15 mars 2007

Recours contre le cadeau de 11 millions d'argent public à la Fondation du stade de la Praille

COMMUNIQUE DE PRESSE DE LA CONFERENCE DE PRESSE DU 14 MARS 2007

Genève, le 14.03.07 – Le Comité de citoyennes et de citoyens contre tout nouveau crédit public pour le stade de la Praille (Comité Praille) annonce qu'il a déposé deux recours au Tribunal fédéral et un recours au Tribunal administratif contre la décision du Fonds d'équipement communal (FEC) d'accorder à la Fondation du stade de la Praille (FSG) un don lui permettant de payer sa dette de 11 millions auprès de l'entreprise Zschoke (Implenia)

L'entourloupe consiste à accorder un don princier de 11 millions de francs, puisés dans le FEC, afin de permettre à la FSG de payer l'ardoise laissée auprès de l'entreprise Zschokke (Implenia) (voir dossier de presse, document 3). Dans un premier temps, on remplit les caisses d'un organisme intercommunal (FEC) en puisant dans celles des communes, pour ensuite puiser dans les caisses du FEC pour payer les factures d'une fondation privée.

Mais l'exercice ne se limite pas au racket, il atteint au sublime dans le déni de démocratie: moins de deux après que les citoyennes et les citoyens de la Ville aient refusé à une majorité écrasante (73%), de prêter 2,5 millions à la FSG, on contraint la Ville par l'intermédiaire du FEC à payer au moins 3 millions à la même fondation.

Pour éviter un référendum populaire, le Conseil d'État et les dirigeants de l'Association des communes genevoise (ACG) et du FEC n'ont pas hésité à violer la loi, les ressources du FEC ne pouvant servir à financer des projets privés, ni à régler des dettes privées. Nous signalons que la proposition de ponctionner le FEC n'a été portée à l'ordre du jour des délibérations ni du FEC ni de l'ACG (voir dossier de presse, documents 4 et 5).

En l'absence de recours déposés par les municipalités, en premier lieu la Ville de Genève, qui s'est contentée d'alerter la Cour des comptes - laquelle ne peut annuler la décision du FEC - nous avons en tant que citoyens, déposé nous-même un recours auprès du Tribunal administratif et deux recours auprès du Tribunal fédéral (voir dossier de presse, voir documents 6 et 7).

D'autre part nous avons invité les communes, toutes contributrices au FEC, à dénoncer auprès de l'ACG la méthode utilisée pour leur faire supporter la dette privée de la fondation privée du stade (voir dossier de presse, document 8). Nous tenons ici à saluer la proposition du Conseil administratif de la Ville de Genève de convoquer une assemblée extraordinaire de l'ACG pour débattre de cette méthode pour le moins innaceptable.

Nous remercions les groupes du Conseil municipal de la Ville qui sont intervenus pour exiger du Conseil administratif qu'il donne les explications légitimes, et qu'il agisse comme il se doit pour faire respecter le vote de l'écrasante majorité de ses citoyennes et citoyens.

Nous saluons également la démarche entreprise par 21 conseillères et conseillers communaux de la Ville de Meyrin, représentant les deux tiers et presque tous les partis du Conseil municipal, et exprimant au Conseil d'État, à l'ACG et au FEC leur indignation (voir dossier de presse, document 9).

Nous signalons que le même genre de procédé utilisé pour contourner la démocratie à propos du stade de la Praille, est réutilisé pour faire payer à la collectivité les frais liés à l'organisation de l'EuroFoot 2008 à Genève et exclure un référendum populaire.

Nous invitons les politiciennes et politiciens genevois à sortir du budget de l'État les crédits couvrant l'organisation de l'EuroFoot 2008 et à les soumettre au référendum obligatoire comme les autorités de la Ville de Berne l'ont décidé pour leur part. Nous saluons, comme elle le mérite cette décision bernoise.

Pour le comité: Jean Bart, Jean-Marc Burnod, Vincent Carrard, Luc Gilly, Pascal Holenweg, Yves Jeanmairet, Jacques Mino, Ivan Ruet, Marie-Eve Tejedor


Documents du dossier de presse (disponible sur demande):
1. Communiqué de presse
2. Quelques dates
3. Communiqué de presse de la FSG et de Implenia
4. Procès verbal de l'ACG
5. Lettre de l'ACG
6. Recours au Tribunal fédéral
7. Recours au Tribunal administratif
8. Lettre aux éluEs des communes
9. Lettre de la Commune de Meyrin

09 mars 2007

Les shadocks de l'UEFA pompent. Dans les caisses publiques

Organisatrice de l'Eurofoot, l'UEFA espère en retirer 1,5 milliard de francs de recettes, dont 900 millions de droits TV et 400 millions de sponsoring.

