mélanger foot et culture. On ne peut en 2008 mélanger le foot qu'au pognon. On peut même l'y mélanger au point de l'y dissoudre. Et de garder le pognon.

Nicolas Sarkozy et Silvio Berlusconi, qu'on attendait à Zurich pour le match France-Italie, ne s'y sont pas rendus. Au moins une des deux équipes en lice devant forcément être éliminée de l'Euro, aucun des deux guignols n'a voulu courir le risque d'être ridicule.
Finalement, un truc au moins a bien marché pendant cet Eurofoot : l'éloignement des supporters indésirables.

"Les grandes fédérations sportives tentent de plus en plus de s'assurer la maîtrise de l'image et du son avec leurs propres sociétés de production", sanglotait le directeur général de la SSR, Armin Walpen, après avoir dénoncé la censure exercée par l'UIEFA sur les images de retransmissions de l'Eurofoot...
... mais qui sont les crétins qui négocient avec les "grandes fédérations sportives" des contrats qui leur laissent le pouvoir de censurer les images, hein, Monsieur le directeur général de la SSR ?

Un footeux du "Temps", en l'ocurrence Daniel Jeandupeux, réclamait "une minute de silence" après l'élimination de l'équipe suisse de l'Eurofoot. "Une minute de silence en l'honneur de la mort d'une aventure exaltante".
Ouais, bon, d'accord, mais une minute, c'est pas beaucoup. Un mois de silence pendant tout le mois de juin, ça aurait été mieux.

Ayant pronostiqué une victoire de la Suisse sur la Turquie à l'Eurofoot, les "pipoles" interrogés par l'EuroJulie sont tout contrits au lendemain de la défaite. Et se débrouillent comme ils peuvent pour expliquer pourquoi ils se sont mis le crampon dans l'oeil : Manuel Tornare, légèrement faux-derche, nous dit qu'"en tant que ministre des Sports" il se devait d'être "encourageant". On ne voit pas à qui il le devait (à Spoky ?), mais peu importe, il le devait. De leur côté, carrément prétentieux, Alain Morisod et Loly Bolay nous expliquent que s'ils n'ont pas pronostiqué une victoire turque, c'est "pour ne pas décourager" la Suisse, suspendue à leurs pronostics, et pour qu'elle ait "une chance de rester dans la course"...
Est-ce que quelqu'un pourrait expliquer à tous ces braves gens, maintenant que le soufflé est retombé, que leurs pronostics n'avaient de toute façon aucune influence sur le match et qu'en plus tout le monde se contrefoutait de leur avis ?

Le footeux de service dans l'EuroJulie du 13 juin nous tartine de pathos une page entière sur les lendemains de la décoluttée suisse. Le match de foot perdu par l'équipe de Suisse face à l'équipe de Turquie, c'et quoi ? Allons, n'hésitons pas, c'est un "séisme", un *désastre", pas moins.
Un séisme, un désastre, il y s'en est produit un en Chine, un mois avant. Il a fait 100'000 morts. C'est le même mot que le journaleux utilise pour les 100'000 morts du Setchouan et les onze pingouins de l'Eurofoot.
Allez, on se cotise et on offre un dictionnaire au journaleux pour qu'il trouve ses mots, et une balance pour qu'il les pèse ? Il n'est jamais trop tard pour une campagne d'alphabétisation. Même en faveur des journalistes sportifs.

Le directeur du musée d'ethnographie de Genève, Jacques Hainard, croit pouvoir affirmer (dans "Le Temps" du 7 juin) que "tout le monde joue au foot, n'importe où sur la planète"...
... ben non...

Et Hainard d'ajouter que "la fascination du ballon rond, du dieu ballon, nous amène (...) à l'abdication de la faculté critique"...
... ben non...

Le président de la fédération internationale du foot-pognon, Sepp Blatter, se rengorge dans "Le Matin Dimanche" du 8 juin : "En dix ans, nous avons (...) adapté le marché du foot et de la télévision. Nous faisons davantage de marketing".
On avait remarqué.
Mais Blatter a aussi une âme : pour lui, "le football véhicule de vraies valeurs. Il donne du plaisir, de la joie, de l'espoir et au final de l'amour. Il peut permettre de créer un monde meilleur et plus juste".
Et là, par contre, on n'a rien remarqué.