Pour convaincre le parlement fédéral de voter les crédits nécessaires au lancement de l''organisation de l'Eurofoot en Suisse, le Conseiller fédéral Samuel Schmid a commencé par assurer que la contribution publique "ne dépassera pas 10,5 millions de francs". Du coup, pas inquiet du tout, le parlement vote le crédit. L'arrêté fédéral qui résulte du vote précise qu'"aucune contribution ou prestation dépassant celles prévues (...) ne sera accordée par la Confédération". Mais par derrière, et dans le dos (restons polis) de tout le petit monde politique, l'UEFA avait négocié avec l'association suisse de football (ASF) un accord par lequel l'ASF s'engageait à couvrir tous les frais de l'Eurofoot. Comme l'ASF n'a pas les moyens de respecter cet engagement irresponsable, c'est évidemment vers les collectivités publiques qu'on se tourne. Et le 9 décembre 2005, un peu plus de trois ans après avoir assuré que l'Eurofoot ne coûterait que 10,5 millionbs aux collectivités publiques, le Conseiller fédéral Schmid annonce qu'en fait, il leur coûtera 182 millions, près de 18 fois plus qu'annoncé et voté. Prétexte : les dépenses de sécurité. Et la Confédération ne payera que moins de la moitié de ce que les milieux du foot-pognon imposent au caisses publiques : le reste sera à la charge des cantons et des communes, qui n'ont pas été consultés.

07 mars 2007

Brèves

La Fondation du stade a un nouveau directeur d'exploitation : Olivier Carnazzola, qui sort du Comité international olympique pour s'occuper de l'exploitation de ce qu'il décrit comme un "endroit idyllique pour le sport et pour la culture", et dans lequel il entend faire venir les Genevois pour l'Escalade et pour le Premier Août. On a besoin d'un stade pour ça ? Non, mais on a besoin de faire n'importe quoi dans le stade (y compris ce qu'on fait déjà ailleurs depuis longtemps) pour donner l'impression qu'il sert à quelque chose -disons : à quelque chose d'autre qu'à vidanger les caisses publiques.

"La Tribune de Genève" du 8 décembre nous apprend que Marc Roger, le méchant ex-patron du Servette et de la société d'exploitation du Stade de la Praille, aurait mandaté deux hommes de main pour extorquer de l'argent (150'000 francs) à l'un de ses débiteurs genevois. Les deux encaisseurs ont été arrêtés par la police, et inculpéés de tentative d'extorsion. Roro nie. Faut dire qu'il serait bien con d'user de méthodes aussi primitives pour extorquer 150'000 balles, alors qu'il suffit à la fondation du Stade de s'adresser poliment au fonds d'équipement communal pour extorquer 100 fois plus aux communes genevoises.
Marc Roger décrit ainsi sa situation actuelle : "Je suis en arrêt maladie. J'ai fait trois mois et demi de préventive. Je souffre de dépression et je suis en instance de divorce" ("La Tribune de Genève" du 8 décembre).
... faudrait pas que le bouc émissaire nous claque entre les mains, on serait obligés d'en trouver un autrre avant l'Euro2008...

Le sport, c'est la santé : selon une enquête de l'Agence française de lutte contre le dopage, 10 % des jeunes sportifs français (15 % des jeunes sportifs américains) ont accès à des produits dopants, 2 à 3 % en prennnt en toute connaissance cause, un pourcentage indéterminé en prennent parce qu'on les leur fait prendre, sans qu'ils sachent précisément ce qu'ils consomment, et les jeunes sportifs sont confrontés pour la première fois à un âge situé entre 9 et 13 ans à la "recherche de l'amélioration chimique de la performance physique". En Espagne, selon "Le Monde", plusieurs clubs de foot, dont le Real de Madrid et Barcelone, et peut-être le FC Valence et le Betis Seville, ont été clients du bon docteur Fuentes, grand dispensateur de produits dopants à injecter, et dont les clients connus se retrouvaient surtout, jusqu'à présent, dans le cyclisme, et qui confirme au "Monde" (du 7 décembre) avoir eu comme clients "athlètes, joueurs de tennis, footballeurs, joueurs de handball, boxeurs"... pas de joueurs de pétanque ni de pelote basque ? Les clubs de foot accusés nient. Ils n'ont pas dopé leurs joueurs, promis, juré.Ou alors à l'insu de leur plein gré ?
En Suisse, selon le Bureau de prévention des accidents, le sport fait 300'000 blessés et 135 morts par année, les accidents du sport représentent un coût économique et social de deux milliards par an, et la tendance est à la hausse du nombre des victimes et du coût des accidents, en raison du nombre croissant d'activités sportives, et de la manière de plus en plus violente (pour soi-même ou les autres) de les pratiquer.