Dans une lettre qu'il a envoyée début septembre aux Chefs d'Etat de l'Union Européenne, le président de l'UEFA, Platini, les supplie de l'aider à "protéger le football d'un mercantilisme qui l'assaille de toutes parts".
On attend la lettre d'Oussama Ben Laden suppliant les chefs d'Etat de l'aider à protéger l'islam du terrorisme.

"Les opposants au Stade de Genève n'ont jamais hésité à prétendre qu'il était surdimensionné. A plusieurs reprises pourtant, la Praille a affiché complet ou quasi", lit-on dans le supplément promotionnel de l'Eurofoot, encarté le 4 juin dans le quotidien genevois officiel de l'Eurofoot.
L'expression "*a plusieurs reprises pourtant" est particulièrement heureuse (surtout le "pourtant"). Parce que généralement, et sauf exceptions rarrissimes, le stade est vide ou quasi vide.

"Le foot est un sport riche, mais les clubs expliquent que leur rôle est de soigner les joueurs d'élite, pas d'investir dans le foot pour tous", regrette le Responsable des manifestations du Service culture de Lausanne, Nicola Di Pinto, par ailleurs entraîneur des débuts du club de foot Stade Lausanne-Ouchy.
Ben oui, c'est ce qu'on définit plus sobrement comme le "foot-pognon".

"A bien des égards, les nouveaux stades (comme les nouvelles salles de concert) s'apparentent à des 'paquebots urbains', c'est-à-dire des ensemble construits de grande taille fonctionnant sur le mode autarcique vis-à-vis de leur environnement de proximité. La conception urbanistique des nouvelles enceintes sportives (...) se rapproche ainsi de celle des centres commerciaux (auxquels elles sont souvent adossées, comme à Genève et à Neuchâtel) (...) il s'agit d'objets largement déterritorialisés, dont l'accessibilité est assurée par des réseaux de transports rapides (autoroutes et rocades urbaines)."
(Valérie November, Vincent Kaufmann, "*Le Temps" du 27 mai)

Apportant sa contribution au commentaire du " Discours de la servitude volontaire " de la Boëtie, Mark Muller explique (dans " Le Temps " du 27 mai) comment les collectivités publiques se sont couchées devant l'UEFA : " Tous les pays qui ont fait acte de candidature se sont soumis volontairement aux contraintes édictées par l'UEFA. Dès le moment où la Suisse et l'Autriche ont été désignées, les carottes étaient cuites. Tout était verrouillé dans le dossier de candidature ". On ne saurait mieux résumer la situation -sauf à résumer ce résumé par une phrase encore plus sobre : " dans ''consentant'', il y a d'abord ''con'' ".

"J'espère surtout qu'îl fera beau, qu'il n'y aura pas trop de vent et que le ballon géant sera en lévitation sur le jet d'eau", répondait Mark Muller à la question du "Temps" (du 27 mai) : comment vous sentez-vous à onze jours du coup d'envoi de l'Eurofoot ?
Les espérances de Mark Muller sont à la hauteur des enjeux.

Justifiant l'ouverture prolongée des magasins pendant l'Euro, le porte-parole de la Fédération des artisans et commerçants genevois, Eric Markus, la minimisait : "Il s'agit d'un ballon d'essai"...
... Un de plus ? On n'allait tout de même pas devoir se spécialiser dans les appels (au vent, à la grêle, aux bonnes volontés) au dégonflage de ballons à la con...

Dans le discours qu'il a prononcé lors de sa prestation de serment comme Procureur général, Daniel Zappelli a annoncé avoir "demandé à la police" de lui présenter un "plan d'action" contre les dealers de rue, et que ce plan "sera mis en oeuvre dès la fin de l'Euro 2008".
Pourquoi "dès la fin de l'Euro 2008 ?" l'UEFA pouvait être visée si le plan était appliqué plus tôt ?

Fâché contre les "antifooteux", le professeur d'éthique (à Neuche) Denis Müller affirme (dans "Le Temps" du 15 mai) "Prétendre que football égale opium (du peuple) équivaut à postuler que ce jeu nous rends idiots, politiquement et socialement irresponsables"...
... on ne voit effectivement pas ce qui pourrait nous suggérer pareille hypothèse...

"Plus de 10 % des Genevois sont obèses et 60 % des hommes de 35 à 74 ans sont en surpoids", nous apprend la "Julie" du 15 mai...
... finalement, la baudruche planant au dessus de la rade pouv ait symboliser autre chose qu'un ballon de foot : la panse des supporters...

Toute fière d'avoir été retenue comme " Host City Supporter de la Fan Zone Genève " (on ne rigole pas, y'a quand même quelques mots français dans ce titre ronflant), la " Tribune of Geneva " du 14 mai nous a sorti un supplément people surtitré " Tribune Business Lounge " pour nous annoncer qu'elle " va s'impliquer colossalement avant et durant tout le mois de juin " autour de l'Eurofoot, qu'une équipe " Spécial Euro " composée de 20 journalistes a été mise en place pour " couvrir et faire vivre l'événement sous toutes ses facettes " et qu'une " gazette gratuite, la Tribune de Genève de l'UEFA Euro 2008TM " (des Izvestia en plus de la Pravda, donc) sera " distribuée en des points stratégiques du canton ".
Bref, on sentait déjà souffler sur la République l'air frais de l'information libre et objective dispensée par une presse indépendante cultivant l'esprit critique.

"Les clefs du stade de Genève ont été remises à l'UEFA" le 13 mai (date idéale pour les mauvais coups), titrait "Le Courrier" de du 14 mai...
... c'était la moindre des choses, on lui avait déjà donné les clefs de la caisse...

Présentant le dispositif d'accueil des supporters étrangers venant à Genève assister aux matches de l'Euro, le Conseiller d'Etat Mark Muller a déclaré le 18 mars : "Il faudra donner l'envie aux gens de revenir dans la région".
Pendant un mois, on a surtout donné aux habitants des quartiers sinistrés par les Fans Zones et autres parcs à beaufs l'envie de partir...

Organisant en avant-première de l'Euro2008 un "Euro des quartiers" (du street foot pour jeunes de 15 à 18 ans), la Ville de Genève expliquait dans son magazine ("Vivre à Genève") que son ambition est "d'utiliser le football pour stimuler la convivialité et les rencontres en jeunes de milieux différents. Et transmettre bien plus qu'un esprit de compétition, des valeurs sociales comme le travail en équipe, la ténacité, l'acceptation de l'échec"...
Toutes valeurs dont on s'aperçoit tous les jours qu'elles sont, à l'évidence, portées par le sport professionnel en général et le foot pognon en particulier...

"l'UEFA est une association a but non lucratif", a déclaré, sans rire, son président, Michel Platini dans "Le Matin bleu" du 30 avril...
... Il a raison Platoche, c'est pas le but qui est lucratif, c'est tout le chemin qu'on parcourt pour l'atteindre.

"On donne beaucoup d'argent aux villes-hôtes : Genève a reçu plus de 2 millions de francs", se justifiait Michel Platini : "beaucoup d'argent", c'est en réalité moins de la moitié de ce qu'allait coûter à Genève la seule sécurité. Et en tout, Genève allait claquer vingt fois plus pour l'Euro2008 que le "beaucoup d'argent" qu'elle aura reçu de la princière UEFA).

"On va vivre les trois semaines les plus extaordinaires que la Suisse ait jamais connues", annonçait, guilleret, le délégué du Conseil fédéral pour l'Euro 2008, l'ancien patron des CFF Benedikt Weibel ("Le Temps" du 14 janvier)...
C'est dire si on s'est fait chier dans ce pays depuis 1291... La révolution helvétique, celle de 1848, le Sonderbund, la Grève Générale de 18 ? de la gnognotte à côté de l'Eurofoot...

Aller aux JO "représente un objectif sportif monnayable, après beaucoup d'efforts, auprès de mes sponsors comme de ma fédération. Si je renonce, je perds de quoi gagner ma vie et m'entraîner à plein temps", répondait la triathlète suisse Magali Di Marco Messmer, à l'hypothèse d'un boycott des JO par les sportifs pour protester contre la répression au Tibet...
... où il se confirme que le sport professionnel élève la conscience politique et citoyenne...

"Il ne nous reste plus qu'à espérer qu'il n'y ait pas trop de tensions politiques en Turquie par rapport à la question kurde, qu'il fasse beau et que notre équipe nationale obtienne de bons résultats", déclarait, pas rassuré, le responsable de la sécurité pour l'Euro 2008, Martin Jäggi ("Le Temps" du 29 février).
... Il a plu, les Turcs ont bombardé les Kurdes et l'équipe de Suisse a été éliminée au tour préliminaire.