Un "kit euro2008" va être proposé aux écoles primaires de toute la Suisse par le comité organisateur du machin. On n'est pas sûrs de savoir ce que ce kit contient : une seringue, une épèrouvette, de l'EPO, de la fausse monnaie, une pompe à fric et un cocktail Molotov nous paraissent en tous cas indipensables.

Un projet de réaménagement de la plaine de Plainpalais est en cours. Dédé Heddiger a annoncé une séance d'information et de débat lundi 29 janvier. L'installation du parc à huîtres de l'Eurobeaufs2008 suffit pas à embellir la plaine (et faire chier les riverains) ?

Un supporter du Servette, Pal Matyas, a payé de sa poche une amende (de 5400 francs) infligée au club par la Ligue suisse de foot, après des incidents occasionnés par des supporters genevois à Chiasso, en septembre 2006. Beau geste. Pour une fois qu'un privé met la main au portefeuille, on ne peut que le saluer. Et envoyer l'exemple à Jelmoli, au Crédit Suisse et à Benedict Hentsch.
Qui, il est vrai, n'en ont plus rien à cirer, puisque les travaux du stade ont été payés. En puisant dans les caisses publiques.

La SSR a décidé de ne plus retransmettre les grands prix bagnolesques de Formule 1, pour économiser 55 millions (qu'elle espérait obtenir d'une augmentation de la redevance, plus importante que celle qu'elle a finalement obtenue). Comme de toutes façons les grands prix en question sont déjà retransmis par une palanquée de chaînes télé qu'on reçoit en Suisse de toutes les manières possibles (par air, par cable, par satellite, par internet, par téléphone), personne n'y perdra rien.
Mais on se demande pourquoi la SSR a claqué- des centaines de millions (combien, au juste ?), encaissés par l'UEFA, pour retransmettre les matches de l'Eurofoot, qui eux aussi seront retransmis par la même palanquée de chaînes télé qu'on reçoit en Suisse de toutes les manières possibles (par air, par cable, par satellite, par internet, par téléphone).

Panique dans les clubs de sport suisses : le ministre fédéral des Finances, Little Merz, propose de soumettre à la TVA les cotisations de leurs membres, les finances d'entrées aux manifestations, les tombolas, les lotos... actguellement, les clubs sont exemptés de la TVA, et Merzeli propose d'abolir ces exemptions. Hurlements dans le milieu du sport, où, comme d'habitude, on fait dans la dentelle et la nuance : Merz "veut tuer le tissu social qui fait la force d'un village ou d'une ville. Il préfère que les jeunes aillent zoner", déclare l'entraîneur Yves Debonnaire... C'est cela, voui, Merz est un anarchiste masqué. Très bien masqué, même : jusqu'à présent, on le prenait pour le nain de jardin de Blocher...

Panique dans le foot anglais : de sales étrangers pleins d'argent pas forcément propre rachètent à tour de bras les clubs de foot anglais. Après Manchester United et Chelsea, c'est Liverpool qui se vend (et à un arabe, en plus : Sameer Al-Andsari, de Dubaï, qui a acheté le club pour environ 450 millions de livres, soit plus d'un milliard de francs suisses. Liverpoll est le septième club anglais en sept ans à passer sous le contrôle de milliardaires étrangers, ou d'entreprises étrangères : West Ham (Londres) a été racheté par un consortium islandais, Aston Villa par un homme d'affaire américain, Portsmouth par le Russe Gaydamak, Chelsea par le Russe Abramovitch, Manchester par l'Américain Glazer et Fulham par l'Egyptien Al Fayed. Les quatre premières places du championnat anglais sont occupées par des clubs appartenant à des étrangers, et on n'est pas très rassurés sur l'origine des fonds : l'origine des fortunes d'Abramovitch et d'Al Fayed est mystérieuse, Gaydamak est le fils (et probablement le prête-nom) d'un trafiquant d'armes, et l'argent qui a servi à racheter Liverpool pourait bien venir de la caisse personnelle de l'émir de Dubaï, qui se confond avec le budget de l'Emirat.
Et dire qu'à Genève, comme acheteur étranger, on n'a trouvé que Marc Roger... On pouvait pas demander à Ben Laden ?

A Zurich, l'entrepreneur immobilier Sven Hotz, 77 ans, a cédé la présidence du club de foot (FC Zurich) à un membre du directoire d'Ernst & Young, Ancillo Canepa, 53 ans, époux de la dirigeante richissime du leader mondial de l'implant dentaire, Nobel Biocare. Pour maintenir son club à flots, l'ancien président y avait injecté cinq millions par saison pendant vingt saisons.