On pourra fumer dans les stades suisses et autrichiens pendant l'Euro, a annoncé la porte-parole d'Euro 2008. On peut d'ailleurs toujours fumer dans la stade de la Praille, même après l'adoption par le peuple de l'initiative antifumée.
De toutes façons, à la Praille, en dehors de l'Euro, on peut fumer tant qu'on veut et ce qu'on veut : vu la fréquentation des lieux on risque pas de gêner grand monde.

Proclamant que "l'Eurofoot sera, en termes de résonnance médiatique, le plus grand événement jamais organisé sur sol helvétique", "Le Temps" (du 3 janvier) en remettait une couche : "Ce sera dix milliards de gens sous nos fenêtres".
Ouais, c'est beaucoup. Surtout sur une planète dont la population totale est de l'ordre de sept milliards de "gens". Dont la majorité n'ont strictement rien à foutre de l'Euro2008, n'ont pas la télé ou sont trop occupés à survivre pour se préoccuper des fêtes à blaireaux organisées en Suisse et en Autriche.

Le Conseiller fédéral Samuel Schmid s'était dit convaincu "que l'Euro2008 aura des effets positifs à long terme sur la population, sur la société, sur l'économie et sur l'encouragement du sport" ("20 Minutes" du 19 février)
Et sur l'environnement, la diversité de la faune, le réchauffement du climat et l'âge du capitaine, rien ?

Le nouveau président de la Fondation du stade de la Praille, Michel Bonnefous, a annoncé qu'il voulait "faire du stade un lieu de rencontre beaucoup plus sexy et qui puisse faire rêver".
Transformer le trou de la Praille en Palais Mascotte, c'est ça ?

" L'Eurofoot devra se passer de stars de la musique ", annonce, consterné, " 20 minutes " (du 6 mars).
Ben alors, et Morisod ?

Le gadget distribué par l'UDC, après le bouc en peluche (fabriqué en Chine) a été un ballon de foot, censé célébrer les vertus du parti en même temps que ceux de l'Euro2008...
C'est pas un choix politique, c'est un constat zoologique : le ballon, c'est mieux que le bouc pour recruter des blaireaux...

Deux mois après l'annonce du "plan anti-mendiants", Pierre Maudet se rengorgeait, tout fier : "Il n'y a plus que trois mendiants à Genève" ("Le Matin-Dimanche" du 13 janvier)
... ouais : le Comité d'organisation de l'Euro2008, la fondation du stade de la Praille et l'UEFA...

"Il faut avoir le courage de sortir de prison même ceux contre qui, le jour venu, il faudra requérir une peine ferme", expliquait (dans "Le Temps" du 14 janvier) le candidat socialiste au poste de Procureur Général, François Paychère...
... Marc Roger est d'accord...

Titre de "20 Minutes" (du 11 mars) : "L'Eurofoot tuera les coeurs faibles".
Pour les cerveaux faibles, on n'a même pas attendu le début des compétitions.

Le président du Comité international olympique (CIO), Jacques Rogge, a répondu à ceux qui demandaient au comité d'intervenir auprès de la Chine, avant les JO de Pekin, pour qu'elle piétine pas trop ouvertement les droits humains : "Nous ne sommes ni une organisation politique, ni un organisme militant"...
... ah ben ça alors, c'est une surprise...

17 août 2008

PETITION A L'INTENTION DU CONSEIL MUNICIPAL DE LA VILLE DE GENEVE

PETITION A L'INTENTION DU CONSEIL MUNICIPAL DE LA VILLE DE GENEVE
A renvoyer au : Comité de citoyennes et de citoyens
Case postale 2003 - 1211 Genève 2

Pour la transparence des dépenses financières de la Ville occasionnées par les manifestations de l'UEFA

Les personnes soussignées, domiciliées sur la commune de la Ville, constatent que :
· les manifestations de l'UEFA ont occasionné d'importantes dépenses pour la Ville
· ces dépenses seront réparties dans différents postes des comptes de la Ville
· les citoyennes et les citoyens de la Ville ont intérêt à connaître le montant total des dépenses publiques induites par les manifestations de l'UEFA