Les autorités chinoises ont dépensé près de 50 milliards de francs pour équiper Pekin dans la perspective (exaltante) des Jeux Olympiques de 2008 : nouvelles autoroutes, extension du métro, nouveau terminal d'aéroporet -et au passage, destructions de quartiers anciens, expulsion de leur population à la périphérie...
Les sponsors, parrain s et investisseurs ont afflué.
Et forcément, y'a de mauvaises têtes qui sont de mauvaise humeur et qui râlent : les organisations internationales de défense des droits de l'homme ont accusé la Chine de profiter de l'organisation des JO pour accentuer la répression et les violations des libertés fondamentales, Amnesty International accuse le gouvernement chinois de violer "l'esprit olympique" (qui a déjà subi tous les outrages possibles, du racisme au terrorisme en passant par le dopage et la corruption, sans oublier la récupération politique), Reporters sans frontières classe la Chine au 163ème rang sur 167 pays en ce qui concerne le respect de la liberté de la presse, les organisations de défense de l'environnement rappellent que Pekin est l'une des villes les plus polluées du monde (en novembre, les habitants ont été priés de rester chez eux, tellement l'air était pollué)...
Et puis quoi ? Qui se préoccupe des conditions politiques, sociales, environnementales, dans lesquelles les pays organisateurs de grandes compétitions sportives les organisent ?P
Lors de la visite du président du Comité international olympique en Chine, les gardes-frontières chinois ont abattu une jeune fille de 17 ans qui tentait de passer la frontière entre le Tibet et l'Inde.
Les compétition de tir ont commencé.

04 mars 2007

terrains vagues

Selon les chiffres officiels de fréquentation des stades où se sont joués les matches de "Super League" dans la première partie du championnat 2006-7, la moyenne générale de fréquentation des stade a été de 9274 spectateurs (soit, en gros, entre un tiers et la moitié de la capacité des stades). A Bâle (19776 spectateurs en moyenne), Berne (15'725 spectateurs) et Sion (12'342 spectateurs), les stades ont remplis à plus de la molitié de leur capacité -mais partout ailleurs, il y avait en moyenne plus de places inoccupées que de places occupées.

Le 10 décembre, Servette reçoit YF Juventus à la Praille : 2453 spectateurs. Le stade est à plus de 90 % vide.
Le 13 janvier, un match remplit le stade à 60 % : c'est un match de rugby, entre Irlandais et Français.

A Lausanne, on se prépare à patauger dans le même genre de marigot que celui dans lequel on barbotte depuis des années à la Praille : faut remplacer le stade de la Pontaise, comme il fallait remplacer celui des Charmilles. Et on entend déjà les mêmes arguments foireux que ceux dont nous avons eu les oreilles rebattues à Piogre : un nouveau stade est vital pour l'équipe phare, le football moderne exige des installations capables d'attirfer non seulement les spectateurs, mais aussi les sponsors et les investisseurs, et quand on aura un nouveau stade tout beau, le club phare du canton se portera comme un charme.
Si des copains lausannois ont besoin d'un petit coup de main pour empêcher qu'on fasse les mêmes conneries à soixante kilomètres de distance, on est disponibles.

On est aussi disponibles pour aider nos copains français : onze projets de nouveaux stades sont lancés en France (où les stades appartiennent en général aux municipalités, et sont loués aux clubs), pour un coût moyen de 50 millions d'euros, mais pour 200 à 250 millions à Lyon, et 300 millions à Lille.
On a pas eu le temps de demander à l'abbé Pierre combien de sans-abri on pouvait loger avec 300 millions d'euros, il est parti dégoûté de la connerie du monde avant qu'on ait pu lui poser la question.

Pendant ce temps, à Genève, le parc public qui devait remplacer le stade des Charmilles n'est toujours ni parc, ni public. Le stade n'est toujours pas démoli. En octobre 2004, le banquier Bednedict Hentsch lançait à grands fracas médiatique le projet de réaménagement de la parcelle occupée par le stade, et sur laquelle devaient prendre place (pour 2008) un immeuble et un parc public.La parcelle est propriété de la fondation Hippomène, dont le but n'est pas de réaliser des opérations immobilières mais de construire les parcs et de "favoriser la pratique et le développement de tous les sports athlétique" à Genève, et en particulier de soutenir le Servette FC. Qui joue désormais à la Praille (dans un stade vide), stade dans la construction duquel ni Hentsch, ni sa fondation n'ont investi un fifrelin. Par ailleurs, le don à la fondation du Stade de Genève des terrains d'entraînement de Balexert n'a toujours pas été fait. Il avait pourtant été promis.
Mais bon, vous savez ce que c'est, les promesses des privés, dans l'histoire du stade de Genève, on aurait pu en paver le stade. Et revendre les pavés ensuite pour payer le stade.

Le "taux de remplissage" moyen des stades les plus récents est de 92 % en Angleterre, de 83 % en Allemagne, de 73 % en France, de 71 % en Espagne, de 52 % en Italie.
Et de moins de 10 % à Genève.

La tendance dans l'économie du football (disons : le foot-pognon) est de donner aux stades non pas le nom de la ville où ils sont situés ou de l'équipe qui y joue, mais de l'entreprise privée qui y a investi, précisément pour que le stade porte son nom : le stade d'Arsenal se nomme donc "Emirates Stadium", du nom d'une compagnie aérienne; le stade du Bayern de Munich l'"Allianz Arena" (assurances), celui du Borussia Dortmund le "Signal Iduna Park" (assurances) et le stade du HV Hambourg l'"AOL Arena" (communication).
Pour le stade de la Praille, on propose le "Trou du fonds d'équipement communal" s'impose donc, de toute évidence.

03 mars 2007

Eurobeaufs

Les à-côtés festifs de l'Eurofoot se précisent (si on peut dire) : Mark Muller a annoncé, confirmé ou évoqué, en vrac, l'installation d'un corral (une Fans Zone) sur la plaine de Plainpalais, une draille de la gare à Plainpalais, voire de Plainpalais à la Praille, des écrans géants à Plainpalais, au Bout-du-Monde et à la Praille, un camping au Bout-du-Monde. Mais pour tout ça, il a pas les sous (du moins officiellement), Muller. Et il craint comme la peste le référendum, Muller. Et il va donc essayer de les trouver en contournement les droits démocratiques, Muller.
A Plainpalais, où les riverains de la Plaine se souviennent du calvaire endurée lors du Mondial de foot, on se prépare au pire. L'organisateur de la fetabeaufs, Frédéric Hohl, député radical (qui votera probablement en tant que député les millions dont il aura besoin en tant qu'organisateur), noie le poisson et dit qu'il "comprend les craintes ds riverains", mais explique qu'à Genève aucun endroit ne peut accueillir jusqu'à 100'000 personnes (jusqu'à présent il prétendait être capable d'en accueillir 80'000, c'est comme pour le coût de l'organisation de l'Euro pour les collectivités publiques : c'est surinflationniste). Et Hohl de s'engager à rencontrer régulièrement les habitants. Pour leur distribuer du Lexomil et des boules Quies ?

Une rencontre entre les habitants du quartier prochainement sinistré (les riverains de la Plaine, quoi) et des représentants de la Municipalité (notamment Manuel Tornare, Véronique Purro, une Conseillère municipale membre de la Commission des pétition) et des organisateurs de l'Eurobeaufs a eu lieu fin décembre. But de l'exercice : noyer le poisson. Genre "on vous comprend très bien, les habitants, mais la plaine est un lieu de fête, et la fête ça fait du bruit, et d'ailleurs du bruit y'en a aussi ailleurs, et la fêete du foot, on peut pas l'organiser ailleurs" etc. etc.
Arguments massues (entre autres) : on ne peut pas organiser l'Eurobeaufs à la patinoire, elle est trop petite. On peut pas non plus l'organiser au Bout du Monde, la nappe phréatique nme le supporterait pas. Au Stade de la Praille, alors ? Non, la pelouse est fragile. La question de savoir s'il faut l'organiser où que ce soit n'a bien sûr pas à être posée.
Bref, ce qui attend les malheureux indigènes de Plainpalais, ce sont plusieurs semaines invivables. Du bruit avant les matches, pendant les matches, et encore plus après. Et quand il n'y aura pas de matches, on organisera des concerts (de musique à beaufs, pas de grégorien).
L'UEFA "offre" à chaque ville organisatrice, et pour la population locale, 700 ou 750 billets par match se déroulant sur son sol. Sur le total des billets qui seront vendus, c'est une paille : 290'000 billets (soit moins du tiers du total des places disponibles) seront mis en vente sur internet en mars prochain. Chaque internaute pourra réserver jusqu'à 4 billets (bonjour le marché noir) pour un seul match par jour. Les billets seront plus chers que lors de l'Euro2004, mais moins chers que lors du Mondial 2006, assure-t-on à l'UEFA. Dont on connaît la sincérité et le souci de la vérité des chiffres.