Elles demandent donc au Conseil municipal de la Ville de bien vouloir fournir aux citoyennes et aux citoyens de la Ville un décompte détaillé des coûts occasionnés par les manifestations de l'UEFA, notamment celui :
· des heures de travail effectuées par les employées et les employés de la Ville en général
· des heures de travail effectuées par le personnel administratif
· des heures de travail effectuées par les ASM et les AM
· des heures de travail effectuées par le service du SIS
· des heures de travail effectuées par le service de la Protection civile
· des heures de travail effectuées par la Voirie (voire par les jeunes qui auraient collaboré)
· du total des heures supplémentaires accomplies
· des aménagements spécifiques mis en place sur la Plaine de Plainpalais et au Bout du Monde
· des aménagements pour l'accueil spécifique des visiteuses et visiteurs venus d'ailleurs
· de l'aménagement des sanitaires
· des installations de santé et du personnel social ou médical
· de toutes autres dépenses publiques liées à ces manifestations (cadeaux, frais de déplacement, frais administratifs, frais de publicité, etc).


NOM PRENOM ADRESSE SIGNATURE

A renvoyer au : Comité de citoyennes et de citoyens
Case postale 2003 - 1211 Genève 2

08 juillet 2008

Fête de la musique et Eurofoot : Fête ce qu'il vous plaît

5000 personnes jouant, gratuitement ou presque, la musique qu'ils aiment pour 200'000 personnes passant d'une musique à une autre sans être fouillées à l'entrée d'un corral sponsorisé, sans être obligées de boire la bière d'un sponsor et pas une autre, de bouffer le hamburger du sponsor et pas un autre. Des gens qui font ce qu'ils aiment parce qu'ils aiment le faire, et pas pour être vainqueurs d'une compétition. Des gens qui font la fête sans drapeaux, sans chauvinisme, sans beuglements tribaux et sans cortèges klaxonnants. Une dépense sans attente de rentabilité ni calcul marchand. La Fête de la musique, c'est le contraire de l'Eurofoot. Parce que la fête, c'est le contraire du marché.

Après la fête, le désert ?
La fête de la musique investit une ville qu'une politique d'épuration désertifie culturellement : Artamis sera évacué en septembre; sur ses 15'000 m2 de friche industrielle travaillent et créent plus de 200 personnes -de quoi donner des boutons à tous ceux qui rêvent d'une Genève purifiée de ses squats et de ses lieux culturels alternatifs. Alternative ou non, la création a besoin d'espace. Et l'espace d'Artamis va se fermer, comme d'autres avant et après lui. La Ville cherche des lieux de substitution, mais ils sont rares, plus excentrés, plus petits, sont plus des lieux de travail que des lieux de représentation devant le public, et sont dispersés, alors que le rassemblement des membres du collectif Artamis créait une dynamique créatrice dont la perte serait, pour tout le " paysage culturel " genevois, une amputation. Quant au canton, nul ne s'étonnera qu'il ne bouge pas le petit doigt : on ne peut pas mobiliser toute la République pour l'Eurofoot et se préoccuper des pouilleux d'Artamis, ou de Mottattom, dont les artistes risquent de se retrouver eux aussi à la fin de l'année sans espace, leur halle devant être détruite pour laisser place à un immeuble de six étages. Une pétition revêtue de près de 19'000 signatures a été déposée auprès du Conseil d'Etat par l'Union des espaces culturels autogérés (UECA), qui demande que soit assurée " à long terme la diversité de l'offre socioculturelle ". Avec l'évacuation d'Artamis, à l'automne, celle de Mottatom, à l'hiver, l'évacuation l'année dernière de la Cave 12, les menaces planant sur l'Usine, l'offre culturelle alternative genevoise, qui était l'une des plus larges d'Europe il y a une dizaine d'années, s'est déjà considérablement raréfiée. Un week-end par année, la Fête de la Musique -de toutes les musiques- investit la ville. Le reste de l'année, place doit-elle être laissée à la fête de la spéculation immobilière et de l'épuration sociale, culturelle et politique ?

13 juin 2008

Marche turque

Que nos camarades kurdes, arméniens ou grecs nous pardonnent, mais il convient de remercier l'équipe de foot turque d'avoir contribué à nous faire économiser des jours supplémentaires de chauvinisme crétinisant, de drapeaux suisses aux fenêtres, sur les bagnoles, les écharpes, les cravates, les T-shirt, les chapeaux… Et notre plaisir est redoublé lorsque nous lisons et entendons les commentaires sanglotants des media qui nous sommaient depuis des semaines de participer à la " grande fête du foot "…