Selon un sondage par internet effectué (sans confection d'un échantillon représentatif) par "20minutes.ch", auprès d'un nombre indéterminé d'internautes, ceux-ci se divisent, en gros, en trois tiers à propos de l'Eurofoot : un petit tiers n'y trouve aucun intérêt, un gros tiers ira au match, un autre gros tiers les regardera à la télé. Avec le quatrième tiers qui est parfaitement allergique à ce machin, on aura complété l'ensemble en usant de la même arithmétique que celle dont usait le Conseil fédéral quand il annonçait que les collectivités publiques n'aurait que 10 millions à payer pour organiser la part helvétique de l'Eurofoot.

27 février 2007

Euroblabla

Le slogan officiel de l'Euro 2008 (en quatre langues -mais on a remplacé la langue des indiens (le romanche) par celle des cow-boys (l'anglais) sera "L'émotion est au rendez-vous". L'arnaque aussi.
Pour le directeur général de l'UEFA, ce slogan "met en lumière l'essence mèême de ce que le tournoi vise à offrir" (du pognon ?), et pour le président de l'Association suisse de football, Ralph Zloczower, l'Euro 2008 en Suisse sera "une expérience inoubliable pour tous les fans de sport". Et les caisses publiques. Et d'ajouter qu'il est "difficile d'imaginer quelque chose de plus coloré, de plus festif et de plus excitant". Ben si, une bonne baston entre supporters. Quant au président de l'Association autrichienne de foot, il estime que le slogan "L'émotion est au rendez-vous" s'applique "également aux joueurs et aux entraîneurs (...) et bien sûr aux fans". Et bien sûr aussi aux contribuables.

24 février 2007

Eurofric


Un accord a été trouvé entre l'UEFA et les villes "hôtes" de l'Eurofoot. Un accord signé à Zurich le 23 janvier, et par lequel l'UEFA accorde aux villes en question une aumône (dont elles se disent satisfaites) de 3,3 millions (3,7 millions pour Bâle, qui accueille six matches alors que Berne, Zurich et Genève n'en accueilleront que trois), dont 1 million et demi en nature (contreparties diverses, dont la pose d'écrans géants et l'organisation des parcs à huitres, dits "Fans Zones"). Genève recevra donc 1,2 million pour l'organisation du parc à huîtres de Plainpalais, plus 600'000 de dédommagement pour les prestations des collectivités publiques. Dans les "Fans zones", l'UEFA s'est arrogée le droit de mettre en évidence ses propres sponsors (dix pour l'ensemble de la compétition, pour quatre pour la Suisse). Les villes n'auront le droit d'accorder de l'espace qu'à quatre annonceurs locaux, et encore : pour autant qu'ils ne soient pas concurrents des sponsors officiels. C'est ce que le représentant de Genève, le Conseiller d'Etat, appelle un accord "équilibré" : ce que l'UEFA verse aux villes ne couvre qu'un dixième de ce que les villes auront à payer, alors que les benefs pour l'UEFA se calculent en centaines de millions...
L'UEFA est une formidable machine à pognon : depuis 1992, la Ligue des champions, organisée par l'UEFA, a généré plus de 8 milliards de francs en droits de tous genres, dont 950 millions pour la seule édition 2005/2006. Pour le seul exercice (saison) 2004/2005, l'UEFA (qui détient désormais elle-même les droits d'exploitation de l'Euro, et donc encaissera elle-même ceux de l'Euro2008) a reçu pour 1,15 milliard de francs de recettes. Pour une association à but non lucratif (c'est son statut en droit suisse), c'est pas mal. L'ancien vice-président de l'UEFA, Freddy Rumo, battu en 1990 par Johansson pour la présidence, se demande "quelle est la différence entre le mode de fonctionnement de l'UEFA et celui d'une grande entreprise ?". Réponse : une grande entreprise paie des impôts et remplit les caisses publiques, l'UEFA vide les caisses publiques et ne paie pas d'impôts. Ce qui n'empêche pas son nouveau président, Michel Platini, de déclarer (il est vrai avant d'avoir été élu) : "le football est un jeu (...) c'est la beauté de ce jeu qui l'a rendu populaire. Il ne faut donc pas trop l'ouvrir à des gens qui viennent à lui par intérêt personnel". Et de poursuivre, un tantinet amer : "l'arrivée d'énormément d'argent dans le football a amené des gens qui aiment l'argent et qui veulent changer les règles du football (sans se soucier) de la valeur sociale, philosophique du football, de la notion de fair-play" ("La Tribune de Genève du 12 décembre). Il tombe de quelle planète, Platoche ?


L'UBS sponsorise, à hauteur de 15 millions (une paille sur son bilan) la pose d'écrans géants installés dans 13 à 17 villes de Suisse (plus les quatre villes hôtes) : 15 millions pour assourdir plusieurs milliers de riverains et voisins de ces écrans géants, et réjouir jusqu'à 10'000 personnes (qui payeront entre 10 et 15 balles) dans chacune des 13 à 17 villes victimes, ça va au moins relancer la vente des boules quies pour les uns et de la bière pour les autres. Encore un effet économique positif de l'Eurobeauf, sans doute : les partisans du machin chiffrent à 4 millions la valeur des "retombées promotionnelles indirectes" pour chacune des villes hôtes -qui aura son petit logo de l'Eurofoot et pourra l'utiliser dans ses opérations de promotion, ainsi qu'un clip promotionnel télé de 20 secondes (pas plus, l'espace publicitaire est capté par les sponsors, on va pas le laisser perdre) avant chaque match se déroulant chez elle. S'agissant de Genève, en tous cas, croire que l'Eurofoot sera de la moindre utilité promotionnelle relève de la mystification pure et simple : Genève est d'ores et déjà la ville suisse la plus connue au monde (et le foot n'y est pour rien), et on aura beaucoup de peine à trouver ne serait-ce qu'un taborniau au fin fond du trou du cul du monde qui apprendrait l'existence de Genève à la faveur de l'Eurofoot.

La campagne suisse de promotion touristique pendant l'Euro2008 (budget : 15 millions) aura pour slogan : "Suisse, un plus à découvrir" (pour des centaines d'évadés fiscaux friqués, la découverte est déjà faite. Mais c'est pas un plus, c'est un moins. D'impôts). L'Office fédéral des sports attend entre un million et plus de trois millions de visiteurs étrangers (mais que fait l'UDC ?). Dont la plupart ne viendront que pour le temps d'un match et repartiront sitôt après.
Le foot anglais va encaisser entre 2007 et 2010 plus de quatre millards d'euros, soit un milliard par saison, en droits de diffusion media (internet compris). Sur ce pactole, un quart sera redistribué aux équipes de première division : 120 millions pour le champion, 70 millions pour le deuxième, 70 millions à se partager entre les autres. Meuh non, le sport ça n'a rien à voir avec le pognon...

21 février 2007

Euroracket

La méthode utilisée pour boucher le trou de la Praille en puisant dans les fonds publics présage de celle qui sera utilisée pour payer les frais annexes de l'organisation à Genève de trois matches de l'Eurofoot, en 2008 : tout faire pour contourner les droits populaires, user de n'importe quelle méthode, même légale, pour empêcher le lancement d'un référendum. Le Conseiller d'Etat Mark Muller annonce qu'un budget devra passer devant le Grand Conseil "cette année", mais minimise les chiffres : "en tenant compte de l'investissement de l'UEFA et, aussi, de celui de la Confédération, on arrivera à une somme nettement inférieure" aux vingt millions déjà annoncés, et même inférieure à 10 millions. Finalement, Muller annonce un montant de moins de neuf millions, inscrit au budget de l'Etat pour éviter le référendum (on ne peut pas lancer un référendum contre un budget). Et peu importe si ces crédits n'auront avec les dépenses prévues qu'un rapport symbolique. Le but, clairement exprimé par Mark Muller, c'est "d'éviter le lancement d'un référendum", en présentant la demande de crédits "de manière raisonnable". En clair : on proposera au Grand Conseil une dépense de moins de neuf millions, inscrite au budget général. Comme ce crédit ne couvrira pas les dépenses, mais que ceux qui les présenteront le savent déjà, on ajoutera ensuite ce qui manque, en contournant le Grand Conseil et le peuple, en puisant dans des fonds ou des dépenses de fonctionnement, ou en représentant, la bouche en coeur, des crédits supplémentaires le plus tard possible C'est exactement ce qui a été fait au niveau fédéral : on a fait voter un budget de 10 millions aux Chambres fédérales, pour annoncer quelques moins plus tard qu'en fait c'est de 200 millions dont a besoin. On se réjouit.

17 février 2007

Platoche président d'EMS

Après l'élection de Michel Platini à la présidence de l'Union européenne de football (UEFA), le président de la Fédération internationale de football (FIFA), Sepp Blatter, qui soutenait la candidature de Platini, se félicite (La Tribune de Genève du 27 janvier) : "nous avons la même conception du football, qui n'est pas seulement un produit et une entreprise".
Pas seulement, non. Mais surtout.

L'UEFA travaille, c'est sûr, pour les jeunes et leur bonne santé psychique et physique : Le Monde du 12 janvier décrit donc les membres de la coupole du foot européen (l'UEFA) : "le représentant espagnol soliloque en boîtant bas, le délégué anglais peine à réajuster sa ceinture de pantalon (...) (le) président suédois (...) semble usé par la maladie et seize années d'un pouvoir absolu".
... Allez les jeunes !