09 juin 2008

PROTESTONS CONTRE L'OUVERTURE DES MAGASINS LE SOIR ET LE WEEK-END PENDANT L'EUROFOOT

PROTESTONS CONTRE L'OUVERTURE DES MAGASINS LE SOIR ET LE WEEK-END PENDANT L'EUROFOOT

Rassemblement
DIMANCHE 15 JUIN, 11 heures, place des 22-Cantons

07 juin 2008

Main basse sur la ville privatisée

Les matches de l'Eurofoot se joueront dans des villes " hôtes " de Suisse et d'Autriche que leurs autorités, les autorités de leurs cantons et provinces et les autorités de leurs deux pays ont littéralement " louées ", à défaut sans doute de pouvoir les vendre, à l'UEFA, à ses sponsors, et aux " mandataires " plus ou moins prébendiers choisis pour " animer " les villes hôtes (et toutes les autres, grâce par exemple aux " UBS Arena " ayant métastasé dans toutes les principales villes de Suisse). Mais cette privatisation de l'espace public est particulière : alors qu'habituellement, on privatise pour en retirer de l'argent, pour l'Eurofoot ce sont les collectivités publiques qui ont ont payé pour l'être. Et payé cher. Le brave comte de Sacher-Masoch n'a pas fait à Genève des émules que chez les banquiers privés : chez les responsables politiques aussi. Mais eux survivront.

Hôte-toi de là que j'y mette mon sponsor
Ce que rend visible l'Eurofoot à Genève (puisque nous y sommes), c'est la perfection d'un processus à l'œuvre depuis l'avènement du " sport-pognon " : ce règne du marketing, du petit et du gros commerce de tout ce qui peut se commercer (légalement ou non), aboutit logiquement à la privatisation de tous les espaces publics disponibles jusqu'à la ville elle-même, devenue marchandise. Dans les espaces publics gardés par des polices privées après avoir été vendus aux organisateurs des jeux du cirque et à leurs sponsors, on ne choisit pas la bière que l'on boit, on ne porte pas un vêtement à l'effigie d'une marque concurrente de celle du sponsor. Et pour que cette privatisation se fasse, se maintienne et puisse se répéter, pour que la ville puisse être vendue, il faut lui donner l'image que l'acheteur souhaite : on la purgera donc de ses mendiants, de ses marginaux, de ses dealers, de ses lieux culturels alternatifs. Ainsi se dessine des modèles de villes, d'habitants, d'activités. Le modèle de la ville, c'est Disneyland. Le modèle d'habitant, c'est le consommateur ne cherchant pas à consommer autre chose que ce qu'on lui offre. Le modèle d'activité, c'est le centre commercial. Et tout cela se fait avec au minimum l'accord, et souvent la participation active et revendicatrice, des autorités élues. " L'ambition souvent fait accepter les fonctions les plus basses : c'est ainsi qu'on grimpe dans la même posture que l'on rampe" disait Jonathan Swift. Rien n'a changé -sinon que l'on ne grimpe plus que dans les loges VIP, dans la même posture que l'on rampe devant l'UEFA.