Le 26 janvier, les 52 fédérations nationales de l'UEFA étaient appelées à élire le président de la coupole du foot européen. Ils avaient le choix entre un vieux crocodile cacochyme de 78 ans, le Suédois Lennart Johansson, président sortant, en poste depuis 1990. et un ancien jeune de 52 ans, le Français Michel Platini, challenger, qui a finalement été élu avec 27 voix au premier tour. Johansson, qui a été consolé avec une présidence d'honneur, était le candidat de Johansson à la succession de Johansson, Platini le candidat du patron de la coupole internationale, la FIFA, Sepp Blatter, qu'il avait soutenu (en vain) contre Johansson pour l'élection du président de la FIFA en 1998. Retour d'ascenseur, donc : Platini soutient Blatter contre Johansson, donc Blatter soutient Platini contre Johansson, et affirme après l'élection de Platini : "nous avons la même conception du football, qui n'est pas seulement un produit et une entreprise". Pas seulement, non. Mais surtout. Commentaire du journaliste anglais Andrew Jennings, auteur d'une enquête ravageuse sur la FIFA et son président, l'élection de Platini est "une catastrophe pour le football, parce que comme il baisera la main de Blatter (grâce à qui il a été élu), ce dernier jouira alors des pleins pouvoirs" sur le foot mondial et le foot continental". Elu à la présidence de l'UEFA, Platini se retrouve d'ailleurs automatiquement vice-président de la FIFA, c'est-à-dire de Blatter.
Pour rester à son poste, le vieux crocodile avait pourtant arrosé : chaque association nationale (ce sont elles qui élisent) a reçu 600'000 balles de dotation supplémentaire. Et ça n'a pas suffi. Fallait verser plus. Pour conquérir le poste, le vieux jeune avait promis de renforcer le poids des petites fédérations nationales (les plus nombreuses) face aux grandes (l'italienne, la française, l'allemande, l'anglaise et l'espagnole). Promesses électorales. D'ailleurs, les deux candidats promettaient, la bouche en coeur, qu'ils allaient lutter avec vigueur contre le racisme, la violence, le dopage et la corruption. Parce qu'il y a tout ça dans le foot ? On en apprend de belles...
En même temps que son président, l'UEFA élisait son comité exécutif. Et vlam ! le seul Suisse candidat (un papy de 73 ans, Giangorgio Spiess) a été battu. Mais comme l'UEFA a son siège en Suisse (à Nyon) et que Platini a promis de s'installer en Suisse (à Nyon, pas à Gstaad), à défaut d'honneur, l'intérêt est sauf.

14 février 2007

Lettre de A GAUCHE TOUTE ! au Conseil administratif

"A Gauche Toute !"
solidaritéS, Parti du travail, Indépendants de Gauche, les Communistes
CP 2070 1211 Genève 2

A l'attention de Christian Ferrazino,Manuel Tornare,Patrice Mugny,André Hédiger
Conseillers administratifs de la Ville de Genève

Concerne : recours contre la décision de prélèvement d'un montant de 11 millions sur le fonds d'équipement communal

Messieurs les Conseillers administratifs, chers collègues,

Notre formation politique considère que le prélèvement d'un montant de 11 millions sur le fonds d'équipement communal constitue une violation flagrante des statuts de ce fonds, malgré la référence concernant les prestations cantonales qui a été introduite dans ces statuts. En effet, ces prestations sont manifestement de caractère public et non pour des activités privées. La Fondation pour le stade est bien une fondation privée et ne dépend pas de l'État.
Nous estimons donc que le Conseil administratif de la Ville de Genève doit recourir contre la décision illégale du Conseil chargé de gérer le fonds d'équipement, qui a agi dans le seul but de permettre à l'État de verser une subvention en éludant l'obligation de recourir à une loi à cet effet pour empêcher l'exercice du droit de référendum.
Nous vous demandons de prendre la décision de recourir contre cette décision au nom du Conseil administratif cela d'autant plus que les intérêts de la Ville de Genève sont également en cause. À nouveau, c'est un report de charges illégal sur les communes.
Nous vous prions de nous confirmer votre décision de recourir et de nous le faire savoir. En l'absence de réponse de votre part, ce dont nous serions très déçus, nous devrions en conclure que vous renoncez à défendre les droits de la Ville de Genève.

Veuillez agréer, Messieurs les Conseillers administratifs, chers collègues, l'expression de nos sentiments les meilleurs.

Pour " A Gauche Toute ! "

René Ecuyer
Marie-Eve Tejedor
Jérome Béguin
Salika Wenger