04 juin 2008

Prébendes

Frédéric Hohl est député (radical) au Grand Conseil. Frédéric Hohl est mandataire du canton pour l'organisation des à-côtés de l'Eurofoot, en plus d'être producteur de la Revue genevoise, ancien président des Fêtes de Genève, ancien directeur d'exploitation d'Expo02. Frédéric Hohl est patron de la société NEPSA, qui a conclu avec le canton, dont Frédéric Hohl est législateur, un contrat assurant à la société de Frédéric Hohl, la moitié des bénéfices éventuels tirés de la "Fan Zone" de Plainpalais, de celle du Bout-du-Monde, du "Fan club 08"... Mais Frédéric Hohl a sous-traité une partie de son mandat à d'autres mandataires, qui se trouvent être des sociétés logées à la même adresse que la sienne, et/ou appartenant à des amis ou des collaborateurs : la société Skynight de Christian Kupferschmid s'occupe de la technique, la société DPO (de Christian Kupferschmid aussi,) de la sécurité, la société APSA de Patrick Abegg (co-administrateur avec Hohl et Kupferschmid de CPF Genève Organisation, qui détient la moitié de DPO) de la restauration, GL Events des tentes et pavillons ... Ce petit montage lui permet de court-circuiter l'accord passé avec le canton : par la facturation de prestations fournies par ses sociétés proches de sa propre société, il réduit comptablement ses bébéfices, et dont la part qu'il doit en reverser à l'Etat, tout en encaissant les subventions de l'Etat (votées par le Grand Conseil dont il est membre) et en bénéficiant de la gratuité de services cantonaux et municipaux. Hohl a reçu 1,67 million de francs de subventions diverses, dont 800'000 francs de l'Etat. La plaine de Plainpalais lui a été mise gratuitement à disposition par la Ville, qui se chargera de la Voirie, l'Etat assurant la sécurité et les transports, et payant le gravier répandu sur la plaine. Mais les 40 emplacements loués à des restaurateurs et entreprises diverses l'ont été par Hohl, et à son profit, à raison d'au moins 36'000 francs l'emplacement. La société APSA aura l'exclusivité de la vente des bières (5 francs la petite cannette), dont les bénéfices ne reviendront à l'Etat qu'à raison de 15 %, au lieu de 50 % que Hohl aurait du reverser si sa société n'avait pas sous-.traité le marché. Frédéric Hohl se défend : les accusations portées contre lui relèvent de la "cabale politique". Même si tel était le cas, à qui la faute ? Quand on accumule les casquettes, faut pas s'étonner d'avoir la migraine. En tant que député, Hohl aurait du avoir l'élégance de ne même pas prendre part au concours lancé par le canton pour l'organisation des "animations extra-sportives" de l'Eurofoot.
Il est vrai que parler d'élégance à propos de l'Eurofoot est à peu près aussi pertinent qu'évoquer les droits humains à propos des JO de Pekin.

20 mai 2008

Grand concours : Déballonnez la rade !


Grand Concours pour déballonner la rade : Crevez la baudruche !

L'Etat, la Fondation pour le tourisme, Genève Tourisme et la commission cantonale du Sport Toto ont claqué 360'000 balles pour faire flotter une baudruche de quinze mètres de diamètre au-dessus du jet d'eau quand le vent ne souffle pas à plus de 30 km/h, et la faire reposer sur une barge dès que le vent soufflote. Le machin est retenu par trois câbles, deux fixés sur la jetée, un relié à une barge flottante. L'installation des points d'amarrage a nécessité la poste de 40 tonnes de merdier dans le lac, et la mise à l'eau d'une barge équipée d'un treuil. Et il a fallu mobiliser une quinzaine de spécialistes, le 23 avril, pour mettre en place cette grosse connerie à la gloire du foot pognon en général et de l'UEFA en particulier. Comme on n'a pas les 360'000 balles qu'à coûté la baudruchisation de la rade, on n'en offrira, mais c'est de bon cœur, que 500 ou 1000 à qui réussira à nous en débarrasser, sans dommage pour autre chose que la baudruche elle-même et l'amour-propre des taborniaux qui l'ont gonflée -et nous gonflent derechef. La rade est ballonnée ? un remède naturel s'impose : crever la baudruche…

Règlement du concours
1. Une prime est offerte à qui crèvera, dégonflera, incendiera ou fera s'envoler, avant le 7 juin à 12 heures et sans dommage collatéral, la baudruche en forme de ballon de foot que des taborniaux ont placé dans la rade, au-dessus de la jetée du jet d'eau quand il n'y a pas de vent ou à côté quand il y en a ;
2. La prime sera de 1000 francs suisses (ou l'équivalent en n'importe quelle autre monnaie) si l'acte récompensé est commis sur la baudruche lorsqu'elle lévite au-dessus de la rade, ou de 500 francs (ou l'équivalent) lorsqu'elle est arrimée à sa barge. Elle sera doublée si l'acte récompensé s'est produit lors d'une cérémonie officielle publique en relation avec l'Euro2008. et a été visible des participants à ladite cérémonie ;
3. Aucune prime ne sera versée si la destruction, le dégonflage ou la libération de la baudruche a produit des dommages aux personnes ou à des biens autres que la baudruche elle-même ;
4. La prime sera versée à qui de droit dans la monnaie de son choix, en liquide ou sur un compte bancaire ou postal, après constatation de la véracité de la revendication de l'acte ;
5. Les revendications sont à nous adresser par n'importe quel moyen (de préférence discret) dans les 24 heures suivant l'acte. Elles doivent contenir des éléments permettant de vérifier leur véracité. Il est recommandé de prendre quelques précautions dans l'exposé de la revendication et des éléments de preuve, afin d'éviter l'identification des auteurs par d'autres que nous ;
5. Le concours est ouvert à toutes et tous, sans aucune restriction.